Devoir de Philosophie

methode de dissertation

Extrait du document

Méthodologie de la dissertation I. Qu'est-ce qu'une dissertation ? C'est d'abord un sujet, formulé par une question. Mais pas n'importe quelle question : un sujet de dissertation, c'est une question qui pose problème. On ne peut pas répondre immédiatement par oui ou par non. Disserter, ce ne sera pas dire simplement oui, ou simplement non, ce sera explorer successivement diverses réponses possibles à la question, en en montrant les forces puis les faiblesses, en argumentant en leur faveur, puis en les critiquant. C'est donc un examen critique des différentes réponses possibles qui vise à aboutir à une solution au problème, à une réponse bien tranchée. Nous avions vu la différence entre l'opinion et la philosophie. La philosophie commence quand on refuse l'opinion et qu'on affirme « je sais que je ne sais rien ». Le point de départ de la dissertation, c'est cette ignorance consciente d'elle-même : je refuse d'avoir une opinion, une réponse toute faite à la question qui m'est posée. Donc, puisque je ne connais pas déjà la réponse, il va me falloir la chercher. Disserter, c'est chercher cette réponse dans plusieurs directions différentes, en règle générale trois, correspondant aux trois parties du plan. La dissertation vise à rendre compte du cheminement de la pensée qui va du problème à sa solution. Les différentes étapes de la dissertation sont comme un itinéraire fourni au lecteur pour qu'il parvienne au point d'arrivée que l'on a choisi. Comme tout itinéraire, il comprend des directions générales claires : on sait au départ où l'on va, et des indications détaillées qui permettent de ne pas se perdre. Comme tout itinéraire, il faut avoir fait tout le trajet, relevé toutes les difficultés, surmonté un certain nombre d'obstacles, s'être un peu perdu, avoir dû faire demi tour pour pouvoir le tracer pour quelqu'un d'autre. La dissertation retrace cette recherche avec ses erreurs, ses demi-tours, ses raccourcis parfois. Elle ne donne donc pas d'emblée la réponse la plus juste, elle retrace le chemin qu'il a fallu parcourir pour la trouver. La première partie commence donc par proposer une première direction, celle qui semble la plus évidente au départ, et établir comment on peut s'y rendre : par où exactement il faut passer, ce qu'il faut éviter, où il faut tourner, et même parfois de quoi il faut se munir pour y parvenir. Arrivé à la première destination, qui semblait être la bonne, on ne peut que constater qu'elle ne l'est pas. Il faut se demande où l'on s'est trompé, pourquoi, et comment s'en sortir : repartir au point de départ, faire temporairement demi-tour, aller plus loin ? La seconde partie propose alors une nouvelle direction, l'examine, établit comment s'y rendre. La démarche est la même que pour la première partie. La troisième partie fait la même chose, mais la destination doit être considérée cette fois comme atteinte. Il faut montrer que l'on est arrivé là où l'on voulait arriver, pourquoi cette destination vaut mieux que les précédentes. Pour le dire sans métaphore : La première partie propose une première réponse au problème, la développe, l'examine, la justifie, la confirme par d'autres analyses et en montre les limites en proposant une objection. La seconde partie développe cette objection, l'examine, la justifie, et propose une nouvelle direction. La troisième partie développe la dernière position, celle qui est la plus convaincante. Donc, cette fois-ci, il n'est pas question d'en montrer les limites ou de formuler des objections, on la soutient fermement. II. Préparation : A. Lire l'énoncé et l'analyser pour éviter le hors-sujet. Ex : L'oeuvre d'art peut-elle changer notre rapport au monde ? Si je dis > « non, l'oeuvre d'art ne peut pas changer le monde », est-ce que je réponds au sujet ? Non, car on ne demande pas si l'oeuvre d'art peut changer le monde, mais si elle peut changer notre rapport au monde, c'est-à-dire changer le regard qu'on porte sur lui. > une peinture, elle ne peut pas changer le monde, mais elle peut changer le regard qu'on porte sur les choses. Ex > Quand Van Gogh peint l'église d'Auvers-sur-Oise, il la donne à voir telle que nul ne l'avait jamais vu avant lui. On ne voit plus cette église comme on la voyait avant depuis que Van Gogh l'a peinte. Il faut donc commencer par bien identifier ce qui est demandé en analysant le sujet. D'abord, comprendre quelles sont les notions mises en jeu par le sujet. Ensuite, comprendre sur quel rapport entre ces notions on s'interroge. Il faut identifier le concept principal, c'est-à-dire ce sur quoi le sujet doit nous faire réfléchir. Ex : Puis-je juger la culture à laquelle j'appartiens ? > La culture. Peut-on parler des miracles de la technique ? > La technique. A quelles conditions un pouvoir est-il légitime ? > Le pouvoir. Peut-on forcer quelqu'un à être libre ? > La liberté. Un solitaire peut-il vivre heureux ? > Le bonheur. L'oeuvre d'art peut-elle changer notre rapport au monde ? > L'oeuvre d'art. Le concept principal, c'est celui sur lequel il va falloir s'interroger, il va falloir chercher à le définir. Ensuite, identifier le concept secondaire, qui est celui auquel on doit confronter le concept principal. Ex : Peut-on parler des miracles de la technique ? > Le miracle. A quelles conditions un pouvoir est-il légitime ? > La légitimité. Un solitaire peut-il vivre heureux ? > La solitude. L'oeuvre d'art peut-elle changer notre rapport au monde ? > Le rapport au monde. Ensuite, il faut prendre en compte tous les petits mots qui déterminent le sujet. > Les adjectifs, les verbes, les adverbes qui précisent le sujet Ex : Les droits de l'homme sont-ils les seuls fondements du droit ? et Les droits de l'homme sont-ils les fondements du droit ? Ce n'est pas le même sujet. Ex : Faut-il raisonner pour être juste envers autrui ? Suffit-il de raisonner pour être juste envers autrui ? Pas le même sujet, car on peut répondre oui à la première question et non à la deuxième. Ex : En quel sens une guerre peut-elle être juste ? Y a-t-il des guerres justes ? La première formulation suppose qu'il y a des guerres justes, pas la deuxième. Ex : Le bonheur consiste-t-il à satisfaire ses désirs ? Le bonheur consiste-t-il à satisfaire tous ses désirs ? Le concept principal > le bonheur. Le concept secondaire, qui précise ce qu'on demande du bonheur, c'est le désir. Consiste > est égal à, est équivalent à. Tout > la notion de totalité, de complétude, il faudra se demander si cette notion de complétude appartient forcément au bonheur. B. > le travail de réflexion au brouillon : l'objectif, c'est d'aller vers un plan et une problématique. Seulement, la pensée humaine n'est pas immédiate, instantanée, elle se développe dans le temps, dans la succession. Pour cette raison, il serait vain de chercher à obtenir tout de suite un tel résultat. Il ne faut surtout pas paniquer si au bout de dix minutes de réflexion, on n'a pas trouvé de problématique ni de plan, c'est tout à fait normal : ils sont l'aboutissement d'un processus lent, un peu désordonné, de réflexion, où chacun cherche, tâtonne, trouve, revient parfois en arrière, selon un chemin qui lui est propre. C'est pour cette raison que chaque dissertation sera différente selon les individus pour un sujet pourtant identique. Il faut donc passer au moins une heure à réfléchir de manière très concentrée et intense sur le sujet, sans paniquer, sans s'angoisser en se disant qu'on ne trouve rien, mais au contraire en laissant les idées venir. Comment faire pour que les idées viennent ? Il faut d'abord les laisser venir, c'est-à-dire avoir un minimum confiance en soi, ne pas se dire, dès qu'une idée vient, « c'est nul, ca ne vaut rien », mais prendre le temps d'y réfléchir. Le mieux est encore d'écrire. Ce n'est pas parce qu'on a une idée qu'on écrit, c'est parce qu'on écrit qu'on a une idée qui vient. Un élève qui passe la première demi-heure des quatre heures le nez en l'air à chercher est mal parti. Il faut écrire tout de suite, dès qu'on lit le sujet : réfléchir à l'écrit, au brouillon, en écrivant un maximum de choses, en les développant au maximum et en se laissant aller au mouvement de l'écriture. Ne pas se dire que ce qu'on écrit est mauvais > c'est du brouillon. L'important est d'écrire beaucoup, pour chercher, quitte à raturer ensuite. Comment chercher ? Il faut analyser tous les termes du sujet, essayer de les définir, car dans le devoir, il faudra les définir. Réfléchir sur leur sens : - Se demander s'ils ont plusieurs sens et si oui comment ils s'articulent, et se dire alors qu'il faudra faire jouer les différents sens des termes dans le devoir. Ex : Nature. 1er sens : l'environnement non-humain, qui fait face à l'homme. 2ème sens : la nature humaine, son essence d'homme, son humanité même. Autre ex : « l'histoire a-t-elle un sens ? » Sens 1 > la signification. 2 > la direction. Ex : pour un sujet qui commence par « peut-on ? », faire jouer les différents sens > celui de la possibilité (est-il possible de... ?) et celui de la permission (par la morale ou par le droit : « puis-je fumer ici ? »). Ex : pour un génitif (« de ») se demander si c'est subjectif ou objectif, si on peut faire jouer les deux sens. « La connaissance de Dieu » > cela peut être la connaissance que l'homme a de Dieu (génitif objectif) ou la connaissance que Dieu a des choses (génitif subjectif). La bonne dissertation est celle qui fait jouer les différents sens du sujet. Pour « le bonheur consiste-t-il à satisfaire tous nos désirs ? &ra...

« La première partie propose une première réponse au problème, la développe, l’examine, la justifie, la confirme par d’autres analyses et e n montre les limites en proposant une objection . La seconde partie développe cette objection, l’exam ine, la justifie, et propose une nouvelle direction. La troisième partie développe la dernière position, celle qui est la plus convaincante. Donc, cette fois-ci, il n’est pas question d’en mon trer les limites ou de formuler des objections, on la soutient fermement. II. Préparation : A. Lire l’énoncé et l’analyser pour éviter le hors-suj et. Ex : L’œuvre d’art peut-elle changer notre rapport au monde ? Si je dis > « non, l’œuvre d’art ne peut pas change r le monde », est-ce que je réponds au sujet ? Non, car on ne demande pas si l’œuvre d’art peut ch anger le monde, mais si elle peut changer notre rapport au monde, c’est-à-dire changer le reg ard qu’on porte sur lui. > une peinture, elle ne peut pas changer le monde, mais elle peut change r le regard qu’on porte sur les choses. Ex > Quand Van Gogh peint l’église d’Auvers-sur-Ois e, il la donne à voir telle que nul ne l’avait jamais vu avant lui. On ne voit plus cette église comme on la voyait avant depuis que Van Gogh l’a peinte. Il faut donc commencer par bien identifier ce qui e st demandé en analysant le sujet. D’abord, comprendre quelles sont les notions mises en jeu par le sujet . Ensuite, comprendre sur quel rapport entre ces notions on s’interroge . Il faut identifier le concept principal , c'est-à-dire ce sur quoi le sujet doit nous faire réfléchir. Ex : Puis-je juger la culture à laquelle j’appartie ns ? > La culture. Peut-on parler des miracles de la technique ? > La technique. A quelles conditions un pouvoir est-il légitime ? > Le pouvoir. Peut-on forcer quelqu’un à être libre ? > La libert é. Un solitaire peut-il vivre heureux ? > Le bonheur. L’œuvre d’art peut-elle changer notre rapport au mo nde ? > L’œuvre d’art. Le concept principal, c’est celui sur lequel il va falloir s’interroger, il va falloir chercher à le définir. Ensuite, identifier le concept secondaire, qui est celui auquel on doit confronter le concept principal. Ex : Peut-on parler des miracles de la technique ? > Le miracle. A quelles conditions un pouvoir est-il légitime ? > La légitimité. »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles