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Ulysse rencontre les morts au pays des Cimmériens - Ulysse face au devin Tirésias, et face à son destin

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A travers cette terrible épreuve Ulysse comprend les morts et leurs conditions misérables (vers 391) : « il me reconnut dès qu'il eut bu le sang noir; / alors il gémit très haut et pleura de chaudes larmes,/ tendant les mains vers moi pour me toucher : / hélas ! Il n'avait plus cette vigueur et cette force/ qu'il avait eues jadis dans son corps souple ! » (vers 390 à 394). On voit l'image pathétique des morts qui boivent le sang noir qui permet de reconstituer leur enveloppe corporelle. Mêmemort, ils aspirent à la vie.

 

Le fait qu'Ulysse retrouve ses compagnons de Troie lui fait repenser à sa grandeur héroïque acquise dans le poème épique l'Iliade. Le héros aspire à une belle mort, la renommée et la gloire (kléos,

 

KÀéoç). La grandeur héroïque est remise en cause par les héros eux-même, comme Achille, aux vers 489-491.

 

On peut voir que les Grecs mettaient des pièces de monnaie sur les yeux des morts pour qu'ils puissent entrer aux Enfers, et payer Charon afin de traverser le Styx, et qu'ils brulaient les défunts, pour que l'âme soit séparée du corps et ne reste pas sur Terre.

 

En conclusion, ce qui prime pour Ulysse, c'est la vie. Il souhaite se dévouer entièrement à sa famille. Grâce à ce voyage initiatique, qui est en fait une mort simulée qui a pour but de mener l'homme à une vérité supérieur, il a pu mesurer combien la vie est fragile et éphémère. Le héros grec a changé, a conscience de faire preuve d'hybris, comme lors des épisodes du Cyclope et de Charybde et Scylla. Il s'humanise, pleure, il connaît la peur verte...

 

Cette épreuve supplémentaire lui permet de renforcer sa volonté et de retrouver un jour la vie paisible qu'il connaissait autrefois dans son royaume, Ithaque, bien avant qu'il ne doive aller combattre lors de la sanglante Guerre de Troie.

« l'Erèbe ; et toi, détourne-toi/ et regarde les eaux du fleuve ; alors, en foule,/ les âmes de ceux qui sont morts arriveront. »Au chant XI, des vers 25 à 50, Ulysse reprend exactement les mêmes paroles de Circé « aux belles boucles ». Il montre ainsiqu'il a suivi à la lettre les indications de la magicienne. Ainsi, il n'oublie pas de sacrifier des animaux noirs, destinés aux Enfers, contrairement aux animaux blancs, destinés aux sacrifices des divinités Olympiennes. La cérémonie pour les dieux est obligatoire, afin d'éviter que le monde des morts et celui des vivants ne se mélangent. C'est pour cela qu'Elpénor réclame une incinération, de manière à gagner le monde d'Hadès, car il se trouve dans « l'entre-monde ». Ce qui explique le fait qu'il parle à son capitaine Ulysse bien avant Tirésias. La traversée à bateau d'un des nombreux fleuve du royaume d'Hadès Les Enfers sont un lieu avec peu de description. Au chant X, des vers 505 à 515, Circé indique le chemin à Ulysse : « Ayant dressé le mât et déployé les voiles blanches,/ laisse au Borée le soin d'emmener ton navire./ Mais, lorsque ton navire aura traversé l'Océan,/ tu verras un rivage plat et les grands bois de Perséphone,/ des saules aux fruits morts et de hauts peupliers./ Echoue là ton bateau, près des remous de l'Océan,/ puis va trouver Hadès en son palais de pourriture./ Là-bas, dans l'Achéron le Pyriphlégéthon se jette/ et le Cocyte issu des eaux du Styx ;/ il s'élève une roche au confluent tonnant des fleuves : / tu t'en approcheras, héros, selon monordre ». Cette description est dépourvu de toute référence géographique précise et comporte d'évidents éléments mythologiques. Ce pendant, Homère montre à quel point c'est lieu d'horreur, à la fois noir et infernal. Comme on le constate aux vers 219- 221, les cadavres perdent leur chair : « Les nerfs ne tiennent plus ni les chairs ni les os ensemble,/ […] / aussitôt que la vie a quitté les ossements blancs ». Cette description est reprise par l'auteur français Ronsard (XVI ème siècle) dans la Pléiade : « Je n'ai plus que les os, un squelette je semble/ Décharné, dénervé, démusclé, dépulpé/ Que le trait de la mort sans pardon a frappé/ Je n'ose voir mes bras que de peur je ne tremble/ […] / Mon corps s'en va descendre où tout se désassemble. » La mort est comme une existence amoindrie, où seul demeure le souffle vital qui donne aux défunts une sorte de silhouette que l'on ne peut toucher, tels des fantômes (« la psyché » ou « psukhê ») ayant une vie sans intérêts, et totalement vide. Ainsi, la scène de retrouvailles des morts et d'Ulysse est pathétique : vers 204-208, Ulysse apprend que sa mère est morte : « je désirai/ d'étreindre l'âme de ma mère trépassée./ Trois fois je m'élançai, mon c œ ur me pressait de l'étreindre,/ trois fois hors de mes mains, pareille à une ombre ou unsonge,/elle s'enfuit; à chaque fois mon chagrin s'aiguisait ». On voit ici l'humanité du héros : il éprouve un grand bonheur à retrouver sa mère, mais en même temps, il est ressent une souffrance extrême, car la mort est une séparation définitive. Cette nékuia est bien plus qu'une évocation des morts. Elle montre l'état de frustration et la fatalité qui frappe Ulysse. Elle créer une coupure entre le monde des vivants et celui des morts : ici on voit un Ulysse plus humain, moins fier de lui que sur Terre : « la peur verte me prit ». Mais elle est aussi là pour briser un tabou : ce sont toujours les grands héros qui entrent et ressortent vivants de ce royaume. Le Styx (Στύξ), fleuve des Enfers III La fonction de la nékuia par rapport à Ulysse Pour le lecteur/auditeur, cette nékuia apporte beaucoup. En effet, elle montre à la fois le passé, le présent et l'avenir d'Ulysse. Homère aborde la Guerre de Troie et les nombreuses connaissances du fils de Laërte : »

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