Irangate
Publié le 04/04/2013
Extrait du document
Irangate, scandale politique américain de 1986 et 1987, dans lequel des membres de la haute administration du président Ronald Reagan organisèrent la vente secrète d'armes à l'Iran en violation des lois en vigueur aux États-Unis. Le produit des ventes d'armes, d'un montant de 30 millions de dollars, fut envoyé à la guérilla nicaraguayenne menée par les contre-révolutionnaires (contras), pour qu'elle s'équipe en armes contre le gouvernement d'extrême-gauche sandiniste animé par Daniel Ortegah. Cela aussi, était une violation directe de la politique américaine. Le négociateur de ces trafics était le lieutenant-colonel Oliver North, aide militaire du Conseil national de sécurité. North rendit compte d'abord de ses activités au conseiller à la sécurité nationale Robert C. McFarlane, le chef du Conseil, et par la suite à son successeur, le vice-amiral John M. Poindexter. La vente des armes à l'Iran avait le double but d'améliorer les relations avec celle-ci et d'obtenir la libération des otages américains détenus au Liban par des terroristes pro-iraniens. North contribua à la mise en place d'un réseau de couverture (bateaux, avions, terrains d'aviation et comptes bancaires secrets) pour fournir l'aide nécessaire aux contras. En novembre 1986, un magazine libanais révéla que le gouvernement des États-Unis avait négocié un contrat d'armement avec l'Iran. Plus tard le même mois, le ministre de la Justice (Attorney general) Edwin Meese constata que des millions de dollars provenant de ces ventes avaient été envoyés aux contras en violation de l'amendement Boland que le Congrès avait adopté en 1984, qui interdisait une aide militaire américaine directe ou indirecte à l'opposition armée nicaraguayenne. Alors que de nouveaux éléments venaient alimenter le scandale grandissant, une série d'enquêtes furent lancées par le Congrès et le ministère de la Justice. En février 1987, la commission Tower, jury spécial dirigé par l'ancien sénateur du Texas John Tower, publia un rapport critiquant sévèrement le président Reagan et ses conseillers pour leur manque de contrôle sur le Conseil national de sécurité. La commission d'enquête du Congrès rassembla plus de 300 000 documents, instruisit plus de 500 auditions et dépositions, et entendit 28 témoins en 40 jours d'audience publique. En novembre 1987, la commission déclara que le président portait la responsabilité finale de la mise en œuvre des politiques de son administration, mais ne trouva aucune preuve formelle qu'il avait eu connaissance du détournement de fonds en faveur des contras. En mai 1989, North fut poursuivi et condamné pour obstruction de l'enquête du Congrès et destruction illégale de documents gouvernementaux, mais sa condamnation fut par la suite annulée, tout comme celle de Poindexter. Les répercussions du scandale sur la responsabilité finale de l'opération continua jusque dans les années 1990. En décembre 1992, le président George Bush, qui avait été le vice-président de Reagan et qui avait été, lui aussi, impliqué dans le scandale sans être poursuivi, amnistia un bon nombre de hauts fonctionnaires qui avaient été poursuivis ou condamnés pour leur participation dans l'Irangate. Le procureur indépendant Lawrence E. Walsh publia le rapport final de son enquête sur l'affaire en janvier 1994. En conclusion, rien ne prouvait que Reagan avait enfreint la loi. Peut-être avait-il essayé d'étouffer l'affaire ou du moins été au courant de cette tentative.