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Peut-on penser philosophiquement la pluralité des philosophies ?

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Mais celles qui nous paraissent à nous juste? Pourquoi à nous plutôt qu'aux Syriens, plutôt qu'aux Égyptiens ? Plutôt que celles qui paraissent telles à moi ou à un tel? Pas plus les unes que les autres.  Donc l'opinion de chacun n'est pas suffisante pour déterminer la vérité. Nous ne nous contentons pas non plus quand il s'agit de poids ou de mesures de la simple apparence, mais nous avons inventé une norme pour ces différents cas. Et dans le cas présent, n'y a-t-il donc aucune norme supérieure à l'opinion? Et comment est-il possible qu'il n'y ait aucun moyen de déterminer et de découvrir ce qu'il y a pour les hommes de plus nécessaire? Il y a donc une norme. Alors, pourquoi ne pas la chercher et ne pas la trouver, et après l'avoir trouvée, pourquoi ne pas nous en servir par la suite rigoureusement, sans nous en écarter d'un pouce?

Le sujet proposé repose sur une thèse implicite qui est celle du but du travail philosophique. En effet, si la pluralité évoquée peut être un argument contre les philosophes, c'est dans la mesure où elle contredit et, de là, invalide la prétention de ces derniers à produire certains discours, les discours vrais. Le philosophe est en effet celui qui s'efforce d'énoncer des vérités, c'est-à-dire des propositions en adéqauqation avec les choses qu'elles visent. Cependant, pour se distinguer de la simple opinion, qui peut aussi dire, fortuitement, le vrai, la vérité que cherche à atteindre le philosophe doit être prouvée rationnellement. La preuve, qu'elle soit logique ou expérimentale est ainsi capitale dans l'activité du philosophe car elle lui permet d'énoncer une proposition proprement vraie, c'est-à-dire nécessaire (qui ne peut pas ne pas être), voire universelle (qui vaut pour tous les êtres visés).

Dès lors, il est facile de voir en quoi la pluralité des philsophies pose problème. Cette dernière, qui se manifeste d'ailleurs souvent dans des conflits met en effet à mal le caractère de nécessité et d'universalité visé dans leur discours.

Plus qu'un argument contre la qualité des philsophes, il s'agit d'un argument contre la prétention même de ces derniers à atteindre le vrai qui, s'il doit être nécessaire et universel, ne saurait tolérer des énonciations multiles, voire contradictoires, entre elles.

Le scepticisme, qui prétend ainsi rester dans le doute quant à ce qu'il énonce opère donc d'abord un travail négatif en mettant en question la tâche même que s'assignent les philsophes et surtout leur certitude dogmatique d'être dans le vrai.

 

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