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Les Mouches, J.P. Sartre, Acte 1 scène 2

Publié le 18/09/2013

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SITUATION DU PASSAGE.  Au début de la scène 2 de Les Mouches, de Jean-Paul Sartre, Oreste s'interroge sur Jupiter, le pédagogue pense que Jupiter connaît la véritable identité d'Oreste "cet homme-là sait qui vous êtes". Oreste remet en cause l'éducation que lui a donné le pédagogue contrairement au pédagogue qui pense avoir donné la liberté à Oreste "affranchi de toutes les servitudes et de toutes les croyances, sans famille, sans patrie… libre pour tous les engagements… un homme supérieur". Dans le passage, on assiste à une réflexion d'Oreste sur sa liberté telle que l'a donnée le pédagogue.   PASSAGE: "Mais non ; je ne me plains pas… et quelle superbe absence que mon âme."   PLAN Pour un étude linéaire 3 parties : 1°- "mais non je ne me plains pas… (un temps)"  2°- "il y a des hommes…hommes supérieurs"  3°- "je savais déjà, moi …..absence que mon âme" Pour un étude syntaxique (ce que l'on va développer par la suite)  - Importance de la notion de liberté. - Opposition entre la liberté et la situation de détermination qui caractérise la plupart des hommes. - Limites de la liberté.   Importance de la notion de liberté. Dans cette tirade, on a l'affirmation de la liberté du héros qui est mise en évidence par la structure du passage et par la présence d'Oreste et la conscience de supériorité. Les phrases évoquant la liberté sont isolées "mais moi… moi, je suis libre…"  L2 métaphore filée "fils que le vent arrache aux toiles d'araignée" "je ne pèse plus qu'un fil et je vis en l'air" => connotation de légèreté, d'absence de racine, de mouvement (caractéristiques de la notion de liberté). Déjà on voit que cette liberté est connotée négativement "je ne peux pas me plaindre,..je sais que c'est une chance..."  La notion de liberté réapparaît à la fin du passage "moi je suis libre, comme je suis libre" avec une phrase exclamative.  La notion de liberté est à mettre en parallèle avec la présence d' Oreste. Occurrence du "je", présence des adjectifs possessifs de la 1ère personne du singulier. "je" s'oppose à "tu" du pédagogue.  Après la didascalie "(un temps)", "je" se transforme à la 3ème personne du pluriel.  On note 2 groupes qui apparaissent:  - "il y a des hommes qui naissent engagés"  - "et il y en a d'autres des silencieux." A la fin de l'extrait, la 1ère personne du singulier réapparaît avec le pronom possessif "mes souvenirs" mis en évidence par l'italique. Opposition entre Oreste et la foule. Oreste a conscience de sa supériorité. En même temps qu'il affirme sa liberté, il se distingue des autres hommes: image d'Oreste en suspension au-dessus de tous => les hommes sont rabaissés "ce ne sont pas des hommes supérieurs" => supériorité d'Oreste. C'est le pédagogue qui pense Oreste supérieur et non pas lui car il critique son éducation, sa liberté.  L'humanité se trouve liée à des éléments terrestres => épaisseur du monde auquel a échappé Oreste.  Oreste paraît affirmer qu'il jouit d'une liberté qui le différencie des autres hommes qui, eux, sont en proie à une détermination inéluctable.   Opposition entre la liberté et la situation de détermination qui caractérise la plupart des hommes.  Deux catégories d'individus caractérisés par le fait d'obéir à une force supérieure, caractérisés par la pesanteur de leurs vies.  - Hommes qui naissent engagés.  "on les a jetés", "ils n'ont pas le choix", "naissent engagés" => hommes objets de cette force supérieure.  - "D'autres hommes"  "leur vie a été changée" ils subissent au lieu d'agir. Détermination qui débute dès l'enfance ou même à la naissance. Les hommes sont soumis à leur destin suggéré par l'image du chemin => notion d'acte "leur acte" => mise en évidence de l'aspect individuel.  "quelque part" => idée d'un aboutissement. Présence de l'idée de pesanteur et d'attachement lié à la matérialité du monde.  Présence de termes faisant référence à la matière:  "je vis en l'air" s'oppose à "pressent fortement la terre". "poids d'images troubles et terrestres"  Les souvenirs sont associés à la notion de matérialité. Métaphore "grasses nourritures" => connotée positivement car Sartre écrit pendant la guerre. Liés à la pesanteur "maisons, bêtes, domestiques, champs" s'opposent à Oreste. On peut se demander s'il n'envie pas leurs " grasses nourritures".  Impression qu'Oreste éprouve un regret en se sentant différent d'eux.   Limites de cette liberté.  La liberté d'Oreste peut paraître dérisoire car  1) liberté = absence de liens  2) liberté s'accompagne de l'exil  3) liberté est considérée avec ironie     Liberté > aux autres hommes. Il n'a aucun lien, ce qui suscite du regret. La liberté est comparée à des fils d'araignée => absence de lien => légèreté "je ne pèse plus qu'un fil". "le vent arrache" confirme cette idée de détachement avec "arrache", idée de brutalité.  => existence pour Oreste d'une force supérieure représentée par le vent. => indique le risque d'aller dans des directions qu'il ne choisit pas. La liberté d'Oreste est limitée et trompeuse.  Il semble envier les hommes "les hommes…pressent fortement la terre". Les sentiments paraissent vulgaires au pédagogue "ça te paraît vulgaire à toi…" Oreste n'est pas du même avis (quelque part en italique => ton plus fort, mise en évidence). Liberté accompagnée de l'exil.  "je savais…moi….que j'étais exilé" => montre que l'exil a été un facteur essentiel dans l'éducation d'Oreste. Il souligne "les odeurs, les sons.. mes souvenirs" => mention des perceptions sensorielles, aspect général puis particulier. "je savais qu'ils appartenaient aux autres" marque l'impossibilité de l'appropriation mise en évidence par l'italique de mes. Affirmation de liberté se comprend comme la conscience d'un vide, l'absence de souvenir, le manque. Liberté considérée avec Ironie.  "Mais non je ne me plains pas" démenti par rapport au reste de la tirade. Contraire de ce qu'il pense. La liberté dont il jouit lui pèse.  "je sais que c'est une chance et je l'apprécie comme il convient" => phrase ambiguë.  " quelle superbe absence que mon âme" => personnage creux, vide. Oreste critique la fausse liberté que lui a donnée le pédagogue => il envie les autres hommes qui naissent engagés et qui peuvent accomplir leurs actes.  "ce ne sont pas des hommes supérieurs", idée que lui conteste la notion de supériorité humaine différent du pédagogue qui se vante d'avoir fait un homme supérieur. A travers cette critique, - la véritable liberté suppose des choix.  - la véritable liberté suppose un engagement lucide (non pas l'engagement des hommes qui ont été jetés sur le chemin)  Il critique l'engagement déterminé et perçoit que sa liberté n'est pas satisfaisante.     CONCLUSION. La tirade d'Oreste montre la liberté dont il dispose (différent des autres hommes qui sont soumis à une force supérieure qui les lie au monde). Cette liberté paraît dérisoire et stérile. Cette tirade montre l'état initial de la conscience d'Oreste : il est insatisfait de se trouver sans attache et sans but.  Problème de la liberté et de la détermination est une réflexion fondamentale de l'œuvre de Sartre.  On devine que par la suite Oreste va dépasser cette situation initiale. Il va incarner sa liberté qui lui permettra d'accomplir son acte => annonce indirecte du double-meurtre.
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« Dans cette tirade, on a l'affirmation de la liberté du héros qui est mise en évidence par la structure du passage et par la présence d'Oreste et la conscience de supériorité. Les phrases évoquant la liberté sont isolées "mais moi...

moi, je suis libre..."  L2 métaphore filée "fils que le vent arrache aux toiles d'araignée" "je ne pèse plus qu'un fil et je vis en l'air" => connotation de légèreté, d'absence de racine, de mouvement (caractéristiques de la notion de liberté).

Déjà on voit que cette liberté est connotée négativement "je ne peux pas me plaindre,..je sais que c'est une chance..."  La notion de liberté réapparaît à la fin du passage "moi je suis libre, comme je suis libre" avec une phrase exclamative.  La notion de liberté est à mettre en parallèle avec la présence d' Oreste.

Occurrence du "je", présence des adjectifs possessifs de la 1ère personne du singulier. "je" s'oppose à "tu" du pédagogue.  Après la didascalie "(un temps)", "je" se transforme à la 3ème personne du pluriel.  On note 2 groupes qui apparaissent:  - "il y a des hommes qui naissent engagés"  - "et il y en a d'autres des silencieux." A la fin de l'extrait, la 1ère personne du singulier réapparaît avec le pronom possessif "mes souvenirs" mis en évidence par l'italique.

Opposition entre Oreste et la foule.

Oreste a conscience de sa supériorité.

En même temps qu'il affirme sa liberté, il se distingue des autres hommes: image d'Oreste en suspension au-dessus de tous => les hommes sont rabaissés "ce ne sont pas des hommes supérieurs" => supériorité d'Oreste.

C'est le pédagogue qui pense Oreste supérieur et non pas lui car il critique son éducation, sa liberté.  L'humanité se trouve liée à des éléments terrestres => épaisseur du monde auquel a échappé Oreste.  Oreste paraît affirmer qu'il jouit d'une liberté qui le différencie des autres hommes qui, eux, sont en proie à une détermination inéluctable.   Opposition entre la liberté et la situation de détermination qui caractérise la plupart des hommes. . »

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