Synthèse - Terminale Quels sont les caractéristiques et les facteurs de la mobilité sociale ?
Publié le 23/03/2026
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Synthèse - Terminale
Quels sont les caractéristiques et les facteurs de la
mobilité sociale ?
Sensibilisation et problématisation :
Contrairement aux sociétés de l’Ancien Régime (ou encore aux sociétés de castes en Inde ou au Soudan)
constitués de groupes héréditaires, dans une société parfaitement démocratique et libérale, les individus
doivent avoir les mêmes chances d’accéder aux différentes positions sociales.
Sachant que cet idéal est rarement vérifié, l’analyse de la mobilité sociale permet d’apprécier le degré
de démocratie et de méritocratie de la société.
Plus la société est démocratique, moins les statuts sont
assignés, c’est-à-dire déterminés « à l’avance » ; et plus la société est méritocratique, plus les positions
sociales dépendent des mérites individuels (l’acquisition de connaissances, l’expérience personnelle …) et
non de l’origine sociale.
Etudier la mobilité sociale constitue alors un enjeu politique dans la mesure où
cette étude interroge le degré de démocratie et de libéralisme de la société.
→ Les sociétés démocratiques permettent-elles aux individus de « changer de statut ou de
ne pas être enfermé » dans son milieu social d’origine ? Quels sont les caractéristiques et les facteurs
de la mobilité sociale.
A.
Quelles sont les caractéristiques de la mobilité sociale ?
1) Les formes de mobilité sociale
Il existe plusieurs formes de mobilité :
La mobilité sociale, c’est-à-dire le changement de position sociale ou de statut social des individus au sein
d’une société, peut prendre plusieurs formes.
On distingue ainsi la mobilité géographique, la mobilité professionnelle et la mobilité sociale
intergénérationnelle.
• La mobilité géographique désigne les changements de lieu de résidence d’un individu, par exemple
lorsqu’une personne déménage pour ses études.
Terminale SES – Synthèse de cours avec manuel Hachette – P.
Savoye
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La mobilité professionnelle (ou mobilité intragénérationnelle) désigne, quant à elle, le
changement de profession d’un individu au cours de sa vie.
C’est le cas par exemple d’une personne
qui change d’entreprise ou d’un individu qui obtient une promotion dans son entreprise.
La mobilité sociale intergénérationnelle désigne les changements de position sociale d’un individu
par rapport à ses parents (père ou mère).
C’est le cas par exemple d’un fils / d’une fille d’ouvrier qui
devient cadre.
C’est cette dernière forme de mobilité qui est l’objet privilégié des analyses de la
mobilité sociale.
La mobilité verticale correspond aux trajectoires entre catégories salariées qui se traduisent par un
changement de statut.
Ces trajectoires peuvent correspondre à une mobilité ascendante ou
descendante appelée aussi déclassement.
La mobilité non-verticale correspond aux trajectoires qu’il est plus délicat d’interpréter en termes
ascendants ou descendants.
C’est le cas des trajectoires de catégories entre deux catégories
salariées ou entre deux catégories non salariées sans changement clair de statut social, c’est la
mobilité horizontale.
La reproduction sociale correspond à une situation d’immobilité sociale dans laquelle l’individu
occupe la même position sociale que ses parents.
Les formes de mobilité peuvent se combiner.
• Un individu peut connaître une mobilité professionnelle qui induit une mobilité sociale
intergénérationnelle.
• De même, mobilité géographique et mobilité professionnelle se combinent souvent, les
individus pouvant être amenés à déménager pour changer d’emploi et de position sociale.
A ce
propos, des études montrent qu’en moyenne les personnes occupant un emploi et qui ont
déménagé sont plus nombreuses à déclarer avoir un statut social plus élevé et elles sont deux
fois plus nombreuses en proportion à être dans une catégorie sociale supérieure.
2) Mesurer la mobilité sociale par les tables de mobilité
Pour mesurer de la mobilité sociale, les sociologues utilisent deux types de tables de mobilité :
•
Une table de mobilité en termes de recrutement (origine) : elle consiste à partir du présent
(fils/fille) à remonter vers le passé (origine – père).
C'est interroger l'origine des individus occupant
une position donnée.
C’est se poser la question : D'où viennent les occupants de la catégorie X,
ou Que faisait leur père ? Sur 100 cadres combien sont fils/filles de …?
Ex : 37 % des hommes de professions intermédiaires, âgés de 40 à 59 ans, étaient des fils d’ouvriers.
•
Une table de mobilité en termes de destinée : elle consiste, à partir du passé (de la catégorie du
père) pour se projeter vers le présent (position occupée par le fils/fille).
C'est donc interroger le
devenir des individus ayant une origine donnée.
C’est se poser la question : Que sont devenus les
fils/filles de …? Sur 100 fils/filles de cadres combien sont …? … car la référence aux pères se
traduit par les fils/filles de …
Ex : 30,9 % des fils d’agriculteurs exploitants âgés de 40 à 59 ans sont devenus ouvriers.
Les PCS pour lesquelles les données sont les plus élevées dans la diagonale de la table de mobilité en
termes de destiné sont les cadres, employés et les ouvriers.
C’est dans ces trois catégories que la
reproduction sociale est la plus forte, c’est-à-dire qu’il y a la plus grande proportion de fils qui
appartiennent à la même catégorie sociale que leur père.
On remarque encore que lorsqu’on observe un déplacement entre deux catégories, celui-ci s’effectue à
courte distance sociale (Employé / Profession interm ou Professions intermédiaires / Cadres et PIS).
On
observe assez rarement des fils d’Ouvriers qui deviennent Cadres et PIS.
La dernière ligne d’une table de destinée permet d’étudier la structure socioprofessionnelle des
individus interrogés.
Si on la compare à la dernière colonne d’une table de recrutement (origine), on rendrait
compte des modifications de la structure sociale entre les deux générations, celle des fils et celle des
pères.
Par exemple, on remarque qu’à la génération des pères, le poids (part) des agriculteurs est beaucoup
plus important qu’à l’époque des fils.
Il faut connaître les limites des tables de mobilité.
• Tout d’abord, on considère que des individus qui appartiennent à la même catégorie sociale et a
fortiori qui occupent la même profession sont en situation d’immobilité sociale.
Or, entre les
générations, le statut social d’une profession peut évoluer.
Une situation d’immobilité sociale peut
alors masquer un changement de statut social qui correspondrait davantage à une mobilité
ascendante ou descendante.
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Par exemple, le statut social d’un instituteur, il y a un siècle, était différent de celui d’un
professeur des écoles aujourd’hui, car il disposait d’un prestige beaucoup plus grand dans la
société.
À une époque où une partie très importante de la population n’avait pas fait d’études, il
pouvait apparaître comme un notable dans le village ou la commune.
A l’inverse, les professeurs
des écoles aujourd’hui ont un statut social moins élevé, comme le montrent leur rémunération et
leur niveau de diplôme, comparé au reste de la population active.
Problème de comparaison pour
conclure à une immobilité alors qu’il s’agirait plus d’une mobilité verticale descendante.
•
Ensuite, la mesure de la mobilité est fortement dépendante du nombre de catégories utilisées.
Plus
on utilise de catégories pour mesurer la mobilité sociale, plus on va obtenir une mobilité
importante car les individus changeront plus facilement de catégories.
Inversement, si l’on
n’utilisait que trois catégories sociales pour mesurer la mobilité (par exemple classes
supérieures, classes moyennes, classes inférieures), on mesurerait moins de mobilité sociale car
une majorité des individus resterait dans la catégorie classe moyenne.
En effet, il y aurait, par
construction, moins de passage d’une catégorie à l’autre.
L’outil fait en partie l’objet d’étude, ce qui
pose problème.
•
Les tables de mobilité ont longtemps été centrées uniquement sur les hommes car il était difficile
de comparer la position sociale des filles à celle de leur mère, du fait du fort taux d’inactivité (mesure
du comportement d’une catégorie face au travail) dans la génération des mères.
Il aurait été
possible de comparer leur position sociale avec la position sociale de leur père, mais survient alors
la limite de la différence entre les emplois masculins et féminins.
3) Les spécificités de la mobilité des femmes et des hommes
Comparaison mobilité des femmes/hommes :
• La mobilité des hommes, comme celle des femmes, a augmenté depuis 1977, puisqu’aussi bien la
mobilité ascendante que la mobilité descendante sont en augmentation pour les hommes.
On peut remarquer que la mobilité ascendante des femmes est plus importante que celle des
hommes pour les filles ayant une mère profession intermédiaire ou employée ou ouvrière
qualifiée, mais légèrement moins forte pour les filles ayant une mère employée ou ouvrière
non qualifiée.
En effet, alors que 26,5 % des fils ayant un père profession intermédiaire deviennent
cadres, 29 % des filles ayant une mère profession intermédiaire deviennent cadres.
•
On observe que 51,6 % (21,6 + 30,0) des filles sont employées ou ouvrières contre seulement
42,5 % des fils (10,1 + 32,4).
À l’inverse, 42,7 % des filles occupent un emploi de cadre ou de
profession intermédiaire contre 45,7 % des fils (revoir doc).
En fait, la mobilité observée des filles est largement influencée par la position des mères.
On va
comprendre le mécanisme :
La plus forte mobilité ascendante des femmes (40 % occupent une position sociale plus élevée que leur....
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