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Pierre Louis 1787-1872 Deux personnages éminents en médecine ont porté ce nom.

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Pierre Louis 1787-1872 Deux personnages éminents en médecine ont porté ce nom. L'un était chirurgien, le baron Louis. L'autre ne fut que médecin et l'ingratitude des générations ne lui a que rarement rendu hommage. Et pourtant il a fait partie, à la suite de Bayle et de Laennec de ce petit groupe de médecins du XIXe siècle qui ont créé la pathologie moderne. Lui-même, le premier et presque seul contre tous, en a exposé les méthodes. Il était né le 14 avril 1787, à Ay en Champagne, d'une famille de petite bourgeoisie, se composant de notaires et aussi de vignerons. Son père, négociant en vins, mourut trop tôt (il n'avait que cinq ans) pour avoir sur lui la moindre influence. Pas d'influence maternelle non plus : sa mère, remariée presque immédiatement, laissa ses enfants aux soins d'une belle-soeur qui, entraînée elle-même dans l'émigration à la suite du comte de Saint-Priest, laisse le jeune Pierre-Charles-Alexandre se débrouiller comme il pourra. Il fait tout de même des études classiques suffisantes, devient clerc d'avoué, lâche le droit pour passer à la médecine, la commence à Reims et la termine à Paris, passe une thèse sans éclat en 1813, à vingt-six ans, cherche à se créer, dans le quartier Saint-Honoré, une clientèle médicale qui ne vient pas et, en 1814, part pour la Russie, à la suite d'un des fils du comte de Saint-Priest, qui est passé au service du tsar et vient d'être nommé gouverneur de Podolie. Une fois arrivé en Russie, il cherche à nouveau sa voie, finit par s'installer à Odessa où il " réussit bien ", au gré de l'opinion mais pas à son gré, car il se rend compte des défauts de son instruction médicale. Pour la compléter, il rentre à Paris, en 1820 Il y arrive sans argent, sans clientèle, mais avec ce que nous appellerions un " goût de la recherche " insatiable, auquel il sacrifie tout. A peine arriv&eacu...

« c'étaient là des vérités peut-être éclatantes, mais dont personne ne s'était avisé. Depuis, elles sont devenues un des fondements de la clinique phtisiologique. Une autre loi dont ses autopsies lui montraient l'évidence, c'est la nécessité d'une atteinte pulmonaire avant l'apparition de tout foyer tuberculeux extra-pulmonaire. Complétée par les découvertes de Gueneau de Mussy et de Parrot, elle devait aboutir à la notion du complexe primaire ganglio-pulmonaire. Mais si ce livre est si riche, c'est que son auteur a créé une autre loi médicale, une loi de technique clinique, celle de l'observation complète : la nécessité de tout examiner du malade, si évident que soit le diagnostic prima facie. Cela donnait déjà à Louis des succès cliniques étourdissants. Très appelé en consultation, parce que, dit un contemporain, “ il discute avec dignité et convenances les opinions émises avant les siennes, qu'il cède aisément à l'évidence et ne cherche jamais à faire prévaloir son avis par des manières hautaines ”, il était réputé pour son pronostic infaillible. N'avait-il pas, six semaines à l'avance, annoncé la mort de Balzac à son jour et à son heure ? N'avait-il pas déclaré son propre fils perdu à un an d'échéance, malheureusement vérifiée ? Cet excellent clinicien ne se laissait pourtant pas aveugler par la valeur de la “ belle observation ”. Lui qui avait créé la Société médicale d'observation, s'était inscrit en faux contre l'aphorisme de Morgagni : non computand œ sed perpend œ sunt observationes. On le donne justement comme créateur de la “ méthode numérique ”, introducteur de la statistique en médecine. C'est peut-être un défaut de son esprit que de n'avoir pas saisi la valeur de l'instantia crucis de Bacon, l'observation qui dirige vers des voies inexplorées tout un train de recherches scientifiques. Mais c'est un grand mérite d'avoir montré l'intérêt qu'a l'accumulation d'un grand nombre de faits de même type, et celui de leur fréquence relative. Son travail l'avait absorbé et il ne pensait pas à autre chose, pas même à se créer un foyer. C'est seulement à quarante-cinq ans passés qu'il songeait à se marier, dans une famille de l'aristocratie française, où il avait été présenté par Magendie comme médecin. Sa femme lui donnait un fils mort jeune (à dix-huit ans) et par la suite, se consacrait uniquement à son mari pour lui faciliter sa tâche, pour rendre son intérieur plaisant et accueillant aux amis et aux élèves qui lui étaient chers. Louis vieillit lentement, longuement, et il eut les déboires de la longévité : perdre un par un ses amis les plus chers, ses élèves les meilleurs, et survivre, avec des facultés déclinantes, pour voir peu à peu son œ uvre oubliée et ses préceptes négligés. Il mourait à quatre-vingt-cinq ans, entre les bras de sa femme et de son élève Woillez. Il a été bon médecin en même temps qu'un grand médecin : un bon médecin parce qu'il faisait consciencieusement son métier, cherchant avant tout, pour ses malades, à leur rendre service, quelles que fussent leurs chances de guérison et leur situation sociale, et n'y épargnant ni son temps ni sa peine ; un bon médecin aussi, parce qu'il était courtois avec ses confrères, compréhensif et cherchant à les tirer d'embarras au lieu de se faire valoir à leurs dépens. Un »

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