Djindjic, Zoran
Publié le 08/04/2013
Extrait du document
| 1 | PRÉSENTATION |
Djindjic, Zoran (1952-2003), homme politique serbe, Premier ministre de Serbie de 2001 à 2003.
| 2 | LE LEADER DE L’OPPOSITION À SLOBODAN MILOŠEVIĆ |
Né à Bosanski Samac (Bosnie-Herzégovine), Zoran Djindjic est le fils d’un officiel de l’armée yougoslave. Diplômé de la faculté de philosophie de Belgrade en 1974, il est brièvement emprisonné pour ses activités au sein d’une organisation étudiante dissidente. Il poursuit son parcours universitaire en Allemagne où il est notamment l’élève de Jürgen Habermas.
De retour en Yougoslavie en 1989, il enseigne à Belgrade et à Novi Sad, et embrasse dans le même temps une carrière politique. Il participe à la fondation du Parti démocratique, dont il devient le président en 1994. Élu au Parlement yougoslave en 1990, il s’aligne d’abord sur les positions du dirigeant serbe bosniaque Radovan Karad¸ic contre l’indépendance bosniaque avant d’adopter une orientation antinationaliste et de devenir le principal leader de l’opposition au président Slobodan Milošević.
En 1996, il est l’un des initiateurs de la coalition Zajedno (« Ensemble «), avec laquelle il conquiert la mairie de Belgrade en février 1997. Poussé à la démission quelques mois plus tard, en raison de conflits internes à la coalition, il imprime à son parti une ligne de plus en plus pro-occidentale. Durant la guerre du Kosovo, il se réfugie au Monténégro pour ne pas être incorporé à l’armée.
| 3 | UN ARTISAN DES RÉFORMES DÉMOCRATIQUES EN SERBIE |
De retour à Belgrade en 2000, Zoran Djindjic organise des manifestations de masse contre le régime de Slobodan Milošević. Avec d’autres formations politiques, il fonde la Coalition d’opposition démocratique (DOS) et le candidat Vojislav Kostunica bat Slobodan Milošević lors de l’élection présidentielle de septembre 2000. À la tête de la même coalition, Zoran Djindjic remporte les élections législatives du mois de décembre suivant et est nommé Premier ministre en janvier 2001. À ce poste, il met en œuvre une profonde restructuration politique et économique du pays visant non seulement à moderniser l’État serbe mais aussi à marginaliser les acteurs de l’ancien régime, ce qui lui coûte l’appui de plusieurs partis de la coalition, plutôt favorables à une réforme progressive. Dans le but de gagner le soutien des pays occidentaux et de renforcer la position de la Serbie sur la scène internationale, il livre l’ancien président Milošević au Tribunal pénal international de La Haye (TPI) sans l’aval du président Vojislav Kostunica.
Zoran Djindjic meurt le 12 mars 2003, victime d’un attentat devant le siège du gouvernement de Belgrade. Les instigateurs de cet assassinat, qui provoque une très vive émotion tant en Serbie qu’au plan international, sont issus des milieux militaro-mafieux proches de l’ancien régime.