Devoir de Philosophie

L'Humanisme

Extrait du document

humanisme

BACCALAURÉAT BLANC FRANÇAIS PREMIERE L Objet d’étude : Vers un espace culturel européen: Renaissance et humanisme Corpus Texte A Didier Erasme, De l'Éducation des enfants (1529) Texte B François Rabelais, Gargantua (1535), chapitre 23 Texte C Michel de Montaigne, Essais (1580-1588), livre I, chapitre 26, \"De l'institution des enfants\" Remarque: la ponctuation et l'orthographe sont modernisées dans les trois textes. Texte A Didier Erasme, De l'Éducation des enfants, 1529 Tu vas me demander de t'indiquer les connaissances qui correspondent à l'esprit des enfants et qu'il faut leur infuser dès leur prime jeunesse. En premier lieu, la pratique des langues. Les tout-petits y accèdent sans aucun effort, alors que chez les adultes elle ne peut s'acquérir qu'au prix d'un grand effort. Les jeunes enfants y sont poussés, nous l'avons dit, par le plaisir naturel de l'imitation, dont nous voyons quelques traces jusque chez les sansonnets et les perroquets. Et puis - rien de plus délicieux - les fables des poètes. Leurs séduisants attraits charment les oreilles enfantines, tandis que les adultes y trouvent le plus grand profit, pour la connaissance de la langue autant que pour la formation du jugement et de la richesse de l'expression. Quoi de plus plaisant à écouter pour un enfant que les apologues d'Ésope qui, par le rire et la fantaisie, n'en transmettent pas moins des préceptes philosophiques sérieux ? Le profit est le même avec les autres fables des poètes anciens. L'enfant apprend que les compagnons d'Ulysse ont été transformés par l'art de Circé en pourceaux et en d'autres animaux. Le récit le fait rire mais, en même temps, il a retenu un principe fondamental de philosophie morale, à savoir : ceux qui ne sont pas gouvernés par la droite raison et se laissent emporter au gré de leurs passions ne sont pas des hommes mais des bêtes. Un stoïcien s'exprimerait-il plus...

« plus savants. On y rencontre enfin des sentences brèves et attrayantes du genre des proverbes et des mots de personnages illustres, la seule forme sous laquelle autrefois la philosophie se répandait dans le peuple. Texte B François Rabelais, Gargantua , chapitre 23, 1535 S'éveillait donc Gargantua environ quatre heures du matin. Cependant qu'on le frottait, lui était lue quelque pagine 5 de la divine Ecriture 6 hautement et clairement, avec prononciation compétente à la matière, et à ce était commis un jeune page, natif de Basché 7 , nommé Anagnostes. Selon le propos et argument de cette leçon, souventes fois s'adonnait à révérer, adorer, prier et supplier le bon Dieu duquel la lecture montrait la majesté et jugements merveilleux. Puis allait aux lieux secrets 8 faire excrétion des digestions naturelles. Là son précepteur répétait ce qu'avait été lu, lui exposant les points plus obscurs et difficiles. Eux retournant, considéraient l'état du ciel, si tel était comme l'avaient noté au soir précédent, et quels signes entrait le soleil, aussi la lune, pour icelle journée. Ce fait était habillé peigné, testonné 9 , accoutré et parfumé, durant lequel temps, on lui répétait les leçons du jour d'avant. Lui-même les disait par cœur et y fondait quelques cas pratiques et concernant l'état humain, lesquels ils étendaient aucunes fois 10 jusque deux ou trois heures, mais ordinairement cessaient lorsqu'il était du tout habillé. Puis par trois bonnes heures lui était fait lecture. Ce fait, issaient hors 11 , toujours conférant des propos de la lecture, et se déportaient en Bracque 12 ou aux prés, et jouaient à la balle, à la paume, à la pile trigone 13 , galantement 14 s'exerçant les corps comme ils avaient les âmes auparavant exercées. Tout leur jeu n'était qu'en liberté, car ils laissaient la partie quand leur plaisait, et cessaient ordinairement lorsque suaient parmi les corps ou étaient autrement las. Adonc étaient très bien essuyés et frottés, changeaient de chemise et doucement se promenant allaient voir si le dîner 15 était prêt. Là attendant, récitaient clairement et éloquentement quelques sentences retenues de la leçon. Cependant Monsieur l'Appétit venait, et par bonne opportunité s'asseyaient à table. Au commencement du repas était lue quelque histoire plaisante des anciennes prouesses 16 , jusques à ce qu'il eût pris son vin. Lors (si bon semblait) on continuait la lecture, ou commençaient à deviser joyeusement ensemble, parlant pour les premiers mois de la vertu propriété, efficace 17 et nature de tout ce qui leur était servi à table : du pain, du vin, de l'eau, du sel, des viandes, poissons, fruits, herbes, racines, et de l'apprêt d'icelles 18 . Ce que faisant, apprit en peu de temps tous les passages à ce compétents en Pline, Athénée, Dioscoride, Julius Pollux, Galien, Porphyre, Oppien, Polybe, Héliodore, Aristote, Aélien 19 et autres. Iceux 20 5 Page. 6 La Bible. 7 Domaine situé non loin de Chinon, dans la région de Rabelais. 8 Aux toilettes. 9 Peigné, coiffé. 10 Parfois. 11 Allaient dehors, sortaient. 12 Se rendaient au jeu de paume du Grand Bracque. 13 Jeu de balle. 14 Vivement, vaillamment. 15 Repas principal de la journée, qui correspond plus ou moins à notre déjeuner. 16 Romans de chevalerie. 17 Efficacité. 18 Et de la manière de préparer celles-ci (les racines). 19 Énumération d'auteurs d'histoire naturelle grecs et romains. 20 Ces. 2 »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles