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Rollon IXe-Xe siècle Pour beaucoup de nos contemporains, Rollon n'est pas un personnage énigmatique : il est ce chef normand qui s'installa en Normandie à la suite du traité de Saint-Clair-sur-Epte, en 911, et qui fonda, par là même, le duché de Normandie.

Publié le 05/04/2015

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Rollon IXe-Xe siècle Pour beaucoup de nos contemporains, Rollon n'est pas un personnage énigmatique : il est ce chef normand qui s'installa en Normandie à la suite du traité de Saint-Clair-sur-Epte, en 911, et qui fonda, par là même, le duché de Normandie. Homme de guerre, homme d'État, il eut le mérite de stabiliser les envahisseurs normands en mettant un terme à leurs pillages. Mais pour qui s'interroge sur l'origine de ce " Normand ", sur les certitudes historiques qu'offre le récit de son aventure chez son unique historien normand, Dudon de Saint-Quentin, sur le fameux traité de 911, tout n'est pas aussi simple. D'où venait ce chef audacieux et pour quelle raison avait-il quitté son pays natal ? Était-il danois comme l'affirmait Dudon au début du XIe siècle, ou norvégien comme le chantait la saga de Harald Haarfagr, composée sans doute au début du XIIe siècle et recueillie cent ans plus tard par Snorri Sturleson ? Aujourd'hui, la plupart des historiens sont ralliés à la deuxième thèse, scientifiquement plus sûre que la première. Écoutons le récit de cette saga : " Il y avait un " jarl " de More nommé Rögnvald ; c'était un ami très cher du roi Harald qui le tenait en haute estime. Sa femme s'appelait Hild, fille de Hrôlfr Nevja. Ils avaient deux fils légitimes, Hrôlfr et Thorir. Hrôltr était un Viking célèbre, d'une haute stature, si grand qu'aucun cheval ne pouvait le porter et qu'il était forcé d'aller à pied. On l'appelait Ganger-Hrôlfr, c'est-à-dire Hrôlfr-qui-marche-à-pied. Il se livra souvent à la piraterie dans la mer Baltique. Certain été, il revint à Viken en expédition de pillage et il enleva des troupeaux pour nourrir ses hommes. Le roi Harald, qui se trouvait alors à Viken, entra dans une grande colère parce qu'il avait défendu ces expéditions de pillage sur les côtes du pays. Il réunit l'assemblée, le "...
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« celle de 876, mais il fait une confusion avec l'arrivée sur la Seine, la même année, d'une centaine de barques danoises où ne figuraient nullement celles de Rollon.

Ce dernier ne put guère opérer sur les rives de la Seine avant l'an 900.

À cette époque, les Danois en étaient, depuis de longues années, les pillards attitrés.

Ils s'étaient d'abord livrés, selon leur habitude, à des raids de pillage côtier de courte durée, complétés par une exploration progressive de l'arrière-pays.

À cette première phase, correspondent les attaques de 820, 841, 845, 851.

Une fois renseignés et enrichis par un premier butin, ils se lancèrent dans des opérations de plus grande envergure qui répandirent la terreur parmi les populations et désorganisèrent la contrée.

Ils exigèrent alors de lourds tributs pour débarrasser les habitants de leur redoutable présence, ou mirent à profit les trêves obtenues en préparant de nouveaux coups de main.

Cette phase d'exploitation violente était nécessairement suivie d'une troisième, durant laquelle les Danois prenaient en main la région dévastée, réorganisaient les institutions et la vie économique et s'assimilaient peu à peu, surtout par la christianisation, à la population indigène. Sans minimiser pour autant le talent militaire et diplomatique de Rollon, disons qu'il eut la chance de commander des bandes danoises, moins aventureuses que les norvégiennes, plus aptes aussi à collaborer avec les autorités locales, d'autant que l'appauvrissement et la lassitude générale incitaient envahisseurs et victimes à trouver enfin un accommodement. On suppose que Rollon avait pris le commandement de cette troupe danoise, avant même de faire étape dans le Nord-Est de l'Angleterre et de ravager les côtes de Neustrie et la vallée de la Seine.

En 911, son nom apparaît pour la première fois dans les sources.

Il dirige alors une offensive dans le pays chartrain.

L'évêque organise la défense de la cité, tandis que le comte de Paris, Robert, Richer, duc de Bourgogne, et Eble, comte de Poitou, rassemblent à la hâte une armée de secours.

Le 20 juillet, si l'on en croit Dudon, celle-ci inflige une sanglante défaite à la troupe de Rollon qui se replie vers le nord, sur l'Epte.

Son chef accepte les pourparlers de paix de Charles le Simple vers le mois d'octobre de la même année.

Le traité est signé à Saint-Clair-sur-Epte ; il ouvrait pour ces pays tant éprouvés la phase de pacification. Les clauses de ce traité ne nous sont point parvenues.

D'après Dudon, la paix conclue entre Rollon et Charles le Simple aurait comporté quatre dispositions essentielles : la cession, en toute propriété, de la Normandie au chef viking, l'abandon de la Bretagne à ses soldats comme terre à piller, le mariage de Rollon avec la fille de Charles, nommée Gisèle, enfin le baptême de Rollon.

Qu'en est-il en fait ? Tout d'abord, quelle était la consistance de la donation de Charles le Simple ? Il est impossible de suivre Dudon quand il affirme que le roi de France remit à Rollon les sièges de Bayeux et d'Évreux et le Mont Saint-Michel.

En effet, le Bessin, le Maine, les pays de Coutances et d'Avranches firent l'objet de donations royales en 924 et 933 ; la première à Rollon lui-même, la seconde à son successeur Guillaume.

Malheureusement, ces documents ne nous aident pas à déterminer avec précision la frontière occidentale du nouvel État.

Faut-il opter pour la Risle avec Lucien Musset, ou pour la Dives comme Henri Prentout ? Les limites orientale et méridionale sont mieux connues ; elles suivent trois cours d'eau, la Bresle, l'Epte et l'Avre, affluent de l'Eure.. »

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