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Montaigne

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  • " Ainsi, lecteur, je suis moi-même la matière de mon livre… " (Essais I, Avis au lecteur.)
  • Citation d’Horace , Epîtres, I, IV, 13 : " Omnem crede diem tibi diluxisse supremum. Grata superveniet, quae non sperabitur horae. " [Tiens pour ton dernier jour chaque jour qui a lui pour toi, et tu béniras la faveur de l’heure inespérée.] (Essais I, XXIII : De la coutume.)
  • " … , je voudrais aussi qu’on fût soigneux de lui choisir un conducteur qui eût plutôt la tête bien faite que bien pleine, et qu’on y requît tous les deux, mais plus les mœurs et l’entendement que la science ; et qu’il se conduisît en sa charge d’une nouvelle manière. " (Essais I, XXVI : De l’institution des enfants.)
  • " Qu’il ne lui demande pas seulement compte des mots de sa leçon, mais du sens et de la substance, et qu’il juge du profit qu’il aura fait, non par le témoignage de sa mémoire, mais de sa vie. " (Essais I, XXVI : De l’institution des enfants.)
  • " Qu’il lui fasse tout passer par l’étamine et ne loge rien en sa tête par simple autorité et à crédit (sur la foi d’autrui) ; les principes d’Aristote ne lui soient principes, non plus que ceux des stoïciens ou épicuriens. Qu’on lui propose cette diversité de jugements : il choisira s’il peut, sinon il en demeurera en doute. Il n’y a que les fols certains et résolus. Car s’il embrasse les opinions de Xénophon et de Platon par son propre discours, ce ne seront plus les leurs, ce seront les siennes. Qui suit un autre, il ne suit rien. " (Essais I, XXVI : De l’institution des enfants.)
  • " Savoir par cœur n’est pas savoir ; c’est tenir ce qu’on a donné en garde à sa mémoire. Ce qu’on sait droitement, on en dispose, sans regarder au patron, sans retourner les yeux vers son livre. Fâcheuse suffisance, qu’une suffisance pure livresque ! " (Essais I, XXVI : De l’institution des enfants.)
  • " Ce n’est pas une âme, ce n’est pas un corps qu’on dresse : c’est un homme ; il n’en faut pas faire à deux (il ne faut pas les séparer). Et, comme dit Platon, il ne faut pas les dresser l’un sans l’autre, mais les conduire également, comme un couple de chevaux attelés à même timon. " (Essais I, XXVI : De l’institution des enfants.)
  • " Si on me presse de dire pourquoi je l’aimais, je sens que cela ne se peut exprimer, qu’en répondant : " Parce que c’était lui ; parce que c’était moi. " (Essais I, XXVIII : De l’amitié.)
  • " Nous ne pensons ce que nous voulons, qu’à l’instant que nous le voulons, et changeons comme cet animal qui prend la couleur du lieu où on le couche (le caméléon). Ce que nous avons à cette heure proposé, nous le changeons tantôt, et tantôt encore retournons sur nos pas ; ce n’est que branle et inconstance. " (Essais II, I : De l’inconstance de nos actions.)
  • " Ce lui que vous vîtes hier si aventureux, ne trouvez pas étrange de le voir aussi poltron le lendemain : ou la colère, ou la nécessité, ou la compagnie, ou le vin, ou le son d’une trompette lui avait mis le cœur au ventre ; ce n’est un cœur aussi formé par discours (réflexion) ; ces circonstances le lui ont fermi (affermi) ; ce n’est pas merveille si le voilà devenu autre par autres circonstances contraires. " (Essais II, I : De l’inconstance de nos actions.)
  • " Si je parle diversement de moi, c’est que je me regarde diversement. Toutes les contrariétés s’y trouvent selon quelque tour et en quelque façon. " (Essais II, I : De l’inconstance de nos actions.)
  • " Les autres forment l’homme ; je le récite et en représente un particulier bien mal formé, et lequel, si j’avais à façonner de nouveau, je ferais vraiment bien autre qu’il n’est. " (Essais III, II : Du repentir, p.44, 1èrephrase.)
  • " Le monde n’est qu’un branloire pérenne. Toutes choses y branlent sans cesse… La constance n’est autre qu’un branle plus languissant. Je ne puis assurer mon objet. Il va trouble chancelant, d’une ivresse naturelle. " (Essais III, II : Du repentir, p.44.)
  • " Je ne peins pas l’être. Je peins le passage : non un passage d’âge en autre, ou, comme dit le peuple, de sept ans en sept ans, mais de jour en jour, de minute en minute. Il faut accommoder mon histoire à l’heure. " (Essais III, II : Du repentir, p.44.)
  • " Je me contredis bien à l’aventure, mais la vérité, comme disait Demades, je ne la contredis point. Si mon âme pouvait prendre pied, je ne m’essaierais pas, je me résoudrais ; elle est toujours en apprentissage et en épreuve." (Essais III, II : Du repentir, p.44.)
  • " … ; chaque homme porte la forme entière de l’humaine condition. " (Essais III, II : Du repentir, p.45.)
  • " Excusons ici ce que je dis souvent, que je me repens rarement et que ma conscience se contente de soi, non comme de la conscience d’un ange ou d’un cheval, mais comme de la conscience d’un homme… Je n’enseigne point, je raconte. " (Essais III, II : Du repentir, p.46.)
  • " Le prix de l’âme ne consiste pas à aller haut, mais ordonnément. " (Essais III, II : Du repentir, p.50.)
  • " Il nous semble que de ces hauts trônes ils ne s’abaissent pas jusques à vivre. " (Essais III, II : Du repentir, p.51.)
  • " La force de tout conseil gît au temps ; les occasions et les matières roulent et changent sans cesse. " (Essais III, II : Du repentir, p.55.)
  • " A mon avis, c’est le vivre heureusement, non, comme disait Anthistène, le mourir heureusement qui fait l’humaine félicité. " (Essais III, II : Du repentir, p.58.)
  • " Si j’avais à revivre, je revivrais comme j’ai vécu, ni je ne plains le passé, ni je ne crains l’avenir. " (Essais III, II : Du repentir, p.58.)
  • " Il faut que notre conscience s’amende d’elle-même par renforcement de notre raison, non par l’affaiblissement de nos appétits. " (Essais III, II : Du repentir, p.58.)
  • " C’est être, mais ce n’est pas vivre, que se tenir attaché et obligé par nécessité à un seul train. Les plus belles âmes sont celles qui ont plus de variété et de souplesse. " (Essais III, III : de trois commerces, p.60.)
  • " Le méditer est une puissante étude et pleine, à qui sait se tâter et employer vigoureusement : j’aime mieux forger mon âme que la meubler. " (Essais III, III : de trois commerces, p.61.)
  • " La doctrine qui ne leur a pu arriver en l’âme, leur est demeurée en la langue. " (Essais III, III : de trois commerces, p.65.)
  • " Là, je feuillette à cette heure un livre, à cette heure un autre, sans ordre et sans dessein, à pièces décousues, tantôt je rêve, tantôt j’enregistre et dicte, en me promenant, mes songes que voici. " Þ les essais.(Essais III, III : de trois commerces, p.71.)
  • " Tout lieu retiré requiert un promenoir. Mes pensées dorment si je les assieds. Mon esprit ne va, si les jambes ne l’agitent. Ceux qui étudient sans livre, en sont tous là. " (Essais III, III : de trois commerces, p.74.)
  • " Et trouve aucunement (en quelque façon) plus supportable d’être toujours seule, que ne le pouvoir jamais être. " (Essais III, III : de trois commerces, p.72.)
  • " La principale charge que nous ayons, c’est à chacun sa conduite ; et est-ce pour quoi nous sommes ici. " (Essais III, X : De ménager sa volonté.)
  • " Il n’est désir plus naturel que le désir de connaissance. Nous essayons tous les moyens qui nous y peuvent mener. Quand la raison nous faut (manque), nous y employons l’expérience qui est un moyen plus faible et moins digne ; mais la vérité est chose si grande, que nous ne devons dédaigner aucune entremise qui nous y conduise. " (Essais III, XIII : De l’expérience, p. 353.)
  • " La dissimilitude s’ingère d’elle-même en nos ouvrages ; nul art peut arriver à la similitude. " (Essais III, XIII : De l’expérience, p. 354.)
  • " Jamais deux hommes ne jugèrent pareillement de même chose, et est impossible de voir deux opinions semblables exactement, non seulement en divers hommes, mais en même homme à diverses heures. " (Essais III, XIII : De l’expérience, p. 356.)
  • " Il y a plus affaire à interpréter les interprétations qu’à interpréter les choses, et plus de livres sur les livres que sur un autre sujet : nous ne faisons que nous entre gloser […] Nos opinions s’entent (se greffent) les unes sur les autres […] On échange un mot pour un autre mot, et souvent plus inconnu. " (Essais III, XIII : De l’expérience, p. 358.)
  • " Je m’étudie plus qu’autre sujet. C’est ma métaphysique, c’est ma physique. " (Essais III, XIII : De l’expérience, p.363.)
  • " La parole est moitié à celui qui parle, moitié à celui qui l’écoute. " (Essais III, XIII : De l’expérience, p. 381.)
  • " Non plus que je ne regrette que ma durée ne soit aussi longue et entière que celle d’un chêne. " (Essais III, XIII : De l’expérience, p. 394.)
  • " Composer nos mœurs est notre office, non pas composer des livres, et gagner, non pas des batailles et provinces, mais l’ordre et tranquillité à notre conduite. Notre grand et glorieux chef-d’œuvre, c’est vivre à propos. " (Essais III, XIII : De l’expérience, p. 406.)
  • " Il n’est rien si beau et légitime que de faire bien l’homme et dûment, ni science si ardue que de bien et naturellement savoir vivre cette vie ; et de nos maladies la plus sauvage, c’est mépriser notre être. " (Essais III, XIII : De l’expérience, p. 409.)
  • " Pour moi donc, j’aime la vie et la cultive telle qu’il a plu à Dieu nous l’octroyer. " (Essais III, XIII : De l’expérience, p. 412.)
  • " Il n’y a pièce indigne de notre soin en ce présent que Dieu nous a fait ; nous en devons comptes jusques à un poil. " (Essais III, XIII : De l’expérience, p. 413.)
  • " Esope, ce grand homme, vit son maître qui pissait en se promenant : " quoi donc, fit-il, nous faudra-t-il chier en courant ? " Ménageons le temps ; encore nous en reste-t-il beaucoup d’oisif et mal employé. Notre esprit n’a volontiers pas assez d’autres heures à faire ses besognes, sans se désassocier du corps en ce peu d’espace qu’il lui faut pour sa nécessité. Ils veulent se mettre hors d’eux et échapper à l’homme. C’est folie : au lieu de se transformer en anges, ils se transforment en bêtes, au lieu de se hausser, ils s’abattent. " (Essais III, XIII : De l’expérience, p. 414-415.)
  • " C’est une absolue perfection, et comme divine, de savoir jouir loyalement de son être. " (Essais III, XIII : De l’expérience, p. 415.)
  • " Si, avons-nous beau monter sur des échasses, car sur des échasses encore faut-il marcher de nos jambes. Et au plus élevé trône du monde, si ne sommes assis que sus notre cul. " (Essais III, XIII : De l’expérience, p. 415.)

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