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Aistulf régna de 749 à 756 Des souverains lombards qui s'étaient, en

Publié le 05/04/2015

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Aistulf régna de 749 à 756 Des souverains lombards qui s'étaient, en l'espace de cent soixante-dix-sept ans, succédé en Italie depuis la mort (572) d'Albouin (qui, le premier, avait entrepris sa conquête), Aistulf se révéla le plus acharné à étendre par les armes le regnum Langobardorum à la péninsule tout entière, arrachant aux empereurs de Byzance les derniers territoires qui leur appartenaient encore. Devenu en 744 duc de Frioul à la place de son frère Ratchis, Aistulf reprit la guerre de conquête dès qu'il fut à son tour, en juillet 749, monté sur le trône occupé par son frère. Pour conquérir les territoires de Comacchio et de Ferrare, et pour étendre l'occupation lombarde en Istrie, Aistulf dut livrer bataille. Mais il ne semble pas qu'il ait eu à se battre pour assujettir la partie de la Pentapole qui restait encore à l'Empire au sud de l'Esino, avec Ancône, Numana et Osimo. L'événement le plus marquant de la campagne menée au-delà des frontières émiliennes du regnum Langobardorum fut, dès 749, je crois, ou le début de 750, la prise sans coup férir de Ravenne, capitale de l'exarchat d'Italie, et la reddition d'Eutychius qui y gouvernait depuis environ vingt ans et fut le dernier des exarques impériaux d'Italie qui s'étaient succédé à Ravenne depuis l'institution de cette charge vers l'an 584. La possession du palatium de Ravenne était, depuis le Ve siècle, le symbole de la possession légitime du pouvoir souverain sur l'Italie. C'est au palais de Ravenne (Ravennæ in palatio), qu'Aistulf publia le 4 juillet 751 le diplôme confirmant à Farfa quatre concessions précédemment consenties à l'illustre abbaye par le dernier des ducs de Spolète de l'époque, Lupo (Lupone). En homme de son temps, le roi vit dans le fait de s'être rendu maître de ce palatium le signe que Dieu lui-même entendait lui confier le gouvernement légitime de toutes les populations d'origine romaine, gouvernement jusqu'alors exercé par le plus haut représentant de l'empereur dans la péninsule italienne. Cette idée se manifeste dans la célèbre phrase, lourde de signification, qui figure dans le prologue des lois promulguées par le roi en adjonction au corps de l'Édit lombard, au cours de l'assemblée générale du royaume tenue à Pavie le 1er mars 750 : Modo auxiliante lomino nostro Iesu Christo Aistolfus, in ipsius nomine rex gentis Langobardorum, traditum nobis a Domino populum romanum, anno regiminis primo. Les victoires remportées par Aistulf et la prise de Ravenne elle-même n'eurent pas, toutefois, de suite immédiate. En homme de guerre expérimenté, le roi avait décelé au cours de cette campagne certaines carences qui affaiblissaient gravement les dispositions prises par les Lombards en fait de chevaux, d'armes et d'équipement ; il s'était en outre aper&cce...

« personnels, ainsi que d'autres chevaux ; pour des terres d'une surface globale d'au moins quarante jugera, mais sans casae : cheval, lance et bouclier personnels ; propriétaires de terres d'une surface globale inférieure à quarante jugera en mesure de faire l'acquisition d'un bouclier : arc, carquois et flèches, à se procurer au lieu du bouclier.

A cette dernière catégorie (minores homines) étaient assimilés les minores ne possédant pas de terres et qui étaient assujettis aux mêmes obligations.

Quant aux commerçants non propriétaires de biens immobiliers, ils étaient répartis en catégories similaires.

Pour les plus riches d'entre eux : cheval, cuirasse et bouclier personnels, ainsi que d'autres chevaux ; pour les riches : cheval, lance et bouclier personnels, autres chevaux ; pour les moins riches (minores) : arc, carquois et flèches. L'importance historique de ces réglementations tient avant tout aux constatations que l'on peut en tirer en dehors même du domaine militaire proprement dit.

Jusqu'alors, pour porter les armes, il fallait, selon la tradition germanique, satisfaire à une condition ethnico-juridique essentielle : être un homme libre appartenant à la gens Langobardorum ; désormais, les nouvelles conditions requises — de nature Strictement économique et sociale — n'établissaient plus aucune distinction entre hommes libres lombards et non lombards. L'obligation de posséder au moins un arc, des flèches et un carquois subordonnée à la possibilité financière de se procurer un bouclier impliquait en fait, sur le plan pratique, que les hommes libres les plus défavorisés par la fortune étaient dégagés de l'obligation de faire l'achat d'une arme, quelle qu'elle fût.

L'ensemble de ces réglementations prouve qu'Aistulf avait su évaluer avec réalisme une situation désormais irréversible qu'il convenait de traduire, sans plus hésiter, en termes juridiques. A l'intérieur du royaume, Aistulf renforça également sa position sur le trône en ce qui concernait les deux principaux duchés périphériques de Spolète et de Bénévent. A Bénévent, la mort, en 751 ou 752, du duc Gisulf II, qui laissait un fils mineur, Liutprand, sous la régence de sa mère Scauniperga, permit au roi lombard d'affirmer son autorité sur le duché.

A Spolète, il n'y eut plus de ducs après Lupo (Lupone), dont on perd la trace après 751 ; Si bien que le gouvernement du pays demeura aux mains des intendants qui représentaient les organes exécutifs du pouvoir souverain.

Ses positions ainsi assurées, Aistulf forma alors le projet de conquérir le duché de Rome et Rome elle-même.

N'ayant plus à redouter, depuis la prise de Ravenne, qu'un exarque byzantin vînt l'attaquer sur son flanc et ses arrières, il comptait déployer ses forces au nord, au sud et à l'est du duché afin de l'encercler.

Mais le pape Étienne II devait faire échouer ses plans. Les dissensions religieuses provoquées entre les papes et les empereurs par l'iconoclastie depuis que, en 726, Léon III l'Isaurien avait tenté de l'imposer dans ses États d'Italie, avaient engendré une série de réflexes idéologiques et politiques allant très nettement à l'encontre des ambitions de conquête des rois lombards.

Dans le duché de Rome, le laïcat tout entier, depuis les couches les plus humbles jusqu'au plus haut représentant local de l'Empire, le duc de Rome, accordait au pape — et en recevait — un appui si total que, progressivement, l'exercice de tous (ou presque tous) les pouvoirs de gouvernement était passé aux mains des papes et. »

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