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Après avoir montré que la croissance favorise le développement, vous exposerez les limites de cette relation.

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Correction de la question de synthèse : Après avoir montré que la croissance favorise le développement, vous exposerez les limites de cette relation.

 

Travail préparatoire

 

Question 1 : Maîtrise d’outils statistiques (lire)

Entre 1975 et 2000, en Chine, le PIB (Produit Intérieur Brut) par habitant, qui mesure la richesse redistribuée sous forme de revenus, a augmenté de 8.1% en moyenne par an. (ou bien, la croissance, mesurée par le taux de variation du PIB entre 2 années qui se suivent…).

Sur la même période, son IDH (indicateur de développement humain), destiné à mesurer le niveau développement est passé de 0.523 à 0.726. Nous pouvons donc observer que les conditions de vie sont meilleures puisque l’IDH est plus proche de 1 en 2000.

 

Remarque : les questions de maîtrise des outils statistiques (souvent sur 1 point) supposent également la définition du concept mobilisé dans la réponse (ici, PIB et IDH) !

 

Question 2 : Maîtrise d’outils statistiques (comparer)

L’indicateur de développement humain est établi en faisant une moyenne de trois indicateurs : l’espérance de vie à la naissance, le niveau d’instruction composé du taux d’alphabétisation et du taux de scolarisation et le PIB réel par habitant.

En 2000, le Botswana et l’Inde ont un IDH quasiment équivalent, mais celui-ci n’a pas été obtenu de la même manière depuis 1975. Le Botswana disposait déjà de meilleures conditions de vie en 1975 : sont IDH était de 0.494 contre 0.407 pour l’Inde. De plus, le niveau de vie moyen d’un botswanais est, avec 7184 USD en 2000, trois fois plus élevé que celui d’un indien. Il résulte d’une progression du PIB par habitant de 1.5% en moyenne par an entre 1975 et 2000, contre 3.2% pour l’Inde.

Nous pouvons donc en déduire que les indicateurs qualitatifs d’espérance de vie et d’instruction ont nettement augmenté en Inde, grâce à une intervention positive de l’Etat.

 

Remarque : Les questions du type « comparer » supposent également l’apport de connaissances pour la maîtrise des concepts (ici IDH).

 

Question 3 : Capacité d’analyse et de mobilisation des connaissances (mettre en relation)

La richesse créée sur un territoire mesurée par le PIB  prend en compte des productions qui nuisent à l’environnement. C’est le cas de certaines industries (cellulose, charbon, etc.), mais également de la production agricole, notamment intensive. Celles-ci ont donc pour conséquences des risques de maladie (respiratoires, allergiques, etc.), ainsi qu’une baisse des rendements agricoles, ce qui peut nuire à long terme à la croissance. Cependant, certains PMA (Pays les Moins Avancés), ayant une croissance faible connaissent également une dégradation de l’environnement, à travers notamment le phénomène de déforestation, pour assurer les besoins quotidiens (cuisson des aliments, chauffage éventuel, etc.).

Néanmoins, seule la croissance économique peut permettre sur longue période de développer de nouvelles technologies, permettant de créer des biens moins polluants, telle l’automobile ou moins consommateurs d’énergie polluante. Les orientations, conformément aux partisans de l’éco-écologie,  doivent donc aller vers le développement d’énergies renouvelables (éolienne, énergie solaire, etc.) et de recyclage des déchets. De plus, ces investissements « propres » vont permettre l’accumulation de richesses.

 

Remarque : ce type de question fait appel à la mobilisation de connaissances. Il faut donc expliquer les liens existants entre les différentes notions présentes dans la question, et dépasser absolument la paraphrase. Vous pouvez dès maintenant au brouillon prolonger celle-ci par les autres connaissances que vous possédez pour la synthèse : développement durable, etc.

 

Question 4 : Capacité d’analyse et de mobilisation des connaissances (expliquer)

La croissance est la traduction d’une augmentation de la richesse créée, qui correspond donc à une augmentation de la valeur ajoutée. Les conséquences de cette croissance dépendront alors de la manière dont ce surplus de valeur ajoutée sera redistribué sous forme de revenus. Une croissance permettant de réduire la pauvreté suppose la mise en place d’une politique de redistribution par les pouvoirs publics, agissant principalement vers les populations les plus pauvres, sous forme d’aides directes, de hausse des salaires, d’impôts progressifs ou de créations d’emplois, diminuant alors le nombre de chômeurs.

 

Remarque : ce type de questions fait appel à la mobilisation de connaissances. Il faut donc expliquer les liens existants entre les différentes notions présentes dans la phrase, et dépasser absolument la paraphrase, en se basant sur le reste du texte. Se poser les questions : quoi, qui, comment ? , etc.

 

Question 5 : Maîtrise d’outils statistiques (comparer)

La croissance du Mexique était de 0,9 % en moyenne par an entre 1975 et 2000. Son rythme s’est accéléré ensuite dans la décennie 1990 où elle atteint 1,4% en moyenne par an. Celle-ci a donc conduit à une intervention de l’Etat permettant d’améliorer les conditions de vie. Par exemple, la part des dépenses publiques d’enseignement dans le PIB a augmenté de 0,8 points entre 1990 et 1998-2000 et celle des dépenses de santé de 0,7 points. Comme la croissance s’est accélérée sur cette période, le montant de ces dépenses a donc été en forte augmentation et a permis une amélioration du niveau d’instruction et de meilleures conditions de santé, augmentant l’espérance de vie.

L’IDH a ainsi connu une hausse importante, passant de 0,689 en 1975 à 0,796 en 2000.

 

Question 6 : Capacité d’analyse et de mobilisation des connaissances (analyser les liens)

On peut considérer que l’accès à l’eau potable et à l’alimentation, à l’éducation et à des soins de santé font partis des besoins fondamentaux d’une population. Ont peut donc en déduire que la croissance économique, à travers la redistribution de revenus permet de mieux couvrir ces besoins fondamentaux.

C’est par exemple le cas de la Chine, qui a connu une croissance économique très importante au cours de la décennie1990, de l’ordre de 9,2% en moyenne par an, et qui a vu dans le même temps la part de sa population sous-alimentée, quasiment divisée par 2.

Les pays ayant vécu une période de croissance ont également connu une augmentation de la part des dépenses publiques dans le PIB consacrée à l’enseignement ou à la santé (exception faite de la Chine). Ces dépenses permettant donc a priori d’améliorer les besoins fondamentaux de l’ensemble de la population.

Néanmoins, on peut constater par exemple au Bangladesh, que malgré une croissance de 3% en moyenne par an entre 1990 et 1998-00, la part de la population souffrant de sous-alimentation est toujours de 35%. De même pour l’Inde, qui a connu une croissance de 4,1% en moyenne par an dans la décennie 1990, et qui a toujours environ ¼  de sa population sous-alimentée en 2000.La mise en place de politiques afin d’éradiquer ces fléaux apparaît donc déterminante.

 

Question de synthèse

 

Remarque : Le sujet n’est pas : « la croissance est-elle nécessaire au développement ? » ou « la croissance suffit-elle au développement ?», attention !

 

Alors que l’Inde, considéré comme l’un des pays émergents a connu une croissance de 4,1% en moyenne par an au cours de la décennie 1990, la part de la population sous-alimentée dans ce pays est toujours de l’ordre de 25%.

Nous pouvons alors nous interroger sur les conséquences de la croissance en terme d’amélioration des conditions de vie de la population, autrement dit, le développement. En effet, la croissance, mesurant le niveau de vie d’une population, est déterminée par l’augmentation des biens et  services produits sur longue période, c’est à dire l’accumulation des richesses, donc les ressources dont disposent les membres d’une société. Alors que le développement va au-delà de ce concept et consiste en l’ensemble des transformations des structures démographiques, économiques, sociales, culturelles et politiques liées à l’augmentation du niveau de vie. Il implique donc une amélioration générale des conditions de vie. Ce dernier apparaît ainsi conditionné par des critères politiques.

Dans quelle mesure la croissance entraîne-t-elle alors le développement ? (ou La croissance entraîne-t-elle alors toujours le développement ?)

                Après avoir montré que la croissance favorise le développement, nous exposerons donc les limites de cette relation. 

 

I. La croissance économique favorise le développement du pays…

 

                La croissance permet de dégager un surplus de revenus qui, a priori, va permettre une meilleure couverture des besoins fondamentaux des individus. Celle-ci permet également une marge de manœuvre plus importante pour les pouvoirs publics, afin de mettre en place des politiques favorables au développement.

 

  1. La croissance permet de mieux satisfaire les besoins, notamment fondamentaux  de la population

 

La croissance fournit un surplus de richesse, c’est-à-dire de valeur ajoutée à  partager. Celle-ci s’accompagne généralement d’une hausse des gains de productivité dont les effets peuvent être positifs pour l’ensemble de la population. Ils peuvent conduire à une hausse du pouvoir d’achat des salariés, grâce à l’augmentation des salaires et à la diminution des prix. Les entrepreneurs peuvent également augmenter leurs profits, ce qui va encourager les investissements donc la création d’emplois à moyen terme. Ainsi, dans les sociétés où la croissance a été rapide, par exemple, au cours des 30 glorieuses pour les pays développés, celle-ci a non seulement permis d’assurer les besoins fondamentaux, mais également de satisfaire les besoins matériels de ses membres.

Au cours des dernières décennies, la croissance élevée dans certains pays en développement (PED) a également permis à la population d’améliorer son accès aux besoins fondamentaux. Nous pouvons ainsi considérer que l’accès à l’eau potable et à l’alimentation, à l’éducation et à des soins de santé font partis des besoins fondamentaux d’une population. C’est par exemple le cas de la Chine, qui a connu une croissance économique très importante au cours de la décennie1990, de l’ordre de 9,2% en moyenne par an, et qui a vu dans le même temps la part de sa population sous-alimentée, quasiment divisée par 2. De même, son IDH  a fortement augmenté, passant de 0,523 en 1975 à 0,726 en 2000 (documents 1 et 3).

A l’inverse, la Zambie, qui a connu une croissance négative de –2,4% en moyenne par an pour la même décennie,  a vu la part de sa population sous-alimentée passer de 45% à 50%, et presque 40% de la population n’a toujours pas accès à l’eau potable en 2000, même si cet indice est en recul. Son IDH passe ainsi de 0,449 en 1975 à 0,433 en 2000. Cela marque donc une absence, voire un recul de l’accès aux besoins fondamentaux que sont le niveau d’instruction et l’espérance de vie (documents 1 et 3).

                Néanmoins, le passage de la croissance au développement est conditionné part l’intervention des pouvoirs publics.

 

  1. La croissance permet de mettre en place des politiques publiques favorables au développement.

 

En effet, la croissance permet de dégager un surplus de richesses, permettant aux pouvoirs publics de mettre en place des politiques, déterminantes pour améliorer les conditions de vie.  Par exemple, la croissance du Mexique était de 0,9 % en moyenne par an entre 1975 et 2000. Son rythme s’est accéléré ensuite dans la décennie 1990 où elle atteint 1,4% en moyenne par an. Celle-ci a donc conduit à une intervention de l’Etat permettant d’améliorer les conditions de vie. La part des dépenses publiques d’enseignement dans le PIB a ainsi augmenté de 0,8 points entre 1990 et 1998-2000 et celle des dépenses de santé de 0,7 points. Comme la croissance s’est accélérée sur cette période, le montant de ces dépenses a donc été en forte augmentation et a permis une amélioration du niveau d’instruction et de meilleures conditions de santé, augmentant l’espérance de vie. L’IDH a ainsi connu une hausse importante, passant de 0,689 en 1975 à 0,796 en 2000 (documents 1 et 3).

De même, en 2000, le Botswana et l’Inde ont un IDH quasiment équivalent, mais celui-ci n’a pas été obtenu de la même manière depuis 1975. Le Botswana disposait déjà de meilleures conditions de vie en 1975 : sont IDH était de 0.494 contre 0.407 pour l’Inde. De plus, le niveau de vie moyen d’un botswanais est, avec 7184 USD en 2000, trois fois plus élevé que celui d’un indien. Il résulte d’une progression du PIB par habitant de 1.5% en moyenne par an entre 1975 et 2000, contre 3.2% pour l’Inde. Nous pouvons donc en déduire que les indicateurs qualitatifs d’espérance de vie et d’instruction ont donc nettement augmenté en Inde, grâce à une intervention positive de l’Etat (document 1).

                Cette dernière apparaît donc déterminante afin que la croissance conduise à l’amélioration des conditions de vie.

 

                Ainsi, la croissance permet de favoriser le développement, l’absence de celle-ci rendant difficile l’amélioration des conditions de vie. Cependant, la croissance ne semble pas toujours avoir des conséquences positives pour le développement.

 

II. …Mais cette relation comporte des limites

 

                En effet, la croissance ne permet pas toujours à l’ensemble de la population de bénéficier de ce surplus de richesse, et elle peut également nuire à l’environnement, donc au développement.

 

  1. La croissance ne bénéficie pas toujours à l’ensemble de la population

 

Si la croissance permet d’améliorer les conditions de vie, il faut que celle-ci bénéficie à l’ensemble de la population  pour que soit mis en place un véritable développement. Une « bonne croissance » repose ainsi sur le recul des inégalités et de la pauvreté. Cela suppose donc la mise en place d’une politique de redistribution par les pouvoirs publics, agissant principalement vers les populations les plus pauvres, sous forme d’aides directes, de hausse des salaires, d’impôts progressifs ou de créations d’emplois, diminuant alors le nombre de chômeurs (document 2).

Ainsi, des pays en forte croissance, tels que l’Inde, qui a connu une croissance de 4,1% en moyenne par an dans la décennie 1990, a toujours environ ¼  de sa population sous-alimentée en 2000. De même au Bangladesh, où malgré une croissance de 3% en moyenne par an entre 1990 et 1998-00, la part de population souffrant de sous-alimentation est toujours de 35% (document 3). Certaines populations, les plus démunies, n’ont donc pas bénéficié des fruits de la croissance.

De plus, de nombreux pays développés, au premier rang desquels les Etats-Unis, connaissent un accroissement des inégalités et une augmentation de ce que l’on a appelé « la nouvelle pauvreté » depuis les années 1980. Ainsi, même si ces derniers ont connu un ralentissement de leur croissance depuis 1975, de l’ordre de 1,5 à 2% en moyenne par an, leur PIB/ habitant reste tout de même très élevé : celui des Etats-Unis est plus de 4 fois supérieur à celui du Mexique ! (document 1). L’éradication de la pauvreté suppose donc une volonté politique forte de la part des gouvernements.

                Si la croissance peut ne pas bénéficier à l’ensemble de la population, elle peut également nuire au développement, si elle ne préserve pas l’environnement.

 

  1. La croissance peut avoir des effets néfastes sur l’environnement

 

La croissance peut nuire à l’environnement en accélérant la pollution. C’est le cas de certaines industries (cellulose, charbon, etc.), mais également de la production agricole, notamment intensive. Celles-ci ont donc pour conséquences des risques de maladie (respiratoires, allergiques, etc.), ainsi qu’une baisse des rendements agricoles, ce qui peut nuire à long terme à la croissance (document 2). La prise de conscience de cette préservation de l’environnement, qui a commencé au cours des années 1970, a abouti en 1987 à la définition du concept de développement durable dans le rapport Brundtland. Celui-ci se définit comme « la capacité de répondre aux besoins du présent sans compromettre celle des générations futures de répondre aux leurs ». Néanmoins, la réalité montre une faible prise en compte de l’environnement dans les pratiques. De plus, les pays à forte croissance aujourd’hui, tels que l’inde et la Chine, sont également de gros consommateurs d’énergie et de rejets de déchets polluants. Ainsi, seul le développement de nouvelles technologies, permettant de créer des biens moins polluants, telle l’automobile ou moins consommateurs d’énergie polluante permettront de remédier aux dégâts environnementaux. Les orientations, conformément aux partisans de l’éco-écologie,  doivent donc aller vers le développement d’énergies renouvelables (éolienne, énergie solaire, etc.) et de recyclage des déchets. De plus, ces investissements « propres » vont permettre l’accumulation de richesses. Il faut donc que les pays les plus développés s’engagent dans ce sens, en permettant un transfert de ces technologies vers les pays les plus pauvres.

                L’intervention des pouvoirs publics demeure donc déterminante afin d’aboutir à une « bonne croissance », permettant une éradication de la pauvreté et une préservation de l’environnement.

 

                La croissance favorise donc le développement, grâce à un surplus de revenus permettant de mieux couvrir les besoins de la population, notamment les besoins fondamentaux, et par la mise en place de politiques publiques visant à améliorer les conditions de vie. Cependant, l’existence de cette relation repose également sur la mise en place de politiques publiques visant à une meilleure répartition des ressources, notamment vers les plus pauvres, ainsi qu’une préservation de l’environnement si l’on veut un réel « développement durable».

                Selon certains radicaux, le concept de développement durable n’est pas suffisant, ces derniers prônant la décroissance afin de préserver l’environnement. Ce concept apparaît-il comme la solution de long terme ? Comment la décroissance peut-elle mener à un « meilleur développement » ?

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