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Composition sur un sujet d'actualité - Conseils méthodologiques : Le plan

Publié le 28/08/2006

Extrait du document

Vous travaillez déjà depuis près d’une heure. Vous avez sans doute noirci plusieurs feuilles de

brouillon, au fil de vos idées. Vous disposez donc d’un bon stock de « matière première « d’idées et

d’exemples variés.

Vous allez maintenant mettre de l’ordre dans tout cela, car le plan n’est pas un découpage a priori

mais le résultat de l’examen des arguments et des exemples que vous avez réunis. Contrairement à une

idée très répandue, le plan ne se compose pas avant le brouillon, mais après. C’est en effet à partir de

cette matière brute que vous allez tirer votre démonstration.

Un plan est l’équivalent de la table des matières d’un ouvrage. Pour vous en convaincre, faites une

expérience simple. Prenez un livre (pas un roman, mais un essai sur un sujet quelconque) ou un article

de revue et lisez directement sa table des matières (dans le cas d’un article, ce sera la série des intertitres).

Que dit-elle ? D’une part, elle décrit le contenu de chaque chapitre (grâce à son titre), mais d’autre

part, elle vous indique l’enchaînement de la démonstration qu’a suivie l’auteur.

Mode d’emploi

L’élaboration de votre plan est une affaire de méthode. Ne vous fiez pas à l’inspiration divine ni à vos

pressentiments, ni aux rumeurs qui circulent chez les candidats (« il paraît qu’il faut suivre tel plan... «).

Votre tâche est de porter un jugement argumenté sur le sujet proposé. Il vous faut donc :

– choisir le point de vue que vous allez défendre,

– rassembler les arguments qui le justifient,

– illustrer ces arguments par des exemples susceptibles de généralisation,

– indiquer les points de vues différents qui pourraient être soutenus,

– les argumenter et les illustrer de la même façon,

– juger honnêtement dans quel sens ils font pencher la balance.

Du point de vue « technique «, vous allez donc réaliser trois opérations distinctes :

1. Le tri

Repérez les arguments qui « vont ensemble «, c’est-à-dire qui justifient la même thèse. Regroupez-les

sur une feuille séparée, une feuille pour chaque thèse (ou bien entourez-les d’une même couleur au

crayon). Poursuivez cette opération jusqu’à ce que tous vos arguments et vos exemples soient entourés.

Quand vous avez fini, il ne doit vous rester que deux ou trois groupes d’arguments, pas plus.

2. La mise en ordre

Dans chaque groupe, établissez une hiérarchie entre vos arguments pour savoir lesquels sont les plus

importants, et lesquels ne sont que des cas particuliers d’autres. Le meilleur moyen pour y parvenir est

la comparaison des exemples car leur degré de généralisation possible vous indique immédiatement le

degré de généralité de l’argument qu’ils illustrent.

Chaque groupe constituera vraisemblablement la trame d’une des parties de votre dissertation.

3. Le plan-canevas

C’est le plan proprement dit, c’est-à-dire l’ordre d’enchaînement de vos arguments. Cet ordre sera

dicté par le type de démonstration que vous voulez faire.

Maintenant qu’il ne vous reste plus que les deux ou trois groupes d’arguments principaux, assortis de

leurs exemples, notez dans le détail leur enchaînement sur une nouvelle feuille. C’est votre plan.

Les différents types de plan

Puisqu’il n’existe pas de composition-modèle, il n’existe pas non plus de plan-modèle – sinon le

fameux plan de dissertation : « thèse-antithèse-synthèse «. Encore faut-il vous en méfier, car il amène

généralement des banalités du genre : il y a des gens qui sont pour (1re partie) et d’autres qui sont contre

(2e partie) ; il faut donc (3e partie) être un peu pour et un peu contre. Le défaut majeur de ce système

est qu’il conduit souvent à ne pas prendre position.

Les correcteurs détestent que l’on ne prenne pas position...

C’est vous seul qui trouverez le meilleur enchaînement d’arguments pour convaincre votre lecteur du

bien-fondé de vos idées. Cela étant dit, la plupart des plans se ramènent à deux genres principaux :

1. Persuasif (le contre suivi du pour)

C’est celui des professionnels de l’argumentation (avocats ou hommes politiques). Ils utilisent des

méthodes variées pour convaincre leur public (jurés, électeurs...), mais ils commencent généralement par

exposer la thèse qu’ils attaquent :

« Mon adversaire vous a dit ceci... C’est totalement faux car... «.

Ils font donc semblant de donner raison à leur adversaire dans un premier temps et de lui abandonner

le terrain, mais c’est pour mieux contre-attaquer ensuite. C’est la méthode des satiristes (cf. Montesquieu

plus haut).

2. Descriptif

C’est généralement le plan utilisé par les scientifiques, ou du moins par les personnes qui veulent montrer

une apparence d’objectivité. Ils exposent directement les différents aspects de la question selon l’ordre

de leur expérience, et traitent les objections qui se présentent au fur et à mesure de leur apparition.

La difficulté de ce plan est de ne pas perdre de vue le but de la démonstration finale.

L’ordre des arguments

Si vous commencez par les arguments les plus importants, cela laissera penser que les objections à

venir seront mineures.Vous « dévoilez vos batteries « d’entrée de jeu.

Avantages :

– le lecteur est immédiatement intéressé,

– vous ne risquez pas d’oublier l’essentiel de votre argumentation.

À l’inverse, vous pouvez « ménager vos effets « et garder l’argument décisif pour la fin (c’est ce que

recommandent généralement les professeurs de lycée).

Avantages :

C’est plus spectaculaire, mais plus risqué, car il faut être sûr que vous n’avez pas oublié une objection

majeure.

La forme du canevas

Votre plan-canevas est une pièce maîtresse de votre travail. Il doit être très complet et très précis (naturellement

en style « télégraphique «). Il doit être parfaitement lisible et ne comporter aucune rature, surcharge,

ni aucun renvoi, car dans l’affolement de la rédaction finale, on ne lit jamais les renvois dans les

coins de la feuille.

Il doit énumérer l’enchaînement de tous vos arguments accompagné chacun de son exemple.

Pour plus de sécurité, donnez un titre à chaque partie. Cela vous permettra de vérifier que vos idées

sont « claires et distinctes «, et cela vous servira pour l’introduction et la conclusion.

 

« dicté par le type de démonstration que vous voulez faire. Maintenant qu'il ne vous reste plus que les deux ou trois groupes d'arguments principaux, assortis de leurs exemples, notez dans le détail leur enchaînement sur une nouvelle feuille.

C'est votre plan. Les différents types de plan Puisqu'il n'existe pas de composition-modèle, il n'existe pas non plus de plan-modèle – sinon le fameux plan de dissertation : « thèse-antithèse-synthèse ».

Encore faut-il vous en méfier, car il amène généralement des banalités du genre : il y a des gens qui sont pour (1re partie) et d'autres qui sont contre (2e partie) ; il faut donc (3e partie) être un peu pour et un peu contre.

Le défaut majeur de ce système est qu'il conduit souvent à ne pas prendre position. Les correcteurs détestent que l'on ne prenne pas position... C'est vous seul qui trouverez le meilleur enchaînement d'arguments pour convaincre votre lecteur du bien-fondé de vos idées.

Cela étant dit, la plupart des plans se ramènent à deux genres principaux : 1.

Persuasif (le contre suivi du pour) C'est celui des professionnels de l'argumentation (avocats ou hommes politiques).

Ils utilisent des méthodes variées pour convaincre leur public (jurés, électeurs...), mais ils commencent généralement par exposer la thèse qu'ils attaquent : « Mon adversaire vous a dit ceci...

C'est totalement faux car...

». Ils font donc semblant de donner raison à leur adversaire dans un premier temps et de lui abandonner le terrain, mais c'est pour mieux contre-attaquer ensuite.

C'est la méthode des satiristes ( cf.

Montesquieu plus haut). 2.

Descriptif C'est généralement le plan utilisé par les scientifiques, ou du moins par les personnes qui veulent montrer une apparence d'objectivité.

Ils exposent directement les différents aspects de la question selon l'ordre de leur expérience, et traitent les objections qui se présentent au fur et à mesure de leur apparition. La difficulté de ce plan est de ne pas perdre de vue le but de la démonstration finale. L'ordre des arguments Si vous commencez par les arguments les plus importants, cela laissera penser que les objections à venir seront mineures.Vous « dévoilez vos batteries » d'entrée de jeu. Avantages : – le lecteur est immédiatement intéressé, – vous ne risquez pas d'oublier l'essentiel de votre argumentation. À l'inverse, vous pouvez « ménager vos effets » et garder l'argument décisif pour la fin (c'est ce que recommandent généralement les professeurs de lycée). Avantages : C'est plus spectaculaire, mais plus risqué, car il faut être sûr que vous n'avez pas oublié une objection majeure.. »

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