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Le confiteor de l'artiste de Baudelaire

Publié le 29/01/2012

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Il s'agit d'un poème en prose de Baudelaire. 4 paragraphes, phrases longues, beaucoup d'exclamations et de ponctuations. Exclamations : expressivité, sentiments avec la colère. Les points de suspension montrent les sentiments mais aussi l'agitation du poète. Thème du moi et de la nature : romantique. Nous assistons au récit de comment cela se passe quand il doit créer. Les pronoms utilisés sont surtout le « je «, le « moi « qui sont primordiales car le poète est au centre de ce poème. Présence de mots charnières « toutefois « et « maintenant «. Le poète en action dans la création : difficulté, souffrance et extase. Cheminement de la pensée du poète, presque en présence d'un art poétique. Ecœurement de sa difficulté à transcrire ce qu'il voit et ce qu'il ressent. Il y a un caractère religieux. Il s'agit d'une proclamation et donc d'un art poétique. Baudelaire y expose son esthétique, le poète y confesse sont impuissance à fixer le beau. En quoi est-il à la fois un art poétique et une profession de foi ?

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« Lecture analytique Introduction : *** Troisième pièce du recueil, « Le Confiteor de l’artiste » exprime la difficulté de la créationpoétique confrontée au défi que lui impose la nature « rivale ».

En analysant ses effets rythmiques et sonores et endégageant son unité, nous montrerons que ce texte est caractéristique du genre du poème en prose.

Après avoir vucomment le texte sous la forme d’une confession, livre une réflexion douloureuse sur la création poétique, exigencede beauté, nous étudierons comment il répond lui-même à cette exigence et devient œuvre d’art. I) 1) Le choix narratif du poète est indiqué dès le titre « Le Confiteor de l’artiste » qui reprend le premier mot latind’une prière chrétienne « je confesse », prière par laquelle le croyant avoue à « Dieu tout puissant » qu’il estfondamentalement pécheur.

S’ouvre donc ici une confession qui, si elle nous fait entrer dans l’intimité du poète, jointà la simple posture d’énonciation autobiographique une dimension sacrée et l’idée d’une faute. 2) Différents rappels de cette thématique de la confession traversent le poème.

Nous pouvons relever les noms« solitude », « isolement » dans le deuxième paragraphe qui évoquent l’état du pénitent lors de la confession, seulface à celui qui l’écoute.

Le nom « silence » dans le même paragraphe dénote le calme, c.à.d.

une atmosphèrepropre à la méditation, semblable à celle attendue avant de donner l’absolution.

Enfin le champ lexical de la douleur,qui s’exprime à travers les noms « malaise » et « souffrance » et le verbe « souffrir » rappelle le poids de laculpabilité qui étouffe le pénitent avant sa confession et qui est d’ailleurs une des raisons qui le poussent à seconfesser. 3) Plus encore que le lexique, c’est le registre même, lyrique et plus précisément encore élégiaque, qui nous renvoieà la confession.

Le « je » est omniprésent.

Nous trouvons à deux reprises l’interjection « Ah !» qui marque la douleuret la plainte, plainte qui se reconnaît aussi dans la ponctuation forte du poème.

Nous relevons huit exclamations. II) 1) Si la confession est difficile, c’est que le poète avoue une impuissance créatrice : « L’étude du beau est unduel où l’artiste crie de frayeur avant d’être vaincu.

» Le poète avant de conclure sur cet aveu, développe tour àtour les différentes étapes de la création.

Le texte débute par deux paragraphes exclamatifs, mettant en relation,tout d’abord un moment et une sensation, ensuite une sensation et un lieu, de manière inversée ; se trouvent alorsassociés les « fins de journées » et la douleur d’un côté, « un grand délice » et « le ciel et la mer » de l’autre.

Lesdeux exclamations mettent en place l’idée que le temps et les lieux, la « Nature » captée par la sensibilité estsource de sensations et touche profondément l’affectivité.

Le champ lexical des sensations : « pénétrantes »,« douleur », « pointe acérée », « délice », « solitude », « isolement », laisse penser que la première relation homme/monde est de nature sensible.

Apparaît alors l’accord profond, extrême entre l’artiste et la Nature.

L’adjectif« pénétrantes », répété, les verbes « noyer » et « se perdre » suggèrent l’idée de fusion.

La comparaison « commeune petite voile frissonnante… qui imite…» marque la correspondance : le poète voit au sein de la nature un refletde lui-même.

Cette symbiose se fait non seulement au niveau des sensations mais aussi de la pensée « toutes ceschoses pensent par moi, ou je pense par elles ».

Le poète et la Nature parlent le même langage et les pensées dupoète qui semblent bien naître de la sensation « qu’elles sortent de moi où s’élancent des choses », libres destechniques du raisonnement philosophique « sans arguties, sans syllogismes, sans déduction », sans intermédiairedonc, permettent de décrypter un univers de correspondances et sont prêtes dans un élan « positif », tendu versl’Idéal, à devenir création artistique. 2) Le troisième paragraphe par un « toutefois » introduit d’emblée une objection que développe le quatrièmeparagraphe.

Si le fait de se retrouver à l’unisson avec ce qui l’entoure, provoque bien initialement une sensation debonheur, un élan vers l’Idéal, avons-nous dit, « sensations délicieuses », « intensité », « grand délice »,« incomparable », « mélodie », « rêverie », « musicalement », « volupté », le poète finit par glisser vers lasouffrance.

Il peut sentir le monde, la beauté des « fins de journées», de « l’Infini » , de « l’immensité » « de lachasteté de l’azur »… et en éprouver du plaisir mais l’effort d’intellectualisation « Mes nerfs trop tendus ne donnentplus que des vibrations criardes et douloureuses » se solde par l’échec et provoque la souffrance, souffranceévoquée d’ailleurs dès les premiers mots du texte, comme si déjà dans la fusion avec le monde où le moi se perd sivite, le poète pressentait l’indicible et donc la démesure de sa quête.

L’harmonie est rompue, la Nature admirée etprésentée comme inspiratrice est rejetée avec hostilité.

Des termesnégatifs « malaise », « souffrance », « criardes »,« douloureuses », « consterne», « exaspère », « insensibilité »,« révoltent », « souffrir », « sans pitié », « rivale », « duel », « frayeur », « vaincu » , traduisent des sentimentsviolents.

La situation évoquée au début du texte est inversée ; des délices, on est passé à l’exaspération, à larévolte et à la haine, du sentiment de compréhension mutuelle, au rejet et au refus.

La question « Ah ! faut-iléternellement souffrir, ou fuir éternellement le beau ? » montre que l’artiste est confronté à un dilemme : renoncerau beau ou entrer dans des souffrances éternelles.

Ainsi le poète est arrivé à l’idée que la beauté qui figure dans lemonde extérieur en accord profond avec le monde intérieur, ne se laisse pas saisir et cerner facilement. 3) Le poème est alors bien l’aveu de celui qui confesse l’ « orgueil » d’avoir cru facile le travail de déchiffrementparce qu’il se sentait en accord avec le temps, les lieux, la Nature.

Le poète reconnaît une erreur et avoue desambitions démesurées (rappelons que l’hybris chez les Anciens était le péché le plus grave), celles de chercher,d’étudier et de créer le beau, qui sans cesse se dérobe.

La quête échoue sur une douloureuse impuissancecréatrice : comment rendre avec des mots, l’immensité, la plénitude, la permanence, l’unité profonde perçuesintuitivement ? Le poète, pourtant « magicien de la sorcellerie évocatoire », abdique ici devant l’incapacité dulangage à traduire l’expérience de la beauté « mystique », ineffable, et se réfugie dans le silence.

Le Spleen a. »

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