Devoir de Philosophie

Analyse du tableau de Cimabue: Vierge en majesté

Publié le 22/02/2012

Extrait du document

Dans la seconde moitié du XIIIe siècle, le parcours artistique de Cimabue trouve son point de départ dans la peinture néo-hellénistique de Giunta Pisano qui était connue en Italie grâce à l'ample diffusion des oeuvres provenant du monde byzantin. Le peintre exacerbe les caractères expressifs et pathétiques de ses oeuvres tout en répondant à la volonté de l'Église de l'époque (en particulier à la volonté des Franciscains) qui voulait surtout mettre en évidence la nature humaine du Christ. Tout en s'attenant aux schémas iconographiques et formels de la culture byzantine, Cimabue est très attentif à la représentation de l'aspect plastique des corps, et cela sous l'influence de la sculpture de Nicola Pisano et d'Arnolfo di Cambio. L'artiste sent également l'exigence d'une représentation plus réelle et plus concrète de l'espace ; or Giotto - qui, suivant les historiographes anciens, reçut sa formation dans l'atelier de Cenni di Pepo - arriva ensuite à pratiquer ce type de représentation. Ce grand retable est un exemple admirable de la richesse chromatique qui caractérise la peinture médiévale. Il provient de l'église du monastère vallombrosien de Santa Trinità, à Florence, pour laquelle il avait été exécuté dans le dernier quart du XIIIe siècle. Ce tableau témoigne des excellents résultats atteints par Cimabue dans sa maturité.

« Dans la partie inférieure du tableau figurent quatre prophètes de l'Ancien Testament.

Ce sont, de gauche à droite :Jérémie, Abraham, David et Isaïe. Les quatre saints sont en train de débattre sur les mystères de la conception du Christ et de la virginité de Marie,comme l'indiquent les inscriptions figurant dans les cartouches qu'ils tiennent entre leurs mains. Un rigoureux principe de symétrie préside à cette composition, partagée en deux parties parfaitement égales, avecquatre anges et deux prophètes sur chaque côté. Dans la partie supérieure du tableau, les têtes légèrement penchées des anges accompagnent la forme triangulairedu tableau. Le trône architectural contribue à l'agencement complexe de l'espace et constitue un des éléments fondamentauxde la composition. L'effet de profondeur est obtenu à travers un système de lignes parallèles convergeant vers le centre. Il est également accentué par la position des anges, alignés l'un derrière l'autre autour du trône où figure la Vierge. La composition articulée du trône est également mise en relief par l'utilisation de la lumière, qui laisse dans l'ombreles surfaces en retrait et éclaire le premier plan. Le thème de la Vierge en majesté ("Maestà") est un des sujets les plus répandus dans la peinture religieuse duMoyen Âge. Cimabue lui-même a repris plusieurs fois cette iconographie, par exemple dans le tableau actuellement au Musée duLouvre, dont l'agencement est toutefois simplifié. Par rapport à ces tableaux, la Maestà des Offices se distingue aussi par la décoration à base de feuilles d'or dumanteau de la Vierge. Cet élément provient de la peinture byzantine, mais il est largement répandu dans la peinture florentine du XIIIesiècle, comme le démontre le tableau peint par Coppo di Marcovaldo en 1261 pour l'église de Santa Maria dei Servi àSienne. Mais la forme et les dimensions du retable de Cimabue permettent de lui attribuer une datation tardive : on peut lerapprocher d'autres oeuvres de la fin du siècle, comme la Maestà peinte par Duccio di Buoninsegna en 1285 pourl'église de Santa Maria Novella à Florence, actuellement au Musée des Offices. La position frontale de la Vierge, introduite par Cimabue, sera reprise par Giotto quelques années plus tard dans laMaestà peinte pour l'église d'Ognissanti à Florence, elle aussi au Musée des Offices.

Dans ce tableau, le thème sacréest transposé dans une réalité plus humaine et terrestre.. »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles