Devoir de Philosophie

Qu’est-ce que l’intelligence?

Publié le 04/09/2015

Extrait du document

B. Intelligence et compréhension. — Nous sommes ainsi amenés à définir l’intelligence comme la faculté de comprendre, c’est-à-dire, d’après l'étymologie de ce mot, la faculté de saisir d’un même coup d’œil un ensemble complexe. D’ailleurs, cette saisie elle-même est appelée aussi intelligence; .ce mot devient ainsi synonyme de compréhension : nous disons, par exemple, que certaines notions sont nécessaires à la compréhension ou à l’intelligence de certains problèmes.

 

Cette conception de l’intelligence répond bien à la démarche mentale dénommée intuition. Qu’il s’agisse de l’intuition divinatrice qui prévoit le résultat auquel aboutira par divers détours un raisonnement rigoureux si la matière le comporte, oui de cette intuition panoramique qui fait voir d’un coup d’œil toute une chaîne d’arguments ou tous les éléments d’un objet complexe, cette opération de l’esprit consiste à saisir ensemble (cum prehendere) ce que le commun ne saisit que séparément ou successivement.

 

De l’animal intelligent aussi on peut dire qu’il comprend, en ce sens qu’il unifie le divers et le multiple : la perception actuelle et les perceptions passées, le signe et la chose signifiée. C’est dans la mesure où les objets unifiés sont complexes et l’unification sûre et rapide que nous le disons intelligent.

« 84 PSYCHOLOGIE jeu des as·s•ociations ne permet pas d'interpréter les données qui se pré­ ·sentent.

Alo11s l'homme a recouœ aux procéd·és discursifs ou rationnels.

B.

Intelligence et connaissance rationneUe.

-Les mots I.e disent, dans la oonnais•sance rationnelle intervient la raison, qu'-on peut caractériser comme la faculté de percevoir des mpports.

C'est la raison, avons-nous dit, qui distingue l'homme de l'anima,! : c·elui-ci ·perçoit bien, comme l'homme, les choses ou les phénomènes; ·seul l'h-omme perQoit des rapports entre ces cho,se•s ou ces phénomènes : rapports de ressemblance ou de différence, de causalité ou de finalité...

Mais cette perception des rapports est attri­ buée aussi à !.'intelligence : d'un médecin qui diagrwstique avec s.ûreté et rapidité la nature d'une maladie et 1a caus·e de la fièvre, on dira qu'il est intelligent; on ne dira pas qu'il est raisonnable.

En effet, si l'on s'en tient à l'usage courant des mots, il ne semble pas y avoir de degrés dans la rais-on : on en est complètement dépourvu ou on la (p•os:s.ède dans.

son intégralité.

Nous n'avons pas de vocable pour marquer la supériorité rationnelle et nous devons attribuer cette supé­ riorité à 1 'intelligence.

Qu'est-ce donc que l'intelligence dans le domaine rationnel, par exemple en mathématiques P On peut bien lui attribuer la perception des• rapports, mais il est plus usuel de faire d'elle une faculté plus oomp~exe et moins rigoureuse, qui, p·articipant du sen·timent et de l'instinct, devine la vérité plus qu'elile ne la démontre, voit le réel plus qu'elle ne le construit en un système cohérent.

Bref, l'intelligence semble faite essentiellement de ce qu'on appelle, dans le langage ordinaire, intuition et, en logique, intui­ tion divinatrice, le pro(pre de la raison étant la pen·s·ée discursive.

Celle-ci, guidée d'aiHeurs par l'intuition qui lui suggère la voie à suivre et les moyens à employer, démontre rationnelJ.ement ce que l'intuition n'a fait qu'entrevoir et d'une vue hasardée fait une certitude.

II.

Essal de déflnition de l'intelligence.

- Après cette analyse sommaire du processus cognitif, tâchons de trouver le caractère di>Stinctif de l'intelligence.

A.

Intelligence et adaptation.

- Il e•st as·sez courant de nos jours de caractéri,s•er l'intelligence comme la faculté de s'adapt·er.

Ai.nsi, nous lisons dans un ouvrage récent : cc On entend par intelligence la faculté de s'adapter de manière rapide et rationnelle à des cirwnstances modifiées" (1), Il est certes indiscutable que la facilité à s'adapter est une preuve d'in­ telligence : pour s'adapter, il faut être intelligent.

Mais il ne s'ensuit pas qu'on puisse identifier intelligPnce et facilité d'adaptation.

S'ada•pter relève de l'action et non de la connaissance : •sans doute, l'activité proprement humaine est conditionnée (par la connaiss.ance, mais elle ne se confond pas avec elle.

Pl'éci:serait-on qu'il ·s'agit d'une adaptation de l'esprit ou de la pensée, il resterait à déterminer le processus de cette adaptation, et une analyse nous montrerait, semble-t-il, qoo celui qui s'adap·te faci­ lement voit avec plus de pénétration et de rapidité que les autres les ressemblances et les différences que présente la situation nouvelle par rapport à la situation antérieure.

(1) G.

MoRF, Eléments de psychologie, p.

!62, Editions du Mont-Blanc.

1945.. »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles