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Monarchie constitutionnelle d'Europe occidentale, les Pays-Bas forment un « pays creux », constamment menacé par les eaux, contre lesquelles les habitants mènent un combat séculaire.

Publié le 18/11/2013

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Monarchie constitutionnelle d'Europe occidentale, les Pays-Bas forment un « pays creux », constamment menacé par les eaux, contre lesquelles les habitants mènent un combat séculaire. Largement artificiel, ce territoire de polders, de canaux et de moulins à vent, protégé par des digues, est celui d'un État urbanisé, à l'agriculture intensive et aux industries traditionnelles et multinationales mêlées. Peuple de marchands et de marins, ayant connu un âge d'or culturel au XVIIe siècle, les Néerlandais se veulent un des fers de lance de la construction européenne. Les Pays-Bas, en néerlandais Nederland, sont un royaume d'Europe occidentale situé en bordure de la mer du Nord, à l'embouchure du Rhin et de la Meuse. On l'appelle souvent abusivement Hollande, du nom de la province qui a joué le premier rôle dans son histoire. La Constitution de 1814, modifiée à plusieurs reprises, confie le pouvoir législatif à un Parlement formé de deux Chambres : la première Chambre, élue par les conseils provinciaux pour quatre ans, comporte 75 membres ; la seconde Chambre comporte 150 membres, élus à la représentation proportionnelle pour quatre ans. Le pouvoir exécutif est exercé par le Premier ministre, responsable devant son cabinet et le Parlement. Théoriquement, il est détenu par le souverain héréditaire de la dynastie Orange-Nassau (Beatrix Ire depuis 1980). Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Hollande Géographie Les conditions naturelles Les Pays-Bas font partie de la grande plaine d'Europe du Nord. L'ensemble du relief, très faible, est de formation récente, essentiellement quaternaire. Au sud-est s'étend le plateau calcaire du Limbourg, qui est recouvert d'un riche limon et où se situe le Waalserberg, le point le plus élevé du pays (321 m) ; il domine au nord-est une vaste plaine d'origine glaciaire, région pauvre qui s'élève rarement à plus de 50 m d'altitude ; les sables et les argiles portent landes, marécages et tourbières (Bourtange). Toute la partie occidentale forme le « pays creux » (Holland en néerlandais), aux terres gorgées d'eau, le plus souvent situées au-dessous du niveau des hautes mers. Les transgressions marines flandrienne (vers 4000 avant J.-C.) et dunkerquienne (au cours du Moyen Âge) ont en grande partie recouvert ou transformé en marais cette région, dont les paysages ont aussi été modelés par les marées-tempêtes de la mer du Nord : estuaire de l'Escaut, delta rhéno-mosan, lacs et archipels. Les Pays-Bas sont un espace principalement artificiel, soustrait, par un labeur multiséculaire, aux menaces d'inondations marines ou fluviales. Dès le XIIIe s iècle, et surtout au XVIIe siècle, s'est effectuée la conquête du territoire néerlandais. Des associations de wateringues ont renforcé les défenses naturelles des fleuves et construit des digues. Un réseau de canaux et de stations de pompage, mues dès le début du XVe siècle par des moulins à vent, a asséché les lacs intérieurs, transformés en terres argileuses fertiles, les polders. Créé en 1798, le ministère des Eaux (Waterstaat) coordonne ces travaux, qui ont pris au XXe siècle une ampleur sans précédent. En 1932, l'ancien golfe marin du Zuiderzee fut enfin fermé par une digue, isolant un lac d'eau douce, l'IJsselmeer, et quatre polders ont été conquis successivement entre 1937 et 1968. Les graves inondations dues aux destructions de la guerre et à la tempête du 1 er février 1953 (1 800 morts, 160 000 hectares submergés) rappellent le souvenir de terribles catastrophes passées (100 000 morts en Zélande en 1421) ; entre 1954 et 1987, les autorités ont verrouillé par des digues les embouchures du Rhin et de la Meuse, opération qui a porté le nom de « plan Delta ». Le réseau hydrographique contribue pour beaucoup à la morphologie et à l'économie du pays. Il est essentiellement constitué par le Rhin et la Meuse, exhaussés au-dessus de la plaine sur leurs alluvions fertiles, et par leur delta, qui est le plus vaste d'Europe. Dotés d'une importante façade maritime, les Pays-Bas ont un climat océanique frais, à faibles amplitudes annuelles (moyenne annuelle : 10 o C), et d'une grande humidité (750 mm de pluies par an) ; les précipitations sont réparties sur l'ensemble du pays. La latitude explique en partie la rigueur des hivers et les gels fréquents dans le Nord. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats canal Escaut Frisonnes (îles) Haarlemmermeer IJsselmeer Limbourg Meuse Nord (mer du) polder Rhin Wieringermeer Zuiderzee Les livres digue - la digue du Nord aux Pays-Bas, page 1476, volume 3 Pays-Bas - paysage de la Frise, dans le nord du pays, page 3761, volume 7 Pays-Bas - la digue du Nord, page 3762, volume 7 Pays-Bas - moulins de Kinderdijk, page 3762, volume 7 Pays-Bas - un grand polder, page 3762, volume 7 Les aspects humains La population néerlandaise a connu, depuis le XIXe siècle, une croissance forte et continue, nourrie par un important excédent naturel ; le taux de natalité de la population - fort jeune - est longtemps resté très élevé (22 ? jusqu'en 1964), alors que le taux de mortalité était déjà l'un des plus bas du monde. La population a presque triplé depuis le début du XXe siècle. Cette forte pression démographique, dans un pays de petite taille, a suscité une intense émigration (jusqu'à 50 000 personnes par an), qui est aujourd'hui en régression. La fécondité et la natalité ont brutalement chuté après 1970. Le recours à des travailleurs immigrés (plus de 400 000, Turcs et Marocains en majorité) est devenu nécessaire. La population, fortement urbanisée - les quatre cinquièmes des Néerlandais sont citadins -, est inégalement répartie. La densité globale est la plus forte d'Europe, mais elle recouvre d'importantes disparités entre la Hollande méridionale (plus de 1 000 habitants/km2) et le Nord (moins de 200). Sur vingt-deux villes de plus de 100 000 habitants, dix-neuf se trouvent au sud d'une ligne AlkmaarArnhem, où vivent plus de 10 millions de Néerlandais. Les villes offrent des paysages soignés, associant les centres historiques à des espaces de loisirs. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats néerlandais Les livres Pays-Bas - La Haye, page 3763, volume 7 Pays-Bas - le village de Marken, page 3763, volume 7 La vie économique Agriculture et pêche. L'agriculture néerlandaise est l'une des plus intensives du monde. Étroitement adaptée au marché mondial, elle s'est spécialisée dans les produits de haute qualité, susceptibles d'être exportés : viande, fromages, lait, oeufs, fleurs, fruits et légumes (cultivés en plein champ ou sous serre, comme dans le Westland) ; le marché aux fleurs d'Aalsmeer est unique au monde. Les 130 000 agriculteurs, bien encadrés, dotés d'une solide formation technique et commerciale, et pourvus en crédits par la Radobank, obtiennent de très hauts rendements : 100 hectares nourrissent 735 personnes, contre 165 en France. Les cultures l'emportent en Zélande et dans les polders récents, dont la mise en valeur est soumise à une étroite planification (affectation des terres, systèmes de culture, sélection des colons). Les exploitations mixtes (cultures, élevage) dominent en Brabant et en Over-IJssel ; l'élevage, qui assure près des deux tiers du revenu agricole (vaches laitières, porcs, volailles), domine en Frise et en Hollande ; l'horticulture occupe les terres à proximité des villes. La pêche (harengs) est importante, grâce à des armements modernes et à des ports bien équipés (Urk, IJmuiden). Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Frise Haarlem IJmuiden OverIJssel Les livres Europe - cultures de fleurs aux Pays-Bas, page 1805, volume 4 Pays-Bas - exploitation de roseaux, page 3760, volume 7 L'industrie. Comparativement aux autres pays européens, le développement industriel a été tardif. Les industries traditionnelles sont issues du commerce : transformation des produits tropicaux (cacao, tabac, corps gras, bois), velours d'Utrecht, faïences de Delft. Après 1945, un essor industriel spectaculaire s'est amorcé, fondé sur l'électrotechnique, la chimie, la pétrochimie et l'agroalimentaire. Il a bénéficié d'importantes ressources énergétiques : le charbon du Limbourg a été largement suppléé par le pétrole de la Drenthe et de la région de La Haye, et surtout par le gaz naturel du gisement de Groningue, l'un des plus riches du monde (2 000 milliards de m 3 de réserves estimées), découvert en 1959 ; la production et l'exportation du gaz ont progressé rapidement après 1965, suscitant un afflux de devises. De puissantes firmes multinationales se sont développées. Fondé en 1891, le groupe Philips a acquis une dimension mondiale (273 000 emplois en 1990, répartis dans 500 usines) ; la fabrication initiale des ampoules électriques a évolué vers l'électroménager, l'électronique grand public, les télécommunications. Le groupe, qui a son siège à Eindhoven, a cependant subi la concurrence japonaise et, très endetté, a dû fermer 150 usines et supprimer des milliers d'emplois, avant de pouvoir en créer de nouveaux (265 000 en 1995). Unilever (chimie) est la première firme mondiale en matière de corps gras. Une industrie chimique s'est également développée à proximité de Groningue (Delfzijl). L'industrie du raffinage et la pétrochimie sont dominées par la Royal Dutch Shell. La sidérurgie s'est implantée à IJmuiden. L'industrie aéronautique subit les contrecoups de la mise en faillite de Fokker et la construction automobile, ceux des difficultés de DAF (sous contrôle suédois). Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Delft Drenthe Eindhoven Groningue IJmuiden Philips Electronics NV Shell Unilever Utrecht Les livres gaz - centre de traitement du gaz à Horlingen, aux Pays-Bas, page 2124, volume 4 gaz - terminal méthanier à Zeebrugge (Pays-Bas), page 2124, volume 4 Commerce et communications. La puissance économique néerlandaise repose avant tout sur le commerce, en particulier maritime, prospère dès le Moyen Âge. Le secteur tertiaire assure plus de 70 % du PNB et près de 70 % des emplois. Contrôlant les embouchures stratégiques de l'Escaut, de la Meuse et du Rhin, les Pays-Bas sont bien reliés par voies d'eau aux principales régions industrielles d'Europe, telle la Ruhr. Sur la façade maritime la plus fréquentée du monde, au débouché de l'axe rhénan, ils ont créé un outil d'échange performant : Rotterdam, en effet, est devenue le premier port mondial. En continuelle expansion, il s'étire sur 30 km, avec le creusement d'immenses bassins vers l'aval (Europoort, Maasvlakte). 40 % de son trafic sont assurés par la fonction de transit : approvisionnement en minerais, hydrocarbures (120 millions de tonnes), céréales destinés à l'Allemagne et à la Belgique, dont Rotterdam assure aussi une grande part des exportations. C'est en outre le quatrième port à conteneurs du monde. Amsterdam a un trafic plus national. Les réseaux de communication du pays sont très denses : autoroutes, et surtout voies navigables, qui assurent le tiers du trafic de marchandises. Les Pays-Bas occupent ainsi une place de choix dans le commerce mondial. Les sept dixièmes des exportations sont composés de produits manufacturés ; mais les produits pétrochimiques (marché de Rotterdam) et agricoles en constituent aussi une part importante. La balance agricole, fortement excédentaire, hisse les Pays-Bas au troisième rang mondial. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats port port - Activité des ports Rotterdam Les livres port de Rotterdam, page 4046, volume 8 Complétez votre recherche en consultant : Les livres Pays-Bas - traite des vaches sur carrousel dans une ferme du Flevoland, page 3764, volume 7 Pays-Bas - culture de tulipes, près de Lisse, page 3764, volume 7 Pays-Bas - atelier de la faïencerie de Delft, page 3764, volume 7 Pays-Bas - le marché aux fromages d'Alkmaar, en Hollande du Nord, page 3764, volume 7 Pays-Bas - extraction de gaz naturel, près de Hoogezand, page 3765, volume 7 Pays-Bas - usine DAF, page 3765, volume 7 Pays-Bas - la plage de Scheveningen, page 3765, volume 7 Pays-Bas - le port de Rotterdam, page 3765, volume 7 Pays-Bas - axe autoroutier, page 3766, volume 7 Pays-Bas - l'Evoluon, à Eindhoven, page 3766, volume 7 Pays-Bas - fermeture du Lauwerszee, page 3766, volume 7 L'organisation de l'espace C'est autour de la Hollande, la province la plus importante des Pays-Bas, que l'État néerlandais s'est construit. Là se concentrent la plus grande partie de la population et des emplois, le pouvoir politique, administratif, économique (sièges sociaux des grandes firmes) et intellectuel (quatre des six grandes universités) du pays. La Randstad Holland (5 millions d'habitants) est une vaste conurbation en forme d'anneau ayant pour pôles Rotterdam, Amsterdam, Utrecht - grand noeud ferroviaire et autoroutier - et Dordrecht. La Haye, où résident le gouvernement, la cour et le corps diplomatique, est une ville de services aux vastes banlieues résidentielles. Une forte concurrence s'instaure entre ces villes, très proches les unes des autres : constructions, institutions culturelles, espaces de loisirs se disputent un territoire exigu. À la périphérie de la Hollande, les densités humaines diminuent, la prospérité s'estompe. La Zélande, traditionaliste et peu urbanisée, longtemps mal reliée aux centres vitaux, s'intègre au Randstad grâce au plan Delta ; sa fonction touristique (plans d'eau, bases de loisirs), au service des grandes villes voisines, s'affirme. Le Nord, excentré, moins industrialisé, doit se développer ; le groupe Philips y a redéployé une partie de ses activités. Le particularisme frison reste vivace. Le Sud s'individualise par une population au fort enracinement catholique. Le « pays noir » du Limbourg s'est reconverti (automobile, pétrochimie) après la fermeture des charbonnages. Les villes lainières du Brabant-Septentrional (Breda, Tilburg) et la conurbation de la Twente à l'est (villes cotonnières d'Almelo, Enschede, Hengelo) connaissent des difficultés. La politique d'aménagement du territoire vise à freiner la croissance du centre vital que constitue la Hollande au profit des régions périphériques du Nord et du Sud. Une autre préoccupation concerne l'amélioration de la qualité de la vie et de l'environnement : rénovation des vieux centres urbains, création d'espaces de loisirs, et surtout lutte contre les pollutions. Les Pays-Bas manquent d'eau douce et d'eau propre, en raison notamment de la pollution du Rhin par les usines. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Amsterdam Brabant-Septentrional Breda Delta (plan) Dordrecht Frise Gueldre Haye (La) Hollande-Méridionale Hollande-Septentrionale Rotterdam Tilburg Utrecht Zélande Les livres Amsterdam, page 238, volume 1 Haye (La), page 2328, volume 5 Utrecht, page 5375, volume 10 Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Arnhem Breda Delta (plan) Drenthe Escaut Frise Frisonnes (îles) Groningue Gueldre Haarlemmermeer Haye (La) Hollande-Méridionale Hollande-Septentrionale IJmuiden IJsselmeer Leeuwarden Leyde Limbourg Maastricht néerlandais Nimègue Nord (mer du) OverIJssel polder Rhin Utrecht Waddensee Walcheren Zélande Zuiderzee Zwolle Histoire Les plus anciens vestiges de l'action humaine aux Pays-Bas sont des dolmens dressés à l'époque mégalithique. Des champs d'urnes funéraires, découverts dans la région d'Eindhoven et de Venlo, ont été datés des débuts de l'âge du fer (650 avant J.-C.). À la veille de la conquête romaine, les régions situées entre la Meuse et le Rhin étaient habitées par la tribu germanique des Bataves, tandis que les Frisons occupaient les côtes septentrionales du pays. Jules César atteignit le Rhin, et, en 15 avant J.-C., la province impériale de la Gaule Belgique fut constituée. L'occupation romaine se traduisit par la construction de postes fortifiés, de routes et de canaux comme celui de Corbulo, qui permit la liaison Meuse-Rhin. Cependant, des révoltes éclatèrent contre le pouvoir romain, la plus célèbre étant celle que dirigea le Batave Civilis en 70 après J.-C. À partir du IIIe siècle, face à la pression des Barbares, les Romains abandonnèrent progressivement la Gaule Belgique, qui fut occupée par les envahisseurs germains (Saxons et Francs). Ceux-ci se convertirent au christianisme (Ve siècle) et affrontèrent les Frisons, restés païens. L'évangélisation de ces derniers fut assurée par des moines irlandais aux VII e et VIIIe siècles. À l'époque carolingienne, les Pays-Bas firent partie de l'empire de Charlemagne, qui résida d'ailleurs à Nimègue et à Maastricht. Des relations commerciales se développèrent avec l'Angleterre et les pays riverains de la Baltique, notamment à partir de Dorestad. Les invasions normandes ruinèrent cet essor économique et, après le partage de l'Empire carolingien lors du traité de Verdun de 843, les Pays-Bas se décomposèrent en de nombreuses principautés féodales. Les XIe et XIIe siècles furent marqués par les luttes entre l'empereur, qui soutenait les évêques d'Utrecht et de Liège, et les grands féodaux comme le comte de Hollande et le duc de Gueldre. Cette époque fut également propice aux débuts d'une expansion démographique et économique qui toucha tout l'Occident. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Bataves Belgique - Histoire - Introduction Francs Frisons Saxons De l'expansion économique à la domination espagnole Dans les campagnes, des communautés rurales s'organisèrent et conquirent de nouvelles terres sur la forêt, par défrichement, et sur la mer, en aménageant des polders. Mais ce sont les villes qui connurent l'essor le plus spectaculaire. Elles renforcèrent les relations commerciales avec l'Angleterre, les pays de la Baltique et la France. La prospérité née du commerce permit même à certaines d'entre elles, Utrecht et Dordrecht, puis Amsterdam et Rotterdam, d'accéder à une véritable autonomie politique. Pourtant, des conflits internes éclatèrent entre la bourgeoisie, qui accaparait le pouvoir, et le petit peuple urbain. En outre, les villes des Pays-Bas furent affaiblies par les rivalités commerciales qui les opposaient à celles de la Hanse. Les ducs de Bourgogne, notamment Philippe le Bon (1419/1467) et Charles le Téméraire (1467/1477), profitèrent de cet affaiblissement pour réunir les Pays-Bas à leurs possessions. La maison de Bourgogne avait en effet commencé à exercer son influence dans la région à partir du mariage de l'héritière de la Flandre, Marguerite de Mâle, avec le duc de Bourgogne Philippe II le Hardi, en 1369. Le mariage de Marie de Bourgogne, fille et héritière de Charles le Téméraire, avec Maximilien d'Autriche fit passer les Pays-Bas de la dépendance bourguignonne à celle des Habsbourg (1477). Sous le règne de Charles Quint (1515/1555), les Pays-Bas furent organisés en dix-sept provinces, depuis l'Artois au sud jusqu'à la Groningue au nord. Charles Quint instaura un Conseil d'État, formé des principaux représentants de la noblesse, et un gouvernement central, installé à Bruxelles. Mais les habitants supportaient de plus en plus mal la domination espagnole. Sacré roi d'Espagne en 1516, Charles Quint nomma au poste de gouverneur des Pays-Bas des membres de sa famille. À la contestation du pouvoir espagnol s'ajoutèrent les critiques faites au clergé, notamment sous l'influence des idées du savant et humaniste Érasme. La Réforme protestante se propagea rapidement aux Pays-Bas, qui étaient étroitement liés à l'Allemagne luthérienne. Charles Quint, puis, après 1555, Philippe II entreprirent de lutter contre l'hérésie, ce qui provoqua le mécontentement des nobles. Ceux-ci combattirent l'Espagne, adoptant le surnom de « gueux » qui leur avait été donné par Marguerite de Parme, gouvernante des Pays-Bas de 1559 à 1567. Face à la révolte du peuple, qui s'attaqua aux églises et aux fonctionnaires espagnols, Philippe II envoya aux Pays-Bas une armée commandée par le duc d'Albe (1567). La répression fut impitoyable, et seules les provinces du Nord continuèrent la guerre, sous la direction de Guillaume de Nassau, prince d'Orange. Le pillage d'Anvers en 1576 provoqua l'union des dix-sept provinces contre l'occupant. Mais, en 1579, les dix provinces du Sud, à majorité catholique, formèrent l'Union d'Arras, qui reconnut l'autorité de Philippe II ; elles constituèrent les Pays-Bas espagnols (la future Belgique), tandis que les provinces septentrionales, ayant formé l'Union d'Utrecht, s'érigèrent en République des Provinces-Unies (1581), dont l'indépendance devait être définitivement reconnue lors des traités de Westphalie (1648). Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Albe (Fernando Álvarez de Toledo, duc d') Allemagne - Histoire - L'Allemagne médiévale - La fin du Moyen Âge et la transformation du Saint Empire (1349-1519) Arras Artois Belgique - Histoire - Des ducs de Bourgogne aux Habsbourg Bourgogne Bourgogne - L'État bourguignon Charles - EMPIRE D'OCCIDENT et SAINT EMPIRE ROMAIN GERMANIQUE Charles V de Habsbourg, dit Charles Quint Charles le Téméraire Egmont (Lamoral, comte d') Groningue Guillaume - HOLLANDE et PAYS-BAS - Guillaume Ier de Nassau Juan - Juan d'Autriche ou Juan de Habsbourg (Don) Marguerite - PARME - Marguerite de Parme Marie - BOURGOGNE - Marie de Bourgogne Nassau Philippe - BOURGOGNE - Philippe II le Hardi Philippe - BOURGOGNE - Philippe III le Bon Philippe - ESPAGNE - Philippe II Provinces-Unies Requeséns y Zúñiga (don Luis de) Les Provinces-Unies de 1579 à 1795 Le XVIIe siècle est considéré comme le siècle d'or de l'histoire des Pays-Bas septentrionaux. En effet, cette période fut marquée par une expansion économique et commerciale remarquable, et par le développement des sciences et des arts. Composées de sept provinces et des pays de la Généralité (territoires conquis après 1581), les Provinces-Unies constituèrent une République fédérale, régime isolé à une époque où les monarchies absolues étaient les plus nombreuses en Europe. Chaque province possédait son administration propre, tandis que les affaires communes relevaient des états généraux et du Grand Pensionnaire (ministre des Affaires étrangères). Le stathouder, au départ chef de l'exécutif d'une province, jouissait d'une autorité croissante lorsque Guillaume d'Orange cumula les fonctions de stathouder de plusieurs provinces et la charge de capitaine-amiral-général. Jusqu'à son assassinat en 1584, il fut le dirigeant incontesté de la défense des Provinces-Unies contre l'Espagne. Ensuite, il y eut souvent une rivalité entre le stathouder, choisi dans la famille d'Orange et soutenu par la noblesse et le peuple, et le Grand Pensionnaire, appuyé par la bourgeoisie urbaine. Malgré ces conflits internes, parfois sanglants, les Provinces-Unies surent faire face aux nombreuses guerres du XVIIe siècle contre l'Espagne, l'Angleterre, la Suède, et surtout contre la France de Louis XIV (1667-1668, 1672-1678 et 17011713). La prospérité des Provinces-Unies fut fondée sur le commerce maritime. La marine marchande hollandaise devint, à cette époque, la première du monde et réalisa la majeure partie du trafic maritime européen. La Compagnie hollandaise des Indes orientales, association d'armateurs, de marchands et de riches bourgeois, fut fondée à Amsterdam en 1602. Elle obtint le monopole du commerce dans l'océan Indien et dans le Pacifique, supplanta les Portugais en Inde et dans les îles de la Sonde, ouvrit des comptoirs en Chine et au Japon, occupa Malacca, Ceylan et Le Cap, où des paysans hollandais, les Boers, allèrent s'installer. La Compagnie des Indes occidentales, créée en 1621, s'établit aux Antilles, en Guyane et à l'embouchure de l'Hudson, où elle fonda La Nouvelle-Amsterdam, qui devait s'appeler New York après sa conquête par les Anglais en 1664. Amsterdam, grâce à sa banque fondée en 1609, devint la plus grande place financière d'Europe. Pays prospère, les Provinces-Unies étaient aussi une terre de liberté. Des philosophes comme Descartes et Spinoza s'y réfugièrent et y publièrent leurs oeuvres. L'imprimerie, la presse, les sciences et surtout la peinture (Rembrandt, Hals, Vermeer...) connurent alors un essor sans précédent. Au XVIIIe siècle, les Provinces-Unies, épuisées par les guerres, concurrencées dans leur commerce par l'Angleterre, connurent une période de déclin. Le territoire hollandais fut même envahi par les armées françaises en 1747. Tandis qu'une guerre contre l'Angleterre (1780-1784) avait des effets désastreux pour les activités commerciales des Provinces-Unies, le pays subit une nouvelle humiliation. En 1781, en effet, l'empereur Joseph II, maître des Pays-Bas méridionaux (qui étaient passés sous la domination des Habsbourg d'Autriche en 1713), obtint l'annulation du droit qu'avaient les Provinces-Unies depuis les traités d'Utrecht (1713) de tenir garnison dans huit places fortes belges. L'autorité du stathouder fut de plus en plus contestée par les « patriotes », qui s'organisèrent en milices et exigèrent l'élargissement du système électoral. En 1785, le soulèvement des villes s'étant généralisé, le stathouder Guillaume V dut quitter La Haye. Il fallut l'intervention militaire du roi de Prusse en 1787 pour le rétablir à la tête des Provinces-Unies. Mais, après la victoire des armées révolutionnaires françaises sur les Pays-Bas autrichiens, les Provinces-Unies furent envahies en 1795, et le stathouder dut s'enfuir en Angleterre. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Afrique du Sud - Histoire - Introduction Barrière (traités de la) Boers compagnies de commerce et de navigation Espagne - Histoire - Suprématie et déclin Guillaume - HOLLANDE et PAYS-BAS - Guillaume Ier de Nassau Indes occidentales Indonésie - Histoire - La colonisation européenne Jeannin Pierre, dit le Président Jeannin Joseph - Joseph II Maurice de Nassau Nimègue Nimègue - Les traités de Nimègue Océanie - Histoire - Les premières expéditions européennes Orange-Nassau Provinces-Unies stathouder Utrecht Utrecht - Les traités d'Utrecht Witt (Johan, en français Jean de) Les livres France - Louis XIV passant le Rhin à la tête de ses armées, le 6 juin 1672, page 2011, volume 4 Pays-Bas - vue d'Utrecht, vers 1600, page 3767, volume 7 Pays-Bas - la campagne d'Enkhuizen, au début du XVIIe siècle, page 3768, volume 7 Pays-Bas - l'assemblée générale des états généraux des Provinces-Unies, en 1651, page 3768, volume 7 Pays-Bas - remise de diplômes à l'université de Leyde, vers 1650, page 3769, volume 7 Pays-Bas - fraternisation entre soldats français et bataves, à Amsterdam (1795), page 3769, volume 7 De la République batave à la révolution belge Une République batave fut créée en 1795 avec l'appui du parti des Patriotes, tandis que les Pays-Bas autrichiens et le sud des Provinces-Unies étaient transformés en départements français. Mais, en 1806, Napoléon Ier supprima la jeune République et la transforma en royaume de Hollande, confié à son frère Louis. Celui-ci, refusant d'appliquer le Blocus continental, qui ruinait le commerce de ses sujets, perdit en 1810 son royaume, qui fut désormais rattaché à la France. Après les défaites de Napoléon Ier (Leipzig en 1813, puis Waterloo en 1815), le congrès de Vienne décida de réunir, en un seul royaume des Pays-Bas, la Hollande et la Belgique. Malgré les efforts du roi Guillaume Ier d'Orange pour maintenir l'unité, les rivalités internes se multiplièrent : mécontentement des catholiques face à un roi protestant, opposition des agriculteurs belges protectionnistes et des commerçants hollandais libre-échangistes, rivalité commerciale entre Anvers et Amsterdam, etc. Le 25 août 1830, une insurrection éclata à Bruxelles, et, après l'échec de Guillaume Ier , qui voulait reprendre la ville par la force, un gouvernement provisoire proclama l'indépendance de la Belgique. La GrandeBretagne et la France soutinrent la Belgique, et Guillaume Ier dut accepter la division de son royaume (traité de Londres, 1839). Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats batave (République) Belgique - Histoire - Naissance de la Belgique Bonaparte Bruxelles - Une histoire glorieuse et complexe Guillaume - HOLLANDE et PAYS-BAS - Guillaume Ier Provinces-Unies Vienne (congrès de) Vienne (congrès de) - Un nouvel ordre européen Les Pays-Bas de 1830 à 1945 Après la révolution belge de 1830, les idées libérales gagnèrent du terrain aux Pays-Bas. En 1848, alors que les révolutions se multipliaient en Europe, le roi Guillaume II (18401849) fit adopter une nouvelle Constitution, qui établissait notamment la responsabilité ministérielle et un mode de scrutin censitaire. Son successeur, Guillaume III (18491890), confia au libéral Thorbecke le poste de chef du gouvernement (1849). Libéraux et conservateurs gouvernèrent le pays en alternance durant la seconde moitié du XIXe siècle, marquée par la querelle religieuse et scolaire. C'est alors que les Pays-Bas retrouvèrent une position commerciale importante, en profitant du développement industriel de la Ruhr et des ressources naturelles de leurs colonies asiatiques (caoutchouc, pétrole, sucre et thé de l'archipel malais). À la fin du XIXe siècle, le développement de la classe ouvrière néerlandaise et la diffusion du marxisme entraînèrent la formation d'un parti socialiste (1894) et les débuts de l'action syndicale. Des mesures sociales furent adoptées par les gouvernements libéraux, et le suffrage universel masculin (1917), puis féminin (1919) fut institué. Si les Pays-Bas conservèrent une stricte neutralité durant la Première Guerre mondiale, ils souffrirent néanmoins du blocus maritime et, en 1918, de graves troubles sociaux éclatèrent. Profitant de la crise économique de 1929, un parti pronazi, dirigé par Anton Mussert, se développa. Son audience resta cependant limitée et le pays accueillit bien avant 1940 des réfugiés juifs d'Allemagne. Au mépris de la neutralité des Pays-Bas, les troupes d'Hitler y pénétrèrent le 10 mai 1940 et leur imposèrent une lourde occupation, tandis que la reine Wilhelmine (1890-1948) et le gouvernement, exilés à Londres, animaient la résistance. Le pays fut d'abord placé sous la coupe du commissaire du Reich Seyss-Inquart, puis sous celle de Mussert, qui, promu gauleiter, fit régner la terreur. Plus de cent mille juifs furent déportés à Auschwitz. Les Néerlandais manifestèrent leur hostilité à l'occupant par des grèves, notamment celle des cheminots, en 1944. Mais la libération des Pays-Bas n'intervint que le 5 mai 1945, après la capitulation de l'armée allemande à Wageningen. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats collaboration Wilhelmine d'Orange-Nassau Les livres Pays-Bas - entrée des troupes allemandes aux Pays-Bas, en mai 1940, page 3770, volume 7 Les Pays-Bas de 1945 à nos jours La reconstruction de l'économie nationale s'effectua en partie grâce à l'aide financière américaine du plan Marshall. Le secteur industriel fut privilégié, tandis qu'une agriculture moderne se développait. Les Pays-Bas, membres du pacte Atlantique dès 1949, avaient formé une union douanière (appelée Benelux) avec la Belgique et le Luxembourg, et s'intégrèrent au Marché commun dès sa création en 1957. En 1949, après trois ans de combats, ils reconnurent l'indépendance de leurs possessions des Indes néerlandaises, qui formèrent la République d'Indonésie. Ils conservèrent néanmoins la partie occidentale de la Nouvelle-Guinée, ou Irian, jusqu'à ce qu'elle devînt indonésienne en 1963. Les Antilles néerlandaises et la Guyane néerlandaise, ou Surinam, furent dotées d'un gouvernement autonome en 1954, et, à la fin de l'année 1975, le Surinam proclama son indépendance. Les chrétiens-démocrates et les socialistes (parti du Travail) ont dominé la vie politique d'après-guerre. Ils ont alterné à la tête des gouvernements, mais ont dû former des coalitions avec les nombreux autres partis (environ vingt-cinq). La montée des mouvements contestataires (les jeunes provos des années soixante, les pacifistes des années quatre-vingt), ainsi que la crise économique ont suscité une remise en cause de la « société d'abondance », fruit de la croissance des années soixante. Les querelles entre partis et l'instabilité gouvernementale qui en est parfois résultée sont d'autant plus graves que la société néerlandaise s'est trouvée confrontée à des questions épineuses : désarmement, énergie nucléaire, montée du chômage. La politique de rigueur du Premier ministre Ruud Lubbers, à la tête d'une coalition de centre gauche, a été désavouée lors des élections générales de 1994, qui ont quelque peu bouleversé l'échiquier politique. C'est un gouvernement d'où les chrétiens-démocrates sont absents, pour la première fois depuis 1920, qui a été constitué. Le nouveau Premier ministre, le travailliste Wim Kok, ne peut toutefois qu'aller dans le sens d'une limitation de l'État-providence. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Béatrice Benelux Indes orientales néerlandaises Indonésie - Histoire - La colonisation européenne Lubbers (Rudolf, dit Ruud) Surinam Les livres Pays-Bas - manifestation des « autonomes » à Amsterdam, le jour du couronnement de la reine Beatrix (30 avril 1980), page 3770, volume 7 Pays-Bas - les participants de la conférence de Maastricht entourant la reine Beatrix des Pays-Bas, le 3 décembre 1991, page 3771, volume 7 Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Brabant Flandre Nassau Arts Beaux-arts Les primitifs. Jusqu'à la fin du XVIe siècle, l'art néerlandais s'identifia à l'art des anciens Pays-Bas, placés sous l'autorité des ducs de Bourgogne, puis de la dynastie des Habsbourg. Originaires de Maaseik, près de Maastricht, les frères Van Eyck, Jean (vers 13851441) et Hubert (mort en 1426), imprimèrent un élan décisif à la peinture à l'huile sur panneau, qui devint la technique par excellence des primitifs flamands. À l'image de Dirk Bouts (vers 1415-1475), originaire de Haarlem, mais installé à Bruxelles, puis à Louvain, les héritiers des Van Eyck contribuèrent à répandre cet art dans toutes les provinces des Pays-Bas. Les peintres qui échappèrent à l'attraction des villes du Sud constituent l'exception. C'est le cas de Geertgen tot Sint Jans (Gérard de Saint-Jean), actif à Haarlem à la fin du XVe siècle. Ses oeuvres, qui privilégient le paysage et recherchent les effets de lumière nocturne, lui valurent d'être parfois considéré comme un précurseur de l'école hollandaise. La place de Jérôme Bosch (vers 14501516), qui travailla à Bois-le-Duc, est encore plus singulière. Ses visions fantastiques n'ont guère laissé d'héritage que chez Bruegel l'Ancien. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Bosch Jheronimus (ou Jérôme) Bouts Dieric ou Dirk ou Thierry Bruegel - Bruegel Pieter, dit l'Ancien ou le Vieux peinture - Les techniques - La peinture à l'huile Van Eyck Jan La Renaissance. Alors que la séparation des provinces du Nord et du Sud était scellée dans les faits en 1579, la peinture hollandaise bénéficia dès le XVIe siècle d'un nouvel essor, qui s'exprima en particulier dans l'art du portrait et du paysage. Affranchis de la tradition religieuse, ouverts aux influences de la Renaissance italienne, les artistes des Provinces-Unies développèrent un art spécifique, conforme au goût des notables et des marchands. Alors que Lucas de Leyde (1489 ou 1494-1533) et Pieter Aertsen (1508-1575) ouvraient la voie à la peinture de genre, Jan Van Scorel (1495-1562) recueillait dans les Provinces-Unies l'héritage du maniérisme italien. Élève de Scorel, Antonio Moro (vers 1517-1576) assimila dans ses portraits l'influence de Titien, avant qu'Abraham Bloemaert (1564-1651) et Gerrit Van Honthorst (1590-1656) ne perpétuent la manière du Caravage dans leurs clairs-obscurs contrastés. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Bloemaert Abraham Cornelisz Lucas de Leyde (Lucas Huygenz, dit) Moro (Anthonis Mor Van Dashorst, dit Antonio) Van Honthorst Gerrit Le Siècle d'or. Dominé par les figures de Rembrandt (1606-1669) et de Vermeer (1632-1675), le XVIIe siècle fut l'âge d'or de la peinture hollandaise. Dans tous les genres, ses représentants excellèrent dans l'art de traiter les nuances de la lumière et de la couleur. Les portraits de corporations de Frans Hals (vers 1580-1666), les scènes de taverne d'Adriaen Brouwer (1605-1638) et d'Adriaen Van Ostade (1610-1685), les allégories burlesques de Jan Steen (vers 1626-1679) et les intérieurs bourgeois de Gerard Dou (1613-1675) assurèrent le succès de la peinture de genre et du portrait. Alors que le paysage demeurait partagé entre la sérénité classique de Jan Van Goyen (1596-1656) et de Salomon Van Ruysdael (vers 1600-1670), et les visions fantastiques de Jacob Van Ruysdael (1628-1682), les intérieurs d'église et les paysages urbains de Pieter Saenredam (1597-1665) inaugurèrent une tradition de tableaux d'architecture, qui fut notamment prolongée par Emmanuel De Witte (16171692). À la manière de Vermeer, Gerard Ter Borch (1617-1681), Gabriel Metsu (1629-1667) et Pieter De Hooch (1629-vers 1681) furent, quant à eux, les peintres de l'intimité bourgeoise. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Brouwer Adriaen Dou Gerard genre (peinture de) Haarlem Hals Frans Hooch (Pieter de) Metsis Quinten paysage - 2.BEAUX-ARTS portrait - 1.BEAUX-ARTS Rembrandt (Rembrandt Harmenszoon Van Ryn ou Rijn, dit) Saenredam Pieter Jansz Steen Jan Havicksz Ter Borch Gerard Van Goyen Jan Josephsz Van Ostade Adriaen Van Ruysdael Jacob Vermeer de Delft (Johannes Vermeer, dit) Witte (Emmanuel de) Le XIXe siècle. Après un temps d'arrêt au XVIIIe siècle, la création artistique reçut une nouvelle impulsion au milieu du XIXe siècle avec l'art du paysage, grâce à Joseph Israëls (1814-1911) et Anton Mauve (1838-1888), qui fut le maître de Vincent Van Gogh (1853-1890) à La Haye. Admirateur de Van Ruysdael et de Van Goyen, Johan Barthold Jongkind (1819-1891) peignit de nombreux paysages à l'aquarelle lors de séjours sur la côte normande. Par leurs effets de lumière et d'atmosphère, ses oeuvres anticipèrent les recherches des impressionnistes français. Tandis que Van Gogh suivait un parcours solitaire, adoptant une touche fragmentée et de lourds empâtements pour traiter la lumière, Jan Toorop (18581928) se ralliait aux figures du symbolisme et de l'Art nouveau dans ses peintures allégoriques ou religieuses. Au début du XXe siècle, Kees Van Dongen (1877-1968) se signala par l'emploi de cadrages audacieux et de couleurs violentes, qui le rapprochèrent des fauves français et des expressionnistes allemands. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Jongkind Johan Barthold paysage - 2.BEAUX-ARTS Toorop (Johannes Theodoor, dit Jan) Van Dongen (Cornelis Theodorus Marie, dit Kees) Van Gogh Vincent L'art moderne. Après la Première Guerre mondiale, la rupture avec la tradition fut consommée aux Pays-Bas par les artistes du groupe De Stijl (« le Style »). Créé en 1917 par Theo Van Doesburg (1883-1931), le groupe réunit notamment les peintres Georges Vantongerloo (1886-1965) et Piet Mondrian (1872-1944), qui défendirent les principes de l'abstraction et du néoplasticisme. En architecture, le mouvement fut représenté par Jacobus Oud (1890-1963) et Gerrit Rietveld (1888-1964). Conçue par Rietveld en 1924, la Maison Schröder-Schräder, à Utrecht, fut traitée comme une sculpture monumentale, rythmée par l'opposition des verticales et des horizontales. À la même époque, l'abstraction permit au peintre Bram Van Velde (1895-1981) de se dégager de l'influence de Matisse et de s'orienter vers une figuration épurée, où les couleurs organisent la composition. Après la Seconde Guerre mondiale, la création du groupe Cobra (1948-1951) fit à nouveau d'Amsterdam un des foyers des avant-gardes européennes. Contre l'abstraction géométrique, Karel Appel (né en 1921), qui adhéra au groupe en 1950, défendit une peinture spontanée qui privilégiait l'impulsion du geste. En architecture, le modernisme de Le Corbusier imposa ses canons aux projets d'Aldo Van Eyck, qui construisit l'orphelinat d'Amsterdam (1960-1961) dans un style géométrique et dépouillé. Depuis lors, les principales tendances de l'art contemporain sont représentées aux Pays-Bas, depuis les montages photographiques de Jan Dibbets (né en 1941) et de Ger Van Elk (né en 1941) jusqu'aux installations vidéo de Servaas (né en 1950). Comme ailleurs, l'éclectisme postmoderniste a conquis les architectes et inspiré notamment la gare de Sloterdijk à Amsterdam (1986), conçue par Harry C. Reynders. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Appel Karel Cobra (groupe) Constant (Constant A. Nieuwenhuys, dit) Dibbets Jan Mondrian (Pieter Cornelis Mondriaan, dit Piet) néoplasticisme Oud Jacobus Johannes Pieter Rietveld Gerrit Thomas Stijl (De) Toorop (Johannes Theodoor, dit Jan) Van Doesburg (Christiaan Emil Küpper, dit Theo) Van Velde - Van Velde (Abraham, dit Bram) Van Velde - Van Velde Geer Vantongerloo Georges Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Bloemaert Abraham Cornelisz Bosch Jheronimus (ou Jérôme) Bouts Dieric ou Dirk ou Thierry Brouwer Adriaen Bruegel - Bruegel Pieter, dit l'Ancien ou le Vieux Cobra (groupe) De Hooch Pieter Dou Gerard genre (peinture de) Haarlem Hals Frans Jongkind Johan Barthold Lucas de Leyde (Lucas Huygenz, dit) Metsis Quinten Mondrian (Pieter Cornelis Mondriaan, dit Piet) néoplasticisme Oud Jacobus Johannes Pieter Rembrandt (Rembrandt Harmenszoon Van Ryn ou Rijn, dit) Rietveld Gerrit Thomas Steen Jan Havicksz Toorop (Johannes Theodoor, dit Jan) Van Doesburg (Christiaan Emil Küpper, dit Theo) Van Dongen (Cornelis Theodorus Marie, dit Kees) Van Eyck Jan Van Gogh Vincent Van Goyen Jan Josephsz Van Honthorst Gerrit Van Ostade Adriaen Van Ruysdael Jacob Vantongerloo Georges Vermeer de Delft (Johannes Vermeer, dit) Witte (Emmanuel de) Les livres Pays-Bas - Abraham Van Beyeren (XVIIe siècle), Nature morte avec un homard et un pichet, page 3771, volume 7 Pays-Bas - Frans Hals, Banquet des officiers du corps des archers de SaintAdrien à Haarlem (1627), page 3772, volume 7 Pays-Bas - Salomon Van Ruysdael, Une rivière avec bac (1639), page 3772, volume 7 Pays-Bas - Rembrandt, Le centurion Cornelius (vers 1655), page 3773, volume 7 Pays-Bas - Pieter De Hooch, les Joueurs de cartes (1658), page 3773, volume 7 Pays-Bas - Vermeer, Jeune fille au turban (vers 1660), page 3773, volume 7 Pays-Bas - Johan Barthold Jongkind, Vue d'Overchie (1856), page 3774, volume 7 Pays-Bas - Van Gogh, Paysanne près de l'âtre (1885), page 3774, volume 7 Pays-Bas - Karel Appel, Enfant interrogeant (1948), page 3774, volume 7 Littérature Avant que la séparation entre Flandre au sud et Hollande au nord n'ait lieu en 1609 et que les Provinces-Unies n'acquièrent leur indépendance en 1648, la « littérature néerlandaise » était celle de ces différentes régions. La langue commune les a d'ailleurs longtemps maintenues en contact. Hendrik Van Veldeke (Legende van Sint Servaes, XIIe siècle), la nonne Hadewijch (début XIIIe siècle) ou Lodewijk Van Velthem (XIVe siècle) reprirent la tradition française des chants d'amour courtois ou mystiques et du cycle arthurien. Jan Van Ruysbroeck (1293-1381), mystique au grand rayonnement intellectuel, marqua la théologie occidentale. À la fin du XIVe siècle se créèrent des « chambres de rhétorique » où les disputes d'érudits permirent le développement rapide de l'humanisme. En même temps, le luthéranisme se répandit, surtout dans le Nord avec Philippe Marnix de Sainte-Aldegonde (1540-1598), et la revendication nationale se fit plus pressante (Coornhert et Spiegel écrivirent la première grammaire du néerlandais). Pieter Corneliszoon Hooft (1581-1647), avec une poésie amoureuse raffinée, Gerbrand A. Bredero (1585-1618), avec des poèmes tantôt lyriques, tantôt comiques, au réalisme populaire toujours empreint d'humour, Joost Van den Vondel (1587-1679), avec des tragédies bibliques d'une grande ampleur, et Constantin Huygens (1596-1687), diplomate et humaniste, avec des oeuvres où le lyrique se mêle à l'érudition et au moralisme, furent les principaux tenants du renouveau littéraire, avant qu'il ne perde en intensité au XVIIIe siècle, hormis chez H. C. Poot (1689-1733) et Justus Van Effen (1684-1735), qui fonda une revue importante, le Spectateur hollandais. À la fin de ce siècle apparurent le roman épistolaire (Sara Burgerhart, publié en 1782 par deux femmes, Betje Wolff-Becker et Aagje Deken) et la poésie lyrique nationaliste avec H. Van Alphen (1746-1803) et W. Bilderdijk (1756-1831). En fondant la revue De Gids ( « le Guide ») en 1837, E. J. Potgieter (1808-1875) insuffla une dynamique essentielle au romantisme ambiant, en même temps que romans historiques et réalistes gagnaient en considération (Van Lennep, 1802-1868 ; N. Beets, 1814-1903). Multatuli (1820-1887), par son ironie et sa satire morale de la société, imposa un nouvel essor au roman d'analyse avant que Louis Couperus (18631923) ne le charge d'une influence plus naturaliste. La revue De Nieuwe Gids, créée en 1885, rompit avec le romantisme patriotique au profit d'un esthétisme plus cosmopolite (W. Paap, 1856-1923 ; L. Van Deyssel, 1864-1952), qui se déplaça parfois vers le théâtre naturaliste (H. Hejermans, 1864-1924) ou des expériences proches du socialisme chez F. Van Eeden (1860-1932). Ce fut le moment où les mouvements d'avant-garde se multiplièrent sous l'influence française : les poètes H. Van den Bergh (1897-1966) ou H. Marsman (1899-1940) en furent les représentants les plus marquants. Le roman connut un remarquable essor avec Menno Ter Braak (19021940) et surtout S. Vestdijk (1898-1971). Deux mouvements originaux furent créés après guerre : les Vijftigers (P. Rodenko, B. Schierbeek, Gerrit Kouwenaar) poussèrent à bout l'expérimentation sur le langage et le rythme, tandis que les Zestigers (H. Van Waardenburg, H. Verhagen) se préoccupaient davantage de porter un témoignage sur la société contemporaine et la réalité quotidienne, recourant parfois au mélange entre la fiction et l'autobiographie (Cees Nooteboom). Le « nouveau roman » connut quelques adeptes (E. Develing, C. Peeters), sans que le roman psychologique perde vraiment de terrain (Jean De Hartog, H. Haasse). C'est sans doute un sentiment de désillusion et de décadence qui frappe le plus dans les productions récentes, en particulier chez G. Krol ou Ferron. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Hooft Pieter Corneliszoon Marnix de Sainte-Aldegonde (Philippe de) Multatuli (Eduard Douwes Dekker, dit) Saenredam Pieter Jansz Van Ruysbroeck Jan Vestdijk Simon Musique Les Pays-Bas connurent leur apogée musical durant la Renaissance, dominée par la riche école polyphonique néerlandaise, essentiellement représentée par Jakob Obrecht. Pourtant, un déclin s'amorça dès le XVIe siècle ; malgré une brillante tradition d'édition, de facture instrumentale et d'interprétation, il devait durer jusqu'à la fin du XIXe siècle. Seul l'organiste et compositeur Jan Pieterszoon Sweelinck, au XVIIe siècle, l'interrompit momentanément en édifiant une oeuvre magistrale. L'intérêt croissant, au XVIIIe siècle, pour le concert et l'opéra attira la visite d'artistes étrangers (Vivaldi, Leclair, les Mozart), et suscita la création de plusieurs orchestres. Le XIXe siècle, ici comme ailleurs, fut essentiellement marqué par la recherche d'une musique d'expression nationale. C'est alors qu'émergèrent quelques figures importantes, en tête desquelles John Wagenaar. Willem Pijper, quant à lui, domina la première moitié du XXe siècle, avant de céder la place aux représentants de l'avant-garde européenne (Peter Schat, Ton de Leeuw). Du côté des institutions musicales, l'orchestre du Concertgebouw d'Amsterdam, créé en 1888, s'est acquis à juste titre un renom international. Dirigé de 1895 à 1945 par Willem Mengelberg, il a accueilli les plus grands chefs d'orchestre, dont Bernard Haitink, depuis les années soixante. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Concertgebouw Haitink Bernard Mengelberg Josef Willem Obrecht Jacob Sweelinck Jan Pieterszoon Les livres Pays-Bas - le chef d'orchestre néerlandais Bernard Haitink et l'Orchestre du Concertgebouw, en 1993, page 3775, volume 7 Cinéma Tel Joris Ivens, Bert Haanstra, Herman Van der Horst, Johan Van der Keuken sont de remarquables documentaristes. Dans le domaine de la fiction, Paul Verhoeven avait réalisé dans son pays, avant de faire carrière aux États-Unis (Robocop, 1987 ; Basic Instinct, 1992), des films aussi provocateurs que Turkish Delices (1972) ou le Quatrième Homme (1983). Citons encore Ben Verbong (la Fille aux cheveux rouges, 1982) et Fons Rademakers, dont l'Assaut a obtenu, en 1987, l'Oscar du film étranger. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Ivens Joris Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Europe Les médias Pays-Bas - tableau en bref Pays-Bas - carte physique Pays-Bas - tableau en chiffres Europe - carte politique Les indications bibliographiques J.-C. Boyer, Pays-Bas, Belgique, Luxembourg, Masson, Paris, 1994. M. Braure, Histoire des Pays-Bas, PUF, « Que sais-je ? », Paris, 1974 (1951). A. Fischer, l'Industrialisation contemporaine des Pays-Bas, Publications de la Sorbonne, Paris, 1980.
monarchie

« Meuse, opération qui a porté le nom de « plan Delta ». Le réseau hydrographique contribue pour beaucoup à la morphologie et à l'économie du pays. Il est essentiellement constitué par le Rhin et la Meuse, exhaussés au-dessus de la plaine sur leurs alluvions fertiles, et par leur delta, qui est le plus vaste d'Europe. Dotés d'une importante façade maritime, les Pays-Bas ont un climat océanique frais, à faibles amplitudes annuelles (moyenne annuelle : 10 oC), et d'une grande humidité (750 mm de pluies par an) ; les précipitations sont réparties sur l'ensemble du pays. La latitude explique en partie la rigueur des hivers et les gels fréquents dans le Nord. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats canal Escaut Frisonnes (îles) Haarlemmermeer IJsselmeer Limbourg Meuse Nord (mer du) polder Rhin Wieringermeer Zuiderzee Les livres digue - la digue du Nord aux Pays-Bas, page 1476, volume 3 Pays-Bas - paysage de la Frise, dans le nord du pays, page 3761, volume 7 Pays-Bas - la digue du Nord, page 3762, volume 7 Pays-Bas - moulins de Kinderdijk, page 3762, volume 7 Pays-Bas - un grand polder, page 3762, volume 7 Les aspects humains La population néerlandaise a connu, depuis le XIX e siècle, une croissance forte et continue, nourrie par un important excédent naturel ; le taux de natalité de la population – fort jeune – est longtemps resté très élevé (22 ‰ jusqu'en 1964), alors que le taux de mortalité était déjà l'un des plus bas du monde. La population a presque triplé depuis le début du XX e siècle. Cette forte pression démographique, dans un pays de petite taille, a suscité une intense émigration (jusqu'à 50 000 personnes par an), qui est aujourd'hui en régression. La fécondité et la natalité ont brutalement chuté après 1970. Le recours à des travailleurs immigrés (plus de 400 000, Turcs et Marocains en majorité) est devenu nécessaire. La population, fortement urbanisée – les quatre cinquièmes des Néerlandais sont citadins –, est inégalement répartie. La densité globale est la plus forte d'Europe, mais elle recouvre d'importantes disparités entre la Hollande méridionale (plus de 1 000 habitants/km 2) et le Nord (moins de 200). Sur vingt-deux villes de plus de 100 000 habitants, dix-neuf se trouvent au sud d'une ligne Alkmaar- Arnhem, où vivent plus de 10 millions de Néerlandais. Les villes offrent des paysages soignés, associant les centres historiques à des espaces de loisirs. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats néerlandais Les livres Pays-Bas - La Haye, page 3763, volume 7 Pays-Bas - le village de Marken, page 3763, volume 7 La vie économique Agriculture et pêche. »

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