Devoir de Philosophie

Gracq, Julien - écrivain.

Extrait du document

gracq
Gracq, Julien - écrivain. 1 PRÉSENTATION Gracq, Julien (1910-2007), écrivain français dont l'oeuvre, très symbolique, vise à mener le lecteur dans un « éther romanesque « qui n'est autre que la projection du paysage intérieur des personnages. 2 L'ERMITE DE SAINT-FLORENT Né à Saint-Florent-le-Vieil, dans le Maine-et-Loire, Julien Gracq, de son vrai nom Louis Poirier, est un fils de commerçants. Lycéen brillant à Nantes (ville qu'il décrit dans la Forme d'une ville), il entre en hypokhâgne, au lycée Henri IV, à Paris, où il a comme professeur le philosophe Alain. Élève de l'École normale supérieure, il obtient son agrégation d'histoire-géographie (1934) et sort diplômé de l'École libre des sciences politiques de Paris (1933). Il préfère l'enseignement secondaire à la carrière universitaire, et devient professeur d'histoire-géographie à Nantes, puis à Quimper, tout en s'engageant politiquement en adhérant au Parti communiste français. Mobilisé en 1939, prisonnier de guerre dans un stalag en Silésie, il est rapatrié pour raisons de santé en 1941. Cette expérience de la guerre est la matière d'Un balcon en forêt, publié en 1958. À son retour, il retrouve un poste de professeur à Amiens, à Angers, puis à partir de 1947 à Paris, au lycée Claude-Bernard, où il enseigne jusqu'à sa retraite. Il a notamment pour élèves Jean-Edern Hallier, Jean-René Huguenin ou encore Roger Nimier. Il retourne alors dans son village natal, où il mène une vie discrète, qui lui vaut le surnom d'« ermite de Saint-Florent «. 3 UN « ÉTHER ROMANESQUE « Publiée sous un pseudonyme par souci de séparer l'homme et l'écrivain, l'oeuvre de Julien Gracq, exigeante, commence avec Au château d'Argol (1938). Refusé par les Éditions Gallimard, le manuscrit est d'abord publié confidentiellement (150 exemplaires) par les Éditions José Corti, auxquelles Julien Gracq est resté fidèle jusqu'à la fin de sa vie. Ce « roman « (bien que l'auteur rejette l'appellation dans un « Avis au lecteur «) d'inspiration surréaliste met d'emblée en place l'univers gracquien à travers le primat du cadre -- la Bretagne et la matière bretonne en l'occurrence -- et de l'atmosphère sur l'intrigue. Le thème de l'attente et de la fascination exercée par les êtres passe au premier plan dans Un beau ténébreux (1945), récit tendu par l'angoisse d'un dénouement tragique. Dans un court pamphlet, la Littérature à l'estomac (1950), Julien Gracq fait le procès du mercantilisme et de la mondanité qui règnent dans la « République des Lettres «, fustigeant la critique, le « vedettariat « des écrivains et les prix littéraires. Au nom de cette honnêteté intellectuelle, il refuse en 1951 le prix Goncourt pour le Rivage des Syrtes. Chronique d'une guerre annoncée, le roman a pour cadre la seigneurie fictive d'Orsenna, sorte de Venise délabrée, vieille civilisation engloutie dans sa torpeur. On retrouve l'attente de l'ennemi, lancinante, dans Un balcon en forêt (1958), dont l'action se situe en 1940 dans un blockhaus des Ardennes. Ces quatre grands récits poétiques, auxquels s'ajoutent les trois nouvelles réunies sous le titre la Presqu'île (1970), tournent le dos à la littérature d'intrigue et d'analyse pour se développer en rêveries somptueuses, riches en images, au ton altier et au vocabulaire choisi. 4 UNE VOIX POÉTIQUE RÉVÉLATRICE Julien Gracq organise aussi ses réflexions autour de l'évocation de sites familiers comme la Loire (les Eaux étroites, 1976), de villes (Nantes dans la Forme d'une ville, 1985 ; Rome dans Autour des sept collines, 1988), ou d'autres lieux visités (Carnets du grand chemin, 1992). La pratique d'écriture, intimement liée aux goûts et antipathies littéraires, éclaire par ailleurs son oeuvre critique, d'une rare acuité dans l'analyse : on lui doit une étude sur André Breton (1948), des articles et préfaces (réunis en 1961 dans Préférences), des réflexions variées comme dans Lettrines (1967-1974) et En lisant en écrivant (1981). Il est également l'auteur d'oeuvres théâtrale (le Roi pêcheur, 1945), poétique (Liberté grande, 1946), ou de nouvelles (la Presqu'île, 1970). Par ailleurs, l'écrivain, discret tout au long de sa vie, publie en 2002 une série de sept Entretiens retraçant 30 ans de travail, de recherche sur l'écriture. Certaines de ses oeuvres ont été l'objet d'adaptations au cinéma, notamment sa nouvelle le Roi Cophetua (la Presqu'île) adaptée par André Delvaux sous le titre le Rendez-vous de Bray (1971), Un beau ténébreux (1971) porté à l'écran par Jean-Christophe Averty et Un balcon en forêt (1978) réalisé par Michel Mitrani. Auteur de seulement dix-neuf ouvrages, il n'a jamais été édité en poche, mais a été honoré de son vivant d'une édition dans la prestigieuse collection de la « Bibliothèque de la Pléiade « (Gallimard). De nombreux contemporains ont salué l'inimitable qualité littéraire de cet écrivain, considéré comme l'un des plus important de son temps, notamment Michel Tournier qui affirme qu'il « a porté l'art de la critique littéraire à un niveau encore jamais atteint. [...] Sa force d'analyse des oeuvres, toujours lucide et souvent cruelle, se nourrit cependant d'un amour profond de la chose littéraire. Mais c'est dans ses romans et ses notes de voyages qu'il donne toute sa mesure [...] il s'impose comme le plus grand paysagiste que nous ayons. Sa perception d'une province, d'une région, d'une ville, d'un fleuve ou d'un massif montagneux est inégalable. « Microsoft ® Encarta ® 2009. © 1993-2008 Microsoft Corporation. Tous droits réservés.

Liens utiles