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L’unification de l’économie européenne

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L’unification de l’économie européenne 

 

Introduction 

 

L’unification de l’économie européenne constitue un long processus. Elle a été marquée par des négociations difficiles qui ont abouties à une série d’accords dans le but d’assurer une intégration économique et monétaire des pays membres. Dorénavant l’UE constitue une composante essentielle de l’économie mondiale grâce en particulier à la création d’un marché unique européen et à l’euro. 

 

Ce qui conduit à se poser quelques questions : 

* Comment s’est construite l’Europe économique et monétaire ? 

* Quelles sont les conséquences de l’Union Economique et Monétaire pour les pays membres (UEM) ? 

 

I/ La construction européenne 

 

A/ Les grandes étapes de la construction 

 

3 grandes étapes ont marqué cette construction : 

 

* Le traité de Rome : c’est le traité fondateur qui a été signé le 25 Mars 1957 entre 6 pays : France, Allemagne, Italie, Benelux (Belgique, Luxembourg et pays bas). L’objectif était de réaliser la libre circulation des marchandises, des services, des capitaux et des hommes dans un vaste ensemble économique unifié : c’est le marché commun. 

Pour atteindre cet objectif 2 moyens ont été utilisés : 

* Suppression des droits de douanes et mise en place d’un TEC 

* Suppression des barrières administratives, techniques, fiscales… 

 

Le traité de Rome a créé la CEE et la communauté de l’énergie atomique EURATOM. 

 

* L’acte unique européen : il a été signé en Février 1986 et est entré en vigueur le 1er Juillet 1987. L’objectif était de réaliser un espace économique sans frontières intérieures à la date du 31 décembre 1992. 

L’acte unique à apporté 2 innovations majeures à la construction européenne : 

* Reconnaissance mutuelle des normes et règlementations nationales 

* Vote à la majorité qualifiée et non à l’unanimité pour des questions relatives au marché intérieur. 

 

* Le traité de Maastricht ou de l’UE : il a été signé en Février 1992 et il a institué l’UE, ainsi que la monnaie unique européenne pour 1999. 

 

B/ Les élargissements 

 

* 1973 : Danemark, Irlande et Royaume-Uni 

* 1981 : La Grèce 

* 1986 : Espagne et Portugal 

* 1995 : Autriche, Finlande et Suède 

* 2004 : Chypre, Estonie, Lituanie, Hongrie, Lettonie, Malte, Pologne, République Tchèque, Slovaquie et Slovénie. 

* 2007 : Bulgarie et Roumanie. 

 

II/ L’Europe monétaire 

 

Cette Europe a été construite autour de 2 institutions : 

* Le système monétaire européen SME 

* L’union économique et monétaire 

 

A/ Le SME 

 

1) Objectifs 

 

Créé en 1979, le SME visait à assurer la stabilité entre les monnaies des pays membres de la CEE. Chaque monnaie nationale était définie par un cours pivot qui est un panier (moyenne) des monnaies Européennes. 

Le système de change était fixe mais avec des marges de fluctuation de plus ou moins 2,25% par rapport au cours pivot. On pouvait tolérer jusqu’à plus ou moins 15% en cas de crise. 

 

Dans ce système les banques centrales pouvaient intervenir lorsqu’une devise s’écartait du cours pivot. Le SME avait créé le FECOM Fond Européen de Coopération Monétaire qui effectue des prêts aux banques centrales pour intervenir sur le marché de changes. 

 

2) Le bilan du SME 

 

* Effets positifs : 

* Désinflation (l’inflation est passée de 11,2% en 1980 à 2,2% en 1987) 

* Stabilité des taux de change 

* Convergence des taux d’inflation et des taux d’intérêt 

 

* Effets négatifs : 

* Baisse du taux de croissance du PIB des pays membres (il est passé de 3,9% en 1980 à 2% en 1987) 

* Effort de coordination des politiques monétaires inégalement réparti 

* Alignement à la baisse sur l’Allemagne du taux de croissance du fait des politiques économiques restrictives (la zone SME devient une zone Mark) 

* Fortes tensions monétaires qui ont conduit la lire Italienne et la livre sterling à quitter le SME en 1992 

 

B/ L’union économique et monétaire UEM 

 

1) Les étapes 

 

* Phase 1 débute en 1980 et s’achève en 1994 : elle installe une convergence des politiques macroéconomiques pour faire baisser l’inflation et les déficits publiques. 

 

* Phase 2 de 94 au 31 décembre 1998 : il y a création d’un institut monétaire européen IME, chargé de mettre en place la future BCE. Indépendance des BC. Liberté totale de la circulation des capitaux. Institution des règles appelées les 4 critères de convergence pour être admis à l’euro qui sont : 

* Déficit budgétaire maximum de 3% du PIB 

* Dette publique maximum 60% du PIB 

* Taux d’inflation maximum à 1,5% de la moyenne des 3 états membres les moins inflationnistes 

* Taux d’intérêt maximum 2% de celui des 3 pays les moins inflationnistes 

 

* Phase 3 depuis le 1er janvier 1999 : achèvement de l’UEM, la BCE remplace l’IME et l’Euro remplace les monnaies nationales le 1er janvier 2002. 

 

2) Le fonctionnement de l’UEM 

 

3 éléments font fonctionner l’Europe monétaire : 

 

* L’indépendance de la BCE : pour éviter que la BCE ne soit influencée par les décideurs politiques des états ayant adopté l’euro, celle-ci est indépendante avec un gouverneur désigné pour 8 ans non révocable et non reconductible. Cette banque est autonome sur les décisions de politique monétaire. 

 

* Une conduite partagée de la politique de change : cette politique est à la fois du ressort du conseil des ministres de l’union et de la BCE. En pratique il est difficile pour les pays membres de s’entendre sur une parité souhaitable de l’euro. 

 

* Situation des pays de l’UE non membres de la zone euro : leurs monnaies sont liées à l’euro dans le cadre du mécanisme du taux de change qui remplace l’ancien SME. En vertu de ce mécanisme, le taux de change de leur monnaie doit fluctuer autour de plus ou moins 15% de l’euro. 

 

III/ Les conséquences de l’adhésion à l’UEM 

 

A/ Les avantages 

 

Ces avantages sont liés à l’accès au marché unique et à l’adhésion à la monnaie unique. 

 

1) Les avantages liés à l’accès au marché unique 

 

* Augmentation des échanges de pays membres : il y a création de nouveaux courants commerciaux intracommunautaires par un détournement du trafic c'est-à-dire le remplacement des entreprises extracommunautaires par des entreprises européennes. 

 

* Elargissement des marchés : l’augmentation de la taille des marchés entraine de nouveaux débouchés ce qui augmente la production des entreprises et qui créé des économies d’échelle. 

 

* Augmentation de la concurrence : ce qui est profitable au consommateur par un choix plus large de produits et une baisse de prix. 

 

* Augmentation des innovations : avec la concurrence accrue les entreprises sont obligées d’innover pour être plus performantes ce qui profite au consommateur. 

 

* Une augmentation des IDE en faveur des nouveaux pays membres : (pays de l’est surtout) cela baisse le chômage de ces pays. 

 

2) Les avantages liés à la monnaie unique 

 

* Fin des dévaluations compétitives : l’objectif d’une dévaluation compétitive est d’améliorer le solde extérieur en rendant les exportations moins chères et les importations plus chères. 

 

* Suppression des contraintes de change : ce qui réduit les coûts (frais de conversion, coûts de couverture du risque, incertitude). 

 

* Suppression des risques de change : ce qui permet d’améliorer la confiance de favoriser l’exportation et la consommation et donc la croissance. 

 

* Indépendance de la BCE : cela oblige les états à une gestion plus saine pour éviter les attaques des marchés. 

 

* Affirmation de l’euro comme monnaie internationale : ce qui facilite les opérations commerciales et financières des entreprises européennes dans le monde. 

 

B/ Les inconvénients 

 

L’entrée dans l’UE peut engendrer pour les pays membres des difficultés qui résultent de 3 éléments : 

 

* Respect des critères de convergence : il pose un certain nombre de difficultés aux pays membres. L’entrée dans l’UEM nécessite la mise en place d’une économie de marché viable qui conduit à restructurer le système productif et à réduire le taux d’inflation, ce qui peut conduire à un chômage massif (cas des pays de l’est avec un taux de chômage de 14% en 2003). 

 

* Concurrence trop forte : l’ouverture des frontières, résultat du marché unique, a accentué la concurrence ce qui entraine de nombreuse faillites d’entreprises peu compétitives en particulier dans les pays peu développés de l’UE. Elle entraine aussi des délocalisations au détriment des pays plus développés à cause du coût du travail qui est plus élevé ce qui entraine du chômage. 

 

* Une politique économique limitée : la politique économique est l’ensemble des mesures prises par les autorités pour orienter l’économie dans le bon sens. La PE utilise en particulier le budget et la monnaie. 

 

* La politique budgétaire : cette politique continue à être menée par chaque pays. Cependant son autonomie est restreinte car encadrée au niveau européen. Les pays ne peuvent pas pratiquer une politique de relance par un déficit budgétaire sans limite. En effet le pacte de stabilité et de croissance impose une discipline budgétaire aux pays membres dont la contrainte fondamentale est le déficit budgétaire qui ne doit pas dépasser 3% du PIB ce qui constitue un frein à la politique de relance budgétaire en cas de crise. 

 

* La politique monétaire : pour les adhérents à l’euro la politique monétaire est de la compétence de la BCE. Les états membres ne peuvent pas par conséquent agir sur l’euro. Les états membres ne peuvent pas relancer l’exportation, ils ne peuvent pas baisser le taux d’intérêt pour favoriser la consommation et l’investissement. En effet, lorsque les autorités monétaires souhaitent favoriser la consommation des ménages elle baisse le taux d’intérêt, ce qui baisse le coût du crédit, ce qui augmente l’emprunt, ce qui augmente la consommation et l’investissement et donc la croissance. Or toutes ces mesures sont dépendantes de la BCE qui privilégie la lutte contre l’inflation et donc une politique de contrôle des crédits.

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