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Mirabeau: Sur le renvoi des ministres (16 juillet 1789) Sur la sanction royale (1er septembre 1789) Sur la banqueroute (26 septembre 1789)

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mirabeau

seulement à manifester l'opinion de nos commettants' sur tel ou tel ministre. Eh ! comment nous refuseriez vous ce simple droit de déclaration, vous qui nous accordez celui de les accuser, de les poursuivre, et de 15 créer le tribunal qui devra punir ces artisans d'iniquités2 dont, par une contradiction palpable, vous nous proposez de contempler les œuvres dans un respectueux silence ? Ne voyez vous donc pas combien je fais aux gouvernants un meilleur sort que vous ? combien je suis plus 20 modéré ? Vous n'admettez aucun intervalle entre un morne silence et une dénonciation sanguinaire ; se taire ou punir, obéir ou frapper, voilà votre système ; et moi, j'avertis avant de dénoncer ; je récuse avant de flétrir ; j'offre une retraite à l'inconsidération3 ou à l'incapacité 25 avant de les traiter de crimes. Qui de nous a plus de mesure et d'équité ?

 

Mais voyez la Grande Bretagne ! Que d'agitations populaires n'y occasionne pas ce droit que vous réclamez ! C'est lui qui a perdu l'Angleterre. L'Angleterre est 30 perdue ! Ah, grand Dieu ! quelle sinistre nouvelle ! Et par quelle latitude s'est-elle donc perdue ? ou quel tremblement de terre, quelle convulsion de la nature a englouti cette île fameuse, cet inépuisable foyer de si grands exemples, cette terre classique des amis de la 35 liberté ? [ ...]

 

[...] Mais rassurez-vous. L'Angleterre fleurit encore pour l'éternelle instruction du monde ; l'Angleterre répare dans un glorieux silence les plaies qu'au milieu d'une fièvre ardente elle s'est faites ; l'Angleterre développe

Sur le renvoi des ministres

 

(16 juillet 1789)

Mirabeau répond ici à Mounier, membre de la droite de l'Assemblée, soucieuse de maintenir les prérogatives royales et l'indépendance du pouvoir exécutif, et qui venait de déclarer : « Mon avis est donc qu’on peut demander le rappel de M. Necker, mais uniquement parce que le roi a demandé hier des conseils à l'Assemblée nationale pour le retour de la paix, et que le meilleur qu'elle puisse lui donner, c'est le rappel de M. Necker. »

 

Ce discours est caractéristique de la phase « montante » de la carrière de Mirabeau. Les premières convulsions révolution naires n'ont pas encore abouti à un régime constitutionnel stable. En définissant ce régime, qui n’est jusqu'ici qu'un idéal, Mirabeau est porté par la totalité des forces révolutionnaires du pays.

 

[ ...] Vous oubliez que ce peuple, à qui vous opposez les limites des trois pouvoirs1, est la source de tous les pouvoirs, et que lui seul peut les déléguer ; vous oubliez que c'est au souverain2 que vous disputez le contrôle s des administrateurs ; vous oubliez enfin que nous, les représentants du souverain, nous, devant qui sont suspendus tous les pouvoirs, et même ceux du chef de la nation s'il ne marche point d'accord avec nous ; vous oubliez que nous ne prétendons point à placer ni 10 déplacer les ministres en vertu de nos décrets, mais

Sur la sanction royale

 

( 1er septembre 1789)

 

Le problème du veto départagea les opinions des constituants. Mirabeau s'attache surtout à maintenir en équilibre la puissance royale et la souveraineté populaire pour éviter à la fois le despotisme monarchique et le despotisme démagogique. M. Aulard résume très exactement ainsi l'argumentation de Mirabeau : « Le roi a les mêmes intérêts que le peuple. Or,

« Sur le renvoi des ministres (16 juillet 1789) Mirabeau répond ici à Mounier, membre de la droite de l'Assemblée, soucieuse de maintenir les prérogatives royales et l'indépendance du pouvoir exécutif, et qui venait de déclarer : « Mon avis est donc qu'on peut demander le rappel de M. Necker, mais uniquement parce que le roi a demandé hier d es conseils à l'Assemblée nationale pour le retour de la paix, et que le meilleur qu'elle puisse lui donner, c'est le rappel de M. Necker. , Ce discours est caractéristique de la phase « montante ,, de la carrière de Mirabeau. Les premières convulsions révolution naires n'ont pas encore abouti à un régime constitutionnel stable. En définissant ce régime, qui n'est jusqu'ici qu'un idéal, Mirabeau est porté par la totalité des forces révolutionnaires du pays. [ ... ] Vous oubliez que ce peuple, à qui vous opposez les limites des trois pouvoirs1, est la source de tous les pouvoirs, et que lui seul peut les déléguer ; vous oubliez que c'est au souverain2 que vous disputez le contrôle s des administrateurs ; vous oubliez enfin que nous, les représentants du souverain, nous, devant qui sont suspendus tous les pouvoirs, et même ceux du chef de la nation s'il ne marche point d'accord avec nous ; vous oubliez que nous ne prétendons point à placer ni 10 déplacer les ministres en vertu de nos décrets, mais 1. Trois pouvoirs :tels que Montesquieu les avait définis dans 1" Esp rit des lois (Xl, 6) : législatif, exécutif et judiciaire. 2. Souverain : au sens de Rousseau, le peuple souverain. »

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