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Jules FERRY (1832-1893) Les « races supérieures » et les « races inférieures » La forme première de la colonisation, c'est celle qui offre un asile et du travail au surcroît des pays pauvres ou de ceux qui renferment une population exubérante.

Publié le 21/10/2016

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Jules FERRY (1832-1893) Les « races supérieures » et les « races inférieures » La forme première de la colonisation, c'est celle qui offre un asile et du travail au surcroît des pays pauvres ou de ceux qui renferment une population exubérante. Mais il y a une autre forme de colonisation : c'est celle qui s'adapte aux peuples qui ont ou bien un superflu de capitaux ou bien un excédent de produits. Et c'est là la forme moderne, actuelle, la plus répandue et la plus féconde [...]. Il est évident, en effet, qu'un pays qui laisse échapper un large flot d'émigration n'est pas un pays heureux, un pays riche [...]. Mais il n'y a pas que cet intérêt dans la colonisation. Les colonies sont, pour les pays riches, un placement de capitaux des plus avantageux. [...]. Je dis que la France, qui a toujours regorgé de capitaux et en a exporté des quantités considérables à l'étranger - c'est par milliards, en effet, qu'on peut compter les exportations de capitaux faites par ce grand pays - qui est si riche ; je dis que la France a intérêt à considérer ce côté de la question coloniale. Mais, messieurs, il y a un autre côté plus important de cette question, qui domine de beaucoup celui auquel je viens de toucher. La question coloniale, c'est, pour les pays voués par la nature même de leur industrie à une grande exportation, comme la nôtre, la question même des débouchés [...]. Au temps où nous sommes et dans la crise que traversent toutes les industries européennes, la fondation d'une colonie, c'est la création d'un débouché. On a remarqué, en effet, et les exemples abondent dans l'histoire économique des peuples modernes, qu'il suffit que le lien colonial subsiste entre la mère patrie qui produit et les colonies qu'elle a fondées, pour que la prédominance économique accompagne et subisse, en quelque sorte, la prédominance politique. [...] Messieurs, il y a un second ordre d'idées que je dois également aborder [...] c'est le côté humanitaire et civilisateur de la question [...]. Il faut dire ouvertement qu'en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. Je répète qu'il y a pour les races supérieures un droit, parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures […]. Messieurs, dans l'Europe telle qu'elle est faite, dans cette concurrence de tant de rivaux que nous voyons grandir autour de nous, […] la politique du recueillement ou d'abstention, c'est tout simplement le grand chemin de la décadence ! Les nations au temps où nous sommes, ne sont grandes que par l'activité qu'elles développent […]. Rayonner sans agir, sans se mêler aux affaires du monde, en se tenant à l'écart de toutes les combinaisons européennes, en regardant comme un piège, comme une aventure toute expansion vers l'Afrique ou vers l'Orient, vivre de cette sorte pour une grande nation, croyez-le bien, c'est abdiquer, et, dans un temps plus court que vous ne pouvez le croire, c'est descendre du premier rang au troisième et quatrième. Discours à la Chambre des députés le 28 juillet 1885.
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« Il faut dire ouvertement qu'en effet les races sup?rieures ont un droit vis-?-vis des races inf?rieures. Je r?p?te qu'il y a pour les races sup?rieures un droit, parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inf?rieures [?]. Messieurs, dans l'Europe telle qu'elle est faite, dans cette concurrence de tant de rivaux que nous voyons grandir autour de nous, [?] la politique du recueillement ou d'abstention, c'est tout simplement le grand chemin de la d?cadence?! Les nations au temps o? nous sommes, ne sont grandes que par l'activit? qu'elles d?veloppent [?]. Rayonner sans agir, sans se m?ler aux affaires du monde, en se tenant ? l'?cart de toutes les combinaisons europ?ennes, en regardant comme un pi?ge, comme une aventure toute expansion vers l'Afrique ou vers l'Orient, vivre de cette sorte pour une grande nation, croyez-le bien, c'est abdiquer, et, dans un temps plus court que vous ne pouvez le croire, c'est descendre du premier rang au troisi?me et quatri?me. Discours ? la Chambre des d?put?s le 28 juillet 1885. »

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