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Publié le 22/01/2026
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Vademecum
sociales
sciences
économiques
Programme de première
Sommaire
I.
II.
III.
IV.
V.
VI.
VII.
Préambule du programme – quelques notions d’épistémologie
a.
Ce qui caractérise les sciences
b.
Ce qui caractérise les sciences sociales
c.
Les sciences économiques et sociales au lycée
Résumé du programme de sociologie
a.
La socialisation
b.
Groupes et liens sociaux
c.
Déviance et contrôle social
Résumé du programme d’économie
a.
Monnaie et financement de l’économie
b.
Les marchés
Résumé du programme de sciences politiques
a.
Démocratie, opinion publique et comportements électoraux
Résumé du programme « regards croisés »
a.
La gestion des risques dans les sociétés développées
Lexique
et
I.
Préambule du programme – Quelques notions d’épistémologie
a.
Ce qui caractérise les sciences
Les sciences économiques et sociales (SES) est une discipline scolaire qui existe en France depuis 1966.
Elle
combine plusieurs sciences sociales, principalement l’économie et la sociologie.
Comprendre les SES suppose donc
de se rappeler ce qu’est une science en général et une science sociale en particulier.
C’est ce qu’on appelle
« l’épistémologie », la branche de la philosophie qui cherche à comprendre ce qu’est une science et comment elle
parvient à produire des connaissances solides qui nous permettent, par exemple, d’envoyer un homme sur la lune
ou de prévoir à l’avance le taux de chômage.
Une science est un ensemble organisé de connaissances.
Ces connaissances sont structurées pour répondre à
des questions vérifiables.
Même si la vérification n’est parfois qu’indirecte, on ne peut parler de question
scientifique qu’à propos de ce qui est, d’une façon ou d’une autre, vérifiable.
On ne cherchera donc pas à répondre
à des questions telles que « Dieu existe-t-il ? » en science car cette question échappe à la vérification empirique.
Pour cela, tous les scientifiques procèdent de la même façon :
Ils élaborent des hypothèses, c’est-à-dire des réponses possibles à la question posée, des « pistes de
travail ».
La recherche devra montrer si l’hypothèse est vraie ou fausse.
Lorsque plusieurs hypothèses sont reliées entre elles de façon logique et forment un cadre d’analyse, on
parle de modèle.
Un modèle est une abstraction théorique qui vise à mieux comprendre la réalité en la
simplifiant.
Le modèle le plus simple est la carte routière : elle simplifie la réalité géographique en
représentant celle-ci à une échelle agrandie par rapport à la réalité.
Ils collectent des données (le plus souvent statistiques) ;
Ils réalisent des expérimentations, c’est-à-dire des expériences dans un cadre contrôlé.
Ce travail doit pouvoir répondre de façon rigoureuse à la question posée, car ce qui caractérise les sciences, c’est
leur capacité à produire des énoncés objectifs, par opposition aux expériences subjectives, parfois fausses
(ex.
le soleil tourne autour de la Terre).
On peut ainsi distinguer les scientifiques des poètes, des religieux, des
écrivains, des artistes en général dont le regard sur la réalité peut être très intéressant mais ne peut pas être
qualifié de scientifique ou d’objectif.
Lorsque, sur un sujet donné, un grand nombre de scientifiques sont du même avis (par exemple, l’existence du
réchauffement climatique ou le rôle du tabac dans le cancer du poumon) on parle de consensus scientifique.
Sur certains sujets, le consensus n’existe pas car la question est encore débattue et la recherche n’est pas assez
avancée.
b.
Ce qui caractérise les sciences sociales
On peut schématiquement classer les sciences en deux grands groupes :
Celle qui étudient les phénomènes naturels, comme par exemple la chimie, la biologie, la physique.
On
peut, à l’intérieur de ce groupe, distinguer les sciences qui étudient les phénomènes matériels (comme la
physique ou la volcanologie) des sciences qui étudient le monde vivant (comme la médecine ou la
biologie).
Celles qui étudient l’être humain, qu’on appelle sciences sociales, ou parfois sciences humaines.
Il
existe un grand nombre de sciences humaines : le droit étudie par exemple les systèmes juridiques ;
l’histoire étudie les sociétés du passé ; la linguistique étudie les langues, la psychologie étudie l’esprit
humain, etc.
Au fond, toutes ces disciplines cherchent à répondre à la même question centrale : comment
expliquer le comportement humain ?
Par rapport aux sciences de la nature, les sciences sociales nécessitent davantage de contextualisation.
Si des
lois existent en sciences sociales (ex.
la loi de l’offre et de la demande, cf.
infra), elles ne peuvent cependant pas
être généralisées au même degré que les lois des sciences de la nature (ex.
la loi de la gravité).
De plus, toutes
les expérimentations ne sont pas possibles en sciences sociales : si laisser mourir des cellules dans une boite de
pétri ne pose aucun problème éthique, on ne peut pas en dire autant d’une expérience qui consisterait à laisser
mourir des humains dans une cellule.
Certaines expériences ne sont pas non plus faciles à reproduire (ex.
une crise financière), même si l’usage de
l’informatique facilite les modélisations complexes.
Les scientifiques doivent alors s’appuyer sur le passé pour
comprendre l’avenir (par ex.
classer les différentes crises économiques selon leurs causes).
Modéliser pour
prévoir l’avenir est un critère essentiel qui distingue les sciences des pseudo-sciences.
Là encore, le degré de
certitude est plus faible en sciences sociales.
Un astrophysicien pourra prévoir avec une certitude absolue,
plusieurs décennies à l’avance, le passage d’une comète, car il ne s’agit « que » de calculs qui reposent sur des
lois certaines et régulières, la marge d’erreur est donc faible (dans cet exemple, elle est liée à la force de
l’attraction terrestre sur un objet céleste, qui peut légèrement varier) ; ce ne sera pas le cas pour un politologue
ou un économiste qui pourra au mieux prévoir une crise quelques mois à l’avance, car les réactions humaines ont
toujours une part d’imprévisibilité.
Certaines sciences humaines font cependant exception et permettent des
prédictions plusieurs décennies à l’avance : c’est le cas de la démographie dont les évolutions sont lentes et
relativement stables.
c.
Les sciences économiques et sociales au lycée
Les SES comprennent trois sciences sociales : l’économie, la sociologie et la science politique.
Présentons
rapidement chacune de ces sciences.
1.
La sociologie (du latin socius signifiant « société » et du suffixe grec -logie signifiant ici « science »), peut
être définie comme la science du comportement des individus en tant qu’acteurs sociaux.
Elle s’est
progressivement constituée en science à part entière à la fin du XIXème siècle avec les travaux de
sociologues emblématiques comme E.
Durkheim (français) ou M.
Weber (allemand).
Au cœur du
raisonnement sociologique on trouve la volonté d’expliquer des phénomènes collectifs ou faits sociaux.
La sociologie se distingue ainsi de la psychologie, apparue à la même époque, qui essaye plutôt de
comprendre les comportements individuels et qui a une dimension médicale (psychiatrie, psychanalyse).
Cependant, il existe des liens entre les deux disciplines : on parle de « psychosociologie ».
La particularité de la sociologie est de s’intéresser à des phénomènes très courants, auxquels toute personne a un
jour été confronté dans son quotidien.
On peut par exemple citer la mode vestimentaire, les conflits sociaux (ex.
les grèves), les comportements des adolescents, les religions, les mariages et les divorces, la violence, les réseaux
sociaux, ou des sujets plus anodins comme le tatouage.
Le sociologue étant lui-même sujet à ces expériences
quotidiennes, il doit apprendre à s’en détacher pour mieux comprendre ces phénomènes ; autrement dit il doit se
détacher de ses préjugés (qu’on appelle aussi prénotions).
Un exemple de prénotion serait l’idée naïve que tout
le monde a les mêmes chances d’obtenir un diplôme, et qu’il suffit de travailler.
Les sociologues montrent au
contraire l’influence très forte du milieu social dans l’obtention d’un diplôme.
Dans leur travail, les sociologues mobilisent des hypothèses différentes selon le courant auxquels ils se
rattachent : schématiquement, le holisme insiste sur l’influence des groupes sociaux, l’individualisme sur le
comportement rationnel des individus et l’interactionnisme sur les interactions entre groupes et individus.
L’importance de la collecte des données de terrain est primordiale en sociologie car les énoncés doivent
s’appuyer sur des faits : le sociologue peut utiliser des statistiques macrosociologiques, réaliser des entretiens,
voire s’immerger dans un groupe en participant à la vie de ce groupe (méthode « d’observation participante »).
En
sociologie, on ne peut pas, par exemple, parler des « comportements des jeunes des cités » si l’on n’a pas fait
d’enquête de terrain pour interroger ces jeunes.
Le sociologue peut par certains aspects être comparé à un
journaliste mais avec des méthodes bien plus rigoureuses.
2.
L’économie (du grec oïko signifiant « administrer » et nomos signifiant norme), peut être définie comme
la science qui étudie la production, la répartition et la circulation des richesses (on dit aussi « l’allocation
des ressources rares »).
Même si on considère souvent que le fondateur de la discipline est A.
Smith, en
1776, les premiers travaux qui peuvent être qualifiés d’économique datent de l’Antiquité grecque : il s’agit
donc d’une science plus ancienne que la sociologie.
Plusieurs points distinguent l’économie de la sociologie :
L’objet d’étude.
L’économie étudie principalement la production et la répartition des richesses, que ce
soit....
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