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HUMANISME ET TERREUR, Essai sur le problème communiste, 1947. Maurice Merleau-Ponty

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HUMANISME ET TERREUR, Essai sur le problème communiste, 1947.

Maurice Merleau-Ponty, 1908-1961.

 

Paru d’abord par fragments dans la revue les Temps modernes en 1946 et 1947, cet essai fut considéré comme une apologie des

 

procès de Moscou, dans l’immédiat après-

 

guerre. S’il constitue un simple «essai», il est tout de même révélateur de la fascination qu’exerçait l’Union soviétique sur les intellectuels d’alors, y compris sur les penseurs les plus authentiquement philosophes. Merleau-Ponty expliqua par la suite les raisons qui le poussèrent à écrire ce texte : en premier lieu, tout le monde ignorait à l’époque la coercition qui existait en Union soviétique; ensuite, ce grand empire n’apparaissait pas comme impérialiste; enfin, la fascination pour cette puissance était renforcée par la victoire des Russes sur l’Allemagne hitlérienne.

« Humanisme et Terreur Merleau-Ponty (Maurice) 1 PubRée en . 1947, à un tournant de la politique mondiale, cette œuvre fait date dans l'histoire des rapports entre le communisme et l'Intelligentsia qui se reconnaissait dans la revue " Les Temps modernes " que Maurice Merleau­ Ponty (1908-1961) fonde avec Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir au lendemain de la seconde guerre mondiale. • Humanisme et Terreur .. se situe au point de rencontre entre la pensée philosophique et la pensée politique de son auteur. 2 LI s'agit d'une réflexion sur les procès de Moscou, de la période 1936-1938, qu'un livre retentissant d'Arthur Kœstler, " Le Zéro et l'Infini "• venait de réactualiser . A la thèse de Kœstler, selon laquelle le drame de l'opposant est avant tout un drame moral, celui de l'humaniste qui, pour accomplir son projet révolutionnaire, a méconnu la distinction entre la fin et les moyens et, de ce fait, se trouve acculé l de .faux aveux par la logique de son action passée, Merleau-Ponty oppose son interprétation du marxisme. Le comportement des révolutionnaires n'est pas fondé sur des impératifs abstraits de moralité subjective, mais sur une certaine analyse de l'histoire. L'opposant qui capitule est celui qui reconnaît avoir commis une erreur d'analyse . 3 Le cas de· Boukharine illustre cette thèse. Certes, selon Merleau-Ponty, l'accusation lui impute à tort des crimes de sabotage, d'espionnage et de trahison. Ces charges ne sont pas vraiment établies . Mais là n'est pas le fond du procès. Le problème posé est celui de la responsabilité historique des accusés. Une dialectique, dont le cours n'est pas entièrement prévisible, peut transformer les Intentions de l'homme en leur contraire. L'opposant est secrètement complice des forces extérieures, qui combat­ tent la direction côntre laquelle il s'est dressé. Mais il ne peut être ni pour ni tout à fait contre cette direction . Il est lnt6rleurament divin. C'est le " d6doublament de la »

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