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-- Cette pauvre fille a été étranglée, poursuivit Améni, parce qu'elle était sur le point de révéler le nom de 'homme qui l'avait obligée à faire un faux témoignage.

Publié le 30/10/2013

Extrait du document

-- Cette pauvre fille a été étranglée, poursuivit Améni, parce qu'elle était sur le point de révéler le nom de 'homme qui l'avait obligée à faire un faux témoignage. Les mains de Raia tremblèrent, ses lèvres blanchirent. -- Un meurtre... Un meurtre, ici, dans la capitale ! Quelle abomination... Cette violence... Je suis ouleversé. -- De quelle origine êtes-vous ? -- Syrienne. -- Notre enquête nous a convaincus que le coupable était un Syrien. -- Il y en a des milliers, en Egypte ! -- Vous êtes syrien, et c'est dans votre local que Nénofar a été assassinée. Troublantes coïncidences, non ? -- Seulement des coïncidences, rien d'autre ! -- Ce crime est lié à un autre délit d'une extrême gravité. C'est pourquoi le roi m'a demandé d'agir avec romptitude. -- Je ne suis qu'un marchand, un simple marchand ! Est-ce ma fortune naissante qui suscite calomnies et alousies ? Si je m'enrichis, c'est grâce à un travail acharné ! Je n'ai rien volé à personne. « S'il est bien l'homme que nous recherchons, pensa Améni, ce Raia est un fameux comédien. « -- Lisez ceci, exigea le scribe, en remettant au Syrien le procès-verbal de la découverte du cadavre de énofar, comportant la date du crime. -- Où vous trouviez-vous ce jour et cette nuit-là ? -- Laissez-moi réfléchir, je suis si troublé... Et avec tous mes voyages, je m'égare un peu... Voilà, j'y suis ! Je faisais l'inventaire des marchandises dans mon magasin de Bubastis. Bubastis, la jolie cité de la déesse chatte Bastet, située à 80 kilomètres de Pi-Ramsès. Avec un bateau rapide et un fort courant, elle n'était distante de la capitale que de cinq ou six heures. -- Quelqu'un vous a vu, là-bas ? -- Oui, mon chef magasinier et mon directeur des ventes pour la région. -- Combien de temps êtes-vous resté à Bubastis ? -- J'y étais arrivé la veille du drame et j'en suis reparti le lendemain pour Memphis. -- Un parfait alibi, Raia. -- Alibi... Mais ce n'est que la vérité ! -- Le nom de ces deux hommes. Raia les écrivit sur un morceau de papyrus usagé. -- Je vérifierai, promit Améni. -- Vous constaterez mon innocence ! -- Je vous prie de ne pas quitter Pi-Ramsès. -- Vous... vous m'arrêtez ? -- Il sera peut-être nécessaire de vous interroger de nouveau. -- Mais... mon commerce ! Je dois me rendre en province pour y vendre des vases ! -- Vos clients patienteront un peu. Le marchand était au bord des larmes. -- Je risque de perdre la confiance de familles riches... Je livre toujours au jour dit. -- Cas de force majeure. Où logez-vous ? -- Dans une petite maison, derrière mon entrepôt des quais... Combien de temps va durer cette persécution ? -- Nous serons bientôt fixés, rassurez-vous.   Il fallut bien trois coupes de bière forte pour apaiser la colère du géant sarde, de retour de Bubastis après un voyage éclair. -- J'ai interrogé les employés de Raia, dit-il à Améni. -- Confirment-ils son alibi ? -- Ils le confirment. -- Prêteront-ils serment devant un tribunal ? -- Ce sont des Syriens, Améni ! Que leur importe le jugement des morts ? Ils mentiront sans vergogne, en échange d'une forte rétribution ! Pour eux, la Règle ne compte pas. S'il m'était permis de les interroger à ma manière, comme à l'époque où j'étais pirate... -- Tu n'es plus pirate, et la justice est le bien le plus précieux de l'Egypte. Maltraiter un être humain est un délit. -- Et laisser en liberté un criminel doublé d'un espion, n'est-ce pas un délit ? L'intervention d'un planton mit fin au débat. Améni et Serramanna furent conviés à entrer dans le vaste bureau de Ramsès. -- Où en sommes-nous ? demanda le roi. -- Serramanna est persuadé que le marchand syrien Raia est un espion et un assassin. -- Et toi ? -- Moi aussi. Le Sarde adressa un regard de gratitude au scribe. Entre eux, toute trace de dissension était effacée. -- Des preuves ? -- Aucune, Majesté, avoua Serramanna. -- S'il est arrêté sur de simples présomptions, Raia demandera à être entendu par un tribunal, et il sera acquitté. -- Nous en sommes conscients, déplora Améni. -- Laissez-moi faire, Majesté, implora Serramanna. -- Dois-je rappeler au chef de ma garde personnelle que toute brutalité sur la personne d'un suspect entraîne une lourde condamnation... pour l'agresseur ? Serramanna soupira. -- Nous sommes dans une impasse, avoua Améni. Il est probable que ce Raia soit membre d'un réseau d'espionnage prohittite, peut-être même son chef. L'homme est intelligent, rusé et comédien. Il maîtrise ses réactions, sait larmoyer et s'indigner, et il se donne l'allure d'un marchand honnête et travailleur, dont l'existence est consacrée au labeur. Il n'en reste pas moins qu'il se déplace dans toute l'Egypte, va de ville en ville, et fréquente un grand nombre de gens ; existe-t-il meilleure méthode pour observer ce qui se passe dans notre pays, afin de transmettre des renseignements précis à l'ennemi ? -- Raia couchait avec Nénofar, affirma Serramanna, et il l'a payée pour mentir. Il croyait qu'elle se tairait ; ce fut là son erreur. Elle a voulu le faire chanter, il l'a tuée. -- D'après votre rapport, constata Ramsès, le Syrien aurait étranglé cette fille dans un local commercial qu'il louait. Pourquoi cette imprudence ? -- Ce local n'était pas à son nom, rappela Améni. Remonter jusqu'au propriétaire, qui est hors de cause, puis jusqu'à Raia, ne fut pas facile. -- Raia a sûrement songé à supprimer le propriétaire, ajouta Serramanna, de peur qu'il ne révèle son nom ; mais nous sommes intervenus à temps. Sinon, ce Syrien serait resté dans les ténèbres. A mon avis, Raia n'a pas prémédité le meurtre de Nénofar. En la rencontrant dans cet endroit discret, dans un quartier où personne ne le connaissait, il ne courait aucun risque. Un sévère avertissement aurait dû, d'après lui, suffire à la calmer. Mais la situation s'est envenimée ; la fille a eu l'idée de lui extirper une petite fortune contre son silence. Sinon, elle le menaçait de tout révéler à la police. Raia l'a tuée et il s'est enfui, sans avoir eu la possibilité de déplacer le corps. Mais il s'est forgé un alibi, grâce à ses complices syriens. -- Si nous sommes à la veille d'un conflit direct avec les Hittites, estima Ramsès, la présence d'un réseau d'espionnage sur notre territoire est un lourd handicap. Votre reconstitution des faits est convaincante, mais le plus important est de savoir comment Raia transmet ses messages aux Hittites. -- Un bon interrogatoire... suggéra Serramanna. -- Un espion ne parlera pas. -- Que suggère Ta Majesté ? demanda le scribe. -- Questionne-le de nouveau, puis relâche-le. Tente de le persuader que nous ne retenons aucune charge ontre lui. -- Il ne sera pas dupe ! -- Bien entendu, reconnut le roi ; mais en sentant les mâchoires de l'étau se refermer sur lui, il sera ontraint de communiquer avec le Hatti. Je veux savoir comment il s'y prend.

« Il fallut bientrois coupes debière fortepourapaiser lacolère dugéant sarde, deretour deBubastis après un voyage éclair. — J’ai interrogé lesemployés deRaia, dit-ilàAméni. — Confirment-ils sonalibi ? — Ils leconfirment. — Prêteront-ils sermentdevantuntribunal ? — Ce sontdesSyriens, Améni !Queleurimporte lejugement desmorts ? Ilsmentiront sansvergogne, en échange d’uneforterétribution ! Poureux,laRègle necompte pas.S’ilm’était permisdeles interroger àma manière, commeàl’époque oùj’étais pirate… — Tu n’esplus pirate, etlajustice estlebien leplus précieux del’Egypte.

Maltraiter unêtre humain estun délit. — Etlaisser enliberté uncriminel doubléd’unespion, n’est-ce pasundélit ? L’intervention d’unplanton mitfinaudébat.

Améni etSerramanna furentconviés àentrer danslevaste bureau deRamsès. — Où ensommes-nous ? demandaleroi. — Serramanna estpersuadé quelemarchand syrienRaiaestunespion etun assassin. — Et toi ? — Moi aussi. Le Sarde adressa unregard degratitude auscribe.

Entreeux,toute tracededissension étaiteffacée. — Des preuves ? — Aucune, Majesté,avouaSerramanna. — S’il estarrêté surdesimples présomptions, Raiademandera àêtre entendu paruntribunal, etilsera acquitté. — Nous ensommes conscients, déploraAméni. — Laissez-moi faire,Majesté, imploraSerramanna. — Dois-je rappelerauchef dema garde personnelle quetoute brutalité surlapersonne d’unsuspect entraîne unelourde condamnation… pourl’agresseur ? Serramanna soupira. — Nous sommes dansuneimpasse, avouaAméni.

Ilest probable queceRaia soitmembre d’unréseau d’espionnage prohittite,peut-êtremêmesonchef.

L’homme estintelligent, ruséetcomédien.

Ilmaîtrise ses réactions, saitlarmoyer ets’indigner, etilse donne l’allure d’unmarchand honnêteettravailleur, dont l’existence estconsacrée aulabeur.

Iln’en reste pasmoins qu’ilsedéplace danstoute l’Egypte, vade ville en ville, etfréquente ungrand nombre degens ; existe-t-il meilleureméthodepourobserver cequi sepasse dans notre pays,afindetransmettre desrenseignements précisàl’ennemi ? — Raia couchait avecNénofar, affirmaSerramanna, etill’a payée pourmentir.

Ilcroyait qu’ellesetairait ; ce fut làson erreur.

Elleavoulu lefaire chanter, ill’a tuée. — D’après votrerapport, constata Ramsès,leSyrien auraitétranglé cettefilledans unlocal commercial qu’il louait.

Pourquoi cetteimprudence ? — Ce localn’était pasàson nom, rappela Améni.Remonter jusqu’aupropriétaire, quiesthors decause, puis jusqu’à Raia,nefut pas facile. — Raia asûrement songéàsupprimer lepropriétaire, ajoutaSerramanna, depeur qu’ilnerévèle sonnom ; mais nous sommes intervenus àtemps.

Sinon,ceSyrien seraitrestédanslesténèbres.

Amon avis,Raia n’apas prémédité lemeurtre deNénofar.

Enlarencontrant danscetendroit discret, dansunquartier oùpersonne nele connaissait, ilne courait aucunrisque.

Unsévère avertissement auraitdû,d’après lui,suffire àla calmer.

Maisla situation s’estenvenimée ; lafille aeu l’idée delui extirper unepetite fortune contresonsilence.

Sinon,ellele menaçait detout révéler àla police.

Raial’atuée etils’est enfui, sansavoir eulapossibilité dedéplacer lecorps. Mais ils’est forgé unalibi, grâce àses complices syriens. — Si nous sommes àla veille d’unconflit directaveclesHittites, estimaRamsès, laprésence d’unréseau d’espionnage surnotre territoire estunlourd handicap.

Votrereconstitution desfaits estconvaincante, maisle plus important estdesavoir comment Raiatransmet sesmessages auxHittites.. »

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