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CHEVEUX (symbole)

CHEVEUX la nature animale
Dans les cheveux (comme dans les ongles), liés à la puissance vitale et à la force de l’homme, se concentrent les vertus et propriétés de l’être : d’où le culte des reliques des saints et la coutume de conserver en souvenir une mèche de cheveux ayant appartenu à un être aimé ou les premières dents de lait d’un enfant. • La chevelure symbolise la force physique, la virilité (Samson et le juge d’Israël lui devaient leur force prodigieuse). • Symbole de forces instinctives, elle est un élément incontestable séduction et d’attraction sexuelle de la femme: le sacrifice volontaire de la chevelure, sorte de castration symbolique, représente la sublimation de ces instincts, le renoncement aux valeurs mondaines. Dans les ordres féminins, les religieuses sont tondues lors de la prononciation des vœux. On coupait autrefois les cheveux des femmes de mauvaise vie à titre de punition. Les moines, l’ascète hindou se rasent la tête...
• Dans l’Antiquité, la chevelure était un symbole de liberté : on rasait les cheveux aux esclaves et aux criminels (coutume conservée par les prisons). • Elle est parfois le signe d’appartenance à un groupe, à une secte : au Japon, la coiffure du samouraï était un privilège qui le consacrait ; la perte du chignon était pour lui le pire des déshonneurs. Dans ce pays, la chevelure est intimement liée à la symbolique du peigne qui maintient la coiffure et symbolise la force de l’homme, sa noblesse, ses rapports avec Dieu, tout ce qu 'il considère comme l'élément le plus précieux et le plus spécifique de sa personnalité; il assure la cohésion de sa personnalité. Les dents du peigne préservent l’individualité des diverses parties de celle-ci (77-242). Dans la même optique, la mèche de cheveux des musulmans leur garantit un lien avec Dieu au moment de la mort. • Dans les mythes, la calvitie totale exprime l’improductivité de la matière privée des pouvoirs générateurs divins (83-39). • La coiffure est une expression de la persona; elle reflète l’attitude de l’individu à l’égard des forces instinctives: le fait, pour la femme, de les porter longs ou courts, noués ou dénoués exprime la disponibilité ou la réserve, celui de la montrer ou de la cacher trahit le désir de plaire, de se faire remarquer ou au contraire, d’éviter les regards et le désir (la puritaine a les cheveux tirés) (101). • Selon Aeppli, les cheveux sont avec les poils, un produit de notre union avec la nature animale. L'abondance ou l'insuffisance, le fait de se soigner les cheveux ou de les laisser en désordre sont autant d'indications sur cette nature. Aussi, lorsque, en rêve, on rencontre le coiffeur, il est temps de soigner sa nature brute. Il faut dompter les cheveux hirsutes... réduire à la civilisation ce qui d'un côté est trop viril, trop rude, et de l'autre trop féminin, trop délicat. Il faut les adapter à un ordre conventionnel (24- 158).

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