geisha
Publié le 09/02/2013
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geisha (mot japonais signifiant « artiste «), femme dont le rôle est de divertir un homme ou un groupe d’hommes par sa conversation et sa maîtrise des arts traditionnels tels que la danse, le chant et la musique.
Les recherches ethnographiques les plus récentes font état de l’existence de geishas, c’est-à-dire de personnes dédiées aux arts et aux divertissements, depuis les débuts de l’histoire japonaise. Ce sont alors essentiellement des hommes (otoko no geisha), puis la profession se féminise avant de devenir exclusivement féminine.
Au début du XVIIe siècle, les geishas se regroupent en « maisons « (okiya) autour d’une protectrice, fonctionnant comme autant de micro-sociétés de femmes extrêmement hiérarchisées, avec leurs règles d’intronisation et de vie. Les jeunes filles, parfois venues de leur plein gré chercher fortune, mais le plus souvent vendues par leurs parents, y subissent un apprentissage, long et difficile, qui dure tout le temps de leur enfance et de leur adolescence. Conduit sous la direction des geishas plus âgées, cet enseignement mène à la maîtrise des arts de la danse, de la musique (koto et shamisen) et du chant, ainsi que de l’habillage, du maquillage et de la conversation.
Cet investissement très lourd consenti auprès des jeunes initiées les lie pour de longues années à leur protectrice et à leur maison. Devenues âgées, les geishas se marient ou bien dirigent elles-mêmes une maison, veillant à leur tour sur les nouvelles recrues. Cultivant l’ambiguïté entre l’état de courtisane et celui de prostituée, les plus douées d’entre elles, intelligentes et raffinées, très célèbres et très courtisées, servent souvent de confidentes influentes aux puissants.
Cependant, au début du XVIIIe siècle, dans un Japon de plus en plus influencé par le confucianisme, les geishas sont peu à peu assimilées aux prostituées et exilées dans des quartiers clos, entourés de murs et de fossés, tels que Yoshiwara à Edo, en pleine ville basse, près de la rivière. Ce fameux « monde flottant « abrite également tous les commerces de la nuit (bars, théâtres, salons de thé, restaurants et auberges) et ses intrigues hautes en couleur inspirent les peintres d’estampes, les écrivains et les poètes.
Le métier a survécu mais les geishas sont aujourd’hui largement dépassées en nombre par les hôtesses de bar, même s’il existe encore quelques geishas traditionnelles, ainsi que quelques hommes capables d’apprécier leurs talents raffinés. En France, les ouvrages de Pierre Loti ont contribué à donner des geishas une image un peu éthérée, teintée d’exotisme doucereux ; mais la réalité de la vie de ces jeunes femmes est souvent rude et assez éloignée de ces clichés.