Devoir de Philosophie

methode dissertation

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LA DISSERTATION Définition C'est un devoir entièrement rédigé, organisé, qui répond à un sujet précis concernant une problématique littéraire au programme de la classe de terminale. L'objet d'étude est indiqué en entête de l'épreuve. La dissertation est un travail d'argumentation qui s'appuie obligatoirement sur des exemples tirés du corpus (les documents donnés, textuels et/ou iconographiques), des oeuvres et textes étudiés, vus ou lus pendant l'année scolaire. Présentation, disposition Le devoir se compose d'une introduction, d'un développement et d'une conclusion. Deux blancs typographiques (sauts de lignes) sont laissés avant et après le développement. Un seul saut de ligne sépare deux grandes parties. Un simple retour à la ligne avec alinéa marque le passage d'une sous-partie à la suivante. On formule une phrase de transition pour passer d'une grande partie du développement à une autre. L'introduction Elle comporte 4 étapes : - Amorce du thème général, de l'objet d'étude (on explicite un terme clé) - Introduction du sujet, reformulé, éventuellement de la citation précise de certains motsclés ou de la phrase-clé si celle-ci est courte (un connecteur logique est souhaitable pour cette étape) - Formulation de la problématique (ensemble des questions que soulève le sujet) - Annonce du plan proposé pour traiter le sujet Exemple d'introduction : Si le travail de l'écriture est en soi une tâche difficile qui engage l'auteur à se découvrir, l'autobiographie semble être aux dires de ses auteurs, un genre littéraire bien délicat, générateur de souffrances, mais, semble-t-il, salvateur. C'est en tout cas ce qu'affirme Montaigne qui avoue s'être parfois « dégorgé », autrement dit « libéré », en écrivant ses Essais. En quoi l'écriture autobiographique peut-elle être un acte libérateur ? La question souligne l'action qui, en soi, est une forme d'extériorisation ; le terme « libérateur » renvoie à l'idée d'une délivrance. Nous verrons d'abord que le pacte autobiographique engage l'auteur à exhumer des sentiments profondément enfouis en lui-même ; nous montrerons par ailleurs que cette libération intérieure a vocation de « publique instruction » servant aussi le lecteur. Le développement On amorce la première grande partie par une « phrase d'introduction partielle » : elle annonce la démarche que l'on se propose de suivre dans cette étape. Exemple d'une phrase d'introduction partielle : L'autobiographie libère l'auteur en ce sens qu'elle lui permet d'opérer une démarche sur lui-même qui touche à l'intime et qui relève de la catharsis, de l'autoanalyse et du besoin de se justifier. (La démarche est claire : I - Un acteur libérateur pour l'auteur qui exprime ce qu'il a d'enfoui en lui-même (thèse) a) la fonction cathartique (arg 1) b) l'autoanalyse (arg 2) c) le besoin de se justifier (arg 3) ) (suite : DISSERTATION) Chaque grande partie correspond à une thèse que l'on se propose de soutenir en réponse au sujet. Celle-ci est donc soutenue par des arguments (dans l'exemple 3 arguments : a) b) c) ). Chaque argument est développé en un paragraphe de 10 à 15 lignes et s'appuie obligatoirement sur un ou deux exemples concrets tirés du corpus et de sa culture personnelle (année scolaire ...) Exemple pour le 1er paragraphe : Tout d'abord le journal intime s'impose comme la forme autobiographique qui permet le mieux à l'auteur l'extériorisation des sentiments. George Sand trouve là un véritable ami auquel elle confie « à chaud » tristesse, chagrin, jalousie, désespoir, bref sa passion, alors qu'elle est sous le choc de sa rupture avec Musset. L'épanchement lyrique frappe le lecteur. « Et moi où suis-je, pauvre George ? » L'interrogation rhétorique témoigne de la liberté que s'autorise l'écrivain : monologue intérieur ? Dialogue avec elle-même ? La plume de George Sand libère Aurore Dupin, la femme qui souffre. L'acte de « purgation », se retrouve dans le terme employé par Montaigne dans ses Essais lorsqu'il admet s'être « dégorgé » par la plume d'actions que la pudeur lui interdisait d'exprimer d'autre manière. L'autobiographie remplit donc sa fonction cathartique mais elle libère l'auteur par d'autres aspects. Exemple d'une phrase de transition pour passer de la 1ère à la 2ème grande partie : L'écriture autobiographique est donc un acte salvateur pour celui qui s'épanche, ainsi se comprend mieux et se fait mieux entendre des autres ; mais cette fonction libératrice concerne aussi le lecteur comme nous allons le voir. A la fin du développement la dernière phrase fait le bilan de la démonstration de la dernière grande partie qui s'achève. La conclusion Elle se déroule en deux étapes : - le bilan, la réponse donnée à la question posée par le sujet : attention la formulation n'est pas celle de l'introduction. (L'introduction annonce les grandes directions, des thèses que l'on se propose de démontrer, mais le développement a permis de dégager des réponses plus précises !). - L'ouverture : il s'agit d'ouvrir le débat sur une perspective plus large, une réflexion d'ordre plus général sur l'objet d'étude ; on peut proposer une citation d'auteur appropriée mais on évite de terminer le devoir en formulant une question (celle-ci est souvent maladroite car elle pose en fait d'une autre manière la question du sujet !) Exemple de conclusion : Le genre de l'autobiographie a donc une double fonction libératrice : l'acte d'écrire est en soi un geste salvateur mais il touche également le lecteur plus que ne le font le roman ou l'apologue. La rencontre auteur/lecteur prend ici un sens particulier et permet aux hommes, par delà les siècles, de se sauver mutuellement. L'écriture autobiographique est d'ailleurs à ce point révélatrice de l'homme qui se cache derrière l'écrivain qu'elle incite bien souvent le lecteur à revisiter d'un oeil nouveau l'oeuvre qu'il connaît déjà afin de la redécouvrir ! METHODOLOGIE DE LA DISSERTATION Bien lire le sujet S'agit-il d'une interrogation totale (réponse par « oui » ou par « non » possible : on demande au candidat de prendre parti) ? La démarche sera dialectique (plan critique ou dialectique : thèse (on étaye), antithèse (on réfute), synthèse (on concède) - ou thèse antithèse - ou antithèse, thèse) : il faut donner son point de vue et le défendre en tenant compte du point de vue inverse. Même type de plan si l'on demande « Que pensez-vous de la position de Montaigne lorsqu'il dit que .... » : plan dialectique. S'agit-il d'une interrogation partielle (En quoi peut-on dire que ...) ? Le plan est thématique ou analytique. Si la consigne est « Comparez les deux prises de position des auteurs dans les texte A et B » : plan comparatif. S'agit-il d'une citation : il faut reformuler clairement la thèse exprimée Le plan mixte explique d'abord puis discute. Analyser ce sujet En relever les mots-clés - s'interroger sur les liens entre le sujet et la problématique littéraire, l'objet d'étude. Bien circonscrire le sujet (où commence et où se termine-t-il ? ) Rechercher les idées/arguments et les exemples Procéder, au brouillon, par association d'idées à partir des mots-clés - S'interroger sur ce que les documents du corpus peuvent m'apporter comme idées, comme indices - penser aux leçons sur l'objet d'étude, aux différents textes étudiés en rapport avec lui, aux oeuvres intégrales proposées pour illustrer la séquence, éventuellement à d'autres sujets de dissertation qui auraient un lien avec le sujet - penser à la 1ère partie de l'épreuve qui bien souvent, à travers la ou les questions posées peuvent donner des indices ... Rassembler les idées/arguments qui se rapportent à la même chose, au même domaine - repérer les plans qui au contraire s'opposent (l'individu / la société - l'auteur / le lecteur - culture / politique / religion - soi - même / l'autre - vie / mort - l'enfant / l'adulte - l'homme / la nature - l'éducation / l'intuition , etc. ...) Regrouper deux ou trois idées/arguments relevant du même plan : ces arguments vont donc étayer la même thèse (ce sera une grande partie du développement) Organiser ainsi, toujours au brouillon, le « squelette » du développement. Il faut 2 ou 3 grandes parties. La démonstration va toujours dans le sens du plus banal au plus pointu, de l'argument le plus évident, au plus percutant. Dans le cas d'un plan dialectique, on termine toujours par sa propre opinion. Rédiger au brouillon l'introduction et la conclusion pour en soigner le style Rédiger directement au propre le développement. Penser aux connecteurs logiques qui soulignent la logique du raisonnement. Soigner le style et respecter la ponctuation. Utiliser et développer les exemples avec précisions : il faut exploiter chaque exemple dans la perspective de la démonstration. Chaque paragraphe est argumentatif, non narratif ! Il faut montrer que telle oeuvre citée a bien été lue, donc être précis dans l'exploitation de l'exemple. Une expression, un passage retenus par coeur et cités (mettre les guillemets) peuvent servir un argument. Le titre d'une oeuvre doit toujours être souligné (ou en italique dactylographié). Relire au fur et à mesure le devoir, paragraphe par paragraphe. Le minimum attendu avoisine une soixantaine de lignes pour le développement.

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