Devoir de Philosophie

I. LE CRITICISME A. L'idée critique. L'origine de l'idée critique est dans

Publié le 22/10/2012

Extrait du document

I. LE CRITICISME A. L'idée critique. L'origine de l'idée critique est dans une méditation de Hume : « ce fut l'avertissement de David Hume qui interrompit d'abord, voilà bien des années, mon sommeil dogmatique « (Prolégomènes, p. 13). L'analyse que Hume avait faite de la notion de cause mettait en question, en effet, toute la métaphysique. 1. Hume et la Causalité.* Le point de départ de Hume était essentiellement un unique, mais important concept métaphysique, à savoir la relation de cause à effet (et, par suite, les concepts qui en dépendent, de force, d'action, etc.); il sommait la raison, qui prétend l'avoir engendré dans son sein, de lui expliquer de quel droit elle pense qu'une chose puisse être de telle nature, qu'une fois posée, il s'ensuive nécessairement qu'une autre doive aussi être posée; car c'est là ce que dit le concept de cause. Il prouva de façon irréfutable qu'il est absolument impossible à la raison de penser a priori et au moyen de concepts une telle relation, car celle-ci renferme une nécessité; il n'est pas possible de concevoir comment, parce qu'une chose est, une autre serait aussi nécessairement et comment on peut donc a priori introduire le concept d'une • Les notes de Kant viennent à la fin du texte cité et sont introduites par un chiffre entre parenthèses. Les notes du commentateur viennent en bas de page et sont introduites par un chiffre sans parenthèses. telle relation 1. Il en concluait que la raison se faisait tout à fait illusion sur cette notion, la considérant à tort comme sa propre progéniture, alors qu'elle n'était qu'un bâtard de l'imagination qui, fécondée par l'expérience, a placé certaines représentations sous la loi d'association, faisant passer la nécessité subjective qui en dérive, c'est-à-dire une habitude, pour une nécessité objective fondée sur la connaissance. Il en concluait que la raison ne possédait pas la faculté de penser de telles relations, même en général, parce qu'alors ses concepts ne seraient que de pures fictions; et que toutes ses prétendues notions a priori n'étaient que des expériences communes, faussement estampillées, ce qui revient à dire qu'il n'y a pas et qu'il ne saurait y avoir de métaphysique (1). NOTE DE KANT (1) Il n'en est pas moins vrai que Hume donnait le nom de métaphysique à cette philosophie destructive elle-même et lui attribuait une grande valeur. « La métaphysique et la morale, dit-il (Essais, e partie, p. 214 de la traduction allemande) sont les branches les plus importantes de la science; les mathématiques et la science de la nature ne valent pas même moitié moins. « Cet homme si pénétrant n'envisageait que l'utilité négative qu'il y aurait à modérer les prétentions exagérées de la raison spéculative pour mettre un terme définitif à tant de querelles interminables et obsédantes qui troublent le genre humain; mais ainsi, il perdit de vue le dommage réel qui résulte du fait d'ôter à la raison ses vues les plus importantes, d'après lesquelles, seules, il lui est possible de fixer à la volonté le but suprême de tous ses efforts 2. (Prolégomènes, p. 10-11.) 1. Cf. Hume : Enquête sur l'entendement humain, p. 124-125 : « Nous pouvons donc définir une cause comme un objet suivi d'un autre et tel que tous les objets semblables au premier sont suivis d'objets semblables au second. Ou, en d'autres termes, tel que, si le premier objet n'avait pas existé, le second n'aurait jamais existé. L'apparition de la cause conduit toujours l'esprit, par une transition coutumière, à l'idée de l'effet. Cette transition aussi, nous en avons l'expérience. Nous pouvons donc, conformément à cette expérience, former une autre définition de la cause et l'appeler un objet suivi d'un autre et dont l'apparition conduit toujours la pensée à l'idée de cet autre objet. « 2. Cf. texte 46. Cependant la métaphysique est un besoin de la raison humaine. Le rôle de la critique kantienne sera précisément de déterminer dans quelle mesure ce besoin peut être satisfait. 2. La métaphysique et le tribunal de la Critique 1. La raison humaine a cette destinée singulière, dans une partie de ses connaissances, d'être accablée de certaines questions qu'elle ne saurait éviter. Ces questions, en effet, sont imposées à la raison par sa nature même, mais elle ne peut leur donner une réponse, parce qu'elles dépassent tout à fait sa portée 2. Ce n'est pas sa faute si elle tombe dans cet embarras. Elle part de principes dont l'usage est inévitable dans le cours de l'expérience, et auxquels cette même expérience donne une garantie suffisante. Avec leur aide, elle s'élève toujours plus haut (comme l'y porte d'ailleurs sa nature), vers des conditions plus éloignées. Mais, s'apercevant que, de cette manière, son oeuvre doit toujours rester inachevée, puisque les questions ne cessent jamais, elle se voit contrainte de se réfugier dans des principes qui dépassent tout usage expérimental possible, et qui cependant paraissent si dignes de confiance que le sens commun même se trouve d'accord avec eux. Mais aussi elle se précipite par là dans une obscurité et des contradictions qui l'autorisent à conclure qu'il doit y avoir au fond quelques erreurs cachées; erreurs qu'elle ne peut découvrir toutefois, parce que les principes dont elle se sert alors, sortant des limites de toute expérience, n'ont plus de pierre de touche expérimentale. Le champ de bataille où se livrent ces combats sans fin, voilà ce qu'on nomme la Métaphysique. Il fut un temps où elle était appelée la reine de toutes les sciences; et, si l'on répute l'intention pour le fait, elle méritait bien ce titre glorieux par la singulière importance de son objet. Mais, aujourd'hui, il est de mode de lui témoigner un mépris 1. Ce texte constitue la première moitié de la Préface de la première édition (1781) de la Critique de la raison pure. 2. Le paradoxe, irritant, de la métaphysique, est qu'on ne peut ni s'en désintéresser ni s'en satisfaire.

« Le Criticisme telle relation 1 .

Il en concluait que la raison se faisait tout à fait illusion sur cette notion, la considérant à tort comme sa propre progéniture, alors qu'elle n'était qu'un bâtard de l'ima­ gination qui, fécondée par l'expérience, a placé certaines repré­ sentations sous la loi d'association, faisant passer la nécessité subjective qui en dérive, c'est-à-dire une habitude, pour une nécessité objective fondée sur la connaissance.

Il en concluait que la raison ne possédait pas la faculté de penser de telles rela­ tions, même en général, parce qu'alors ses concepts ne seraient que de pures fictions; et que toutes ses prétendues notions a priori n'étaient que des expériences communes, faussement estampillées, ce qui revient à dire qu'il n'y a pas et qu'il ne saurait y avoir de métaphysique (1).

NOTE DE KANT (1) Il n'en est pas moins vrai que Hume donnait le nom de méta­ physique à cette philosophie destructive elle-même et lui attri­ buait une grande valeur.

« La métaphysique et la morale, dit-il (Essais, 4• partie, p.

214 de la traduction allemande) sont les branches les plus importantes de la science; les mathématiques et la science de la nature ne valent pas même moitié moins.

» Cet homme si pénétrant n'envisageait que l'utilité négative qu'il y aurait à modérer les prétentions exagérées de la raison spéculative pour mettre un terme définitif à tant de querelles interminables et obsédantes qui troublent le genre humain; mais ainsi, il perdit de vue le dommage réel qui résulte du fait d'ôter à la raison ses vues les plus importantes, d'après lesquelles, seules, il lui est possible de fixer à la volonté le but suprême de tous ses efforts 2 • (Prolégomènes, p.

10-11.) 6 1.

Cf.

Hume : Enquête sur l'entendement humain, p.

124-125 :. »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles