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À la charnière entre l'Europe occidentale et centrale, entre l'Europe du Nord et la Méditerranée, ce petit pays montagnard est maître des voies de passage internationales à travers le Jura et les Alpes.

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À la charnière entre l'Europe occidentale et centrale, entre l'Europe du Nord et la Méditerranée, ce petit pays montagnard est maître des voies de passage internationales à travers le Jura et les Alpes. Les particularismes des groupes alémanique, romand, tessinois et romanche ont été à l'origine, dès le Moyen Âge, d'une démocratie confédérée, en partie acquise à la Réforme, et dotée à partir de 1815 d'un statut international de neutralité. Une activité financière exceptionnelle et une industrie performante assurent à la Suisse un statut de puissance qui dispose de l'un des niveaux de vie par habitant les plus élevés du monde. La Suisse, en allemand Schweiz, en italien Svizzera, officiellement Confédération helvétique, est un État qui occupe une position remarquable au coeur de l'Europe. Maîtresse des grandes voies de passage à travers le Jura et les Alpes, elle est le trait d'union entre le Nord et les pays méditerranéens, entre l'Europe occidentale et l'Europe centrale. Souvent présentée comme une « démocratie témoin » (André Siegfried), la Suisse fait vivre en bonne intelligence des peuples divers par la langue et la religion ; elle a su tirer parti de cette forte cohésion sociale, de sa neutralité politique et d'un milieu naturel ingénieusement valorisé pour devenir l'une des grandes puissances économiques du monde. La Confédération helvétique, fondée en 1291, est une République fédérale qui compte vingt-trois cantons, trois d'entre eux étant divisés en demi-cantons. Plusieurs fois modifiée, la Constitution de 1874 attribue le pouvoir législatif à l'Assemblée fédérale, qui est composée de deux chambres : le Conseil national (deux cents membres élus pour quatre ans au suffrage universel direct) et le Conseil d'État (deux membres par canton). Le pouvoir exécutif est exercé par le Conseil fédéral, ce gouvernement comprenant sept membres élus pour quatre ans par l'Assemblée fédérale ; l'un des sept est élu pour un an président de la Confédération. La Suisse est membre de l'Association européenne de libre-échange (AELE), qui s'est rapprochée de l'Union européenne. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats AELE (Association européenne de libre-échange) canton helvétique (Confédération) Géographie Les conditions naturelles Le relief. La Suisse est un pays de montagnes sur près des trois quarts de son territoire, proportion unique en Europe. Sa topographie s'organise en trois régions naturelles. Au nord et au nord-ouest, le Jura forme, le long de la frontière française, des plissements calcaires (mont Tendre, 1 679 m), séparés par des synclinaux, les vals (val d'Orbe, val de Travers, vallon de Saint-Imier), qu'occupent parfois des lacs (lac de Joux) et que font communiquer des cluses. Puis ces plis perdent de la vigueur et font place au nord-est, du sud de Bâle à Schaffhouse, à un relief tabulaire. Au centre, le Plateau suisse (Mittelland), ou Moyen-Pays, forme un arc de 250 km de long sur une cinquantaine de large, en moyenne, entre le lac Léman et le lac de Constance. Il s'élève de 400 à 800 m, la partie la plus basse se trouvant au pied du Jura. Il est constitué de molasses tertiaires et d'alluvions glaciaires, qui donnent des terrains meubles et fertiles. Le paysage est modelé en de nombreuses collines, dues à l'accumulation des matériaux morainiques. Les cours d'eau s'écoulent vers le sillon qui longe le Jura ; barrés par des moraines, ils forment de grands lacs (lacs Léman, de Neuchâtel, de Bienne, de Zurich, de Constance). Cette région est la plus riche et la plus peuplée du pays. Au sud, les Alpes occupent les trois cinquièmes du territoire et renferment le coeur historique du pays, qualifié de « réduit alpin ». Le sillon tracé par le Rhône (Valais) et le Rhin sépare deux séries de massifs cristallins : Oberland bernois (Finsteraarhorn, 4 274 m ; Jungfrau, 4 166 m) et Alpes de Glaris au nord ; Alpes du Valais, ou Alpes Pennines (mont Rose, 4 638 m ; Dom des Mischabel, 4 545 m ; Cervin, 4 478 m), Alpes du Tessin, Adula et Alpes des Grisons (Bernina, 4 052 m) au sud. D'immenses glaciers couvrent ces massifs : glaciers d'Aletsch (le plus grand d'Europe, dans les Alpes du Valais), du Rhône, de la Bernina. Les vallées, élargies en auge lors des glaciations quaternaires, constituent de bonnes voies de pénétration, que des cols élevés font communiquer (Grand-Saint-Bernard, 2 469 m ; Simplon, 2 009 m ; Saint-Gothard, 2 112 m ; San Bernardino, 2 063 m). Les Préalpes (de Fribourg, des Quatre-Cantons, de Saint-Gall et d'Appenzell), formées de roches calcaires, schisteuses ou gréseuses, sont accolées aux massifs cristallins et non séparées par de grandes dépressions, comme en France. Les vallées, coupées de verrous et de moraines glaciaires, sont souvent occupées par des lacs (de Thoune, de Brienz, des Quatre-Cantons). Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Aar-Gothard (massif de l') Aletsch Alpes Bâle Bernina (la) Bienne Brienz (lac de) Cervin Constance Constance - Le lac de Constance Glaris Joux (lac de) Jungfrau Jura Léman (lac) Neuchâtel (lac de) Oberland bernois Pennines (Alpes) Quatre-Cantons (lac des) Rose (Mont-) Saint-Bernard (col du Grand-) Saint-Gothard San Bernardino Schaffhouse Thoune Valais Zurich (lac de) Les livres Aar-Gothard (massif de l'), page 1, volume 1 Tessin (canton du), page 5136, volume 9 Suisse - Zermatt et, à l'arrière-plan, le Cervin (ou Matterhorn), page 4936, volume 9 Suisse - la ligne du Saint-Gothard, à Wassen, page 4936, volume 9 Suisse - Sion, chef-lieu du Valais, page 4936, volume 9 Climat et végétation. Le Jura, au climat humide, rude en hiver et frais en été, est couvert de prairies et de forêts de sapins. Le Mittelland, bien arrosé, aux hivers froids et aux étés chauds, est favorable aux cultures. Genève, à 405 m, a une température moyenne de 0 o C en janvier et de 18,5 o C en juillet. Dans les Alpes, le climat dépend de l'altitude et de l'exposition. Sur le versant nord-ouest, la forêt s'installe entre 600 et 1 700 m. Les alpages lui succèdent jusqu'à 2 500 m, puis vient le domaine des neiges éternelles. Le Saint-Gothard, à 2 112 m, a une température moyenne de - 7,7 o C en janvier et de 7,9 o C en juillet. Sur le versant sud, les limites de la forêt sont plus élevées, et les basses pentes, abritées, en bordure des lacs subalpins, ont une végétation méditerranéenne (arbres fruitiers, vigne, olivier). En hiver, le föhn réchauffe et dessèche brutalement les hautes vallées de l'Aar et de la Reuss, dans le massif du Saint-Gothard. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Aar-Gothard (massif de l') Alpes Genève Jura Saint-Gothard Les livres Suisse - Engelberg, dans le canton d'Unterwald (Obwald), page 4935, volume 9 L'hydrographie. Véritable « château d'eau de l'Europe », la Suisse distribue l'eau de ses montagnes vers quatre systèmes hydrographiques : le Danube, qui reçoit l'Inn issu des Grisons ; le Pô, qui reçoit le Tessin et le Toce ; le Rhône, dont le rôle est décisif comme source d'énergie ; le Rhin enfin, exutoire par excellence des eaux suisses, notamment grâce à son affluent l'Aar. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Aar Inn Rhin Rhône Tessin Les livres Rhin - les chutes du Rhin à Schaffhouse, en Suisse, page 4368, volume 8 Suisse - le château de Chillon, sur le lac Léman, page 4936, volume 9 Suisse - le barrage de la Grande-Dixence, dans le Valais, page 4940, volume 9 Complétez votre recherche en consultant : Les livres Valais, page 5397, volume 10 Les aspects humains Très concentrée dans le Mittelland et relativement nombreuse en montagne, la population ne s'accroît plus que faiblement et vieillit, car, si la mortalité infantile est en baisse, la fécondité est insuffisante. Aussi la Suisse souffre-t-elle d'une pénurie de maind'oeuvre, d'autant plus aiguë que son économie est prospère ; elle doit donc faire appel à l'immigration qui, depuis la fin du XIXe siècle, a fourni des contingents de main-d'oeuvre très importants, notamment d'Italiens. À ce million d'étrangers s'ajoutent les travailleurs saisonniers et les travailleurs frontaliers, qui sont eux-mêmes, parfois, devenus des immigrants. Les deux tiers des Suisses parlent l'allemand ; viennent ensuite le français, pratiqué par moins d'un cinquième de la population, puis l'italien et le romanche. Les cantons de Vaud, du Jura, de Neuchâtel et de Genève sont de langue française ; le Tessin est de langue italienne ; les cantons de Berne, de Fribourg et du Valais sont mixtes (français-allemand) et celui des Grisons, plurilingue (allemand-italien-romanche). Tous les autres cantons sont de langue allemande. Depuis 1937, le romanche est considéré comme langue nationale à l'égal des trois autres. Les catholiques sont légèrement plus nombreux que les protestants, en partie grâce à l'apport de l'immigration d'origine méditerranéenne. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats allemand Berne français francophonie - Géographie de la francophonie Fribourg Genève Grisons italien Jura Neuchâtel romanche Tessin (canton du) Valais Vaud Les livres Suisse - les bords de l'Aar, à Berne, page 4938, volume 9 Suisse - Zurich, une métropole active, page 4938, volume 9 Suisse - le pont couvert de la Chapelle (Kapellbrücke), à Lucerne, page 4938, volume 9 Suisse - le château d'Ouchy, à Lausanne, page 4938, volume 9 La vie économique L'agriculture. Bien que la superficie des terres arables soit la plus faible d'Europe, la proportion d'agriculteurs est élevée (5 % des actifs). Ce paradoxe s'explique par la volonté politique d'assurer au mieux l'indépendance alimentaire du pays, qui couvre plus de la moitié de ses besoins. Aussi le secteur agricole perçoit-il d'énormes subventions de la Confédération. Les rendements sont élevés, et le plan Wahlen (1939-1945) a permis d'accroître les surfaces cultivées. Les principaux produits sont les céréales (blé, maïs, orge, avoine et seigle), la betterave sucrière, la pomme de terre et d'autres légumes, les fruits et la vigne (Valais, Vaud). L'élevage, qui assure l'essentiel des revenus agricoles, prospère partout, sur les alpages, au fond des vallées et dans une grande partie du Mittelland. Malgré l'abondance des prés et des pâturages, il doit être soutenu par la production du fourrage, à laquelle une bonne partie de la terre arable est consacrée. Les bovins, dont il existe d'excellentes races (Schwyz, Simmental), sont surtout élevés pour le lait et ses produits dérivés : beurre, fromages, laits condensé et en poudre, farines lactées, chocolat au lait. La forêt, qui ne couvre plus qu'environ un quart du sol, est activement exploitée, surtout dans le Jura. Elle fournit du bois d'oeuvre et de la pâte à papier. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Jura Valais Vaud Les livres Suisse - vendanges dans le vignoble de Lavaux, page 4939, volume 9 Suisse - la tradition fromagère dans le Jura suisse, page 4941, volume 9 L'industrie. L'insuffisance de matières premières n'a pas permis la création d'une industrie lourde ; mais une puissante industrie de transformation a pu se constituer, bénéficiant de l'abondance d'énergie hydroélectrique, livrée par près de quatre cents centrales dont la plus importante est celle de la Grande-Dixence. La Suisse a également mis en place une industrie nucléaire, dont le développement fait l'objet de contestations. Elle doit cependant gérer une forte dépendance énergétique. Très développée, l'industrie regroupe le tiers des actifs. Elle se consacre à la fabrication en petites séries d'objets de précision, à forte valeur ajoutée, s'appuyant sur une longue tradition manufacturière, une main-d'oeuvre qualifiée bien payée (2 e rang mondial pour les salaires ouvriers) et des ingénieurs de haut niveau. Parmi les principales productions figurent l'électrométallurgie, les constructions mécaniques et électriques, les appareils de précision (optique géodésique). L'horlogerie, de réputation mondiale, implantée traditionnellement à Genève et dans le Jura, a essaimé dans le Mittelland. L'industrie textile, établie dans le Nord-Est, est, elle, en régression. Plus récente, l'industrie chimique est d'envergure mondiale. Les industries alimentaires (chocolat, fromages) sont renommées. L'exiguïté du marché intérieur a poussé l'industrie suisse à exporter, et les firmes, développant un effort de recherche important, occupent des positions clés sur l'échiquier international : Asea Brown Boveri dans l'électrotechnique, Hoffmann-Laroche, Sandoz et Ciba-Geigy - ces deux derniers ne formant plus qu'un seul groupe - dans l'industrie pharmaceutique et les colorants, enfin Nestlé, qui réalise 80 % de son chiffre d'affaires dans quatre-vingts pays étrangers, sont des entreprises multinationales. Attachée au capitalisme libéral, la Suisse est pourtant l'un des pays les plus fortement cartellisés du monde. Elle se situe au 4 e rang mondial en termes de compétitivité, derrière les États-Unis, Singapour, Hongkong, et avant le Japon. En revanche, le chômage (moins de 1 % jusqu'en 1991) est en hausse. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Ciba-Geigy Nestlé Les livres Suisse - les laboratoires Sandoz, à Bâle, page 4941, volume 9 Suisse - fabrique de montres Patek Philippe, page 4941, volume 9 Les transports. Les voies anciennes, puis les routes napoléoniennes (Simplon, 1805), enfin les voies ferrées, construites de 1854 à 1913, ont fait de la Suisse une grande plaque tournante. Elle commande plusieurs axes de circulation internationaux parmi les plus fréquentés d'Europe : les tunnels ferroviaires transalpins du Simplon (de Paris à Milan), du Lötschberg (de Berne à la ligne du Simplon), du Saint-Gothard (Bâle-Milan), du Mont-Cenis, ainsi que les tunnels autoroutiers du Grand-Saint-Bernard et du MontBlanc. Il existe en outre de grandes voies alpestres longitudinales, parmi lesquelles on trouve celle qui mène de Zurich à Vienne. Le trafic fluvial se concentre à Bâle, porte rhénane de la Suisse ; le port, au point de jonction de trois États (Allemagne, Suisse, France), reçoit le tiers des importations nationales. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Saint-Bernard (col du Grand-) Simplon Le commerce. La Suisse a un commerce extérieur qui se ressent de sa dépendance énergétique et alimentaire, et de ses importations de biens d'équipement. Elle exporte cependant des machines, des appareils de précision, des produits chimiques, réalisant les deux tiers de ses échanges avec les pays de l'Union européenne (Allemagne, Italie, Royaume-Uni notamment), que suivent les États-Unis. La balance des paiements, en revanche, est largement excédentaire, grâce aux revenus du tourisme et des services bancaires. En effet, le tourisme est devenu la pierre angulaire de l'économie helvétique, et sa contribution au PNB équivaut à celle du secteur bancaire. Le pays accueille près de dix millions de touristes, surtout allemands, dont la fréquentation se répartit sur toute l'année. Un tiers de la clientèle effectue des séjours estivaux dans les stations thermales, autour des lacs ou en montagne. Le tourisme hivernal, plus développé, se concentre dans des stations de sports d'hiver prestigieuses : Interlaken, Davos, Zermatt, Saint-Moritz. Les revenus des capitaux suisses et étrangers placés dans les banques, et diverses activités financières et d'assurances représentent une troisième source de richesses. La Suisse est un paradis fiscal, accueillant les sièges de quelque dix mille holdings. En raison de sa neutralité politique et de la solidité de sa monnaie, elle est devenue un lieu de refuge pour les capitaux internationaux. Le système bancaire y a pris un développement exceptionnel, favorisé également par le secret des dépôts institué en 1934. Sous la pression internationale, et afin de lutter contre le blanchiment de l'argent « sale » (par les trafiquants de drogue notamment), la Suisse a cependant adopté en 1991 une législation plus sévère (interdiction des prête-noms bancaires). Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Davos Interlaken Saint-Moritz Zermatt Les livres Suisse - une chocolaterie, près de Genève, page 4941, volume 9 Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats franc SSR (Société suisse de radiodiffusion) Les livres accélérateur de particules - le site du LEP, page 21, volume 1 L'organisation de l'espace L'organisation de l'espace n'est pas calquée sur les trois régions naturelles décrites. Ce sont en effet les vingt-trois cantons qui commandent l'organisation politique, administrative, bancaire (banques cantonales) et même urbaine du pays, et leur territoire englobe souvent à la fois des zones de montagne et des parties du Mittelland. Ainsi, on parle d'un Jura neuchâtelois, densément peuplé, où des villages du XVIIe siècle sont devenus des villes (La Chaux-de-Fonds). De même, dans le nord-ouest du pays, la ville de Bâle exerce son attraction sur l'extrémité du Jura, le Sundgau alsacien et la vallée badoise de la Wiese. Elle commande une « Regio Basiliensis » d'où affluent trente mille frontaliers chaque jour et tire parti de son implantation à un grand carrefour européen. Les Alpes suisses, plus vastes, se subdivisent en plusieurs entités originales. Dans les grandes Alpes cristallines, peu peuplées, la vie se concentre dans des vallées transversales au climat d'abri (Valais, Rheinwald, Grisons) où les cultures fruitières et la vigne prospèrent. Le Tessin, au sud, a même une tonalité méditerranéenne. En revanche, les Préalpes sont une montagne humanisée, à l'économie diversifiée : élevage et industries alimentaires (fromage de la vallée de l'Emme, Emmenthal), tourisme. Région vitale de la Suisse, le Mittelland concentre 90 % de la population urbaine et l'essentiel des activités économiques du pays. Dans ce grand couloir de circulation, où le découpage capricieux des cantons et le morcellement du relief ont longtemps retardé la création d'un axe autoroutier, l'espace s'organise en un réseau serré de cités intimement mêlées aux campagnes soignées comme des jardins. Les fonctions de capitale cantonale maintiennent des activités tertiaires (administratives, artistiques, culturelles) dans des villes moyennes. Mais l'économie repose, Bâle mise à part, sur deux grands pôles urbains, Genève et Zurich. La cité de Calvin est devenue le premier centre international du monde, plus cosmopolite que suisse. Plus de vingt institutions internationales y siègent (notamment l'ONU au Palais des Nations, le Bureau international du travail, l'Organisation mondiale de la santé, le CERN, la Croix-Rouge, l'OMC), qui font vivre plus de trente mille personnes. Son rayonnement est mondial, mais rejaillit aussi sur le pays de Gex et la Savoie, frontaliers. Zurich est la capitale économique de la Suisse. Au contact du Mittelland et des Alpes, elle anime une vaste région industrielle de plus d'un million d'habitants, qui s'étend du lac des Quatre-Cantons au lac de Constance, avec des implantations d'usines dans de nombreuses villes moyennes. Place financière d'envergure mondiale, elle abrite la septième Bourse des valeurs du monde, les sièges de plus de quatre cents holdings ; c'est l'un des principaux centres mondiaux de l'assurance et du commerce de l'or. Les disparités entre régions sont peu marquées en Suisse, et la distribution des revenus est assez équilibrée, en comparaison avec d'autres pays industriels. Les régions périphériques disposent des ressources d'un élevage subventionné, du tourisme et de l'industrie diffuse. Le Mittelland et les montagnes se complètent plus qu'ils ne s'opposent. La structure fédérale conforte cet équilibre d'ensemble, où aucune ville n'accapare la totalité des fonctions politiques ou économiques. Cependant, le poids de Zurich ne cesse d'augmenter, certaines vallées se dépeuplent (Grisons, moyen Valais), la maîtrise foncière est difficile : ce sont autant de déséquilibres locaux. Le centralisme bureaucratique semble aussi s'imposer de plus en plus au pluralisme cantonal, qui peut apparaître parfois paralysant. Héritière d'une paysannerie pauvre, la population suisse bénéficie aujourd'hui d'un niveau de vie moyen qui est au 3e rang mondial. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Bâle Chaux-de-Fonds (La) Emmenthal Genève Grisons Tessin (canton du) Valais Zurich Les livres Bâle, page 526, volume 1 Genève - vue générale du site et de la ville, page 2138, volume 4 Genève - les quais et avenues de la ville neuve, page 2138, volume 4 Genève - le monument de la réformation, page 2138, volume 4 protection de la nature - l'alpe de la Schiura dans le Parc national suisse, en Engadine, page 4142, volume 8 ville - vue aérienne de Saint-Gall, en Suisse, page 5541, volume 10 Zurich, page 5680, volume 10 Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Aarau Appenzell Argovie Bellinzona Berne Coire Engadine Fribourg Glaris Gruyères Interlaken Joux (lac de) Jungfrau Jura Lausanne Locarno Lucerne Lugano Montreux Nestlé Neuchâtel Neuchâtel (lac de) Oberland bernois Olten Pennines (Alpes) Quatre-Cantons (lac des) Rhin Rhône Saint-Bernard (col du Grand-) Saint-Gall Saint-Gothard Saint-Moritz San Bernardino Schaffhouse S chwyz Sion Soleure Thurgovie Unterwald Uri Valais Vaud Vevey Winterthur Zermatt Zoug Zurich (lac de) Histoire À partir du Ve siècle avant J.-C., le territoire de l'actuelle Suisse a été occupé par des tribus celtiques (civilisation de La Tène). Les Rhètes s'installèrent dans les Alpes et les Helvètes s'établirent sur le Plateau et dans le Jura. En 58 avant J.-C., ces derniers essayèrent de pénétrer en Gaule du Sud, mais furent repoussés par César à qui cette invasion avait fourni un prétexte pour conquérir la Gaule. Le pays connut alors une romanisation rapide. Une garnison fut installée à Windisch et des colonies furent fondées à Augst, Nyon, Avenches, Martigny et Coire. Elles surveillaient les liaisons entre la Rhénanie et l'Italie par les cols du Grand-Saint-Bernard et de Splügen. Lors des migrations germaniques (Ve siècle), deux peuples s'établirent en Suisse. Les Burgondes se fixèrent autour de Genève et se romanisèrent facilement. En revanche, les Alamans, établis dans la partie orientale, conservèrent leur culture. Une frontière linguistique se mit alors en place, qui, aujourd'hui encore, continue de séparer la Suisse romande et la Suisse alémanique. La survivance des parlers romanches s'explique, quant à elle, par le maintien de populations rhètes dans les Grisons. Intégrée au royaume franc, puis dévolue à Lothaire lors du partage de Verdun (843), la Suisse connut les vicissitudes du royaume de Bourgogne et fut avec lui rattachée au Saint Empire romain germanique en 1032. Aux XIe et XIIe siècles, la faiblesse du pouvoir impérial entraîna le morcellement de l'espace helvétique en petites entités urbaines (Fribourg, Berne, Lucerne, Bâle, Zurich) ou rurales (Uri, Schwyz) souvent prospères. La famille aristocratique des Habsbourg, originaire de l'Argovie, étendit ses possessions en Suisse alémanique. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Alamans Bourgogne Habsbourg Helvètes Tène (La) Naissance de la Confédération L'ouverture, au milieu du XIIIe siècle, d'une route commerciale entre l'Italie du Nord et l'Allemagne par le col du Saint-Gothard modifia la situation géopolitique des Alpes centrales. Rodolphe de Habsbourg, élu empereur en 1273, tenta alors de prendre le contrôle de la région, qu'il fit administrer par des baillis. Mais il se heurta à l'opposition des communautés rurales proches, les Waldstätte (Schwyz, Uri, Unterwald), qui se lièrent le 1er août 1291 par un pacte, traditionnellement considéré comme l'acte de naissance de la Confédération suisse. C'est à cette époque que se situent les exploits semi-légendaires des Trois Suisses, représentant les trois cantons, et de Guillaume Tell qui, pour avoir refusé de saluer un chapeau aux couleurs des Habsbourg, dut percer d'une flèche une pomme placée sur la tête de son fils. En 1315, les Waldstätte défirent Léopold de Habsbourg, duc d'Autriche, à la bataille de Morgarten. L'alliance fut alors renouvelée et, le 26 mars 1316, l'empereur Louis de Bavière accorda aux Waldstätte le privilège de l'immédiateté impériale. Liées économiquement à la route du Saint-Gothard et hostiles aux Habsbourg, Lucerne (1332), puis Zurich (1351) se joignirent à la Confédération, imitées en 1353 par la puissante ville de Berne. En 1352, les cantons montagnards de Zoug et de Glaris avaient, eux, été contraints de s'allier avec les confédérés. Les Habsbourg firent alors une dernière tentative pour reconquérir les Alpes centrales. Mais, après deux défaites, en 1386 et en 1388, ils durent reconnaître en 1389 l'autonomie des huit cantons. Devenus une puissance militaire de premier plan, ces derniers confirmèrent leurs alliances en 1393. Le XV e siècle fut, pour la Confédération, une période d'expansion vers l'Italie du Nord, sur la partie alémanique du Plateau et en direction du lac Léman. Elle s'entoura ainsi d'un réseau d'alliés aussi divers que les villes libres de Bâle, de Schaffhouse, de Mulhouse, les évêchés de Genève et de Sion, le Valais, les Grisons, Appenzell ou l'abbaye de Saint-Gall. Elle s'empara également d'espaces stratégiques : la Leventine (1403), l'Argovie (1415) et la Thurgovie (1460), qui formèrent des bailliages communs gérés par l'ensemble de la Confédération. Mais les tensions devinrent vives entre les cantons urbains, gouvernés par une aristocratie, et les cantons ruraux, plus démocratiques. Elles furent exacerbées par les politiques extérieures contradictoires que menaient certains cantons. Ainsi, en 1436, un conflit éclata entre Zurich et Schwyz pour la possession du comté de Toggenburg. Malgré les interventions de l'Autriche et de la France aux côtés de Zurich, celle-ci finit par reprendre sa place dans la Confédération en 1450. Les prestigieuses victoires remportées par les Suisses sur le duc de Bourgogne Charles le Téméraire (Grandson et Morat, 1476), qui rêvait de reconstituer l'ancienne Lotharingie, ne suffirent pas cependant à restaurer l'unité de la Confédération. En 1481, le compromis de Stans évita une rupture entre les villes menées par Berne et les Waldstätte. Fribourg et Soleure furent en outre admises dans la Confédération. À la fin du XV e siècle, l'empereur d'Allemagne Maximilien Ier tenta de rompre l'alliance nouée entre les Ligues grisonnes et la Confédération, afin de restaurer l'autorité impériale dans les Alpes. Après sa défaite dans la guerre de Souabe, il reconnut enfin l'indépendance de la Confédération (1499), qui fut rejointe en 1501 par Bâle et Schaffhouse, et en 1513 par Appenzell. Désormais en paix avec l'Empire, les Suisses intervinrent dans les guerres d'Italie où ils engagèrent leurs nombreuses troupes mercenaires. Ils transformèrent les régions de Locarno, Lugano, Mendrisio et du Tessin en bailliages communs. Mais ils se heurtèrent à la France et furent vaincus à la bataille de Marignan (1515). Dès lors, ils renoncèrent aux conquêtes extérieures et mirent leurs ressources militaires au service de la France (paix perpétuelle de Fribourg, 1516). Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Appenzell Argovie Bâle Berne Charles le Téméraire Fribourg Gall Grisons Guillaume Tell Habsbourg Lucerne Marignan Maximilien Ier de Habsbourg Morgarten Rodolphe - Rodolphe Ier de Habsbourg Schaffhouse S chwyz Sion Soleure Souabe Thurgovie Unterwald Uri Valais Zurich Les livres Suisse - maison de Stein-am-Rhein, page 4934, volume 9 Suisse - les confédérés surprenant l'armée bourguignonne, lors de la guerre de 1474-1476, page 4942, volume 9 Suisse - la statue de Guillaume Tell, à Altdorf, page 4942, volume 9 De la Réforme aux traités de Westphalie La Réforme divisa profondément la Confédération. Zurich (1519), Berne, Bâle et Schaffhouse se rallièrent aux idées de Ulrich Zwingli (1484-1531) et formèrent avec d'autres villes (Saint-Gall, Mulhouse) une alliance protestante. Mais Lucerne, Fribourg, Zoug et les cantons montagnards, restés fidèles au catholicisme, remportèrent les guerres de Religion de 1529 et 1531 (guerres de Kappel). L'équilibre qui s'instaura alors fut troublé par de nombreuses crises et des luttes d'influence marquée par l'action de Calvin, installé à Genève en 1536, et les victoires de la Contre-Réforme, qui ne put cependant reconquérir la « Rome protestante » (échec de l'« Escalade » des Savoyards contre Genève en 1602). La division confessionnelle entraîna un affaiblissement des liens confédéraux. Les treize cantons (sept catholiques, quatre protestants, deux mixtes) et leurs alliés se considéraient en effet comme des États souverains et le sentiment national n'existait pas. L'activité de la Diète annuelle se limita donc à la gestion commune des pays sujets. L'unité des cantons ne reposait alors que sur l'alliance française. Constamment renouvelée depuis 1521, celle-ci dirigeait vers la France l'essentiel des soixante-dix mille mercenaires suisses qui servaient chaque année dans les armées européennes. Les cantons suisses ne participèrent pas à la guerre de Trente Ans (1618-1648) et affirmèrent à cette occasion le principe de neutralité armée (Defensional de Wil, 1647). Les traités de Westphalie, qui mirent fin au conflit (1648), entérinèrent définitivement leur indépendance à l'égard de l'Empire. Enfin, les conflits nés de la Réforme disparurent avec le traité d'Aarau, qui autorisa le culte réformé dans les bailliages communs (1712). Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Calvin Jean Escalade Réforme suisse Zwingli Huldrych ou Ulrich Les livres Suisse - Calvin refuse la Cène aux libertins, page 4942, volume 9 Suisse - renouvellement du serment d'alliance entre les cantons suisses et la France (1663), page 4943, volume 9 Expansion économique et révolution politique Au XVIIIe siècle, les villes de la Confédération connurent un essor économique fondé sur le textile (soie, coton) et les industries de luxe (orfèvrerie, horlogerie). Elles restaient cependant gouvernées par des Conseils secrets aux mains d'un patriciat autoritaire, qui se heurta aux aspirations de la bourgeoisie et d'une paysannerie enrichie par les progrès agricoles. Le XVIIIe siècle fut ainsi émaillé de révoltes. Les plus importantes furent celles de Genève (1762-1768, 1782), qui entraînèrent des interventions de la puissance bernoise soutenue par la France et le Piémont-Sardaigne. La Révolution française bouleversa l'organisation politique de la Suisse. Ainsi, en 1792, les pouvoirs aristocratiques de Bâle et de Genève furent chassés avec l'appui de la France. En 1797, le Directoire décida de prendre le contrôle d'un espace helvétique qui restait éclaté. De cette manière, il entendait sanctionner l'appui fourni par Berne à la Contre-Révolution, couvrir les frontières françaises vis-à-vis de l'Autriche et s'emparer des profits fournis par le commerce transalpin. Les armées françaises prirent prétexte de la révolte du pays de Vaud et d'autres pays sujets contre la tutelle des treize cantons. Berne fut prise en mars 1798 et les cantons montagnards capitulèrent deux mois plus tard. Le Directoire créa alors un État centralisé, la République helvétique. Mais celle-ci, partiellement occupée par la France et soumise à une intense pression fiscale, ne put trouver son équilibre politique. Revenant alors sur la politique du Directoire, Napoléon imposa par l'Acte de médiation (1803) la création d'une Confédération helvétique dont il était le médiateur. Gouvernée par une Diète, cette dernière comprenait dix-neuf cantons, dont les treize cantons initiaux et les anciens pays alliés (Saint-Gall, Grisons) ou sujets (Argovie, Thurgovie, Vaud, Tessin). Mulhouse et Genève avaient été annexées par la France en 1798. Mais, profitant des revers napoléoniens, la Diète abolit l'organisation confédérale (décembre 1813), puis rétablit l'ancien régime par le pacte de la Restauration (1815). Le congrès de Vienne avait cependant imposé le maintien des nouveaux cantons et l'entrée dans la Confédération du Valais, de la principauté de Neuchâtel et de Genève (1814). Il réaffirma également le principe de la neutralité suisse. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Neuchâtel (principauté de) Ochs Pierre Valais Vienne (congrès de) Les livres Suisse - Masséna à la bataille de Zurich des 3 et 4 vendémiaire an VIII, page 4943, volume 9 La Suisse libérale Un temps affaiblie par l'introduction du protectionnisme en Europe, la Suisse redevint prospère dans les années 1830. La mécanisation de l'industrie textile, la croissance des activités financières et l'essor du tourisme estival entraînèrent une hausse du niveau de vie dans les cantons du « triangle d'or » (Bâle-Genève-Zurich). Une contestation du pouvoir oligarchique des bourgeoisies urbaines apparut alors. Dans le sillage de la révolution parisienne de 1830, le mouvement de la Régénération conduisit les cantons avancés, dont Berne et Zurich, à réviser leur Constitution dans un sens libéral. Mais, dans les cantons catholiques et ruraux, les radicaux démocrates et anticléricaux échouèrent à imposer un élargissement du suffrage et le respect des libertés fondamentales. Des troubles éclatèrent, qui s'amplifièrent avec le rappel des jésuites à Lucerne (1844). Les cantons conservateurs et catholiques (Lucerne, Uri, Schwyz, Unterwald, Zoug, Fribourg et Valais) formèrent en décembre 1845 une « alliance défensive séparée », le Sonderbund. Cette « sécession » fut éliminée par les radicaux à la suite d'une courte guerre civile (novembre 1847) et, en septembre 1848, ces derniers firent adopter une nouvelle Constitution qui laissait une large autonomie aux cantons. Le pouvoir central fut organisé autour d'une Assemblée fédérale élue au suffrage universel et d'un gouvernement collégial (Conseil fédéral) composé de sept ministres. Cet exécutif confédéral avait à sa charge la politique étrangère, l'armée, constituée d'une milice nationale, et la monnaie (le franc suisse). Dans la seconde moitié du XIXe siècle, la Confédération suisse régla pacifiquement les différends territoriaux nés des statuts particuliers de Neuchâtel et de Genève. Sa population passa de 2 millions d'habitants en 1830 à plus de 4 millions vers 1910. Elle connut un essor économique remarquable fondé sur l'énergie hydroélectrique, les industries de pointe, en particulier l'agroalimentaire (Nestlé) ; la construction du réseau ferroviaire et l'ouverture des grands tunnels transalpins (Saint-Gothard, Simplon) favorisèrent le tourisme hivernal. En 1874, une révision constitutionnelle élargit les pouvoirs de la Confédération et, en 1891, l'introduction du référendum d'initiative populaire fit de la Suisse une des seules démocraties semi-directes d'Europe. Une démocratie qui ne devait cependant accorder le droit de vote aux femmes que quatre-vingts ans plus tard, en 1971. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats La Harpe (Frédéric César de) Sonderbund Unterwald Les livres Suisse - la paix après la guerre du Sonderbund (1847), page 4944, volume 9 La Suisse au XXe siècle La Première Guerre mondiale affaiblit considérablement le pays. Enclavé au coeur de l'Europe, il souffrit d'une pénurie alimentaire et d'un manque de matières premières, se trouva déchiré entre partisans de l'Allemagne et partisans des Alliés. Des grèves révolutionnaires éclatèrent en 1918. L'économie suisse se releva difficilement et subit de plein fouet la crise des années trente. Elle supporta mieux la Seconde Guerre mondiale, car l'agriculture locale parvint à nourrir la population. Le Vaudois Henri Guison, général en chef de l'armée, maintint son pays en dehors du conflit. L'industrie suisse se trouva donc dans une situation très favorable pour participer à la reconstruction de l'Europe d'aprèsguerre. La Suisse développa son système bancaire et devint une place financière majeure, son niveau de vie atteignant l'un des premiers rangs au monde ; fidèle à son principe de neutralité, elle n'adhéra pas aux grandes organisations internationales, mais entra dans les institutions spécialisées (BIT, UNESCO). La crise économique mondiale, consécutive au premier choc pétrolier de 1973, n'eut d'abord guère de conséquences sur la Suisse, qui accueillit les profits des pays pétroliers. Elle attira alors une forte immigration, qui ne laissa pas de faire resurgir une xénophobie latente. Les pesanteurs de la société suisse, sur fond de difficultés économiques, se sont encore manifestées par un « non » massif au référendum sur l'entrée à l'ONU en 1986, puis par l'échec du référendum tenu en décembre 1992 sur l'entrée de la Suisse dans l'« espace économique européen ». Le pays a toutefois intégré le FMI et la Banque mondiale. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats AELE (Association européenne de libre-échange) Guisan Henri neutralité - 1.POLITIQUE Petitpierre Max Les livres référendum - affiche pour le référendum sur la formation d'un nouveau canton en Suisse, page 4271, volume 8 Suisse - référendum sur le droit de vote des femmes dans le demi-canton d'Appenzell-Rhodes-Intérieures, en 1989, page 4944, volume 9 Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Genève Genève - Histoire neutralisme - 1.POLITIQUE Arts Beaux-arts Ouvert aux influences germanique, italienne et française, l'art suisse n'a pris que lentement un caractère national. En architecture, des édifices importants témoignent de l'évolution stylistique européenne : églises carolingiennes décorées de fresques (abbaye de Müstair), églises romanes (cathédrale de Bâle) et gothiques (cathédrales de Lausanne et de Berne), abbayes baroques de Saint-Gall et Einsiedeln, villas modernes de Le Corbusier. La sculpture a surtout été importante à l'époque baroque et au XXe siècle. En peinture, Konrad Witz, le Maître à l'OEillet, puis Hans Holbein, formé à Bâle, dominèrent la création des XVe et XVIe siècles. Aux XVIIIe et XIXe siècles, les portraits de Jean Étienne Liotard, les visions romantiques de Johann Heinrich Füssli et les oeuvres mystérieuses d'Arnold Böcklin firent connaître l'art suisse en Europe. Ferdinand Hodler fut, lui, à la charnière du XIXe et du XXe siècle, un représentant du symbolisme. Au XXe siècle, la Suisse, pourtant assez réfractaire à l'avant-garde artistique, donna naissance au mouvement dada. Parmi les courants postérieurs à la Seconde Guerre mondiale, l'art cinétique et l'art conceptuel ont trouvé des représentants actifs. Il en est de même du nouveau réalisme, avec les « tableaux-pièges » de Daniel Spoerri et les « machines délirantes » de Jean Tinguely. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Böcklin Arnold dada Füssli Johann Heinrich Hodler Ferdinand Holbein - Holbein (Hans, dit le Jeune) Lavater Johann Kaspar Liotard Jean Étienne Saint-Gall Soutter Louis Spoerri Daniel Tinguely Jean Witz Konrad Les livres Suisse - l'abbaye bénédictine d'Einsiedeln, page 4945, volume 9 Suisse - le sanctuaire de la Madonna del Sasso, page 4945, volume 9 Suisse - la bibliothèque du chapitre de l'abbaye bénédictine de Saint-Gall, page 4945, volume 9 Suisse - le château de Coppet, sur les bords du lac Léman, page 4945, volume 9 Suisse - Paul Klee, Lomolarm (1923), page 4946, volume 9 Littérature À chacune des quatre langues nationales (français, allemand, italien et romanche) correspond une littérature originale. Littérature d'expression française. Ce fut surtout à partir de la Réforme que la littérature d'expression française se développa, avec des objectifs théologiques (François de Bonivard, Pierre Viret et, bien sûr, Calvin). L'essor des Lumières au XVIIIe siècle produisit aussi bien des érudits (J.P. de Crousaz) que des savants (Charles Bonnet, Horace Bénédict de Saussure) et des écrivains, dont le plus célèbre fut le Genevois Jean-Jacques Rousseau. Après les Lettres sur les Anglais, les Français et les voyages (1725), de Béat Louis de Muralt, les écrivains portèrent leur intérêt sur la Suisse elle-même, avec les Poésies helvétiennes (1782), du Doyen Bridel. MMe de Staël et Benjamin Constant, réunis à Coppet dans le canton de Vaud, permirent d'introduire le romantisme allemand en France, tandis que Rodolphe Toepffer créait, dans un style humoristique, les premières bandes dessinées et que Henri Frédéric Amiel écrivait un étonnant Journal intime (publié fragmentairement en 1883, après sa mort). Le début du XXe siècle fut dominé par Charles-Ferdinand Ramuz, dont s'inspirèrent autant les romanciers (Maurice Zermatten, Emmanuel Buenzod) que les poètes (Claude Aubert, Gilbert Trolliet), alors que Philippe Jaccottet, Clarisse Francillon, Georges Pirolié tentaient de s'en éloigner. Robert Pinget et Yves Vélan recoururent aux techniques du « nouveau roman », tandis qu'Albert Cohen se tint à l'écart de toute école. En 1973, l'Ogre de Jacques Chessex fut le premier livre suisse romand à recevoir le Goncourt. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Amiel Henri Frédéric Bonivard (François de) Calvin Jean Cohen Albert Constant (Benjamin Constant de Rebecque, dit Benjamin) français Monnier Marc Pinget Robert Ramuz Charles-Ferdinand Rod Édouard Rousseau Jean-Jacques Staël (Germaine Necker, baronne de Staël-Holstein, dite Mme de) Toepffer Rodolphe Les livres Suisse - Charles-Ferdinand Ramuz, page 4946, volume 9 Littérature d'expression allemande. Au début du Xe siècle, le monastère de Saint-Gall joua un rôle culturel important par ses traductions du latin en allemand. Romans (Konrad Fleck), chants (Johannes Hadlaub), farces (le Jeu de Tell d'Uri, 1511) abondèrent, signalant une grande richesse de la production vernaculaire. Avec le Ring de Heinrich von Wittenweiler s'affirma aussi un comique réaliste. Ulrich Zwingli fut la figure marquante de la Réforme en langue allemande. Niklaus Manuel, J. Ruf poursuivirent son oeuvre. Au XVIIIe siècle, la Suisse devint une plaque tournante de la culture européenne et de l'esprit des Lumières (Johann Jakob Bodmer, Albrecht von Haller, Johann Kaspar Lavater). Un réalisme allié à un renouveau de la foi chrétienne donna aux classes défavorisées un rôle central dans les romans de Johann Heinrich Pestalozzi, Jeremias Gotthelf et J.U. Hegner. Ce réalisme s'imprégna de romantisme avec Gottfried Keller ou de symbolisme avec Conrad Ferdinand Meyer. Tandis que Carl Spitteler tentait d'allier esthétisme antique et éthique moderne, Friedrich Glauser, Albin Zollinger et Robert Walser donnaient du monde moderne une vision inquiétante. À côté d'auteurs intéressants comme Adolf Muschg, Fritz Zorn, Kurt Marti, J. Reinhart, ce furent surtout Max Frisch et Friedrich Dürrenmatt qui renouvelèrent aussi bien le roman que le théâtre. Parmi les auteurs plus récents, on peut citer V. S. Haütungen, F. Böni, L. Wyss. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Bodmer Johann Jakob Dürrenmatt Friedrich Frisch Max Gotthelf (Albert Bitzius, dit Jeremias) Keller Gottfried Lavater Johann Kaspar Meyer Conrad Ferdinand Pestalozzi Johann Heinrich Spitteler Carl Walser Robert Zwingli Huldrych ou Ulrich Les livres Suisse - Friedrich Dürrenmatt, page 4946, volume 9 Littérature d'expression italienne. Du fait de son caractère largement minoritaire, la littérature italo-suisse s'intégra à celle de l'Italie. Si Stefano Franscini et Vincenzo d'Alberti s'imposèrent au début et Romes Manzoni à la fin du XIXe siècle, il fallut attendre le XXe siècle pour trouver avec Francesco Chiesa, mais aussi Angelo Casè, Pio Fontana, Carlo Castelli et Grytzko Maschioni, des écrivains de grande qualité. Une littérature en langue dialectale s'est développée grâce à Sergio Maspoli, Giovanni Bianconi, Giovanni Orelli et, en particulier, grâce à la figure mythique d'Alina Borioli (Vos det la faura, 1963). Littérature d'expression romanche. Parlé par une minorité habitant les Grisons, le romanche a pourtant une longue tradition littéraire depuis la chanson de geste de Gian Travers (Chanzun de la guera da Müsch, 1527) et les nombreux drames et traductions du latin jusqu'à la poésie romantique (Conradin de Flugi, Zaccaria Pallioppi), et son expression de l'amour de la nature (G.A. Huonder, Giachen Caspar Muoth). Au début du XXe siècle, Peider Lansel et Gian Fontana furent à l'origine d'un important renouveau, tandis que F. Camathias composait des épopées nationales, inspirant romanciers (G. Gadola, G. Deplazes, Cla Biert, T. Halter), poètes (Andri Peer, Curo Mani, Luisa Famos) et dramaturges (Jon Semadeni, G. Belsch, Men Gaudenz). Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats romanche Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Bodmer Johann Jakob Dürrenmatt Friedrich Frisch Max Gotthelf (Albert Bitzius, dit Jeremias) Keller Gottfried Meyer Conrad Ferdinand Pinget Robert Ramuz Charles-Ferdinand romanche Spitteler Carl Toepffer Rodolphe Walser Robert Musique Pays marqué par la diversité des cultures et des langues, la Suisse a pu maintenir une unité sur le plan musical grâce à l'empreinte de la tradition populaire renforcée, au XIXe siècle, par la conscience d'une identité nationale. Dès le début du XIXe siècle, le peuple et l'élite sociale se rassemblaient dans les chorales et les Festspiele, dont le plus célèbre est la fête des Vignerons (tous les vingt-cinq ans à Vevey). De même, le yodel et les chants de pâtres, ou ranz (des vaches), au texte pastoral, sont des éléments fondamentaux du folklore helvétique. Ils ont été largement exploités et codifiés afin de préserver la tradition des abus (ainsi, une association de yodel a été fondée en 1912 pour introduire des règles strictes de vocalisation). En outre, les musiciens suisses ont le plus souvent réussi à intégrer musique savante et musique populaire dans leurs propres créations (Arthur Honegger) et ont même composé des chansons et des choeurs pour les Festspiele (Gustave Doret, Émile Jaques-Dalcroze). Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Honegger Arthur Vevey yodl L'essor musical de la Suisse. Centre musical important au Moyen Âge grâce au rayonnement de ses monastères (ainsi Saint-Gall où vécut Notker le Bègue, qui composa les premières séquences de musique sacrée au IXe siècle), la Suisse connut un nouvel essor de la vie musicale à partir du XIXe siècle. Après la création de la Société de la musique helvétique (1808), qui donnait des concerts avec six cents ou sept cents exécutants, les innombrables chorales d'hommes, les importantes revues musicales, la Société fédérale de chant (mille cinq cents membres), les festivals de renommée internationale (Lucerne, Zurich, Montreux) ont contribué à ce renouveau. Sur ce fond propice à la création, des noms prestigieux se détachent : Ernest Ansermet (1883-1969), chef d'orchestre des Ballets russes dès 1915 et fidèle interprète de Stravinski ; les compositeurs Arthur Honegger (1892-1955) et Frank Martin (1890-1974), les poètes René Morax (1873-1963), librettiste du Roi David et de Judith d'Honegger, et Charles-Ferdinand Ramuz (1878-1947), collaborateur de Stravinski (à Montreux et à Morges de 1914 à 1920) pour Renard, Noces et l'Histoire du soldat. Parmi la jeune génération de compositeurs, on peut citer Klaus Huber (né en 1924), Heinz Holliger (né en 1939) et Michael Jarrel (né en 1958). Dans les années quatre-vingt, le chef d'orchestre Paul Sacher a créé à Bâle une fondation qui porte son nom et qui a pour mission de recueillir les manuscrits des compositeurs contemporains, de Igor Stravinski et Béla Bartók à Pierre Boulez en passant par Frank Martinet et Conrad Beck. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Ansermet Ernest Corboz Michel Holliger Heinz Honegger Arthur Martin Frank Montreux Sacher Paul Saint-Gall Suter Hermann Sutermeister Heinrich Les livres Suisse - Arthur Honegger dirigeant l'orchestre de Radio Lugano, page 4947, volume 9 Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Holliger Heinz Honegger Arthur Martin Frank Montreux ranz Sacher Paul yodl Cinéma « Oasis dans la tourmente » du siècle, comme la désignait le titre d'un film obscur de 1941, la Suisse sembla vivre pendant longtemps sans souci d'expression cinématographique autonome. Certes, l'économie du pays était prospère, les talents ne manquaient pas, les paysages se prêtaient à une exploitation spectaculaire, mais la dynamique créatrice tardait à venir. D'une production peu importante, en quantité comme en qualité, se détachèrent deux oeuvres d'inspiration nationale, l'une à dominante folklorique, Roméo et Juliette au village (Hans Trommer et Valerian Schmidely, 1941), l'autre sociale, la Dernière Chance (Leopold Lindtberg, 1945). Mais, mis à part Jean-Luc Godard qui tourna presque tous ses films en France en conservant sa nationalité suisse, il fallut attendre les années soixante-dix pour assister enfin à l'avènement d'une « nouvelle vague » helvétique, représentée essentiellement par trois fortes personnalités : Alain Tanner, Claude Goretta et Michel Soutter. Dans leur sillage se sont glissées quelques jolies réussites, comme les Petites Fugues (Yves Yersin, 1979) ou Les Indiens sont encore loin (Patricia Moraz, 1980). De son côté, la Suisse alémanique peut compter sur le talent de Daniel Schmid (la Paloma, 1974), de Fredi M. Murer (l'Âme soeur, 1985), de Markus Imhoof (La barque est pleine, 1981), de Xavier Koller (Voyage vers l'espoir, Oscar 1990 du meilleur film non américain) ou de Richard Dindo (Arthur Rimbaud, une biographie, 1991). Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Godard Jean-Luc Goretta Claude Schmid Daniel Soutter Michel Tanner Alain Les livres Suisse - La Salamandre (1971), d'Alain Tanner, page 4947, volume 9 Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Europe Les médias Suisse - tableau en bref Suisse - carte physique Suisse - tableau en chiffres Suisse - carte politique Suisse - Cantons suisses Europe - carte politique Les indications bibliographiques F. Cotti, la Suisse à l'heure de la vérité, Éditions universitaires, Fribourg, 1992. J.-C. Favez, Nouvelle Histoire de la Suisse et des Suisses, Payot, Lausanne-Paris, 1986 (1982-1983). M. Jaques, Géographie et gestion spatiale : un regard sur l'aménagement du territoire vaudois, Presses centrales de Lausanne, 1988. H. Kriesi, le Système politique suisse, Economica, Paris, 1995.

« à l'accumulation des matériaux morainiques. Les cours d'eau s'écoulent vers le sillon qui longe le Jura ; barrés par des moraines, ils forment de grands lacs (lacs Léman, de Neuchâtel, de Bienne, de Zurich, de Constance). Cette région est la plus riche et la plus peuplée du pays. Au sud, les Alpes occupent les trois cinquièmes du territoire et renferment le cœur historique du pays, qualifié de « réduit alpin ». Le sillon tracé par le Rhône (Valais) et le Rhin sépare deux séries de massifs cristallins : Oberland bernois (Finsteraarhorn, 4 274 m ; Jungfrau, 4 166 m) et Alpes de Glaris au nord ; Alpes du Valais, ou Alpes Pennines (mont Rose, 4 638 m ; Dom des Mischabel, 4 545 m ; Cervin, 4 478 m), Alpes du Tessin, Adula et Alpes des Grisons (Bernina, 4 052 m) au sud. D'immenses glaciers couvrent ces massifs : glaciers d'Aletsch (le plus grand d'Europe, dans les Alpes du Valais), du Rhône, de la Bernina. Les vallées, élargies en auge lors des glaciations quaternaires, constituent de bonnes voies de pénétration, que des cols élevés font communiquer (Grand-Saint-Bernard, 2 469 m ; Simplon, 2 009 m ; Saint-Gothard, 2 112 m ; San Bernardino, 2 063 m). Les Préalpes (de Fribourg, des Quatre-Cantons, de Saint-Gall et d'Appenzell), formées de roches calcaires, schisteuses ou gréseuses, sont accolées aux massifs cristallins et non séparées par de grandes dépressions, comme en France. Les vallées, coupées de verrous et de moraines glaciaires, sont souvent occupées par des lacs (de Thoune, de Brienz, des Quatre-Cantons). Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Aar-Gothard (massif de l') Aletsch Alpes Bâle Bernina (la) Bienne Brienz (lac de) Cervin Constance Constance - Le lac de Constance Glaris Joux (lac de) Jungfrau Jura Léman (lac) Neuchâtel (lac de) Oberland bernois Pennines (Alpes) Quatre-Cantons (lac des) Rose (Mont-) Saint-Bernard (col du Grand-) Saint-Gothard San Bernardino Schaffhouse Thoune Valais Zurich (lac de) Les livres Aar-Gothard (massif de l'), page 1, volume 1 Tessin (canton du), page 5136, volume 9 Suisse - Zermatt et, à l'arrière-plan, le Cervin (ou Matterhorn), page 4936, volume 9 Suisse - la ligne du Saint-Gothard, à Wassen, page 4936, volume 9 Suisse - Sion, chef-lieu du Valais, page 4936, volume 9 Climat et végétation. Le Jura, au climat humide, rude en hiver et frais en été, est couvert de prairies et de forêts de sapins. Le Mittelland, bien arrosé, aux hivers froids et aux étés chauds, est »

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