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CROISSANCE, FLUCTUATIONS ET CRISES.

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CROISSANCE, FLUCTUATIONS ET CRISES. 1-Quelles sont les sources de la croissance économique ? a) La mesure de la croissance La croissance économique correspond à l’augmentation durable de la production d’un pays. Pour mesurer la croissance économique, la comptabilité nationale (INSEE) doit d’abord évaluer le Produit Intérieur Brut (PIB), qui correspond à la production économique d’un pays pendant une période donnée. Cet agrégat fait la somme des valeurs ajoutées (valeur production – consommations intermédiaires) des agents économiques résidants dans un pays + les impôts – les subventions sur les produits. >>> PIB = Valeurs ajoutées + TVA + Droits de douanes – subventions <<< Le PIB comptabilise la production marchande des entreprises résidentes (80% du PIB) évaluée aux prix du marché, et la production non marchande des administrations résidentes (20% du PIB) évaluée aux coûts de production à défaut de prix du marché. L’évolution du PIB réel (en %) permet de mesurer la croissance économique d’un pays : Taux de croissance année X = ((PIB réel de l’année X – PIB réel de l’année X-1) / PIB réel de l’année X-1 ) * 100 Pour évaluer la variation réelle du PIB, il convient de calculer le PIB en volume (en euros constants) : >>> PIB en volume = PIB en valeur – hausse du PIB lié à l’inflation <<< Si le volume du PIB augmente durablement alors il y a croissance économique. Si il augmente à court terme il y a expansion économique. S’il stagne ou baisse à CT il y a récession. S’il baisse durablement, il y a dépression économique. Forte croissance entre 45 et 75 > Les 30 glorieuses. Mais depuis 75, l’économie est marquée par une croissance irrégulière et faible alternant périodes de ralentissement économique (récession) et de reprise économique de courte durée (expansion). Indicateur pour mesurer le niveau de vie d’une population : PIB réel par habitant ou RNB par habitant (en PPA). Le RNB correspond à l’ensemble des revenus (salaires et revenus financiers) perçus pendant un an par les agents résidents sur un territoire. b) Les limites du PIB PIB : indicateur imparfait de la richesse produite car ne comptabilise pas certaines activités comme les trafics illicites (drogues, armes, prostitution..), et comptabilise mal les activités non déclarées (économie souterraine, travail au noir, fraude..) estimées à environ 6% du PIB en France. PIB : ne tient pas compte de la production domestique (35% du PIB selon les estimations du rapport Stiglitz, 2009) ni les activités bénévoles (non rémunérées) pourtant très utiles socialement et fortement génératrices de bien-être. Il ne dit rien des inégalités existantes et de la répartition des revenus. PIB : ne tient pas compte de la consommation et de l’équipement des ressources naturelles, ni de la dégradation de l’environnement (externalités négatives). Aussi, des indicateurs alternatifs ont été développés pour combler les insuffisances du PIB. Le PIB vert prend en compte les dégradations de l’environnement et soustrait du PIB la valeur des ressources naturelles détruites. L’ IDH, indicateur composite qui mesure mieux la qualité de vie et le bien-être de la population en tenant compte à la fois du niveau de vie, de la santé et du niveau d’éducation. Plus il se rapproche de 1 plus le dvpt est élevé. IDH Santé Education Niveau de vie Espérance de vie à la naissance Durée moyenne de scolarisation Durée attendue de scolarisation RNB par habitant c) Les déterminants de la croissance. La théorie économique considère que le niveau de la production (Q) dépend de la quantité de travail (L) et de capital (K) utilisée et de la productivité globale des facteurs (A). La fonction de la production se présente alors selon la formule suivante : >>> Q = A f (K, L). <<< Les trois déterminants de la croissance économique sont alors : l’augmentation du facteur travail (population active occupée) ; l’augmentation du facteur capital (accumulation du capital, investissement, achats de machines et de biens d’équipement), les gains de productivités liés au progrès technique. Croissance du 19ème siècle essentiellement extensive car elle s’explique surtout par l’augmentation de la population active (facteur travail) et du nombre de machines utilisées (facteur capital). La croissance du 20ème siècle est essentiellement intensive car elle s’explique par l’accroissement de l’emploi (augmentation de la population active et de l’emploi des femmes) et l’accumulation du capital (investissements importants), mais surtout par les gains de productivité. En fait, plus de la moitié de la croissance s’explique désormais par la hausse de la PGF. La mise en œuvre du progrès technique permet de surmonter la loi des rendements décroissants en rendant chaque travailleur plus efficace. Le progrès technique correspond à l’ensemble des innovations et des améliorations techniques (de produits, de procédés et organisationnelles). Les économistes contemporains expliquent ainsi que la croissance est un processus cumulatif lié au progrès technique considéré désormais comme un facteur endogène de la croissance, c’est-à-dire lié aux choix et aux actions des agents économiques. Ils soulignent le rôle central dans la croissance de l’accumulation du capital (investissements) sous ses différentes formes : le capital physique (investissement matériel), le capital technologique (l’innovation et la technologie), le capital humain (qualification et la compétences des salariés) et le capital public (infrastructures publiques, principalement de transport et de communication). L’investissement (privé et public) contribue ainsi à une dynamique auto-entretenue de croissance appelée « croissance endogène ». Par exemple, l’investissement dans l’outil productif (investissement matériel) permet aux entreprises d’intégrer le progrès technique, de moderniser le matériel et d’élever la productivité du stock de capital. Les innovations issues de l’effort de recherche-développement (investissement immatériel) des centres de recherche publics ou privés sont sources d’externalités positives qui profitent à l’ensemble de l’économie. Les progrès réalisés dans le domaine du capital humain, grâce à une meilleure formation des individus (investissement immatériel), sont également favorables à la croissance à long terme car ils permettent d’accroître la productivité et la capacité d’innovation des salariés. De même, les nouvelles dépenses dans les infrastructures publiques (investissements matériels), comme les réseaux de transport et de communication, ou les pôles d’éducation et de santé, sont également sources d’externalités positives durablement favorables à la croissance. d) Le rôle des institutions et des droits de propriété Pour favoriser la croissance, l’Etat met en place certaines institutions nécessaires au bon fonctionnement du marché. Sans un cadre réglementaire et judiciaire propice aux échanges, à l’investissement et à l’innovation, l’économie ne peut en effet se développer durablement. Aussi, pour permettre à l’économie de bien fonctionner, il est indispensable d’encadrer le marché avec des règles de droit et des conventions (droit de propriété, produits licites/illicites, respect des contrats, monnaie légale, unités de compte et de mesures officielles … ). Le rôle de l’Etat est alors de mettre en place un cadre institutionnel favorable à la croissance assurant stabilité, légitimité et confiance. Les institutions politiques : doivent garantir la stabilité du pouvoir, la légitimité des élus, la protection des droits individuels, ou encore limiter la corruption (ex : Constitution et règles électorales démocratiques, Commission nationale de l’informatique et des libertés … ). Les institutions économiques : doivent garantir le respect d’une concurrence libre et non faussée, la transparence des marchés, l’équilibre des finances publiques, la stabilité de la monnaie, la solvabilité des banques et l’accès au crédit (ex : Autorité de la concurrence, Banque centrale … ). Les institutions juridiques : doivent garantir le respect des contrats et de la propriété privée. Ainsi, pour favoriser l’innovation et récompenser les efforts de R&D, l’Etat va garantir aux inventeurs le respect de leurs droits de propriété en protégeant leurs innovations par un système de brevet (ex : Tribunaux de commerce, code de la propriété intellectuelle … ). Les institutions sociales : doivent garantir une juste répartition des richesses et une protection des individus face aux risques sociaux (ex : droit fiscal, Sécu, Pôle Emploi … ). 2- Comment expliquer l’instabilité de la croissance ? Les fluctuations économiques Fluctuation économique : ensemble des mouvements de hausse et de baisse de l’activité économique repérés à l’aide d’indicateurs économiques tels que le niveau de production (PIB). L’idée de cycles économiques découle l’hypothèse formulée par de nombreux économistes concernant la régularité et la périodicité de ces fluctuations. Les cycles économiques sont constitués par l’alternance de périodes d’expansion et de récession (voire dépression). Les principaux cycles sont : le cycle saisonnier (à l’intérieure d’une année comme par exemple le cycle du jouet ou du tourisme) le cycle Kitchin (3 à 5 ans lié à la variation des stocks des entreprises) ; Le cycle Juglar (7 à 10 ans, rythme fondamental de l’économie capitaliste) Le cycle Kondratieff ( 40 à 60 ans, lié à une invention fondamentale et aux grappes d’innovations qui s’en suivent comme la machine à vapeur, l’électricité, le Fordisme, les NTIC … ). Les explications des fluctuations économiques L’instabilité de la croissance s’explique principalement par les chocs d’offre et de demande et par le cycle du crédit. Lorsqu’une des composantes de la demande globale adressée aux producteurs se modifie de manière importante on parle de choc de demande. Un choc positif se traduit par une hausse sensible de la demande qui peut déboucher sur un rebond de la croissance et une nouvelle phase d’expansion (ex : expansion de la fin des années 1990 liée à la forte demande pour les NTIC) Un choc négatif se traduit par une baisse sensible de la demande qui peut conduire à un ralentissement brutal de la croissance et à la récession. (ex : récession de la fin des années 2000 liée à la baisse de la consommation, à la chute de l’investissement productif et à la contraction des exportations). Lorsque les conditions de la production varient fortement on parle de choc de d’offre. Un choc d’offre positif se traduit par une hausse sensible de l’offre notamment lorsque la productivité des entreprises s’améliore sensiblement ou que leurs coûts se réduisent (augmentation des profits). Les effets sont alors immédiats sur la croissance (ex : croissance dû au Fordisme, travail à la chaîne … ). Un choc négatif se traduit par une dégradation des conditions de la production, comme la forte hausse du prix des matières premières, des salaires ou de la fiscalité pour les entreprises. La baisse des profits accroît le nombre de faillites des entreprises et freine la croissance. (ex : chocs pétroliers qui à entraîner une forte inflation des salaires et des prix). Le cycle du crédit peut également expliquer l’instabilité de la croissance économique, car il à un caractère pro-cyclique en renforçant les phases d’expansion et de récession. En effet, les agents économiques (ménages et entreprises) ont d’autant plus recours au crédit que la conjoncture économique est bonne et qu’ils ont confiance en l’avenir. De même, le système bancaire à tendance à faciliter l’accès au crédit en période de croissance et à restreindre en période de crise. Ainsi, le recours massif au crédit (« bulle de crédit ») dynamise la demande globale dans les périodes fastes, tandis que la contraction du crédit (« crédit crunch ») la réduit et amplifie la récession. Les origines et conséquences des crises économiques Crise économique : période de retournement du cycle économique qui marque la fin de la période d’expansion. Le retournement de ce cycle économique se traduit par un déséquilibre entre une offre surabondante de biens et de services et une demande insuffisante, immédiatement suivi par une contraction de l’activité économique. Si baisse de la production dure plus de deux trimestres consécutifs alors c’est une récession. Si cette baisse est durable et peut s’étendre sur plusieurs années, on parle alors de dépression économique. Facteurs déclencheurs : divers et cumulatifs. Peuvent être d’origine agricole ou industrielle (mauvaises récoltes ou surproduction), financière ou boursière (krachs boursiers, faillites bancaires..), ou lié à une brutale augmentation du prix des matières premières ou de l’énergie (chocs pétroliers). D’une manière générale, une crise se déclenche dans une branche d’activité puis s’étend rapidement dû aux liens étroits qu’il existe entre les différents secteurs de l’économie. La faillite des uns entraîne donc celle des autres. Conséquences des crises à la fois économiques et sociales : baisse des richesses produites et des revenus distribués, baisse de l’investissement et de la consommation, augmentation du nombre de faillites d’entreprises, des licenciements et du chômage. Lorsque les crises durent et dégénèrent en dépression économique, elles peuvent engendrer un chômage de masse, de la déflation, aux déficits et dettes publiques, au recul des politiques, à la montée de la pauvreté et à une déstabilisation de la société toute entière. 2971800-342900Déflation 00Déflation 914400114300-228600-342900Evénement particulier entraînant une crise. (Choc négatif d’O ou de D) 0Evénement particulier entraînant une crise. (Choc négatif d’O ou de D) 3657600-11430000 -228600261620Faillites d’entreprises Faillites d’entreprises 753110281940Dépression Dépression 1549400248920-1764030403860 -228600167640Chômage Chômage 414655134620Baisse production Baisse production -1871345134620 114300248920Baisse des revenus Baisse des revenus 1765300127000-1316355383540 2971800134620Baisse demande globale Baisse demande globale 1828800134620114300134620Baisse consommation 00Baisse consommation -11887202616200-2107565726440Baisse investissement prod Baisse investissement prod -3250565726440-5079365726440Surproduction Surproduction -439356526924014859002437130

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