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  CHAPITRE QUATRE UN RACCOURCI VERS LES CHAMPIGNONS Au matin, Frodon se réveilla tout dispos.

Publié le 30/10/2013

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  CHAPITRE QUATRE UN RACCOURCI VERS LES CHAMPIGNONS Au matin, Frodon se réveilla tout dispos. Il était couché dans un berceau formé par un arbre vivant aux ranches entrelacées qui pendaient jusqu'à terre ; son lit était de fougère et d'herbe, profond, doux et étrangement odorant. Le soleil brillait à travers les feuilles frémissantes. Il se leva d'un bond et sortit. Sam était assis sur l'herbe à l'orée du bois. Pippin, debout, étudiait le ciel et le temps. Il n'y avait aucune race des Elfes. -- Ils nous ont laissé des fruits, de la boisson et du pain, dit Pippin. Viens déjeuner. Le pain est presque ussi bon qu'hier soir. Je ne voulais pas t'en laisser, mais Sam a insisté. Frodon s'assit à côté de Sam et commença à manger. -- Quel est le programme pour aujourd'hui ? demanda Pippin. -- Marcher jusqu'à Châteaubouc aussi vite que possible, répondit Frodon. Et il reporta son attention sur la nourriture. -- Crois-tu que nous verrons quelque chose de ces Cavaliers ? demanda gaiement Pippin. Au soleil du matin, la perspective d'en voir toute une troupe ne lui paraissait pas très alarmante. -- Oui, sans doute, répondit Frodon, qui n'aimait guère ce souvenir. Mais j'espère arriver de l'autre côté de la rivière sans qu'ils nous voient. -- As-tu tiré quelque chose de Gildor à leur sujet ? -- Pas grand-chose - seulement des allusions et des énigmes, dit Frodon évasivement. -- L'as-tu interrogé sur le humage ? -- Nous n'en avons pas parlé, dit Frodon, la bouche pleine. -- Vous auriez dû. Je suis sûr que c'est très important. -- Dans ce cas, je suis sûr que Gildor aurait refusé de l'expliquer, dit Frodon avec brusquerie. Et maintenant laisse-moi un peu la paix ! Je n'ai pas envie de répondre à une kyrielle de questions pendant que je mange. Je veux penser ! -- Seigneur ! dit Pippin. Au petit déjeuner ? Il s'écarta vers l'extrémité de la prairie. Dans l'esprit de Frodon, la claire matinée - traîtreusement claire, pensait-il - n'avait pas changé la crainte de poursuite ; et il réfléchissait aux paroles de Gildor. La voix joyeuse de Pippin parvint jusqu'à lui. Il courait en chantant sur le gazon. « Non, je ne pourrais pas, se dit Frodon. Une chose est d'emmener mes jeunes amis se promener avec moi dans la Comté jusqu'à ce que nous ayons faim, que nous soyons fatigués et que la nourriture et le lit soient doux. Les emmener en exil où la faim et la fatigue pourraient être sans remède, en est une tout autre - même s'ils sont volontaires pour venir. L'héritage est à moi seul. Je ne crois pas que je devrais même emmener Sam. « Il regarda Sam Gamegie et s'aperçut que celui-ci l'observait. -- Alors, Sam ! dit-il. Qu'en penses-tu ? Je vais quitter la Comté aussi vite que possible en fait, je suis décidé maintenant à ne pas même attendre un jour au Creux-de-Crique si je peux l'éviter. -- Bien, monsieur ! -- Tu veux toujours venir avec moi ? -- Oui. -- Cela va être très dangereux, Sam. Ce l'est déjà. Il est très probable qu'aucun de nous n'en reviendra. -- Si vous ne revenez pas, monsieur, moi non plus, ça c'est certain, dit Sam. « Ne le quitte pas ! qu'ils m'ont dit. Le quitter ! que j'ai dit. Je n'en ai pas la moindre intention. Je vais avec lui-même s'il grimpe à la lune, et si jamais un de ces Cavaliers Noirs cherche à l'arrêter, ils auront à compter avec Sam Gamegie, que j'ai dit. Ils ont ri. -- Qui cela ils, et de quoi parles-tu ? -- Les Elfes, monsieur. On a bavardé hier soir, et ils paraissaient savoir que vous partiez, alors je n'ai pas vu a nécessité de le nier. Des gens merveilleux, les Elfes, monsieur ! Merveilleux ! -- C'est bien vrai, dit Frodon. Tu les aimes toujours, maintenant que tu les as vus de plus près ? -- Ils semblent être un peu au-dessus de mes sympathies ou de mes antipathies, pour ainsi dire, répondit entement Sam. Ce que je pense d'eux a l'air d'importer peu. Ils sont tout à fait différents de ce à quoi je 'attendais - si vieux et si jeunes, et si gais et si tristes, pourrait-on dire. Frodon regarda Sam avec étonnement, s'attendant presque à voir quelque signe extérieur du curieux changement qui semblait s'être emparé de lui. Cela ne sonnait pas comme la voix de l'ancien Sam Gamegie, assis là, hormis une expression inhabituellement pensive. -- Vois-tu la nécessité de quitter la Comté maintenant - maintenant que ton désir de les voir s'est déjà réalisé ? demanda-t-il. -- Oui, monsieur. Je ne sais comment l'exprimer, mais après cette nuit, je me sens différent. Il me semble voir devant moi, en quelque sorte. Je sais que nous allons suivre une très longue route, jusque dans l'obscurité ; mais je ne peux pas retourner. Ce n'est plus pour voir des Elfes, ni des dragons, ni des montagnes que je veux... je ne sais pas exactement ce que je veux ; mais j'ai quelque chose à faire avant d'en avoir fini, et c'est devant, pas dans la Comté. Il faut que j'aille jusqu'au bout, monsieur, si vous me comprenez. -- Pas tout à fait. Mais je comprends que Gandalf m'a choisi un bon compagnon. Je suis content. Nous irons ensemble.   Frodon acheva son déjeuner en silence. Puis se levant, il contempla les terres qui s'étendaient devant lui, et il appela Pippin. -- Tout est prêt ? dit-il à celui-ci, qui accourait. Il faut partir tout de suite. Nous avons dormi tard, et il y a beaucoup de milles à parcourir. -- Tu as dormi tard, tu veux dire, répliqua Pippin. Il y avait longtemps que j'étais debout, et on attend eulement que tu aies fini de manger et de penser. -- J'ai fini l'un et l'autre, à présent. Et je vais gagner le Bac de Châteaubouc aussi vite que possible. Je ne vais pas faire le détour par la route que nous avons quittée hier soir, je vais couper tout droit d'ici à travers la campagne. -- Tu vas voler, alors, dit Pippin. Tu ne pourras pas couper tout droit à pied par où que ce soit dans cette campagne-là. -- En tout cas, on peut prendre un chemin plus court que la route, répondit Frodon. Le Bac est à l'est de Castelbois, mais la route en dur tourne sur la gauche - tu peux voir une courbe là-bas vers le nord. Elle contourne l'extrémité nord du Maresque de façon à rejoindre la chaussée venant du pont au-dessus de Stock. Mais cela est à des milles de notre route. Nous pourrions économiser un quart de la distance en allant en ligne droite au Bac de l'endroit où nous nous trouvons. -- Les raccourcis font de longs délais, argumenta Pippin. Le pays est accidenté par ici, et il y a des fondrières et toutes sortes de difficultés dans le Maresque - je connais le terrain dans cette région. Et si tu t'inquiètes des Cavaliers Noirs, je ne vois pas en quoi il serait pire de les rencontrer sur une route plutôt que dans un bois ou un champ. -- Il est moins facile de trouver des gens dans les bois et les champs, répliqua Frodon. Et si on est censé être sur la route, il y a des chances qu'on vous cherche sur la route et non en dehors. -- Bon ! dit Pippin. Je te suivrai dans toutes les fondrières et tous les fossés. Mais c'est dur ! J'avais compté passer par le Perchoir Doré à Stock avant le coucher du soleil. La meilleure bière du quartier de l'est, ou en tout as l'était-ce : il y a longtemps que je n'y ai goûté. -- Voilà qui règle la question ! dit Frodon. Les raccourcis font peut-être de longs délais, mais les auberges en ont de plus longs encore. Il faut à tout prix te tenir à distance du Perchoir Doré. Nous voulons arriver à Châteaubouc avant la nuit. Qu'en dis-tu, Sam ? -- J'irai avec vous, monsieur Frodon, dit Sam (en dépit d'un doute personnel et d'un profond regret quant à la meilleure bière du quartier de l'Est). -- Eh bien, si on doit peiner par les fondrières et les ronces, allons-y maintenant ! dit Pippin.   Il faisait déjà presque aussi chaud que la veille, mais des nuages commençaient à se lever à l'ouest. Il semblait que le temps dût tourner à la pluie. Les Hobbits descendirent en s'aidant des pieds et des mains un glacis vert escarpé et plongèrent dans l'épaisseur des arbres en contrebas. Leur itinéraire avait été choisi de façon à laisser Castelbois sur leur gauche et à couper en biais à travers les bois ramassés le long de la pente orientale de la colline, pour atteindre au-delà le terrain plat. Ils pourraient alors piquer sur le Bac en terrain libre auf pour quelques fossés et barrières. Frodon avait calculé qu'ils avaient dix-huit milles à parcourir en ligne roite.   Il ne tarda pas à constater que le hallier était plus touffu et plus emmêlé qu'il ne lui avait paru. Il n'y avait as de sentiers tracés dans les broussailles, et ils n'allaient pas bien vite. Quand ils furent arrivés tant bien que al au bas du glacis, ils tombèrent sur un ruisseau qui descendait des collines dans un lit profondément creusé ntre des berges escarpées et glissantes, couvertes de ronces. Il coupait très inopportunément le tracé qu'ils vaient choisi. Ils ne pouvaient sauter par-dessus ni, certes, le franchir aucunement sans en sortir trempés, corchés, et couverts de boue. Ils firent halte, se demandant que faire. -- Première anicroche ! dit Pippin avec un sourire sardonique. Sam Gamegie regarda en arrière. Par une ouverture entre les arbres, il aperçut le sommet de la pente verte u'ils avaient dévalée.

« changement quisemblait s’êtreemparé delui.

Cela nesonnait pascomme lavoix del’ancien SamGamegie, assis là, hormis uneexpression inhabituellement pensive. — Vois-tu lanécessité dequitter laComté maintenant –maintenant quetondésir deles voir s’est déjà réalisé ? demanda-t-il. — Oui, monsieur.

Jene sais comment l’exprimer, maisaprès cettenuit,jeme sens différent.

Ilme semble voir devant moi,enquelque sorte.Jesais quenous allons suivre unetrès longue route,jusque dansl’obscurité ; mais jene peux pasretourner.

Cen’est pluspour voirdesElfes, nides dragons, nides montagnes quejeveux… je ne sais pasexactement ceque jeveux ; maisj’aiquelque choseàfaire avant d’enavoir fini,etc’est devant, pas dans laComté.

Ilfaut quej’aille jusqu’au bout,monsieur, sivous mecomprenez. — Pas toutàfait.

Mais jecomprends queGandalf m’achoisi unbon compagnon.

Jesuis content.

Nousirons ensemble.

  Frodon achevasondéjeuner ensilence.

Puisselevant, ilcontempla lesterres quis’étendaient devantlui,et il appela Pippin. — Tout estprêt ? dit-ilàcelui-ci, quiaccourait.

Ilfaut partir toutdesuite.

Nousavons dormi tard,etilya beaucoup demilles àparcourir. —  Tu as dormi tard,tuveux dire,répliqua Pippin.Ilyavait longtemps quej’étais debout, eton attend seulement quetuaies finidemanger etde penser. — J’ai finil’un etl’autre, àprésent.

Etjevais gagner leBac deChâteaubouc aussivitequepossible.

Jene vais pasfaire ledétour parlaroute quenous avons quittée hiersoir, jevais couper toutdroit d’iciàtravers la campagne.

— Tu vasvoler, alors,ditPippin.

Tunepourras pascouper toutdroit àpied paroùque cesoit dans cette campagne-là.

— En toutcas,onpeut prendre unchemin pluscourt quelaroute, répondit Frodon.LeBac estàl’est de Castelbois, maislaroute endur tourne surlagauche –tu peux voirunecourbe là-basverslenord.

Elle contourne l’extrémité nordduMaresque defaçon àrejoindre lachaussée venantdupont au-dessus deStock. Mais celaestàdes milles denotre route.

Nouspourrions économiser unquart deladistance enallant enligne droite auBac del’endroit oùnous noustrouvons. —  Les raccourcis fontdelongs délais , argumenta Pippin.Lepays estaccidenté parici,etilya des fondrières ettoutes sortesdedifficultés dansleMaresque –je connais leterrain danscette région.

Etsitu t’inquiètes desCavaliers Noirs,jene vois pasenquoi ilserait piredeles rencontrer surune route plutôt que dans unbois ouun champ. — Il estmoins faciledetrouver desgens dans lesbois etles champs, répliquaFrodon.Etsion est censé être sur laroute, ilya des chances qu’onvouscherche surlaroute etnon endehors. — Bon ! ditPippin.

Jetesuivrai danstoutes lesfondrières ettous lesfossés.

Maisc’estdur ! J’avais compté passer parle Perchoir Doré à Stock avant lecoucher dusoleil.

Lameilleure bièreduquartier del’est, ouentout cas l’était-ce : ilya longtemps quejen’y aigoûté. — Voilà quirègle laquestion ! ditFrodon.

Lesraccourcis fontpeut-être delongs délais, maislesauberges en font deplus longs encore.

Ilfaut àtout prixtetenir àdistance du Perchoir Doré . Nous voulons arriverà Châteaubouc avantlanuit.

Qu’en dis-tu, Sam ? — J’irai avecvous, monsieur Frodon,ditSam (endépit d’undoute personnel etd’un profond regretquantà la meilleure bièreduquartier del’Est). — Eh bien,sion doit peiner parlesfondrières etles ronces, allons-y maintenant ! ditPippin.   Il faisait déjàpresque aussichaud quelaveille, maisdesnuages commençaient àse lever àl’ouest.

Il semblait queletemps dûttourner àla pluie.

LesHobbits descendirent ens’aidant despieds etdes mains un glacis vertescarpé etplongèrent dansl’épaisseur desarbres encontrebas.

Leuritinéraire avaitétéchoisi de façon àlaisser Castelbois surleur gauche etàcouper enbiais àtravers lesbois ramassés lelong delapente orientale delacolline, pouratteindre au-delàleterrain plat.Ilspourraient alorspiquer surleBac enterrain libre sauf pour quelques fossésetbarrières.

Frodonavaitcalculé qu’ilsavaient dix-huit millesàparcourir enligne droite.

  Il ne tarda pasàconstater quelehallier étaitplustouffu etplus emmêlé qu’ilnelui avait paru.

Iln’y avait pas desentiers tracésdanslesbroussailles, etils n’allaient pasbien vite.Quand ilsfurent arrivés tantbien que mal aubas duglacis, ilstombèrent surunruisseau quidescendait descollines dansunlitprofondément creusé entre desberges escarpées etglissantes, couvertesderonces.

Ilcoupait trèsinopportunément letracé qu’ils avaient choisi.Ilsnepouvaient sauterpar-dessus ni,certes, lefranchir aucunement sansensortir trempés, écorchés, etcouverts deboue.

Ilsfirent halte, sedemandant quefaire. — Première anicroche !ditPippin avecunsourire sardonique. Sam Gamegie regardaenarrière.

Parune ouverture entrelesarbres, ilaperçut lesommet delapente verte qu’ils avaient dévalée.. »

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