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Révocation de l'édit de Nantes (extrait)

Publié le 14/04/2013

Extrait du document

Bien avant la révocation de l’édit de Nantes, la minorité protestante est victime d’une politique insidieuse restreignant progressivement sa liberté, provenant de tous les corps de l’Église catholique, et surtout de l’État. Abusé par des rapports tronqués, Louis XIV imagine la religion prétendue réformée (RPR) en voie d’extinction et révoque l’édit de Nantes en octobre 1685. En interdisant la RPR, la révocation a pour conséquence d’aggraver la persécution et les violences et force les conversions par les « dragonnades « (soldats, disposant de tous pouvoirs, assignés à résidence dans les demeures des protestants).

Extraits de la révocation de l’édit de Nantes, 18 octobre 1685

 

Article premier — Savoir faisons, que nous, pour ces causes, et autres à ce nous mouvant, et de notre certaine science, pleine puissance et autorité royale, avons, par ce présent édit perpétuel et irrévocable, supprimé et révoqué, supprimons et révoquons l’édit du roi notredit aïeul, donné à Nantes au mois d’avril 1598, en toute son étendue, ensemble les articles particuliers arrêtés le 2 mai ensuivant, et les lettres patentes expédiées sur iceux, et l’édit donné à Nîmes au mois de juillet 1629, les déclarons nuls, et comme non avenus ; ensemble toutes les concessions faites tant par iceux que par d’autres édits, déclarations et arrêts, aux gens de ladite RPR, de quelque nature qu’elles puissent être, lesquelles demeureront pareillement comme non avenues : et en conséquence voulons et nous plaît que tous les temples de ceux de ladite RPR situés dans notre royaume, terres et seigneureries de notre obéissance soient incessamment démolis.

 

 

Article 2 — Défendons à nosdits sujets de la RPR de plus s’assembler pour faire l’exercice de ladite religion, en aucun lieu ou maison particulière, sous quelque prétexte que ce puisse être, même d’exercices réels ou de bailliages, quand bien même lesdits exercices auroient été maintenus par des arrêts de notre conseil.

 

 

Article 3 — Défendons pareillement à tous seigneurs, de quelque condition qu’ils soient, de faire l’exercice dans leurs maisons et fiefs, de quelque qualité que soient lesdits fiefs, le tout à peine contre tous nosdits sujets qui feroient ledit exercice, de confiscation de corps et de biens.

 

 

Article 4 — Enjoignons à tous ministres de ladite RPR qui ne voudront pas se convertir et embrasser la RCA et R, de sortir de notre royaume et terres de notre obéissance, quinze jours après la publication de notre présent édit, sans y pouvoir séjourner au-delà, ni pendant ledit temps de quinzaine faire aucun prêche, exhortation, ni autre fonction, à peine des galères. [...]

 

 

Source : Latreille (A.), l’Explication des textes historiques, méthode d’explication et choix de textes, histoire moderne, Paris, Hachette, 1944.

 

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