Devoir de Philosophie

21 Je regagnai la rue longeant l'entrepôt sous douane pour découvrir une voiture pie arrêtée près de l'endroit ù j'avais laissé la Torche.

Publié le 06/01/2014

Extrait du document

voiture
21 Je regagnai la rue longeant l'entrepôt sous douane pour découvrir une voiture pie arrêtée près de l'endroit ù j'avais laissé la Torche. L'un des agents de la patrouille du port discutait avec Terry tandis que l'autre parlait dans sa radio. Quelques secondes plus tard, un autre véhicule apparut, amenant deux policiers de plus. Je leur communiquai à tous un signalement sommaire de la Mouche, que l'un d'eux transmit par radio avant de lancer un avis de recherche. Les flics remontèrent ensuite dans leurs voitures et partirent en chasse au moment où l'ambulance approchait en ululant. La Torche n'allait pas très fort. Il gisait toujours au milieu de la chaussée, étendu sur le ventre, bras et jambes écartés. Je ne voyais pas beaucoup de sang sous lui mais, quoique conscient, il fixait l'asphalte d'un regard vide et réagissait à peine à ce qui l'entourait. Terry et moi nous reculâmes pour laisser l'équipe médicale s'occuper de lui. Je m'en voulais terriblement. Au départ, j'avais deux types bien vivants à même de m'apprendre qui avait pris Michelle pour cible et pourquoi ; je n'avais plus maintenant qu'un gars à moitié mort sorti tout droit de Mad Max et qui ne semblait pas près de retrouver la parole. Après avoir replacé la batterie de mon BlackBerry, je regardai l'un des membres de l'équipe prendre la tension artérielle de la Torche tandis que l'autre, à l'aide de ciseaux chirurgicaux, taillait dans le coupe-vent et le tee-shirt pour révéler un orifice d'entrée de balle ovale dans la partie supérieure droite du dos du blessé. -- Le pouls est à plus cent, annonça l'un. -- J'ai une blessure par balle au poumon, dit l'autre. On le retourne. Ils coopéraient efficacement, comme s'ils avaient déjà fait ça un millier de fois, et utilisèrent de nouveau les iseaux pour couper le devant du tee-shirt. La Torche avait une plaie de six centimètres à la poitrine, juste en dessous du mamelon droit. Celle qui semblait être le chef, une brune impressionnante avec des yeux bleu acier, une abondante hevelure bouclée nouée derrière la nuque - « Abisaab », d'après les lettres brodées sur sa blouse -, examina t palpa le blessé d'une main experte puis dit à son collègue : -- Il est en hypoxie, saturation d'O2 à 80 %, on dirait que la balle a traversé le poumon. Il fait une pneumo. ets-lui le masque. Ils lui attachèrent sur le visage un masque à oxygène à haut débit sans réinhalation, lui enfoncèrent dans 'avant-bras deux aiguilles d'IV au moment où le logiciel de mon téléphone achevait son interminable éinitialisation. Le moral dans les chaussettes, j'appelai Villaverde pour le mettre au courant. J'entendis l'autre infirmier, un Latino courtaud et musclé étiqueté « Luengo », annoncer, d'un ton plus nquiet qu'auparavant : -- La systolique est descendue à quatre-vingts. -- J'ai une écume sanglante qui sort de la blessure, il faut la sceller maintenant, dit Abisaab. En quelques secondes, ils passèrent à la vitesse supérieure, obturèrent l'un des orifices et laissèrent l'autre uvert. Quand ils eurent terminé, Luengo s'écarta pour préparer la civière à roulettes. -- Dites, j'ai besoin d'infos, intervins-je. Sans quitter la Torche des yeux, Abisaab répondit : -- Son poumon s'affaisse, il fait de l'hypoxie et de la tachycardie. Il peut à peine respirer. Il faut l'amener ux urgences et lui mettre un drain thoracique. -- Il faut s'attendre à quoi ? demandai-je. Elle comprit où je voulais en venir et se retourna pour me faire face. Ses sourcils eurent un haussement ubitatif mais elle garda le silence, procédure standard étant donné que la victime était encore consciente et ouvait tout à fait entendre ce qui se passait autour d'elle. Je reculai pour les laisser travailler et communiquai à Villaverde le diagnostic d'Abisaab. Après un soupir rustré, il suggéra : -- Si tu allais à Broadway regarder des photos, comme prévu ? Je ne pouvais pas faire grand-chose de plus. Même si la Torche s'en tirait, il me serait impossible de 'approcher avant des jours, ce qui m'exaspérait. Pour une raison que je ne comprenais pas encore, ces types e filaient et ça ne me disait rien de continuer à regarder par-dessus mon épaule en attendant que ce salaud etrouve l'usage de ses cordes vocales. Il fallait que je découvre qui me faisait suivre. Je regardai Abisaab et Luengo soulever le blessé, le mettre sur la civière et l'attacher avec des lanières. -- J'ai besoin de le fouiller, dis-je en m'approchant. -- Il faut qu'on y aille, répondit Abisaab sans interrompre sa tâche. -- C'est l'affaire d'une seconde, insistai-je en glissant déjà mes doigts dans ses poches. -- Monsieur... -- Donnez-moi une seconde ! La Torche n'avait sur lui ni portefeuille ni papiers d'identité. Je ne m'attendais pas vraiment à trouver uelque chose, mais un coup de veine n'est jamais totalement exclu. Il avait quand même un portable bon arché à carte prépayée, que j'empochai. Je m'écartai de nouveau et, au moment où ils l'emmenaient, je remarquai quelque chose sur le bras de Luengo. Le bas de ce qui semblait être un tatouage élaboré dépassait de sa manche. -- Un instant, un instant ! m'écriai-je. Je me précipitai vers eux et les bousculai pour accéder à la Torche. -- Il faut qu'on l'emmène, maintenant, protesta Abisaab. -- Je sais, mais... Je fis glisser d'un côté puis de l'autre le tissu coupé du tee-shirt, ne vis rien. -- Donnez-moi vos ciseaux, dis-je à la jeune femme. -- Quoi ? -- Vos ciseaux. Donnez-les-moi. -- Il faut l'emmener, répéta-t-elle en me transperçant du regard. Tout de suite. -- Alors ne perdez pas de temps et donnez-moi ces foutus ciseaux ! Elle dut lire ma détermination sur mon visage car elle secoua la tête et fouilla dans sa trousse médicale vant de me tendre ses ciseaux, comme à regret. Je m'attaquai aussitôt à la manche la plus proche du coupeent de la Torche. -- Mais qu'est-ce que vous faites ? Je continuai à couper, écartai le tissu avec précaution, dénudant l'avant-bras puis le reste du bras droit usqu'à l'épaule. La peau était vierge. Je passai de l'autre côté et fis de même avec le bras gauche, contournant avec soin les IV fichées dedans. ien sur l'avant-bras mais quand je dévoilai le reste je vis un tatouage sur l'épaule. Un aigle tenant dans ses serres deux M-16 croisés tels des os sous une tête de mort. Curieusement, l'aigle portait des lunettes noires et un bandana et ses ailes ressemblaient à des flammes. Je fixai les lunettes noires et le bandana. Je tenais peut-être - peut-être - quelque chose. Avec mon portable, je pris deux photos du tatouage puis me tournai vers Abisaab. -- Il est à vous, dis-je en lui adressant un regard contrit. Désolé, c'est important. Mes excuses n'adoucirent pas l'intransigeance de ses yeux, mais elle me fit quand même la grâce d'un éger hochement de tête. J'appelais déjà Villaverde quand ils poussèrent la civière dans l'ambulance. -- Le gars a un tatouage à l'épaule, je l'ai pris en photo, l'informai-je. Il a peut-être été fait à l'armée, mais a pourrait aussi être l'insigne d'une bande... -- Envoie-le-moi. Je le transmettrai à l'ATF. Le moral revint. Si c'était l'insigne d'une bande, l'ATF aurait un dossier sur ces types et nous saurions ientôt qui ils étaient. J'envoyai le tatouage par e-mail à Villaverde et courus vers ma voiture en sentant poindre en moi une lueur 'espoir. 22 Le coup de botte retourna Walker sur le dos. Le Mexicain continuait à le regarder avec un amusement glacé. Walker sentit le sang affluer à ses tempes et, tandis qu'il fixait les yeux du narco, la révélation soudaine qui l'avait transpercé se fit certitude. Cet homme n'était pas un « ancien lieutenant » de Navarro, il ne s'appelait pas « Nacho », comme il le prétendait. C'était Navarro lui-même. Ce fils de pute n'était pas mort. Navarro tendit la main et ajusta une grosse bague en argent qui recouvrait curieusement deux de ses doigts, le majeur et l'annulaire. -- On dirait de la magie, hein ? La tribu d'où ça vient, elle le croit, elle, que c'est magique. Ça l'est, en un sens. Un puissant petit cocktail neurotoxique qui neutralise les neurones moteurs au niveau de la partie supérieure de la moelle épinière et provoque une quadriplégie. Le Mexicain donnait ces explications avec exubérance, comme si c'était la première fois qu'il voyait agir son poison - ce qui n'était pas le cas, Walker le savait par expérience. Il avait déjà vu le poison en action. Au Mexique, sur quelqu'un soupçonné d'être une balance. Ce souvenir le terrifia. -- Il faut un anesthésiste très compétent et du bon matériel pour obtenir ça dans une salle d'opération, poursuivit Navarro. Pourtant, c'est seulement une toxine d'un lézard de la jungle. Il s'accroupit pour examiner Walker de plus près et son regard passa soudain d'émerveillé à prédateur. -- Ce qu'il y a de formidable, c'est que ça ne paralyse pas tous les muscles. Tu as peut-être senti que certains de tes nerfs, dans ton cou et au-dessus, fonctionnent toujours, hein ? Ce qui veut dire que tu peux parler. Alors, dis-moi, amigo, poursuivit Navarro, baissant le ton, murmurant presque. C'est quoi cette « grotte ? Et c'est qui, ce Scrape ? Walker fixa le Mexicain dans les yeux. -- Je t'encule. L'expression de Navarro s'éclaira, comme si la réaction du motard était celle qu'il espérait, comme s'il 'attendait que ça, en fait. Sans se retourner, il tendit le bras derrière lui. Walker parvint à soulever légèrement la tête, vit l'un des gros bras donner quelque chose à Navarro mais e put distinguer ce que c'était. Le narco ramena alors sa main devant lui avec un grand sourire, tel un llusionniste tirant un lapin d'un chapeau, et montra l'objet : une cisaille de jardin, le modèle avec ressort entre es lames, pour utilisation d'une seule main. Il referma les lames en guise de démonstration, porta ensuite son attention sur le bas du corps de Walker. -- Voyons... par où commencer ? Walker s'efforça de lever davantage la tête mais ne vit pas grand-chose au-delà du dos de Navarro, dont es bras remuaient. Puis il entendit un craquement, un claquement sec, et le narco se retourna, lui montrant uelque chose avec une joie malicieuse. Un doigt reposait dans sa paume couverte de sang. Walker sentit son estomac se révulser. -- Un de moins, reste neuf... non, excuse, dix-neuf, fit Navarro. On continue ? Walker sentait des ruisseaux de sueur couler de son corps. -- Je-t'en-cule. Navarro le regarda avec une mine de parent déçu, détourna la tête. -- Comme je n'ai pas trop le temps, on va laisser tomber les doigts et les orteils pour le moment et passer quelque chose de plus... convaincant. Navarro adressa un signe de tête à ses « assistants » et Walker, avec un mélange de terreur et de ascination, les vit se pencher vers lui, déboutonner son jean. Puis Navarro se remit au travail.
voiture

« Je m’écartai denouveau et,au moment oùilsl’emmenaient, jeremarquai quelquechosesurlebras de Luengo.

Lebas decequi semblait êtreuntatouage élaborédépassait desamanche. — Un instant, uninstant !m’écriai-je. Je me précipitai verseuxetles bousculai pouraccéder àla Torche. — Ilfaut qu’on l’emmène, maintenant, protestaAbisaab. — Je sais, mais… Je fisglisser d’uncôtépuisdel’autre letissu coupé dutee-shirt, nevis rien. — Donnez-moi vosciseaux, dis-jeàla jeune femme. — Quoi ? — Vos ciseaux.

Donnez-les-moi. — Ilfaut l’emmener , répéta-t-elle enme transperçant duregard.

Toutdesuite. — Alors neperdez pasdetemps etdonnez-moi cesfoutus ciseaux ! Elle dutlirema détermination surmon visage carelle secoua latête etfouilla danssatrousse médicale avant deme tendre sesciseaux, commeàregret.

Jem’attaquai aussitôtàla manche laplus proche ducoupe- vent delaTorche. — Mais qu’est-ce quevous faites ? Je continuai àcouper, écartailetissu avec précaution, dénudantl’avant-bras puislereste dubras droit jusqu’à l’épaule.

Lapeau étaitvierge. Je passai del’autre côtéetfis de même aveclebras gauche, contournant avecsoinlesIVfichées dedans. Rien surl’avant-bras maisquand jedévoilai lereste jevis untatouage surl’épaule. Un aigle tenant danssesserres deuxM-16 croisés telsdes ossous unetêtedemort.

Curieusement, l’aigle portait deslunettes noiresetun bandana etses ailes ressemblaient àdes flammes. Je fixai leslunettes noiresetlebandana. Je tenais peut-être – peut-être – quelque chose. Avec monportable, jepris deux photos dutatouage puismetournai versAbisaab. — Ilest àvous, dis-jeenluiadressant unregard contrit.

Désolé, c’estimportant. Mes excuses n’adoucirent pasl’intransigeance deses yeux, maisellemefitquand mêmelagrâce d’un léger hochement detête. J’appelais déjàVillaverde quandilspoussèrent lacivière dansl’ambulance. — Le gars aun tatouage àl’épaule, jel’ai pris enphoto, l’informai-je.

Ila peut-être étéfaitàl’armée, mais ça pourrait aussiêtrel’insigne d’unebande… — Envoie-le-moi.

Jeletransmettrai àl’ATF. Le moral revint.

Sic’était l’insigne d’unebande, l’ATFaurait undossier surces types etnous saurions bientôt quiilsétaient. J’envoyai letatouage pare-mail àVillaverde etcourus versmavoiture ensentant poindre enmoi une lueur d’espoir.. »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles