Tondidarou
Publié le 13/04/2013
Extrait du document
| 1 | PRÉSENTATION |
Tondidarou, village et site archéologique au sud-ouest de Tombouctou (Mali) dans le delta intérieur du Niger, dont le nom provient de tondi, « pierre «, et dari, « debout « en songhaï.
Le village de Tondidarou a donné son nom à plusieurs sites mégalithiques situés au sud de Goundam, à 100 km au sud-ouest de Tombouctou. Les mégalithes de Tondidarou sont associés à deux buttes de terre artificielles situées sur la rive nord du lac Tagadji, à la limite d’une plaine inondable en période de hautes eaux. Signalé en 1904, le site a été photographié à différentes reprises.
| 2 | DES FOUILLES INTEMPESTIVES |
En 1931, année de l’Exposition coloniale à Paris, des chercheurs amateurs, faisant miroiter l’idée d’une découverte importante sur les rapports entre la religion égyptienne et le symbolisme évoqué par les mégalithes, obtiennent l’autorisation d’entreprendre des fouilles archéologiques. Elles se sont avérées dévastatrices, de même que la restauration qui l’accompagnait et qui touchait les autres sites associés. En 1933, des monolithes ont même été exposés au musée d’Ethnographie du Trocadéro et d’autres dispersés.
Au cours des années cinquante, Raymond Mauny, de l’Institut français d’Afrique noire (IFAN), tentant de faire un inventaire des sites, n’a pu que constater l’étendue des dégâts, car les objets (céramiques, pointes en fer) ne pouvaient être situés avec certitude.
| 3 | UN SITE CONTEMPORAIN DE L’EMPIRE DE GHANA |
Par la suite, la recherche archéologique ayant fait de grands progrès techniques (datations) et méthodologiques (étude du genre, du sol et de l’environnement, et non pas recherche du « bel objet «), plusieurs campagnes de recherches effectuées à partir de 1979 ont permis d’élargir les connaissances sur ces pierres « phalliformes «, dont certaines portaient des décors anthropomorphes gravés. Des couches cendreuses qui leur sont associées ont été datées du VIIe au VIIIe siècle de notre ère, époque contemporaine de l’empire du Ghana. Les populations de cette époque vivaient du produit de la pêche et cultivaient le riz en profitant de la décrue du fleuve.
Aujourd’hui, le site de Tondidarou a été classé par l’Unesco au patrimoine de l’humanité. Mais seul le poids des stèles et la faible demande mondiale protègent encore ces stèles du pillage, contrairement aux buttes artificielles, vestiges d’anciens villages, dont les terres cuites funéraires sont recherchées dans le monde entier.