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Duchesse de Berrypar Olivier de MagnyLe sang chargé des Bourbons, royaux bâfreurs, chasseurs enragés, devait,encore épaissi d'une bâtardise, produire cette baroque perle demégalomanie arrogante et de violence gloutonne : Marie-Louise Élisabethd'Orléans, duchesse de Berry.

Publié le 05/04/2015

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Duchesse de Berry par Olivier de Magny Le sang chargé des Bourbons, royaux bâfreurs, chasseurs enragés, devait, encore épaissi d'une bâtardise, produire cette baroque perle de mégalomanie arrogante et de violence gloutonne : Marie-Louise Élisabeth d'Orléans, duchesse de Berry. Oui, un chef-d'oeuvre en son genre, puisque, morte à 24 ans, on dut, inconcevable exception, enterrer à la sauvette et sans oraison funèbre cette princesse dont la destinée brève, en un temps où rivalisaient les plus inventifs panégyristes, ne put offrir le moindre prétexte à éloge. De Philippe d'Orléans, futur régent du royaume, elle n'hérite ni la bonté ni l'intelligence mais cette sensualité et cette goinfrerie grandiosement ignobles. Mademoiselle de Blois, bâtarde que Louis XIV eut de la Montespan et qu'il légitima, lègue à sa fille l'avidité dans l'orgueil et l'acharnement dans la vanité. La duchesse d'Orléans se rappela sa fille quand celle-ci fêta son quinzième anniversaire ; l'heure d'un éclatant mariage. On pousse Élisabeth à la Cour, on la présente à son grand-père qui daigne la faire souper à sa table et lui murmure quelqu...
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« comprend pas qu'elle écoute un seul guide, sa frénésie de paraître. Louis XIV prête-t-il par faveur la musique de sa chapelle pour la messe de la Duchesse, cette mécréante, qui s'empiffre toute la nuit, joue un jeu d'enfer, boit comme un mousquetaire et trompe spectaculairement le duc, se précipite à l'office divin que d'habitude elle néglige. Noël, par contre, la voit communier parce qu'un privilège permet aux Enfants de France de le faire sous les deux espèces. Ainsi savoure-t-elle dans le sacrement un attribut de son rang. La mort de son époux l'ennuie un peu : elle n'aura pas de fils. Elle se console par la mise en scène d'un veuvage théâtral. Lorsque la fille de Philippe d'Orléans devient la fille du Régent, elle obtient tout de ce père qui l'idolâtre et qu'elle tyrannise : des rentes, des apanages, un train de maison royal, une compagnie de 60 gardes commandée par un capitaine ­ ce qu'aucune reine de France ne posséda jamais ­, la résidence du palais du Luxembourg et le droit d'y recevoir en audience les ambassadeurs, les prévôts des marchands, les députés des États. Se pique-t-elle de politique ? Pas du tout, mais juchée sur une espèce de trône, elle écoute voluptueusement pendant des heures les harangues obséquieuses de ces personnages. Cette paresseuse ne sort de son lit que pour éclabousser le peuple de la gloire puérile qu'elle usurpe. Entourée de hallebardiers à cheval elle monte en carrosse, improvise nuitamment un cortège et réveille Paris au son de ses timbales et de ses fifres. Le théâtre l'ennuie mais elle se rend à la Comédie-Française pour encombrer la scène de ses lansquenets et se faire débiter par un acteur, après la tragédie, le discours réservé aux rois. A chaque fois la Cour est outrée et Saint-Simon grince des dents. Cependant, gorgée de venaisons, de boudins, de crèmes et de confitures, celle que les chansonniers nomment Joufflotte engraisse démesurément. Elle participe aux soupers que le régent donne à ses roués et qu'il préside entre Mme de Sabran , qu'il appelle mon aloyau et Mme de Parabère , mon gigot. Excitées par les épices, grisées par le vin de Champagne, les dames, nues, jouent aux tableaux vivants, miment le Jugement de Pâris où la duchesse figure Vénus. On introduit ensuite des laquais et des gardes choisis pour leur vigueur et, à la lueur raréfiée des flambeaux qui se consument, s'organise l'orgie au hasard de laquelle on peut sans extravagance supposer une conjonction incestueuse. A l'issue de ces »

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