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La France métropolitaine, de l'armistice à la libération : le régime de Vichy, la collaboration, la Résistance intérieure.

Extrait du document

• Sujet de synthèse dont la difficulté majeure réside dans les nuances, les arrière-pensées et les subtilités tactiques qui caractérisent, durant cette période délicate, la vie politique en France.    • On n 'oubliera pas de tenir compte de l'évolution des esprits et des positions en fonction des circonstances extérieures c'est-à-dire, avant tout, des grands événements diplomatiques et militaires de la guerre qui se poursuit.    • Comme le précise l'énoncé, le sujet se limite à la France métropolitaine à l'exclusion, par conséquent, de la situation dans l'Empire et du combat des Forces Françaises Libres. Ceux-ci ne doivent être évoqués que dans la mesure où des événements qui les concernent ont des répercussions notables en France même.   

« Pétain, à l'origine de la défaite foudroyante de la France. Il incrimine l'esprit de jouissance qui a prévalu sur l'espritde sacrifice dont avaient fait preuve les Français de 1914-1918, les exigences de loisirs qui ont remplacé l'ardeur autravail, l'égoïsme individuel tenu pour responsable de la chute de la natalité. Implicitement, ce sont les idées degauche et le Front populaire qui sont ainsi mis en accusation. • Un nouvel « ordre moral ». Pétain et le régime de Vichy entendent donc remettre à l'honneur les vertustraditionnelles : « Travail, Famille, Patrie ». Il s'appuie en particulier sur l'Église, les anciens combattants et lespaysans qui lui paraissent être les garants naturels de ces vertus qui avaient forgé la France triomphante de 1918.Ces objectifs satisfont particulièrement la droite. Maurras considère comme « une divine surprise » la présence dePétain à la tête de la France. • Les mesures. La Charte du Travail est promulguée en juin 1941 : la grève est désormais interdite. La Légion descombattants rassemble les anciens de 14-18 et ceux qui soutiennent le Maréchal. Les « Chantiers de jeunesse »s'efforcent d'inculquer le goût d'une vie « saine », le sens de l'effort et le dévouement à la Patrie.• La punition des « coupables ». Les principaux dirigeants de la IIIe République, tenus pour responsables du déclin etdu désastre, Blum, Daladier, Mandel et Reynaud, sont internés. Leur procès s'ouvre à Riom en février 1942, mais ildoit être rapidement interrompu. Les Juifs ne sont plus considérés comme des citoyens à part entière. Le « Statutdes Juifs » prévoit des mesures discriminatoires à leur encontre; ainsi ils sont exclus des emplois publics. Le généralde Gaulle, coupable de rébellion, est condamné à mort par contumace. II. La collaboration Parallèlement à la révolution nationale, se pose le problème des rapports avec les vainqueurs, et, en particulier,avec l'Allemagne. L'évolution de ces rapports détermine, non seulement les conditions immédiates de la vie desFrançais mais aussi, à plus long terme, la place de la France dans l'Europe et le Monde remodelés par Hitler. Les positions à ce sujet sont très variées. Weygand refuse la collaboration et veut se limiter à la stricte applicationdes conditions d'armistice. Des nuances importantes apparaissent aussi parmi les partisans de la collaboration.Certains, comme Doriot ou Déat, exigent, par affinité idéologique une adhésion totale à la cause de l'Axe etcritiquent la mollesse du gouvernement. Pour la plupart des autres, cependant, la collaboration est avant touttactique. 1. Les motifs de la collaboration de Vichy • Améliorer le sort des Français. Le gouvernement voudrait, par la collaboration, obtenir la réduction des fraisd'entretien des troupes d'occupation qui pèsent lourdement sur les finances du pays, l'assouplissement desconditions de passage des personnes et des marchandises entre les deux zones et la libération des prisonniers deguerre. On va même jusqu'à envisager une étroite collaboration entre les économies française et allemande quipermettrait de résorber le chômage élevé et d'améliorer le niveau de vie des Français. Conformément aux incitationsdu Maréchal au « retour à la terre », la France pourrait devenir un « grenier de l'Europe nouvelle ».• La crainte du bolchevisme. Les dirigeants de Vichy vivent encore dans la hantise de la révolution communiste. La «correction » des Allemands les persuade que les nazis ne traiteront jamais les Français comme ils traitent les « sous-hommes », Polonais ou Russes. L' « ordre » des vainqueurs nazis leur paraît donc être le moindre mal. La menacecommuniste est ravivée, en 1941, par l'entrée en guerre de la Russie; une victoire soviétique signifierait, croit-on,une victoire du communisme en France. Personne n'envisage encore sérieusement la venue des lointains Américains.Dès lors, Laval « souhaite la victoire de l'Allemagne ». • Contre l'Italie, être l'alliée privilégiée de l'Allemagne. Pendant longtemps, les hommes de Vichy furent certains de lavictoire finale de l'Axe. Ils savent aussi que dans le camp des « vainqueurs », la volonté allemande seradéterminante et que c'est Hitler qui dictera les traités de paix et décidera du rôle nouveau attribué à chacun. Or,Vichy craint que l'Italie ne profite de l'alliance allemande pour obtenir, au détriment de la France, des avantagesdécisifs en Méditerranée et en Afrique. La collaboration pourrait inciter Hitler à faire de la France son alliéeprivilégiée. La mise à l'écart de l'Italie, jointe à l'écrasement attendu de l'Angleterre, ferait de la France la premièrepuissance maritime et coloniale de l'Occident. Le continent à l'Allemagne, mais la mer à la France! • L'anglophobie. Enfin, la « réconciliation » franco-allemande s'explique et se « justifie » par l'attitude jugéedéshonorante de la « perfide Albion ». Le peu d'empressement mis par les Anglais à venir au secours des Français endéroute en juin 1940, l'attaque de Mers el-Kébir, les efforts des Anglais pour arracher ses colonies à la France sousle couvert d'une action gaulliste, réveillent les sentiments anti-anglais qui jalonnent les moments les plus célèbres etles plus généralement connus de l'Histoire de France (cf. Jeanne d'Arc, Napoléon, Fachoda). 2. Des services rendus à VAllemagne • La poignée de main de Montoire. En octobre 1940, Hitler et Pétain se rencontrent dans la petite gare de Montoire.La poignée de main des deux anciens de Verdun semble symboliser la réconciliation franco-allemande. Pétain déclarepeu après s' « engager désormais dans la voie de la collaboration ». • La collaboration politique et économique. Vichy, dès lors, multiplie les gages de sa bonne volonté. La police »

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