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Aliscan

Publié le 02/04/2024

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« Dissertation Aliscans Cabral Moreira Denilson Sujet 1 Groupe 2 Licence 2 Dans Aliscans les batailles entre sarrasins et chrétiens font ragent.

Les deux côtés subissent de lourdes pertes.

En premier lieu, ces batailles tournent en la faveur des sarrasins, faisant fuir les plus valeureux soldats chrétiens, créant ainsi tourment et remise en question chez ces mêmes soldats chrétiens.

C’est ainsi que Denis Hue professeur de littérature médiévale, écrit : « Le Sarrasin, dans son altérité/identité radicale […] permet non seulement à un individu mais à une société de mieux se retrouver.

Il ne fonde pas une idéologie de la conquête, il contribue à circonscrire une identité » (D.

Hüe, « La chrétienté au miroir sarrasin », La Chrétienté au péril sarrasin1, 2000).

Cette citation est intéressante, elle met en valeur plusieurs points, tout en établissant un lien entre ces différents points.

Ici le sarrasin est l’élément qui permettrait à un individu, mais aussi à une société de mieux se retrouver.

À noter qu’ici l’individu et la société représentent les chrétiens.

Il est donc important de comprendre cette citation, car elle nous permettrait de savoir en quoi le sarrasin est le facteur permettant cette recherche d’identité, mais aussi de voir de quelle manière l’individu mais aussi la société va tracer sa propre identité. Pour mieux comprendre et analyser le sujet, nous répondrons à la question suivante : Les sarrasins pousseraient-ils un individu, mais aussi une société chrétienne à définir leur identité sans se baser sur une idéologie de la conquête ? Pour répondre à cette question, nous parlerons en premier lieu de : l'égarement des chrétiens face aux sarrasins.

Ensuite, nous verrons que cet égarement a été bénéfique aux chrétiens et donc, qu’elle permet par la suite de tracer leurs identités en tant qu’individu, mais aussi en tant que société.

Et enfin nous apercevrons que le rôle des sarrasins est de permettre aux chrétiens d’affirmer leur identité chrétienne en tant qu’individu, mais aussi en tant que société Dans cette première partie, nous parlerons de l’égarement identitaire des chrétiens après avoir fait face aux sarrasins.

C’est-à-dire à leur détachement de l’identité chrétienne. La défaite cuisante qu’infligent les sarrasins aux chrétiens au début de la chanson de geste, égarent totalement ces derniers.

À un-t-elle point que de nombreux chrétiens ne se reconnaissent plus dans leurs actes.

Leur agissements et façon de penser n’est plus en adéquation avec l’identité qu’ils pensaient avoir.

Cela est en grande partie dû à la peur que leurs inspirent les sarrasins, du fait de leurs nombres, de leurs combativités ainsi que de leurs violences.

Il faut aussi noter que cet adversaire est une première pour les chrétiens.

À la page soixante-neuf d’Aliscans, les sarrasins sont qualifiés >.

C’est cette peur de l’inconnu qui pousseraient les chrétiens à bafouer leurs identités.

Prenons pour exemple le cas du personnage Vivien, grièvement blessé, et en tant que valeureux soldat chrétien, il est prêt à retourner au combat.

Cependant une horde d’homme de Gorant surgissent d’un vallon.

Ces nombreux hommes, lourdement armé, d’une apparence hideuse et s’avançant en criant de détermination, effraie Vivien, qui décide de s’enfuir.

N’ayant jamais fui de sa vie, Vivien prend conscience de son égarement et s’excuse auprès de Dieu.

Cette peur qu’inspire les sarrasins, a poussé Vivien à trahir son identité de valeureux soldats chrétiens.

Il ne se reconnait pas dans son acte, ce n’est pas lui, ce n’est pas son identité et il en prend conscience. Le sarrasin pousse aussi le chevalier chrétien à changer d’identité.

Ce qui est très symbolique.

Car changer d’identité, c’est masquer sa vraie nature afin de passer inaperçue dans la masse.

C’est se travestir en quelque sorte, ne plus être soit même afin de plaire ou de ne pas déranger autrui.

Pour illustrer ce fait, prenons l’exemple de Guillaume qui à la page cent cinquante-neuf après s'être défait des nombreux rois sarrasins, décide de revêtir l’équipement du roi Aérofle, pour ressembler aux sarrasins et ainsi ne pas être repéré.

Il change également de façon de parler mais aussi de langue afin d’être pris pour un sarrasin.

Son cheval, Beaucent est lui aussi déguisé.

En faisant cela, le compte Guillaume change complètement d’identité Il ne veut plus être pris pour un chrétien, mais pour un sarrasin.

Il admet en quelque sorte, la défaite des chrétiens, car en se déguisant ainsi, il cache son appartenance chrétienne, pour montrer son appartenance au camp ennemi.

Et le fait d’aussi changer sa manière de parler, jusqu’à s’exprimer dans la langue des sarrasins montre que le compte Guillaume s’est totalement travesti, il prend même le cheval du roi Aérofle, en plus de son armure, pour totalement usurper son identité et donc effacer la sienne.

Il change donc d’identité à cause des sarrasins mais aussi pour ne pas être reconnu par ces derniers. Ce changement d’identité chez les chevaliers chrétiens est tout de suite relevé par leurs proches ou chevaliers restés en retrait.

Et c’est un élément important, car cela confirme leurs changements d’identité, et montre qu’il y a un avant et un après concernant le face à face avec les sarrasins.

Les sarrasins ont donc cette capacité à faire perdre, du moins à trahir l'identité que s’étaient forgé les chevaliers chrétiens. Nous pouvons illustrer ce propos avec le compte Guillaume, qui retrouve Vivien au seuil de la mort et dit > (p.115).

Ici, pour le compte Guillaume, jamais Vivien n’aurait pu penser à fuir la bataille car ces valeurs l’en empêcheraient. Cependant Vivien, à belle et bien fuie de la longueur d’une lance, ce qui montre que sa confrontation avec les sarrasins, a changé son comportement, son attitude de manière à ce que même Guillaume se trompe sur son compte.

Un autre exemple lorsque le compte Guillaume arrive à Orange, il ordonne au gardien de faire glisser le pont-levis.

Ayant pris l’apparence d’un sarrasin, le gardien ne le reconnaît pas, et décide d’appeler Guibourc, sa femme.

Guillaume ayant retiré son heaume, est tout de même traité comme un inconnu par sa bien-aimée.

Car pour elle jamais Guillaume n’aurait fui, eu peur ou encore abandonné ses camarades.

Cela prouve que la confrontation face aux sarrasins à changer l’identité des chevaliers chrétiens, qui n’agissent plus de la même manière et qui donc, ne peuvent être reconnus par leurs proches.

Ils ont donc perdu leurs identités Maintenant que nous avons vu que la bataille face aux sarrasins a totalement dérouté les chevaliers chrétiens, qui selon leurs agissements ou apparences trahissent leurs identités chrétiennes, à un t-elle point qu’ils ne sont pas reconnus par leurs proches, nous allons voir que cet égarement est en fait nécessaire, et permet aux chrétiens de mieux se retrouver en tant qu’individu, mais aussi en tant que société chrétienne. Si en premier lieu les chevaliers chrétiens s’éloignent de leurs identités, c’est pour mieux la délimiter.

Chaque fois qu’un chevalier chrétien trahit son identité, il finit par s’en rendre compte, que ce soit par sa propre personne, ou par le biais de ses proches.

Ainsi cet égarement n’est pas définitif, il apparaît après la rencontre des sarrasins, et finit par être relevé par les chevaliers chrétiens.

Les sarrasins, par leur nature, permettraient donc aux chevaliers chrétiens de tracer les limites de leurs identités, c’est à dire de la portée de leurs agissements, de ce qu’ils peuvent faire ou au contraire, de ce qu’ils ne peuvent pas faire.

Entre autres, de définir son identité. Nous pouvons développer ce propos en prenant l’exemple de Vivien.

Après avoir été effrayé par la horde de sarrasins, Vivien fuit de la distance d’une lance, aussitôt il prend conscience de son acte, et avorte sa fuite.

Même si en premier lieu il trahit son identité, il finit par en avoir conscience, et décide de retourner au combat.

Ici, Vivien trace son identité, il décide de ce que doit être son identité.

En décidant de ne plus fuir et de retourner au combat, Vivien retrouve son identité, du moins, trace la limite de sa ligne directive.

Par la suite, mourant et dans les bras du compte Guillaume, ce dernier se confesse et avoue avoir trahi sa parole en ayant fui face au sarrasin > (p.121).

Cette confession montre tout d’abord que Vivien s’est bel et bien égaré face aux sarrasins, mais elle montre aussi que Vivien à délimiter son identité car il releve l’élément ayant enfreint son identité.

Cet égarement aurait donc été bénéfique pour Vivien, car cela lui permet de mieux se définir. Si Vivien a pu se rendre compte de son égarement sans l’aide de personne, le compte Guillaume lui, a dû faire face aux siens pour enfin comprendre qu’il avait trahi son identité.

En arrivant à Orange, ni le.... »

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