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la mise en scène sert-elle le propos de l'artiste ?

Publié le 05/03/2022

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« _____________________________________________________________________________ ______________________________________________________________________________ Première partie : /12 Analyse méthodique sous forme d’un corpus d’œuvres et réflexion sur certains aspects de la création artistique. A partir de la sélection d’au moins deux œuvres du corpus que vous analyserez, développez une réflexion personnelle et argumentée sur l’axe de travail suivant : TEMPORALITÉ et PAYSAGE. Nous allons traiter du de la temporalité et du paysage, dans les œuvres suivantes : William Kentridge, « More sweetly play the dance », « LH 1587 » de Phillipe de Gobert et « les Nymphéas » de Claude Monet. La temporalité peut se définir par le caractère de ce qui est inscrit dans le temps, de ce qui a une valeur temporelle. Tandis qu’un paysage désigne l'ensemble des éléments observables d’un lieu précis, présenté à un observateur, qui peut être naturel ou artificiel. Nous pouvons alors nous poser la question suivante : comment ces artistes inscrivent le temps dans l’espace, dans un espace qui est propre à chacun des artistes ? L’installation vidéo de William Kentridge (metteur en scène et directeur artistique sud-africain) voit le jour en 2015. Composée de 8 panneaux créant une suite horizontale, l’animation s’accompagne de son, de musique. Dans un ensemble presque monochrome de vidéos, ombres chinoises et de dessin animé, un cortège macabre déambule pendant 15 minutes, de gauche à droite. Le spectateur alors immergé dans une salle sombre est plongé au cœur du défilé et bénéficie d’une vision panoramique de la scène. La cadence des individus liée suit un rythme nonchalant, sans discontinuité, malgré le fait que la musique lancinante et assez répétitive semble lointaine, et que les panneaux ne soient pas exactement alignés, créant des interstices et des décalages dans la marche funèbre. Ainsi une certaine dissonance apparaît, et la démarche saccadée des silhouettes noires sur fond pâle participe a ce décalage, rendent la mise en scène bancale sans pour autant être désordonnée. On ne distingue du défilé aucune figure historique, bien que le cortège semble constitué d’individus appartenant à des périodes historiques importantes : on reconnaît des populations africaines ou d’origine africaine, rattachées par perfusions à des symboles représentant la domination des pays du Nord : la religion avec une croix, le progrès technique avec un téléphone, le sport avec un ballon, la vision occidentale du monde imposée avec une planète, le confort promis par le capitalisme face à une Afrique surendettée avec une baignoire… Tous ces éléments sont littéralement injectés dans le sang des individus, incarnant en quelque sorte les opprimés de l’Histoire, notamment lorsque un cortège de Noirs brandit des plantes, probablement des plants de coton, ou de canne à sucre, symboles de l’esclavage. Cette apparition semble aller de pair avec les origines de W. Kentridge, issu d’un pays autrefois colonisé et qui a vu la mise en place de l’apartheid. On retrouve également des populations asiatiques, américaines, le drapeau rouge de l’Utopie et les figures de la propagande communiste chinoise, de la révolte, de l’émancipation des femmes (machine a écrire)… Le paysage de Kentridge est désolé, mais son horizontalité indique un mouvement, une avancée, une évolution, qui peut faire écho à une frise chronologique. L’œuvre ne semble pas reprendre les événements de manière chronologique, mais elle évoque l’histoire de l’esclavage, de la colonisation, de l’Afrique, des relations entre le Nord et le Sud, mais aussi des religions, rattachées aux communautés afro-américaine, avec le Blues, le Negro spiritual. Avec la marche des acteurs, l’espace fait penser à une contrée des morts, à des limbes. Les danseurs pourraient être les morts de l’Histoire, des populations dont on a appris les erreurs. Les choses prennent du temps, la musique est lente, à l’image de l’évolution de l’Homme. Le paysage ici n’est pas un »

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