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peut on apprendre de nos erreurs ?

Publié le 03/10/2012

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Pouvons-nous apprendre quelque chose de nos erreurs ?       C’est un lieu commun mille fois entendu, que de prétendre par exemple que l’homme fait de l’histoire pour ne pas répéter les erreurs du passé. L’objection que soulève une telle affirmation est pourtant presque immédiate : depuis le temps que les hommes font des erreurs, s’il suffisait de les connaître pour ne plus les refaire, alors il devrait s’ensuivre que personne, jamais, ne se tromperait plus. Comme l’affirmait Hegel, la seule leçon que l’on peut retenir de l’histoire est que les hommes n’ont jamais retenu aucune leçon de l’histoire : il ne suffit pas d’avoir commis une erreur pour s’en déprendre, pour la dépasser et même pour s’en guérir. Cependant, si l’homme est « perfectible « (au sens que Rousseau donnait à ce terme), c’est justement parce qu’il a la capacité de progresser et de ne pas se contenter de répéter ce qu’il avait déjà fait : si nous n’étions pas capables de dépasser nos erreurs, le progrès constatable dans les sociétés humaines serait inexistant. Mais alors, à quelles conditions pouvons-nous apprendre quelque chose de nos erreurs ? En d’autres termes : suffit-il de s’être trompé pour ne plus se tromper, d’avoir eu des illusions pour ne plus en avoir, d’avoir erré pour trouver son chemin ? La question est bien la suivante : comment et à quelles conditions l’erreur peut-elle être instructive ? Si le progrès dans la connaissance indique à coup sûr que nous ne sommes pas condamnés à répéter les erreurs du passé, il ne suffit sans doute pas de s’être beaucoup trompé pour être dans le vrai. Peut-être même faut-il aller plus loin : à admettre que nous puissions effectivement retirer un enseignement de nos erreurs, encore faudrait-il déterminer de quel enseignement il pourrait bien s’agir ; en d’autres termes, la question également se pose de savoir ce que nous pouvons bien apprendre de nos erreurs, quand nous en apprenons quelque chose.       L’erreur est humaine : tous nous pouvons nous tromper. Mais si l’expérience la plus quotidienne nous montre que nul n’est infaillible, elle atteste aussi qu’il ne suffit pas d’avoir été dans le faux pour retrouver comme par magie le chemin de la vérité. Car qui l’erreur instruit-elle ? Sans doute, celui qui a la volonté de s’en instruire : se tromper est à la portée de tous, en retirer un enseignement est plus ardu, et ne se fait pas tout seul. Comme le disait Sénèque, pour une bonne part le progrès est dans la volonté de progresser : l’erreur n’est pas instructive par elle-même, encore faut-il vouloir la dépasser et ne plus la commettre. C’est ce qui explique qu’on peut fort bien commettre de nombreuses fois la même erreur. Comme le disait Talleyrand à propos des nobles exilés en 1789 et revenus au pouvoir en 1815 : « Ils n’ont rien appris, ils n’ont rien oublié «. La noblesse n’avait ...

« faudrait-il déterminer de quel enseignement il pourrait bien s'agir ; en d'autres termes, la question également se pose de savoir ce que nous pouvons bien apprendre de nos erreurs, quand nous en apprenons quelque chose.       L'erreur est humaine : tous nous pouvons nous tromper.

Mais si l'expérience la plus quotidienne nous montre que nul n'est infaillible, elle atteste aussi qu'il ne suffit pas d'avoir été dans le faux pour retrouver comme par magie le chemin de la vérité.

Car qui l'erreur instruit-elle ? Sans doute, celui qui a la volonté de s'en instruire : se tromper est à la portée de tous, en retirer un enseignement est plus ardu, et ne se fait pas tout seul.

Comme le disait Sénèque, pour une bonne part le progrès est dans la volonté de progresser : l'erreur n'est pas instructive par elle-même, encore faut-il vouloir la dépasser et ne plus la commettre.

C'est ce qui explique qu'on peut fort bien commettre de nombreuses fois la même erreur.

Comme le disait Talleyrand à propos des nobles exilés en 1789 et revenus au pouvoir en 1815 : « Ils n'ont rien appris, ils n'ont rien oublié ».

La noblesse n'avait pas compris que le monde avait changé et qu'elle s'apprêtait à commettre des erreurs politiques, qui l'avaient chassé du pouvoir vingt-six ans auparavant.

Que nous puissions apprendre quelque chose de nos erreurs, cela est de l'ordre de la possibilité toujours ouverte, et non du fait toujours réalisé.

Mais si pour retirer quelque chose de positif de l'erreur, c'est d'avoir conscience de l'erreur commise : pour pouvoir retirer un enseignement de mes erreurs, il faut à tout le moins que l'erreur m'apparaisse comme telle.       Or le propre de l'erreur, c'est justement de ne jamais apparaître pour ce qu'elle est : si au moment où je me trompe, je savais que je suis en train de me tromper, alors je corrigerais mon erreur, en sorte que je ne me tromperais jamais.

Une erreur est erreur, précisément, parce qu'elle est quelque chose de faux qui se fait passer pour une vérité aux yeux de celui qui se trompe.

Mais justement : pour savoir que j'étais dans l'erreur alors, il faut avoir cessé d'y croire, il faut avoir conscience que ce que je croyais être vrai était en réalité faux.

Si. »

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