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Botticelli : LE PRINTEMPS

Publié le 14/09/2014

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Le Printemps de Botticelli, ou «Allégorie du Printemps, représente, entre des orangers et sur une prairie semée de fleurs, de jeunes et élé­gantes personnes. Vêtues de linges flottants et parfois transparents, elles ont des gestes lents et des sourires mélancoliques. Réparties par groupes ou isolées, les figures se distribuent dans l'image à la manière de notes dans une composition musicale ou de rimes dans une poésie : leur place ne correspond pas à des nécessités narratives, mais à une préoccupation rythmique ou métrique. C'est cette qualité musicale qui fait du Printemps une peinture exceptionnelle. À l'arrière, la cadence est mar­quée par l'alternance des troncs qui se profilent sur le ciel clair, tantôt gros, tantôt minces. Ces 

À la fin du siècle, la mort de Laurent le Magnifique (1492), l'expulsion de son fils Piero (1492) et l'établissement d'une République à Florence ébranlèrent pro­fondément le peintre. Les productions de ses dernières années portent la marque de l'influence du prédicateur dominicain Savonarole, et de sa dramatique tentative pour réformer les moeurs florentines, en 1496-1497: ce sont des mythologies lourdes d'un message moral (la Calomnie dApelle, Florence, galerie des Offices), des récits «vertueux« comme l'Histoire de Lucrèce (Boston, Gardner Museum) et l'Histoire de Virginie (Bergame, Académie Carrare), ou des oeuvres religieuses empreintes d'un sentiment sacré puissant (la Nativité mystique, Londres, National Gallery ou la Crucifixion, Cambridge, Massachusetts, Fogg Art Museum).

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« bord de l'œuvre, Zéphir, jeune homme ailé, tentant d'enlacer une nymphe.

Les historiens ont cherché à livrer du tableau une interprétation plus précise .

À gauche, le jeune homme à l'épée qui tient un caducée est Mercure.

Au cent re, se détachant sur l'écran foncé d'un bosquet et individualisée par ses vêtements, plus proches que ceux des autres personnages des habits du w siècle, la figure centrale du Printemps, Vénus, a quelquefois été identifiée avec Simonetta Vespucci, la «dame» élue par Julien de Médicis et morte en 1476, ou avec Semiram i de d'Appiano, mariée à Pier Francesco de Médicis, le commanditaire de l'œuvre, en 1482.

Mais l'interprétation la plus suggestive est celle qui fait de l' œuvre une allé­ gorie des six mois de l'année où la nature est fertile : de droite à gauche seraient alors repré­ sentées les personnifications des mois de février (Zéplùr, avec ses cheveux et son manteau soule­ vés par le vent), mars (la nymphe fuyante, Chloris, de la bouche de laquelle naît un ruis­ seau de fleurs), avril (la même nymphe, devenue Flore, qui distribue les fleurs), mai (Vénus), juin, juillet, août (les Grâces) et enfin septembre (Me rcure qui, de son caducée, cue ille les fruits en même temps qu'il dissipe l es premiers nuages de l'automne).

Cette allégorie des mois pourrait bien se doubler d'une signification symbolique, de type initiatique : Botticelli aurait alors représenté la purification progressive du désir amou r eux, de l'attrait sexuel (Zéphir s'apprêtant à violer Chloris) à l'attirance des âmes (incarnée par Mercure, dieu de la Sagesse et de la Raison), sous les auspices de Vénus, au centre, métamorphosée en chaste déesse.

La grâce du mouvement Quelle que soit la signification du tableau - et plusieurs sens peuvent s'y combiner -, il s'exprime dans une forme infiniment harmo­ nieuse où l'élégance du dessin et des procédés de composition subtils se combinent.

De droite à gauche, les personnages, séparés dans l'espace, sont disposés de telle sorte que l'œil passe aisément de l'un à l'autre, comme dans une ronde dont ils seraient les figures.

Le corps incliné de Zéphir assure le lien avec celui de la nymphe violée, tandis que, de la bouche de celle -ci, les fleurs vont se répartir sur la robe de l'autre femme.

Vénus, au centre, est plus isolée : le thème le veut ainsi, qui fait de la déesse la reine du renouveau végétal.

Mais la main dro ite de Vénus se lève comme pour désigner les Grâces, permettant au regard de poursuivre vers la gauche du tableau.

Les mouvements des personnages, exprimés de façon discrète, sont amplifiés par le plissé des vêtements .

Tous sont posés sur le sol en appui sur une jambe et, parfois, sur la pointe des pieds , ce qui confère aux silhouettes une grande légèreté et une allure dansante.

Pourtant, à l'exception de Zéphir, aucun des personnages du Printemps ne donne l'impres ­ sion de se déplacer véritablement.

Même les trois Grâces ne paraissent pas réellement bouger : c'est seulement par le plissé du léger voile qui enveloppe leur corps et s'envole au gré de leurs mouvements qu'on peut croire à leur danse.

Il en va de même pour les deux nymphes sur la droite, dont l'une est censée marcher et l 'autre courir.

Le Printemps, Sandro Botticelli , vers 1478-1481 (Florence, galerie des Offices).

Ensembl e et (pag e de gauche) détail.

Le Prin temps ou /'A llég orie du Printemps est un e œuvre pe inte selon un procédé mix te de tempera (c'es t-à- dire de peinture à l'œuf) addi tionnée d 'hu il e, su r une to ile de 203 cm de haut sur 314 cm de large.

Commandée par Lorenzo di Pier Francesco de Médici s, pou r orne r, pe ut -être, sa villa de Caste ll o, l'œ uvr e du t ê tr e exécutée entre 1477 et 1481.

Ent ré aux O ff i ces e n 1815 , peu mis en valeur , car exposé dan s un corr idor, le Printemps fut trans féré à l' A cca dem ia de F lorence e n 1865.

Le retour en grâce de Botticell i au d ébut du xx• siècle permit sa réin té­ gra tion aux Offices en 1919 -où il fut dès lors dignemen t a ccroc hé.

Ce trava il des plissés ne vise pas seulement à rendre l'impression du mouvement.

La trans­ parence des linges, leur finesse, permet au peintre de mettre en valeur les formes des corps féminins : les douces courbes des ventres , des seins et des fesses se révèlent sous le faisceau des arabesques blanches censées rendre le voile qui habille les Grâces , et la forme de la cuisse de Flore apparaît, moulée par la robe fleurie que le mouvement de la marche applique contre sa cha ir.

Discrètement et suavement, le peintre rend ainsi la beauté et la sensualité de ces corps languides, qui expri­ ment la promesse de l'amour fécond.. »

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