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tends donc que ce que les enfants commencent par ressentir

Publié le 22/10/2012

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tends donc que ce que les enfants commencent par ressentir à leur façon, c'est le plaisir et la douleur, et que c'est là le lieu où le vice et la vertu commencent par s'installer dans leur âme, alors que le bon sens et l'assurance des jugements vrais, c'est une chance s'ils adviennent à l'homme, même en sa vieillesse ; du moins leur possession avec tout ce qu'ils comportent de bien est-elle le fait de l'homme accompli. Aussi ce que j'appelle éducation c'est l'acquisition première que les enfants font de la valeur morale que plaisir et amour, douleur et haine viennent à bien s'installer dans leurs âmes à un âge où ils ne sont pas encore capables d'en saisir la raison, puisque, cet âge venu, ces sentiments entrent en harmonie avec cette raison pour avoir été accoutumés par les habitudes convenables, cette harmonie constitue le tout de la vertu ; quant à l'aspect de formation qu'elle comporte en matière de plaisirs et de douleurs en disposant judicieusement à haïr toute sa vie ce qu'il faut haïr, à aimer ce qu'il faut aimer, c'est cet aspect que mon propos distingue pour l'appeler éducation, dénomination correcte à mon sens... La bonne formation des plaisirs et des peines constituant la matière de l'éducation, les hommes au cours de leur vie y portent relâche et atteinte à divers égards. Mais les dieux ont pitié de leur race naturellement vouée à la peine : comme autant de pauses dans leurs travaux, ils ont institué l'alternance de fêtes en leur honneur, leur ont délégué, pour les concélébrer, les Muses, Apollon qui les conduit et Dionysos, afin de les amender et ils les ont gratifiés de modes de vie qui sont nés de fêtes célébrées en compagnie de dieux. La thèse que nous exaltons présentement est-elle pour nous vraie selon la nature ou autrement, c'est ce qu'il nous faut voir. Elle prétend que tout être jeune pour ainsi dire est incapable de maintenir en repos son corps et sa voix, qu'il ne cesse de chercher à remuer et à se faire entendre, soit qu'il saute et bondisse comme s'il dansait de joie et se jouait, soit qu'il émette toutes sortes de cris. Elle soutient, d'autre part, que les autres vivants ne possè- dent pas le sens de l'ordre et du désordre dans leurs mouvements, de ce qu'on nomme : rythme et harmonie, alors que, en ce qui nous concerne, ce sont les dieux, dont nous avons dit qu'ils nous avaient été donnés pour danser avec nous, qui, après nous avoir également enseigné le sens du rythme et de l'harmonie unis au plaisir, nous ont mis en branle et se sont faits nos chorèges, nous entrelaçant les uns aux autres par des chants et des danses, ce qu'ils ont appelé choeur, du nom qui convient naturellement à la joie. Commencerez-vous par admettre cela et par poser que la première éducation est l'oeuvre des Muses et d'Apollon ? Ainsi, pour nous, « privé d'éducation « voudra dire « privé de choeur « et nous dirons qu'il faut tenir pour ayant reçu une éducation, celui qui a une pratique suffisante du choeur. Lois II, 652b-654b b) L'éducation par le beau. [SOCRATE] Les artistes dont il faut nous mettre en quête, ce sont ceux qu'un heureux don naturel a mis à même de suivre à la piste ce dont la nature est d'avoir valeur de beauté, pour que, tels des gens qui vivent dans un climat sain, les jeunes fassent profit de tout ; pour que, telle la brise venant des contrées salubres apporte la santé, de belles oeuvres viennent de toutes parts s'offrir à leurs yeux et à leurs oreilles et insensiblement les amènent dès la prime enfance à imiter, à aimer ce qui est beau dans la raison et à se mettre à son unisson... N'est-ce pas là, Glaucon, ce qui fait la souveraineté de la culture musicale : rien ne pénètre davantage au fond de l'âme que le rythme et l'harmonie, rien ne s'attache plus fortement à elle en apportant la beauté ; elle la rend belle, si du moins elle a été correctement pratiquée, car dans le cas contraire, c'est l'inverse. D'un autre côté, qui l'a pratiquée comme il faut est tout particulièrement sensible à la négligence des oeuvres mal travaillées ou mal venues ; c'est à bon droit qu'il s'en détourne avec irritation pour accorder son approbation à celles qui sont belles ; y prenant plaisir et les accueillant en son âme, il s'en nourrit et devient un homme accompli ; c'est à bon droit qu'il dénonce la laideur et la prend en haine, tout jeune encore et avant même d'être capable de raisonner ; et lorsque la raison lui vient, celui qui a reçu une telle culture est tout disposé à lui accorder l'accueil empressé qu'on réserve à une parenté proche. République III, 401e-402c 7. L'ÉDUCATION SCIENTIFIQUE a) L'arithmétique. [SOCRATE-GLAUCON] — S. Ce que je voulais dire, c'est ceci : il y a des objets qui incitent à penser, d'autres non ; je mettais dans la première catégorie ceux qui donnent lieu à une sensation contenant des impressions qui se contredisent, et je disais des autres qu'ils n'incitent pas à penser. — G. Maintenant je comprends et je t'approuve. — S. Alors, dans quelle catégorie mets-tu le nombre et l'unité ? — G. Je ne sais pas. — S. Voyons, réfléchis à partir de ce que nous venons de dire : si la vue ou un autre sens suffit à saisir l'unité en elle-même, elle n'est pas propre à tirer l'âme vers la réalité, exactement comme nous le disions du doigt ; mais si on y voit toujours en même temps ce qui s'oppose à elle, en sorte qu'elle n'apparaisse pas plus une que multiple, alors un arbitrage s'impose, en ce cas l'âme est obligée d'hésiter et de chercher : mettant en elle-même la réflexion à l'oeuvre, il lui faut se demander ce que peut bien être l'unité en soi, et ainsi l'étude de l'unité serait de celles qui incitent l'âme à se tourner vers la contemplation du réel. — G. Mais bien

« L'ÉDUCATION ( voudra dire et nous dirons qu'il faut tenir pour ayant reçu une éducation, celui qui a une pratique suffisante du chœur. Lois Il, 652b-654b b) L'éducation par le beau. [SOCRATE] Les artistes dont il faut nous mettre en quête, ce sont ceux qu'un heureux don naturel a mis à même de suivre à la piste ce dont la nature est d'avoir valeur de beauté, pour que, tels des gens qui vivent dans un climat sain, les jeunes fassent profit de tout ; pour que, telle la brise venant des contrées salubres apporte la santé, de belles œuvres viennent de toutes parts s'offrir à leurs yeux et à leurs oreilles et insensiblement les amènent dès la prime enfance à imiter, à aimer ce qui est beau dans la raison et à se mettre à son unisson ... N'est-ce pas là, Glaucon, ce qui fait la souveraineté de la culture musicale : rien ne pénètre davantage au fond de l'âme que le rythme et l'harmonie, rien ne s'attache plus fortement à elle en apportant la beauté ; elle la rend belle, si du moins elle a été correctement pratiquée, car dans le cas contraire, c'est l'inverse. D'un autre côté, qui l'a pratiquée comme il faut est tout particulièrement sensible à la négligence des »

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