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L'angoisse en psychanalyse

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Au fond de cette solitude, de cette souffrance, nulle voix humaine. Il n'y a guère que l'angoisse qui soit une certitude. La foi est à la fois certitude angoissée et angoisse certaine d'elle-même. Croire ou ne pas croire, telle que la question que pose  Kierkegaard. La foi est décision, incertitude inhérente au choix subjectif, vérité pour moi : « Il s'agit de trouver une vérité qui soit une pour moi, de trouver l'idée pour laquelle je veux vivre ou mourir «. Puisque l'existence est désespérée (le désespoir naît de l'excès ou du manque de possibilité qui s'offre au moi dans sa confrontation à l'être), la foi est une espérance désespérée envers celui à qui tout est possible: « Espérant contre toute espérance, il crut... « dit saint Paul d'Abraham, le Chevalier de la foi (« Epîtres aux romains «) Elle est un mouvement en vertu de l'absurde, car c'est précisément lorsqu'il n'y a plus de raison de croire qu'elle prend tout son sens et sa valeur. C'est pourquoi la foi ne se prouve pas, elle s'éprouve dans l'épreuve sans que jamais on puisse savoir qu'il s'agit bien d'une épreuve. L'épreuve n'est rien d'autre que l'existence elle-même. Et puisqu'il n'y a pas d'existence sans croyance (en général), l'existence authentique est une croyance passionnée.

« L'individu doit choisir pour son propre compte sans pouvoir se dérober. L ‘homme n'a donc pas un existencespéculative mais concrète et c'est dans et par cette confrontation concrète aux « possibles » que l'homme donneforme à sa singularité et devient par là même un « individu ». Mais l'individu paie cette liberté du choix par l' « angoisse » qui est sentiment de malaise devant l'inconnue de la possibilité. L'existence est possibilité cad « angoisse ». Et c'est cette vérité subjective que recherche Kierkegaard dans les « Etapes sur le chemin de la vie ». Or la leçon que donne l'existence de la raison est qu'elle ne se plie pas à ses exigences. Elle est par essence paradoxale, car chaque vérité existentielle a sa contrevérité, non moins vraie qu'elle. Ainsi, l'homme esthétique qui achoisi l'aventure, la jouissance instantanée fera l'amère expérience de l'insatisfaction. Pour avoir placé le définitifdans l'instant, sa vie ne sera qu'un temps vide, car il faut que l'instant meure pour que l'instant naisse. Avec le juiferrant et Faust , Don Juan sera la figure de l'existence esthétique oscillant entre le plaisir immédiat et le désespoir. Pour avoir choisi de ne pas s'attacher, Don Juan , de conquête en conquête, ne connaîtra que des échecs, sa victime se dérobe au moment même où elle s'abandonne et la femme en soi n'est jamais possédée. Pour lui, chaquefemme représente une possibilité d'existence. Mais il choisit de ne pas choisir et reste suspendu entre toutes lespossibilités qu'offrent ses conquêtes. A les vouloir toutes, Don Juan sombre dans l' angoisse du rien du tout, de la vacuité. Puisque l'instant est son plaisir, son plaisir ne dure qu'un instant. Vivant en prédateur et non enconstructeur, Don Juan ne peut jouir que dans l'instant et le particulier et non dans le général et le durable. A courir trop de proies, le chasseur ne revient qu'avec l'ombre. L'ironie –présence implicite de l'éthique dansl'esthétique- peut permettre à l'individu d'échapper à cette existence inconsistante pour se convertir à l'existenceéthique. L'ironie, définie comme la plaisanterie derrière le sérieux, lui fera prendre conscience que la liberté du viden'est qu'un vide de liberté. Et que le choix est nécessaire, car il est le facteur le plus puissant d'individualisation desa personnalité. La volonté de l'homme éthique pose le bien et le mal en s'opposant à la velléité de l'hommeesthétique. L'instant qui représentait tout pour l'esthète n'était rien puisqu'il ne servait pas à faire un choixessentiel, existentiel et décisif mais à maintenir l'individu entre différents possibles. L'éthicien, homme de bonnevolonté, soumet l'existence à l'unité de la règle (le devoir dans la vie conjugale, familiale, professionnelle,confessionnelle, la vie éthique selon Hegel ). Continuité du devoir, fidélité à lui-même et aux autres, il se conforme à l'universel et vit dans la durée. Si la figure de la vie esthétique est celle du séducteur, celle de la vie éthique prendles traits de l'époux, de l'homme marié. Passage de l'homme à femmes à l'homme d'une femme. Mais, ce dernier peutbien y trouver quelque joie mais il lui échappe que l'existence est rebelle à l'alignement. Ainsi à vouloir pérenniserl'amour dans l'institution du mariage, l'homme éthique met en place les conditions du désamour (édulcoration dusentiment dans la routine). D'une manière ou d'une autre l'existence rappelle l'homme éthique à sa contingence :l'erreur, la trahison, la souffrance, la maladie, la mort... rompent le bel édifice de l'existence éthique. On le verraavec encore plus d'acuité dans la troisième et dernière sphère, la religieuse : exister, n'est pas naviguer sur un longfleuve tranquille ! Mais affronter les tempêtes. Toutes les tempêtes ! Par l'humour, l'individu peut prendre sesdistances par rapport à la dérision de l'existence éthique L'humoriste s'élève au-dessus de tout et de lui-même, ilprend conscience de son néant. Il Sa révision des valeurs est plus complète que celle de l'ironiste qui jamais nedoutait de son moi et en voulait faire la norme absolue du monde. L'ironie voulait marquer la domination absolue dela subjectivité, du moi, ce que ne veut pas l'humour qui rit là où attendait des larmes (le sérieux derrière laplaisanterie). L'humour est une prise de conscience de la limite de la condition humaine, de la rencontre entre notre finitude et laconscience de notre éternité. L'humoriste est celui qui est conscient de l'infirmité de la raison, de l'insuffisante dugénéral pour réaliser toutes les aspiration de l'individu. La foi est le saut qualitatif qui introduit et constitue l'existence religieuse. Le paradigme de la foi est le dramed'Abraham qui reçut de Dieu l'ordre d'immoler son fils Isaac sur une montagne de Moriyya (« Crainte & Tremblement »). Scandale absolu. Injustifiable par la théologie rationnelle, car toute tentative de justification fait de Dieu un donneur de leçon soumettant la foi à l'épreuve, et d' Abraham un ratiocineur spéculant sur les intentions divines. Le sens de la foi est d'être une obéissance sans condition, envers et contre les certitudes del'homme éthique et au-delà de toute supputation. L'Absolu est étranger à tout compromis entre foi et raison, foi etmonde : Dieu est étranger à tout ce qui est mondain. D'un point de vue objectif, sous l'angle du général et de lamorale du stade éthique, fidèle au devoir, la conduite d' Abraham paraît celle d'un meurtrier, même si le meurtre n'est pas accompli (cf. formalisme kantien). D'un point de vue moral, on dira d' Abraham qu'il a voulu tuer Isaac . D'un point de vue religieux, qu'il a voulu le sacrifier. Morale et foi ne se superposent pas : la foi est passion de l'infiniet la morale est raison du fini. Cette exigence du devoir absolu envers Dieu prime sur la morale et en suspend lavalidité, ce que Kierkegaard appelle la « suspension téléologique de la morale ». L'homme qui, comme Abraham , opte pour la foi, par le rapport absolu avec l'Absolu répond à l'ordre divin au risque d'entrer en rupture avec lesautres hommes et avec la morale. Le religieux est le domaine de la solitude. Celui qui a opté pour la foi est habitépar les mêmes appréhensions qui animèrent Abraham durant son voyage vers la montagne du sacrifice. La foi n'est pas la condition du bien-être et du bonheur mais incertitude, « Crainte et tremblement », condition terrible du Christsouffrant sa « Passion »... S'efforcer de devenir chrétien, c'est accepter d'être attisé par la tempête. Toutes lestempêtes. Au fond de cette solitude, de cette souffrance, nulle voix humaine. Il n'y a guère que l' angoisse qui soit une certitude. La foi est à la fois certitude angoissée et angoisse certaine d'elle-même. Croire ou ne pas croire, telle que la question que pose Kierkegaard . La foi est décision, incertitude inhérente au choix subjectif, vérité pour moi : « Il s'agit de trouver une vérité qui soit une pour moi, de trouver l'idée pour laquelle je veux vivre ou mourir ». Puisque l'existence est désespérée (le désespoir naît de l'excès ou du manque de possibilité qui s'offre au moi danssa confrontation à l'être), la foi est une espérance désespérée envers celui à qui tout est possible: « Espérant contre toute espérance, il crut... » dit saint Paul d' Abraham , le Chevalier de la foi (« Epîtres aux romains ») Elle est un mouvement en vertu de l'absurde, car c'est précisément lorsqu'il n'y a plus de raison de croire qu'elle prend »

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