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Les conséquences de la croissance de l’économie chinoise sur l’environnement.

Publié le 06/10/2012

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Introduction       « Le jour où la Chine s’éveillera… «   disait-on il y a quelques années, en laissant planer une menace géante sur la planète. Or cet immense pays s’est bel et bien éveillé. Et il s’agit de s’interroger sur les conséquences que cela peut avoir sur la marche du monde et notamment sur l’environnement «.       Ainsi, la Chine est devenue en peu de temps une puissance exportatrice phénoménale, et a pris la tête des exportateurs mondiaux de textile - habillement, de chaussures, de produits électroniques et de jouets. Ses produits ont envahit le monde, surtout après son adhésion à l’OMC.       Cette fureur exportatrice devait provoquer un spectaculaire décollage de la croissance qui, depuis deux décennies, dépasse chaque année les 9%. Cet essor a entraîné aussi, pour des millions de foyers, une augmentation du pouvoir d’achat et du niveau de vie, et a favorisé la montée d’un véritable capitalisme chinois.       La masse démentielle des travaux engagés par l’État pour moderniser le pays et la nouvelle fièvre consommatrice des Chinois, ont ajouté une nouvelle dimension à l’économie : en peu de temps, la Chine, qui faisait peur comme puissance exportatrice envahissante, est devenue un énorme importateur dont la voracité semble insatiable. Nous allons ainsi, nous intéresser brièvement dans un premier temps à la croissance de l’économie chinoise,
qui a décollé grâce à la mondialisation, pour ensuite exposer les dangers qu’elle peut causer sur la planète, notamment sur le plan de l’environnement. I. La croissance de l’économie chinoise         A) L’atelier du monde             - Une puissance industrielle et exportatrice       La place occupée par l’industrie est un caractère important de l’économie chinoise (51% du PIB en 2001), la Chine est la 4e puissance industrielle mondiale. Une autre essentielle est l’importance acquise par le commerce extérieure : la Chine a acquis le rang de 4e exportateur mondial.           - Au cœur de la mondialisation       Le lien entre les développements de l’industrie et du commerce extérieur est clair, et le rôle des investissements étrangers dans ce double développement est essentiel : 52% des exportations chinoises sont réalisées en 2002 par des entreprises à capitaux étrangers. Un effet majeur des réformes a en effet consisté dans l’ouverture de la Chine aux IDE, elle en a attiré 415 milliards de $ de 1992 à   2002. Et l’adhésion à l’OMC ouvre de nouvelles perspectives : en 2003, l’afflux record fait de la Chine la première destination mondiale pour les IDE.             - Un atelier de plus en plus diversifié       Attirés par les bas salaires, ces investissements ont fait de la Chine le principal atelier du monde dans plusieurs secteurs, notamment dans celui des jouets, des équipements de sport, des chaussures (30% de la prod. mondiale) et des
vêtements (20%). Mais la Chine affiche aussi ses ambitions dans la construction navale et à plus long terme dans l’aéronautique. La Chine est également devenue le 4e exportateur d’équipements électroniques et électriques. L’assemblage compte certes pour une part importante de ces chiffres, mais l’acquisition de technologies suivra.         B) Un marché de consommation en plein expansion           -Quel poids économique ?       L’exceptionnelle croissance a mené la Chine du 11e au 6e rang mondial en termes de PIB entre 1972 et 2002. Mais c’est surtout le fait de re-estimer la puissance économique non plus en termes bruts, mais en parité de pouvoir d’achat (PPA), qui donne un tout autre poids à l’économie chinoise. Le PIB, recalculé en PPA, en fait la deuxième économie mondiale, derrière les Etats-Unis.       -Les besoins d’une industrie à plein régime       Le développement de la Chine fait déjà de lui-même du pays un marché important par les besoins qu’il génère, en termes de biens d’équipement notamment   l' industrie et les infrastructures. Outre les machines qui équipent les usines, tous les secteurs qui soutiennent ce développement génèrent des demandes en croissance rapide. Ainsi, dans le domaine des avions civils, les projections des deux grands constructeurs voient dans la Chine le 2e marché mondial, après les Etats-Unis, sur la période 2000-2020.       - Un exemple de croissance exceptionnel: la ville de Chongqing       La ville
de Chongqing, c'est le futur Chicago chinois. Dans cette ville, le travail ne   s'arrête jamais, elle est sans cesse en mouvement. On voit apparaître de nouveaux immeubles partout. C'est la troisième plus grande ville de Chine. Sa population est de 30 millions de personnes et elle continue d'augmenter d'à peu près de 500 000 habitants par an. Sa croissance s'élève à 10% par an. Ce chiffre ne s'explique pourtant pas par les investissements étrangers comme dans le reste du pas, il est plutôt dû aux entreprises locales. Mais cette croissance aussi énorme pose des problèmes environnementaux considérables, tel la recherche d'eau potable.       -Consommation : un marché réel mais partiel       C’est essentiellement le marché de consommation (20% de la population mondiale) qui motive la fascination exercée par la Chine.   Cependant, avec un PIB/habitant < 1000$, la Chine reste un pays pauvre. Les inégalités villes -campagnes font que seule une petite partie de la population a accès aux biens de consommation. Ce marché limité affiche par contre des taux de croissance spectaculaire. Encore très limitées, les ventes de voitures particulières ont doublé entre 2001 et 2002 (passant de 500000 à 1000000). -Incitation et interrogation       Ces opportunités réelles et le bas niveau des salaires attirent d’autant plus les IDE, pour conquérir cette fois non plus les marchés d’exportation (cf. Atelier du monde) mais le marché chinois lui-même ! La question est de savoir
si la société chinoise pourra résister aux tensions créées par les inégalités qui la caractérisent. II. Les conséquences sur l’environnement L'environnement fait partie de tout ce qui nous entoure, et inclue aussi bien les éléments naturels, qu’artificiels. Ainsi, L'air, l'eau, le sol, les ressources naturelles, la faune, la flore, les microbes, les êtres humains, les écosystèmes et la biosphère font   partie de l’environnement. Nous allons voir quels sont les effets de la croissance chinoise sur l’environnement. A) Les conséquences de la croissance chinoise sur l’environnement. La Chine génère une pollution atmosphérique très importante. En 2002, des chercheurs de plusieurs pays européens et asiatiques ont montré que toute l’Asie du Sud-est était recouverte d’une couche de pollution épaisse de 3 km. Au-delà de cette pollution, la croissance chinoise risque de créer des déséquilibres dans de nombreux secteurs : - Agriculture Malgré la poussée démographique, le pays a réussi à maintenir son autosuffisance alimentaire. Mais la destruction   des surfaces agricoles utiles( 10 millions d’hectares ces 15 dernières années), dégradation des sols, l’exode rural, l’augmentation de la consommation de viande par des populations urbaines plus riches est en train de faire de la Chine un pays importateur de nourriture. C’est déjà le cas pour près de la moitié des 33 millions de tonnes de soja qu’elle consomme. La Chine devrait bientôt commencer à importer
des céréales, ce qui, étant donné ses énormes besoins, va faire hausser fortement les prix et risque de générer une grave crise chez les autres pays importateurs comme l’Egypte, le Mexique ou l’Indonésie. La racine de cette crise à venir est liée à l’insuffisante prise en compte du facteur écologique, et notamment du manque d’eau, par les autorités chinoises. - Pêche La Chine est le plus grand "pêcheur" du monde. Selon les statistiques de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), elle a capturé en mer 17,6 millions de tonnes de poisson sur un total mondial de 91 millions. Dans la région du nord-ouest du Pacifique, sa part est passée de 20 % des captures dans les années 1970 à plus de 60 % aujourd’hui. De même, le nombre de ses pêcheurs a augmenté de près de 10 millions depuis 1970, atteignant le chiffre de 12 millions aujourd’hui. - Forêts En quelques années, la Chine est devenue un acteur majeur du commerce international du bois et de la déforestation. Le tournant a été pris en 1998, quand le gouvernement a décidé de freiner sévèrement la coupe forestière domestique. Les compagnies chinoises se sont alors tournées vers l’étranger, notamment vers la Russie et ses forêts sibériennes, l’Indonésie et les pays d’Afrique comme le Gabon, le Cameroun ou le Liberia. Cette exploitation se fait souvent sans respecter les règles forestières locales. Selon une étude du World Wild Fund (WWF), la moitié des importations
chinoises proviennent d’exploitations illégales. - Plantes et animaux Dans la mesure où la classe moyenne prospère chinoise représente plusieurs centaines de millions de consommateurs, leur passion pour les plantes médicinales et les animaux exotiques se traduit par une razzia sur les espèces en danger et une menace réelle sur la biodiversité. Les statistiques manquent cependant pour apprécier l’importance d’un phénomène largement souterrain. - Déchets La Chine est particulièrement en retard dans le domaine du recyclage des déchets : le taux de retraitement de l’eau à usage industriel est d’environ 55% contre 80% pour les pays développés. En plus, la Chine subit aussi les pollutions des pays développés. Les Etats-Unis, notamment, y expédient la moitié de leurs ordinateurs usagés afin de profiter de la souplesse de la réglementation environnementale en vigueur, concernant leur "recyclage". De même la Chine est-elle, derrière l’Inde et le Bangladesh, une destination de choix pour les vieux bateaux imprégnés d’amiante et d’autres polluants. -   « Barrage des Trois Gorges « Une   question environnementale majeure est posée par la construction du   « Barrage des Trois Gorges « sur le fleuve Yangtsé, qualifié de « nouvelle muraille de Chine du 3ème millénaire «, qui peut aussi être vu de la lune. Les travaux ont commencé en 1994 et devraient se terminer en 2009. Ce projet est considéré comme le plus grand chantier du monde et devrait concerner à peu près
13 villes, une centaine des bourgs, plusieurs milliers de villages, ainsi qu’une dizaine de milliers d’hectares de terres arrables. Pékin est très décidé de vouloir construire le plus grand complexe hydroélectrique de la Terre et cela malgré l’opposition de la Communauté Internationale. L’objectif de ce barrage est de discipliner le fleuve en question contre les crues qui sont assez abondantes et catastrophiques. Mais ce barrage va également servir pour la production d’électricité. Cette dernière a une demande qui augmente constamment. - Automobile Les autorités chinoises ne cachent pas que la pollution automobile est devenue un sujet préoccupant. Des mesures anti-pollution ont été adoptés tel que le pot catalytique   obligatoire dans certaines agglomérations, la circulation alternée, etc. Ainsi, les autorités chinoises, dans leur souci de réduction de la dépendance énergétique du pays et de lutte anti-pollution, ont lancé un programme de développement de l’utilisation de carburants propres. Une trentaine de municipalités et régions équipent leurs flottes de taxis et bus aux carburants GPL et GNV. Des recherches ont été lancées pour développer des véhicules électriques et l’utilisation de biocarburants. D'ailleurs, la tenue, en 2008, des Jeux olympiques de Pékin sera l'occasion pour la Chine de symboliser sa volonté : 18 000 véhicules «propres« seront déployés pour l'événement. - Emissions de gaz à effet de serre La production chinoise
de CO2 n'est en fait que partiellement due aux gaz d'échappement. La source la plus importante, c'est le charbon. La Chine est le premier producteur, mais   aussi le premier consommateur. Le deux-tiers de la consommation de son énergie électrique provient du charbon. La Chine en consomme en effet à elle toute seule autant que l'Europe, les Etats-Unis et le Japon, tous ensembles. Mais malgré cela, la Chine est une bonne élève dans ce domaine, car elle a su stabiliser ses émissions à la fin des années 1990 malgré une croissance économique record. Ce succès a été obtenu grâce à une réforme de l’industrie charbonnière (fermeture de nombreuses petites mines), la substitution partielle du charbon par le pétrole et le gaz naturel (qui émettent moins de gaz carbonique) et une amélioration de l’efficacité énergétique. Si la Chine émet environ 833 millions de tonnes (MT) de gaz carbonique par an (contre 1 525 MT pour les Etats-Unis), son émission par habitant reste très faible (à 0,64 tonne par an et par habitant contre 5,52 tonnes aux Etats-Unis). B) Les dangers sur l’environnement, d’une augmentation de la consommation de la population chinoise. On peut se demander quelles seraient les conséquences si la Chine ne ralentissait pas sa croissance et adoptait le mode de vie américain. D’ici 25 ans, cela aboutirait à une catastrophe planétaire, environnementale et économique. Si l'économie chinoise connaissait une croissance de 8% par an, doublant tous les
neuf ans, le revenu par habitant en 2031 atteindrait les 38.000 dollars, soit le revenu par habitant actuel des Etats-Unis, mais pour une population estimée alors à 1,45 milliard. Actuellement le revenu annuel moyen d'un Chinois par habitant atteint à peine les 5.300 dollars. Les projections les plus alarmantes concernent la consommation d'énergie et ses conséquences. En dehors de l'air irrespirable en raison des fumées provenant de la consommation de charbon, les émissions de CO2 de la Chine dans 26 ans équivaudraient à celles émises par les sources de pollution sur toute la terre aujourd'hui. En effet, si les Chinois utilisent proportionnellement autant de pétrole en 2031 que les Américains aujourd'hui, la Chine devra disposer de 99 millions de barils de brut par jour. La production mondiale quotidienne actuelle avoisine les 79 millions de barils. Pour le charbon, si dans 26 ans chaque Chinois brûle autant de charbon qu'un Américain (soit 2 tonnes par an en moyenne), le pays en utilisera 2,8 millions de tonnes chaque année, soit plus que la production mondiale annuelle actuelle de 2,5 millions de tonnes. Une telle consommation entraînera un réchauffement climatique incontrôlable, risquant d’inonder les installations côtières. Et si tous les Chinois se mettaient à consommer "de manière aussi vorace" en 2031 que les Américains aujourd'hui, la seule consommation de céréales par personne passerait de 291 kg à 935 kg par an. Cela représenterait pour l'ensemble
de la Chine l'équivalent des deux tiers de la totalité de la récolte mondiale de 2004, qui avait atteint un peu plus de 2 milliards de tonnes, selon l'étude. Pour satisfaire une telle demande, il faudrait produire environ un milliard de tonnes de céréales supplémentaires d'ici 2031, ce qui pourrait entraîner la disparition de grandes parties de la forêt tropicale amazonienne transformées en champs de blé avec d'énormes conséquences écologiques. Dans 26 ans, si les Chinois consomment autant de viande que les Américains aujourd'hui   (125 kg par personne en 2004) la production en Chine devrait passer à 181 millions de tonnes contre 64 millions de tonnes aujourd'hui. Cela représenterait les quatre cinquièmes de la production mondiale actuelle de viande. Il va donc falloir apprendre à gérer la rareté dans le domaine agricole. Ainsi, pour pouvoir nourrir tout le monde, faudrait-il aussi, augmenter la production agricole. Celle-ci devrait doubler d’ici 2050. Alors que nous assistons aujourd’hui plutôt à un spectacle contraire. 1 2 Conclusion Ainsi, l’économie chinoise, probablement destinée à devenir la première du monde, apparaît aujourd’hui comme une économie puissante qui présente de nombreux atouts. L'ensemble des réformes de libéralisation et d'ouverture mises en œuvre depuis 1978, a permis l'insertion de ce pays autrefois autarcique dans l'économie mondiale, comme l'a démontré l'entrée de la Chine à l'OMC. Son économie a profité pleinement
de cette mondialisation et   est en pleine croissance. Mais cette croissance engendre une augmentation de la consommation, pour la production, qui a besoin de plus en plus de ressources pour produire, mais aussi pour la population chinoise qui s’occidentalisent en ce qui concerne sa façon de consommer. Des nombreux problèmes environnementaux en résultent. Il y a le problème du réchauffement climatique et de ses conséquences sur la planète. Mais pas seulement : Philippe Chalmin, économiste spécialiste des matières premières, dit que « la planète est en train d’atteindre ses limites «, dans le domaine agricole ainsi qu’en ce qui concerne le pétrole. Ainsi, il va falloir apprendre à modifier nos comportements et cela assez rapidement, surtout un pays tel que la Chine, qui connaît une croissance et un appétit sans pareil… Bibliographie : Ouvrage, revues : « La Chine à l’aube du 21ème siècle : Le retour d’une puissance ? «, de Stéphanie Bessière. Editions L’Harmattan, 2005. « Dossier La Chine «, dans « Questions Internationales «, n°6, mars-avril 2004. « Le nouvel observateur « : n°2187 du 5-11 octobre 2006                                             n° 2197 du 14-20 décembre 2006                                             n° 2220 du 24-30 mai 2007 Sites internet :     http://www.observateurocde.org/news/categoryfront.php/id/49/Chine.html     http://www.universalis.fr     http://www.wto.org/french/thewto_f/countries_f/china_f

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