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LA RÉVOLUTION NATIONALE. LA RÉSISTANCE. LA COLLABORATION. LA LIBÉRATION DE PARIS. L’ÉPURATION.

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LA RÉVOLUTION NATIONALE. Pour le maréchal Pétain, l’armistice est l’occasion d’établir un ordre nouveau; l’esprit de jouissance, l’individualisme destructeur, la fausse égalité républicaine ont mené la France à la défaite et doivent céder la place aux trois grandes valeurs traditionnelles: Travail, Famille, Patrie. Le procès de Riom qui débute le 8 août 1940 doit juger les responsables du désastre; parmi eux, Léon Blum. La Révolution nationale se veut antimatérialiste et chrétienne. Appelés à se ral-lier au nouvel ordre, les jeunes sont engagés dans les Chantiers de la jeunesse. La famille paysanne, solide, enracinée, est vouée à un véritable culte, de même que la figure du maréchal. La lutte des classes, jugée artificielle, doit être supprimée par la Charte du travail du 4 octobre 1941. Il faut également «purifier la nation française» de ceux que Maurras appelle les «étrangers de l’intérieur» : francs-maçons et juifs. Mais de la Révolution nationale, on glisse progressivement vers la défense de l’«ordre public». Non exempt de nombreuses contradictions, l’ordre nouveau aura été en fait plus l’expression d’un bouleversement national que social.

LA RÉSISTANCE. Face à l’armistice, ceux chez qui la honte et le refus l’emportent sur le soulagement veulent agir. Les uns, avec le général de Gaulle, choisissent l’exil pour organiser la lutte; ils répondent à l’appel du 18 juin 1940. D’autres veulent mener le combat sur le sol national. Sans doute, tous n’ont-ils pas répondu aux mêmes impulsions. Mais, dès 1941, la Résistance intérieure s’est enracinée et l’on voit se dessiner deux types d’organisation: le réseau, créé en vue d’une mission précise, privilégie souvent l’action individuelle et spectaculaire. Le mou- vement, tels «Combat» ou «Franc-Tireur», est chargé

 

de sensibiliser la population et d’organiser la contre-propagande, par le biais de journaux clandestins. À Londres est constitué, le 24 septembre 1941, le Comité national français; progressivement l’Empire se rallie. 1943 : la France combattante n’est plus qu’une; Résistance intérieure et Résistance extérieure convergent grâce à l’action de Jean Moulin, délégué par le général de Gaulle pour former le 27 mai 1943 le Conseil national de la Résistance. Juin 1944: une armée sort de l’ombre. La Résistance a permis le maintien de la France aux côtés des Alliés.

 

 

LA COLLABORATION. Si l’armistice du 22 juin 1940 permet le maintien de la souveraineté française sur une partie du territoire, il va devenir bientôt le cadre obligé d’une collaboration franco-allemande singulière. Le principe en est acquis à Montoire le 24 octobre 1940, lors de l’entrevue Pétain-Hitler. Autour du maréchal cependant, deux tendances s’affrontent: certains jugent la collaboration économique inévitable tout en se défiant de la collaboration politique. D’autres, avec Laval, misent sur la vic-toire finale de l’Allemagne et veulent prendre les de- vants afin d’occuper une place de choix dans la future Europe allemande. Mais le Führer n’envisage cette collaboration qu’à l’avantage du Reich. Il fixe quatre objectifs qui seront atteints: une aide contre les résistants, dont se chargera la Milice ; la livraison des juifs : la rafle du Vél d’hiv des 16 et 17 juillet 1942 fera 13 000 victimes; un transfert de main-d’œuvre: c’est la Relève puis le Service du travail obligatoire à partir de février 1943; enfin la mobilisation économique. 1944: la collaboration, de plus en plus impopulaire, conduit Vichy à se muer en État policier.

LA LIBÉRATION DE PARIS. Le débarquement allié en Normandie unit la Résistance parisienne dans la volonté de ne pas rester passive. Ainsi, le 19 août 1944, elle donne l’ordre d’insurrection. Or les Alliés voulaient contourner Paris, estimant qu’il fallait progresser au plus vite. L’armée allemande présente dans la capitale est forte d’une centaine de chars, de nombreux engins blindés et de 20 000 hommes, commandés par le général von Choltitz; elle a reçu ordre d’Hitler de tenir la place. Eisen-hower comprend alors que la marche sur la capitale  s’impose: il permet le détachement de la 2e division blindée, composée de 16 000 hommes et de 4 000 véhicules, dont 500 blindés, sous le commandement du général Leclerc. Elle atteint Paris le 24 août au soir, apportant à l’insurrection la puissance de feu manquante. Le 25 août, von Choltitz, Leclerc et le communiste Roi Tanguy signent l’acte de reddition. Le général de Gaulle, arrivé peu après, rend hommage, à l’Hôtel de Ville, au Paris insurgé. Le lendemain, c’est la descente triomphale des Champs-Élysées et le Magnificat à Notre-Dame. Paris est libéré mais la guerre n’est pas finie.

 

 

L’ÉPURATION. «Le pays, un jour, devra connaître qu’il est vengé», annonçait le général de Gaulle dès 1943. La Résistance tout entière s’associe au général dans cette double volonté de justice, pour punir les coupables, et d’épuration, pour assainir le pays. Mais le Conseil de la Résistance craint des débordements. De fait, des excès ont lieu, n’excluant pas les règlements de comptes. Bilan: près de 10 000 exécutions sommaires. Dès septembre 1944, commissaires de la République et préfets installent des commissions de vérification et transfèrent les sus- pects devant la justice. Sur 160 287 dossiers instruits, 7 037 condamnations à mort sont prononcées dont 763 exécutions. Les grands procès passionnent l’opinion publique: le 15 août 1945, le maréchal Pétain est condamné à mort, il sera gracié par de Gaulle; le 15 octobre 1945, Pierre Laval est exécuté. Cette justice elle-même ne sera pas exempte de lourdes critiques, tant sur la forme que sur le fond. Quant au processus d’assainissement des administrations, de l’industrie et du commerce, quoique important, il sera freiné par la volonté de reconstruire au plus vite le pays.

LA FRANCE APRÈS 1945. «Que les Allemands soient vaincus et l’abondance reviendra.» C’était compter sans le lourd bilan de la guerre. Le rétablissement des cartes de rationnement est inévitable. Malgré les nationalisations et la mise en place du plan Monnet, la reconstruction est lente. Dans ce contexte, l’aide Marshall arrive à point. Sur le plan politique, le peuple se déclare prêt à changer de Constitution par le référendum du 21 octobre 1945. De Gaulle est élu chef du gouvernement par la nouvelle Constituante. Mais, dès janvier 1946, il dé- missionne. Parmi les formations politiques, le PCF occupe alors la première place. La nouvelle Constitution, dont le général fustige les fondements, est pourtant adoptée par référendum en octobre. L’année 1947 est décisive : en avril, de Gaulle crée le RPF qui rencontre très vite un immense succès; en mai, les communistes sont exclus du gouvernement; à l’automne, des grèves massives paralysent le pays. La IVe République s’installe dans l’instabilité. Quant à l’Empire, le projet de l’intégrer dans une Union française ne résiste pas aux volontés d’indépendance. En Indochine, le dialogue est déjà rompu.

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