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CHAPITRE 8 : QUELS SONT LES CARACTERISTIQUES ET LES FACTEURS DE LA MOBILITE SOCIALE ?

Publié le 24/09/2023

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« CHAPITRE 8 : QUELS SONT LES CARACTERISTIQUES ET LES FACTEURS DE LA MOBILITE SOCIALE ? - - - Savoir distinguer la mobilité intergénérationnelle des autres formes de mobilité (géographique et professionnelle) Comprendre les principes de construction, les intérêts et les limites des tables de mobilité comme instrument de mesure de la mobilité sociale Comprendre que la mobilité observée comporte une composante structurelle (mobilité structurelle) ; comprendre que la mobilité peut aussi se mesurer de manière relative indépendamment des différences de structure entre origine et position sociale (fluidité sociale) et qu’une société plus mobile n’est pas nécessairement une société plus fluide. A partir de la lecture des tables de mobilité, être capable de mettre en évidence des situations de mobilité ascendante, de reproduction sociale et de déclassement, et de retrouver les spécificités de la mobilité sociale des hommes et de celles des femmes. Comprendre comment l’évolution de la structure socioprofessionnelle, les niveaux de formation et les ressources ainsi que les configurations familiales contribuent à expliquer la mobilité sociale. INTRODUCTION Le droit à la mobilité est l’un des principes fondamentaux des démocraties libérales énoncé par la Déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen.

La mobilité géographique est d’ailleurs un droit générique dans la mesure où il conditionne les autres droits (santé, logement).

Mais la mobilité n’implique pas toujours de déplacement physique, elle peut consister à se déplacer au sein de la société pour les individus comme pour des groupes sociaux. I .COMMENT MESURER LA MOBILITE SOCIALE Aujourd’hui, un individu a la possibilité de se déplacer dans l’espace social : il n’est pas, en principe, destiné à hériter de la position sociale de ses parents.

Pour mesurer ce phénomène, il est important de définir ce que l’on entend par « mobilité sociale ». A.

Différentes formes de mobilité La mobilité sociale désigne, au sens large, la circulation des individus ou groupes entre les positions sociales, tout déplacement au sein d’une structure sociale. La mobilité sociale peut être analysée sous plusieurs angles (INSEE) : on distingue notamment - Les mobilités intergénérationnelles (entre deux générations : situation du père et du fils au même âge sont examinées) Les mobilités intra générationnelles (parcours professionnel de l’individu : promotion sociale) Les mobilités horizontales ou verticales (ascendante ou descendante), structurelle et nette : 1   la mobilité est dite « horizontale » lorsque l’individu a une PCS différente de ses parent, tout en restant dans un statut social équivalent.

Expl.

Un fils d’ouvrier devient employé, le fils d’un agriculteur-exploitant devient chef d’entreprise la mobilité est dite « verticale » lorsque l’individu évolue au sein des statuts sociaux.

Elle est ascendante lorsque la position sociale de l’individu (la PCS actuelle) progresse au cours de sa carrière (par expl.

Un ouvrier devient cadre) ou lorsque sa position sociale est plus élevée que son origine sociale, c’est-à-dire la PCS de ses parents (en général, le père).

Elle peut être descendante en cas de perte de statut en cours de carrière (déclassement intragénérationnel) ou lorsque la position sociale de l’individu est moins élevée que son origine sociale (déclassement intergénérationnel). - Les mobilités géographiques (même si la mobilité spatiale peut-être liée à la mobilité sociale, les deux se distinguent).

La mobilité géographique induit un changement de lieu de résidence, lié ou non à un changement de lieu de travail.

Cette mobilité peut être nationale ou internationale (émigration, immigration, expatriation). - La mobilité professionnelle résulte d’un changement de situation professionnelle (d’entreprise ou d’employeur, de branche, ou d’activité.) sans que cela ne modifie nécessairement le statut social et la qualification B.

La mesure de la mobilité intergénérationnelle Pour mesurer la mobilité sociale entre les générations, l’INSEE construit des tables de mobilité.

Elles se présentent sous forme d’un tableau à double entrée qui permet de décrire la position sociale d’une génération d’hommes en fonction de la position sociale de leur père.

Il y a reproduction sociale (ou immobilité sociale) si la catégorie sociale du fils est la même que celle du père.

Dans le cas inverse, on parle de mobilité verticale ascendante ou descendante. Cette table de mobilité est le plus souvent présentée sous deux formes : - La table des destinées qui permet de connaître la position sociale du fils en fonction de cette qu’occupait le père.

On répond à la question « que sont-ils devenus ? (ou « que sont devenus les fils/filles originaire de telle PCS ? ») Dans une table de destinée, la colonne « ensemble » décrit la structure socioprofessionnelle des fils ou filles et indique ce que serait la probabilité d’appartenir à telle ou telle PCS en situation de parfaite mobilité sociale& 2 - La table de recrutement (ou d’origine) qui permet, elle, de connaître la position sociale qu’occupaient les pères en fonction de celle occupée aujourd’hui par leurs fils.

On répond à la question « d’où viennent-ils ? » (Quelle est l’origine sociale des membres d’une catégorie sociale).

La ligne « Ensemble » correspond à la répartition socioprofessionnelle des pères et indique quelle serait la probabilité de provenir de telle ou telle PCS en situation de parfaite mobilité sociale. L’étude de ces tables montre une société française peu mobile (cette immobilité s’observe sur la diagonale des tables) par rapport à l’idéal d’égalité des chances : les trajets sociaux sont courts, surtout autour des classes moyennes.

Cependant la mobilité sociale existe, malgré les inégalités de départ.

Elle se fait le plus souvent sur deux ou trois générations. C.

Mobilité observée et mobilité relative On oppose la mobilité nette, qui est indépendante des changements structurels, à la mobilité structurelle qui est la conséquence de l’évolution des structures sociales (avec le déclin du secteur primaire, les fils d’agriculteurs connaissent une mobilité sociale). La mobilité brute (ou observée) se lit sur les tables de mobilité à travers un taux absolu de mobilité.

En France, les sociologues de la mobilité sociale avaient pour habitude retrancher de la mobilité observée ce qui correspond à la mobilité structurelle, afin de dégager ce qui relevait d’une volonté des acteurs, à savoir la mobilité nette. Mobilité brute (ou observée) = mobilité structurelle + mobilité nette. Plus la mobilité nette est élevée, plus la société permet des changements de position.

On estime que la mobilité structurelle représente une part de 27% environ en 2015, contre 40% en 1977 : l’impact de la mobilité structurelle est moins marqué à l’heure actuelle qu’au cours des 30 glorieuses. On peut également opposer la mobilité observée et la fluidité sociale.

La mobilité observée correspond aux taux absolus de mobilité lisibles dans les tables de mobilité, tandis que la fluidité sociale est une mobilité relative. La mesure de la fluidité sociale (John Goldthrope) se fait grâce à la méthode de l’Odds ratio (rapport de chances relatives) qui compare les probabilités d’accès à une position socioprofessionnelle pour des individus issus de deux catégories sociales différentes.

Expl : effectif des fils de cadre devenus cadre/ effectif des fils de cadre devenus ouvriers : effectif des fils d’ouvriers devenus cadres/effectif des fils d’ouvriers devenus ouvriers (chance de devenir cadre plutôt qu’ouvrier quand on est fils de cadre est …… fois plus important que celles de devenir cadre plutôt qu’ouvrier quand on est fils d’ouvrier, en 2015) 3 Calcul d’un Odd Ratio : Cas du rapport de chances d’accéder à une position de cadre… En pourcentage % …plutôt qu’ouvrier pour un fils de cadre relativement à un fils d’ouvrier ….plutôt qu’agriculteur pour un fils de cadre par rapport à un fils d‘agriculteur …plutôt qu’employé pour un fils de cadre par rapport à un fils d’employé 1977 1993 2003 2015 81,7 39,3 26,9 19,4 268 166 372 326,4 8,8 3,2 6,3 4,3 Cela permet de comparer des trajectoires indépendamment des mutations de la structure sociale : si un fils de cadre a 27 fois plus de chances de devenir cadre, plutôt qu’ouvrier qu’un fils d’ouvrier en 2003 et seulement 19 fois plus en 2015, c’est que la fluidité sociale s’est accrue indépendamment de l’évolution du nombre d’ouvriers et de cadres. Une forte fluidité sociale caractérise une société où des individus issus de catégories sociales différentes ont des probabilités similaires d’accéder à une position sociale, prestigieuse ou non : « l’ascenseur social » fonctionne dans les deux sens, la force du lien entre origine et destinées s’affaiblit, c’est-à-dire que les inégalités d’accès aux différentes positions sociales se réduisent. Une société est fluide si les chances de devenir cadre s’accroissent pour tous lorsque la proportion de cadres croît dans la population active.

Mais sans changement de structure, pour qu’une société soit plus fluide, il faut que plus d’enfants d’ouvriers montent dans les catégories plus élevées et que plus d’enfants de ces derniers soient déclassés.

Une société très fluide produit alors beaucoup de promotions et en même temps beaucoup de déclassements sociaux.

C’est ce que l’on observe dans les tables de mobilité de 2015. Une mobilité observée (ou brute) croissante ne signifie pas forcément une fluidité sociale plus grande.

Ainsi, si un nombre croissant d’enfants d’ouvriers ou d’employés deviennent cadres, il se peut que, dans le même temps, la.... »

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