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Etude de cas clinique : de la paranoïa à la folie à deux

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folie
Licence 3 de psychologie Psychologie clinique Étude de cas : Peter Evans in BUG Année 2013/2014 ; Aix-Marseille Université. Introduction « Ils en ont après moi, ils plaisantent pas du tout Agnès ». Il s'agit là d'une préoccupation de Peter Evans, qu'il confit à Agnès, la femme avec qui il entretient une relation amoureuse depuis peu. Ce personnage est issu du film américain Bug, réalisé en 2006 par William Friedkin. « Bug », mot anglais dont la traduction française renvoie à « insecte », correspond à ce qui devient pour Peter, un véritable tourment. La présentation de ce cas est déterminée par les éléments parsemés au cours du scénario. Il a donc fallut retracer l'histoire de Peter en utilisant les données fournies, ce qui à pour conséquence de laisser place à plusieurs zones d'ombres. Les informations données n'étant pas exhaustives, cette étude va s'effectuer à partir de différentes hypothèses. En effet, il ne serait pas raisonnable de prétendre pouvoir, sur la base de ces seuls éléments, proposer un diagnostique assurément fiable de ce cas. Il convient donc de considérer, avec une certaine modération, les différents cheminements de pensée proposés au cours de cette étude. Anamnèse Parmi les informations recueillies durant le visionnage du film, il en ressort certains éléments relatifs à la biographie de Peter. Voici une reconstitution partielle de son histoire, son anamnèse, en fonction de la chronologie des événements. Tout d'abord, certains éléments de l'enfance de Peter sont évoqués : il a grandit au nord de l'Oklahoma. Voici ce qu'il affirme : « Je viens d'un trou perdu », « c'est dans le nord de la région, mon père est prêcheur là-bas ». Lorsque Agnès l'interroge à propos du « genre d'église » et des fidèles de son père, Peter explique qu' « il n'a pas d'église » et qu' « il n'a pas vraiment de fidèle ». En ce qui concerne sa mère, « elle est morte depuis très longtemps ». Il a « fait l'école à domicile » puisque son « père ne faisait pas confiance à l'école ». Plus tard, Peter a participé à la guerre du Golf. Sans qu'on en connaisse la cause, il a finit par être enfermé pendant quatre ans dans un hôpital militaire. Les médecins ont diagnostiqué une paranoïa délirante. Ils précisent également que Peter est potentiellement dangereux pour lui-même et pour autrui. Le Docteur Sweet, psychologue consultant, est lui aussi intervenue auprès de Peter. Suite à son internement, on ignore ce qui s'est passé. Après une période inconnue, le sujet semble être âgés d'environ 30-40 ans. Selon ses dires, il est « plutôt du genre sans domicile fixe ». « Nul part, c'est là où je vis ». En parallèle, il est recherché par l'armée et la CIA. Cela dit, la raison n'est encore une fois pas précisée. C'est à partir de là que l'intrigue débute. Par l'intermédiaire de R.C., serveuse dans un bar, Peter fait la connaissance d'Agnès. Ils passent une soirée ensemble durant laquelle ils consomment de la cocaïne et de l'alcool. L'homme finit par rester chez sa toute nouvelle rencontre, qui vit dans un motel perdu en plein désert du Sud des États-Unis. Tout deux célibataires, ils entament peu à peu une relation amoureuse passionnelle. Une précision s'impose concernant l'anamnèse qui vient d'être présentée. Les éléments qui la constituent sont rapportés par plusieurs personnages, dont le principal intéressé, Peter. De ce fait, la question de leur véracité se pose. Afin de mener à bien cette étude de cas, j'effectue le choix méthodologique suivant : tous les éléments factuels exposés ci-dessus peuvent être considérés comme vrais. Leur existence dans la réalité extérieure est donc établie. A présent, nous allons observer ce qui se passe au sein même de la réalité psychique de Peter. De ce fait, nous allons accéder à l'histoire de ces troubles. Histoire des troubles Progressivement, l'ancien soldat s'ouvre à Agnès. Suite à un premier (et dernier) rapport sexuel entre les deux amants, il confie que cela faisait quelques années qu'il n'avait pas fait l'amour à une femme car un jour, il a « décidé que ça n'en valait pas la peine ». C'est aussi après ce rapport intime que Peter trouve un premier insecte dans le lit. Il s'agit selon lui d'un aphidien. Cette découverte étrange ne s'arrête pas là puisque d'autres encore sont repérés par Peter ; alors qu'Agnès peine à les voir. L'inquiétude engendrée par les insectes le pousse à se confier de nouveau auprès de son amante ; en ayant au préalable envisagé de la quitter pour ne pas qu'elle soit en danger. Il lui explique que pendant la guerre, plusieurs médecins lui ont donné des médicaments, fait des piqûres, et des examens. Peu à peu, il s'est rendu compte que ces médecins faisaient en fait des expériences sur lui. Le soldat a donc déserté et craint à présent d'être « porteur d'une maladie contagieuse ». L'armée n'a « pas apprécié qu'un de leur cobaye puisse se faire la malle sans leur demander la permission » et désormais, elle recherche Peter. Suite à ces révélations, les deux amants entendent les bruits d'un hélicoptère très proche et ressentent la turbulence de l'air engendrée par celui-ci. Par la suite, cela se produira à plusieurs reprises. Afin de remédier au problème des aphidiens, l'intérieur du motel est envahie de produits visant à les exterminer. Malheureusement, le vétéran de guerre va s'apercevoir qu' « ils sont immunisés contre les sprays ». Il examine également son sang au microscope et y voit un insecte. Sa conclusion est alors sans appel : « cette bestiole se nourrit de mon sang, c'est un parasite ». Peter se sent en danger lorsque Agnès lui annonce qu'elle à parlé au directeur du motel des problèmes d'insectes rencontrés. De plus, R.C. , l'amie de cette dernière, l'a conduite chez le dermatologue afin de faire examiner ses piqûres. Pour couronner le tout, R.C., qui ne croit pas du tout à la présence d'insectes et tente de raisonner son amie, menace Peter de conduire le Docteur Sweet jusqu'à lui. C'est ce qui pousse l'ancien soldat à entrer dans une sorte de crise : il se gratte très vivement, se tord dans tous les sens, enlève son tee-shirt puis se jette sur le lit en produisant des mouvements incontrôlables, qui évoquent ceux rencontrés lors d'une crise d'épilepsie. On aperçoit alors les blessures sur son corps, provoquées par le grattage intensif. Plus tard, Peter a une révélation et pense qu'une poche d'oeufs d'insectes est nichée dans une de ses dents. Selon lui, l'armée est responsable. Le vétéran de guerre entreprend donc de s'arracher la dent à l'aide d'une pince. Il refuse de se faire examiner par un docteur comme Agnès le lui demande car : « c'est trop risqué, ils me surveillent jour et nuit tu entends ! Ils veulent me chopper parce qu'ils veulent se rendre compte si leur expérience est concluante ! ». Il examine ensuite sa dent au microscope et semble particulièrement horrifié. Agnès regarde à son tour et s'exclame : « des millions ! ». Alors que Docteur Sweet se rend chez Agnès afin de ramener Peter avec lui, ce dernier ne croit pas en son existence. Pour lui, il s'agit d'une « machine » envoyée par l'armée, un « nouveau modèle » qui « provient de l'usine » et dont « la carte son est excellente ». Il le menace avec un couteau et, voyant l'hésitation d'Agnès, il prend la décision suivante : « bon je vais l'ouvrir, et je vais te montrer ». Il le tue donc à plusieurs coups de couteau en s'exclamant « machine, machine ! ». Selon lui, « ce n'est pas réel », « c'est du sang synthétique », « une mauvaise imitation ». Face au désarroi d'Agnès, Peter lui confie de nouveaux éléments pour mieux comprendre la situation. Il lui explique qu'en 1954, plusieurs personnes importantes « ont élaboré un plan pour maintenir le statut quo ». Il s'agit de « l'état de fait actuel : les riches deviennent plus riches et les pauvres plus pauvres ». Pour se faire, ils ont ordonné à la CIA de créer une micro puce à implanter dans chaque Homme afin de contrôler l'humanité. Peter et un autre soldat ont servis de cobaye puisqu'il fallait tester la puce. Il s'en est aperçu et l'a extraite. Afin que la puce « puisse se perpétuer et surtout se répandre comme un virus », les insectes ont finalement été utilisé : c'est eux qui constituent la puce, ils sont la puce. Peter parvient ainsi à faire deviner à Agnès ce qu'il sait déjà. Elle se remémore la scène où son enfant de six ans a disparut : et conclut que c'est Jerry Goss, le père de l'enfant de qui elle est séparée, qui l'a enlevé. La Police et le FBI l'ont libéré de prison plus tôt pour ça. Ils ont aussi proposé un marché à RC, l'amie d'Agnès. Elle forme un couple lesbien avec sa compagne qui effectue des demandes pour la garde de son enfant. Elle réussit finalement à l'obtenir, et cela semble étrange à Agnès puisque « ça n'est jamais arrivé de filer la garde à un couple de lesbiennes ». RC a donc été chargée de présenter Peter à Agnès. L'enlèvement de Loyd a permis au FBI d'étudier son ADN, et donc celui de sa mère, Agnès, afin de le rendre compatible avec celui de Peter. Les insectes étant apparut à la suite du rapport sexuel entre les deux amants, Agnès était destinés à être « la reine mère des insectes » et Peter, le père. Le problème, c'est que « ces insectes refusent d'envahir le monde ». C'est pour cette raison que tout le monde cherche à tuer les parents des aphidiens, « pour qu'ils (les insectes) se répandent dans le monde entier ». Il faut donc les éliminer. La présence d'un livreur de pizza qui toque à la porte, alors qu'aucune pizza n'a été commandée ; et de l'ex mari d'Agnès qui tente d'entrer ne fait que confirmer cette théorie. Les deux amoureux finissent par se donner la mort en s'inhibant d'essence avant de craquer une allumette. Leur derniers mots furent « je t'aime ». A priori, le diagnostique établit par les médecins à propos de Peter paraît plausible. Il souffrirait selon eux de paranoïa délirante. Dans le paragraphe relatif à l'histoire des troubles, on retrouve de nombreux éléments correspondant à cette pathologie tels que l'idée de complot, la méfiance, l'absence de remise en question ou encore la présence d'hallucinations. Aussi, il semble qu'Agnès se retrouve peu à peu contaminée par les idées de Peter, et ce phénomène de folie à deux se retrouve dans la psychose paranoïaque. Tout semble donc indiquer que l'hypothèse de la paranoïa s'impose d'elle-même. Afin de s'en assurer, il convient tout d'abord d'étudier la personnalité paranoïaque. Ensuite, il faudra vérifier ce diagnostique en décrivant la maladie, puis en l'analysant. I-La personnalité paranoïaque Selon la psychopathologie classique, le délire paranoïaque est dû à deux éléments : un type de personnalité et des événements (internes et/ou externes). Lors de la rencontre de ces éléments, le sujet réagit par la création d'une nouvelle réalité, c'est-à-dire du délire. Le DSM-IV (Diagnostic and Statistical Manual - Revision 4), publié par l'association américaine de psychiatrie en 1994, est un outil de classification des troubles mentaux dont l'approche se veut a-théorique. Plusieurs versions ont été rédigées, est il s'agit ici de la quatrième. Dans ce manuel, le terme de « personnalité paranoïaque » désigne un « état de méfiance soupçonneuse envahissante envers les autres dont les intentions sont interprétées de façon malveillante ». La CIM 10 n'utilise pas les mêmes critères que le DSM-IV pour définir la personnalité paranoïaque, mais décrit tout de même un état identique. Traits de la personnalité paranoïaque Un des aspects de cette personnalité correspond à l'attitude agresso-défensive qu'adopte le sujet paranoïaque. Cela se manifeste par le fait d'être constamment sur ses gardes, prêt à démasquer l'ennemie. Il peut s'agir d'un individu, d'un groupe ou bien d'une institution qui le menacent, qu'ils soient puissants ou non. En cas de danger, le paranoïaque peut rapidement devenir agressif et attaquer. Aussi, il soupçonne, traque constamment le moindre détail susceptible de trahir l'ennemie. Il va ensuite abusivement interpréter ce qu'il croit découvrir, en créant notamment des relations pourtant inexistantes entre divers éléments. C'est ce dont nous pouvons rendre compte dans l'étude du cas de Peter. Il se croit menacé par l'institution que représente l'armée et lui attribue la présence d'insectes, ou encore l'inquiétante visite du livreur de pizza que personne n'a pourtant appelé. Le côté agressif de Peter se manifeste notamment lorsqu'il pense que l'armée a fait venir une machine chez Agnès pour l'enlever. Cette machine est en fait le docteur Sweet que Peter poignarde particulièrement violemment. Cette agressivité participe de la présence de troubles dans les relations sociales ; et cela malgré un bon niveau intellectuel apparent. Peter y a fréquemment recours dans ses rapports avec autrui, notamment lorsqu'on ose remettre en question son délire. RC a pu le faire par exemple en niant la présence d'insectes chez Agnès, issus de l'imagination de Peter selon elle, et allant jusqu'à duper Agnès. Il rentre alors facilement en conflit, avec des réactions passionnelles inadaptées...

« Introduction « Ils en ont après moi, ils plaisantent pas du tout Agnès ». Il s'agit là d'une préoccupation de Peter Evans, qu'il confit à Agnès, la femme avec qui il entretient une relation amoureuse depuis peu. Ce personnage est issu du film américain Bug, réalisé en 2006 par Wil liam Friedkin. « Bug », mot anglais dont la traduction française renvoie à « insecte », correspond à ce qui devient pour Peter, un véritable tourment. La présentation de ce cas est déterminée par les éléments parsemés au cours du scénario. Il a donc fallut retracer l'histoire de Peter en utilisant les données fournies, ce qui à pour conséquence de laisser place à plusieurs zones d'ombres. Les informations données n'étant pas exhaustives, cette étude va s'effectuer à partir de différentes hypothèses. En effet, il ne serait pas raisonnable de prétendre pouvoir, sur la base de ces seuls éléments, proposer un diagnostique assurément fiable de ce cas. Il convient donc de considérer, avec une certaine modération, les différents cheminements de pensée proposés au cours de cette étude. Anamnèse Parmi les informations recueillies durant le visionnage du film, il en ressort certains éléments relatifs à la bi ographie de Peter. Voici une reconstitution partielle de son histoire, son anamnèse, en fonction de la chronologie des événements. Tout d'abord, certains éléments de l'enfance de Peter sont évoqués : il a grandit au nord de l'Oklahoma . Voici ce qu'il affirme : « Je viens d'un trou perdu », « c'est dans le nord de la région, mon père est prêcheur là-bas ». Lorsque Agnès l'interroge à propos du « genre d'église » et des fidèles de son père, Peter explique qu' « il n'a pas d'église » et qu' « il n'a pas vraiment de fidèle ». En ce qui concerne sa mère, « elle est morte depuis très longtemps ». Il a « fait l'école à domicile » puisque son « père ne faisait pas confiance à l'école ». Plus tard, Peter a participé à la guerre du Golf. Sans qu'on en connaisse la cause, il a finit par être enfermé pendant quatre ans dans un hôpital militaire. Les médecins ont diagnostiqué une paranoïa délirante. Ils précisent également que Peter est potentiellement dangereux pour lui-même et pour autrui. Le Docteur Sweet, psychologue consultant, est lui aussi intervenue auprès de Peter. Suite à son internement, on ignore ce qui s'est passé. Après une période inconnue, le sujet semble être âgés d'environ 30-40 ans. Selon ses dires, il est « plutôt du genre sans domicile fixe ». « Nul part, c'est là où je vis ». En parallèle, il est recherché par l'armée et la CIA. Cela dit, la raison n'est encore une fois pas précisée. C'est à partir de là que l'intrigue débute. Par l'intermédiaire de R.C., serveuse dans un bar, Peter fait la connaissance d'Agnès. Ils passent une soirée ensemble durant laquelle ils consomment de la cocaïne et de l'alcool. L'homme finit par rester chez sa toute nouvelle rencontre, qui vit dans un motel perdu en plein désert du Sud des États-Unis. Tout deux célibataires, ils entament peu à peu une relation amoureuse passionnelle. Une précision s'impose concernant l'anamnèse qui vient d'être présentée. Les éléments qui la constituent sont rapportés par plusieurs personnages, dont le principal intéressé, Peter. De ce fait, la question de leur véracité se pose. Afin de mener à bien cette étude de cas, j'effectue le choix méthodologique suivant : tous les éléments factuels exposés ci-dessus peuvent être considérés comme vrais. Leur existence dans la réalité extérieure est donc établie. A présent, nous allons observer ce qui se passe au sein même de la réalité psychique de Peter. De ce fait, nous allons accéder à l'histoire de ces troubles. »

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