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LITTERATURE: Charles Cros

Publié le 26/10/2009

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Le nom de ce poète et savant nous est surtout connu aujourd'hui par l'académie à laquelle il a donné son nom: L'Académie Charles Cros, qui décerne chaque année des prix aux meilleurs enregistrements discographiques. C'est là une façon de rendre hommage à celui qui décrivit le premier, avant Edison, le principe du phonographe. 
  • Le savant et le paléophone.

Enfant prodige, Charles Hortensius Emile Cros fit ses études en autodidacte; il passa son baccalauréat à quatorze ans et, à seize ans, il enseignait l'hébreu et le sanscrit. En 1860, il entra comme professeur de chimie à l'Institut des Sourds-Muets. Curieux de tout, Charles Cros s'intéressa autant à la théorie qu'à la pratique. Ainsi, en 1867, à l'occasion de l'Exposition universelle, il présenta un télégraphe automatique et, en 1869, il publia un traité, Solution générale au Problème de la Photographie des Couleurs, qui fut injustement ignoré à l'époque. Il s'agissait pourtant de la découverte du procédé indirect de photographie des couleurs. Charles Cros connut la même malchance avec le paléophone; en 1877, en effet, il présenta à l'Académie des sciences un Procédé d'Enregistrement et de Reproduction des Phénomènes perçus par l'Ouïe, décrivant un appareil qu'il baptisa paléophone et qui fut en réalité le premier phonographe. Or, quelques mois plus tard, sans que l'on sache s'il avait eu connaissance des travaux de Charles Cros, Edison fit une communication identique à la même Académie et déposa le brevet de son invention, dont Charles Cros, idéaliste et désintéressé, ne revendiqua que mollement la paternité.

« POÉSIE ET MALÉDICTION 387 Charlas Cros (1842-1888) Il n'est pas facile d'arracher la vie et l'œuvre de Cros, placées sous le signe tenace de l'échec, de la science et de la poésie, à la gangue de légendes, de malentendus, d'incompréhensions qui furent son lot dès son vivant.

Né dans l'Aude d'une famille d'enseignants suspects au pouvoir, installés à Paris en 1844, Cros mène sous la conduite de son père des études encyclopédiques et disparates : hébreu et sanscrit s'y conjuguent avec les disciplines classiques et les sciences.

Il commence un temps des études de médecine ; mais sa première et persistante vocation fut celle de l'invention.

Dès 1865, il s'occupe d'un télégraphe électrique; dès 1867, de la photographie en couleurs; en 1877 du phonographe, mais il se heurte, on le sait, à Edison.

D'autres curiosités le retinrent, comme la communication intersidérale par rayons lumineux, la synthèse chimique des pierres précieuses ou encore un traité de « mécanique cérébrale» où, tout en refusant d'être tenu pour matérialiste, il prend pour hypothèse l'analogie entre le courant électrique et l'influx nerveux.

Chercheur plus théorique et visionnaire que tourné vers la réalisation technique, il se heurte à l'indifférence ou à l'hostilité des milieux scientifiques officiels, à des concurrents plus heureux et surtout à ce qu'il appelle «la tyrannie scientifique du capital».

Toute sa vie, il luttera à la fois pour mener ses recherches, en retirer quelque revenu et faire reconnaître ses priorités.

Il n'entre en «littérature» que relativement tard, grâce à sa liaison, en 1868, avec Nina de Viflard.

Dans ce salon que fréquentent artistes, littérateurs et hommes politiques hos­ tiles à l'Empire, salon frondeur, républicain, volontiers antiparnassien, fantaisiste et «moderniste», Cros fera en particulier la connaissance de Verlaine, de Mallarmé, de Villiers et de Nouveau.

Ses premiers poèmes paraîtront dans L'Artiste en 1869 et il aura sa place dans le second Parnasse.. »

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