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La prise de Gibraltar

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?L?expérience coloniale, l'injustice sociale et la dépossession des terres ; ces évènements ont fourni les thèmes d'inspiration des auteurs du Maghreb. Notamment, Rachid Boudjedra, un écrivain de la littérature maghrébine d?expression française. Il publiera son roman La Prise de Gibraltar en 1987. Le romancier met en scène un jeune homme Tarik, prénommé par son père Tarik Ibn Ziad. où l?auteur évoque la conquête du rocher de Gibraltar par le général Tarik ibn Ziad La prise de Gibraltar, paru en 1987, est bordé par deux événements historiques : le 20 août 711, la conquête de l'Andalousie par Tarik Ibn Ziad tel qu?il a été rapporté par l?hitorien Ibn Khaldoun et le 20 août également, plusieurs siècles plus tard, en 1955, répression sanglante de l'armée française à Constantine. L'interpénétration des deux récits de violence, dérive vers un troisième, celui du traumatisme du jeune personnage Tarik, causé, entre autres, par la lecture des premiers. Ainsi, solidement ancrée dans la composition, notamment par une subversion linéaire, chronotopique, générique et/ ou langagière, la représentation de la violence renvoie à un roman davantage spéculaire qu?historique. le roman réécrit à sa manière un pan de l?histoire des Arabes, en les montrant, eux qui ont été des ...

« La haine du père, thème omniprésent, honte toute la production romanesque de l’auteur : « s’acharna sur moi » L’auteur dénonce la structure de la société arabo-musulmane figée par des tabous ancestraux, dont la figure masculine. Ce roman est pénétré par de multiples références historiques qui transposent le réel et l’Histoire de l’Algérie. On note ce va et vient entre réalité et fiction : « dans la langue des Arabes de ce pauvre bougre d’Ibn Mandhour dit l’Africain qui avait souffert le martyre pour imposer sa vision révolutionnaire de la langue à la betise des khalifes l’ignorance des linguistes de son époque et le dogmatisme des rhéteurs larbinisés il louait un chameau pour transporter ses manuscrits d’Alexandrie à Bagdad alors qu’il n’avait pas de quoi manger pendant ce long voyage à travers les deserts alors que le monde le regardait faire indifférent moqueur et impitoyable » L’existence au sein du récit même de deux points de vue foncièrement irréductibles sur le même sujet, celui patriotico-nostalgique du père du narrateur et celui plus distanciée de M. Achour, son professeur d’histoire. « Mon père découvrit très vite le cahier dans lequel j’avais transcrit cette terrible leçon de M. Achour et s’indigna devant de telles thèses qui l’ébranlèrent profondément. Il en voulut à mon professeur d’histoire. Menaça d’aller le voir pour lui dire son désaccord. Se mit à lire et à relire tous les livres d’histoire cocernant cette période de la prise de Gibraltar. Réfuta aussi les arguments de M. Achour un à un » Ce patriarche fait de Tarik Ibn Ziad un modèle universel et un paramètre moral. Pour le professeur d’histoire « l’histoire c’est une salope ! quelque chose d’infernal » dont l’individu doit constamment sonder les silences et les contradictions au risque d’en être la victime, d’en subir la tyrannie. Chacun des protagonistes tente d’inculquer sa conception du fait historique au jeune élève, ce dernier en est venu à haïr son père. Celle du massacre de Constantine, l’évocation de la figure de l’oncle du narrateur, Hocine, et de sa collusion avec l’armée coloniale, sa trahison mise en parallèle avec la bravoure de son fils Chems-Eddine. Mais toutes ces séquences, aussi aléatoires quelles peuvent paraître dans leur surgissement, s’inscrivent dans un temps bien précis et leur enchaînement dépend de la situation, de la posture du narrateur par rapport à la fable, car c’est une évidence que Ce rapport entre passé et présent semble déterminer l’écriture romanesque de Boudjedra Aux maux du présent, on essaye de trouver des explications dans les événements du passé. Passé et présent se rejoignent pour tenter de comprendre l’évolution de l’Histoire Réécrire l’Histoire par la fiction consiste à revisiter les événements du passé afin de les éclairer pour comprendre ceux du présent. une instabilité dans les structures formelles et un désordre et une ambiguïté sémantiques. La prise de Gibraltar, réduisent la ponctuation à son « degré zéro » selon l’expression de Roland Barthes. »

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