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Attrait pour les voyages et les mondes inconnus, prosélytisme, appât du gain, stratégie économique ou politique, les motifs de la colonisation furent multiples, autant que les formes qu'elle adopta.

Publié le 25/10/2013

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Attrait pour les voyages et les mondes inconnus, prosélytisme, appât du gain, stratégie économique ou politique, les motifs de la colonisation furent multiples, autant que les formes qu'elle adopta. À ses conséquences les plus spectaculaires :« choc « des civilisations entre elles, exploitation des unes par les autres et annexions territoriales, déplacements de populations, brassage des cultures, langues et techniques, s'ajoutèrent dès le début du XX e siècle les douloureuses luttes pour la décolonisation. La colonisation a pour objet d'occuper un territoire et d'y implanter des communautés qui l'administrent et l'exploitent, la colonie demeurant attachée par des liens étroits au pays colonisateur. Les colonies de l'Antiquité Dès le XIIe siècle avant J.-C., les Phéniciens jalonnèrent tout le Bassin méditerranéen, de Chypre à Cadix, de comptoirs-escales dont la vocation première était d'asseoir la puissance de leur flotte marchande. La plus importante de leurs colonies, Carthage, devait connaître un destin brillant. Du VIIIe au VIe siècle avant J.-C., les Grecs essaimèrent à leur tour dans toute la Méditerranée, vers l'ouest (baie de Naples et péninsule Italienne, Sicile, delta du Rhône et côte languedocienne), puis vers l'est (Macédoine, Thrace, Propontide, Bosphore et Libye), et, à partir de 650 avant J.-C., sur les côtes de la mer Noire. L'ensemble de ces colonies constituait la « Grande Grèce «. Cependant, plutôt que d'une véritable colonisation, il s'agissait à l'origine d'une migration de Grecs pauvres, d'expatriés volontaires qui fuyaient les contraintes sociales imposées par l'oligarchie locale et pensaient trouver des sols plus riches à cultiver. En revanche, à partir du VIIe siècle avant J.-C., la fondation de colonies devint une entreprise publique, menée par des émigrants recrutés par la cité elle-même, et elle acquit une vocation plus commerciale (développement d'une classe d'artisans et de négociants). De plus, les colonies grecques étaient totalement indépendantes de leur cité mère, même si elles conservaient avec celle-ci des relations commerciales privilégiées et des liens religieux. De même, les nombreuses cités fondées par Alexandre le Grand devinrent rapidement indépendantes de la Macédoine. Plus proches du système colonial moderne, car elles impliquaient des modes de domination et d'exploitation, les clérouquies d'Athènes étaient des postes militaires dont les habitants conservaient la citoyenneté athénienne et recevaient un lot de terre (klêros). Dans le même esprit, le système romain de garnisons fortifiées en pays récemment conquis conservait aux colons leurs pleins droits de citoyens romains. Rome diversifia les types de colonies en créant à partir du Ve siècle avant J.-C. les colonies latines, qui jouissaient d'une certaine autonomie, mais dont les membres ne disposaient qu'en partie des droits du citoyen romain ; elle multiplia à partir du IIIe siècle avant J.-C. des colonies de peuplement (Sicile, Sardaigne, Afrique) destinées aux prolétaires sans travail et sans terre, puis aux vétérans. Cette pratique fut reprise, au Moyen Âge, à Byzance et en Allemagne pour soumettre les territoires slaves. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Carthage Grande-Grèce Grèce - Histoire - Naissance de la cité Phéniciens - Les colonies phéniciennes Rome - Histoire - Rome et l'Empire romain - L'expansion en Méditerranée Le système colonial moderne Au XVe siècle, la vague des grandes explorations maritimes entreprises par les Espagnols et les Portugais fut le résultat d'une conjonction de faits politiques (développement de la bourgeoisie portuaire), techniques (progrès de la cartographie) et économiques (nécessité de découvrir de nouvelles routes après la fermeture de la Méditerranée par les Turcs, hausse du prix des épices, pénurie de métaux pour le battage des monnaies). À cela s'ajoutaient la curiosité pour des mondes inconnus, l'esprit d'aventure de nobles désargentés et oisifs après l'achèvement de la Reconquista espagnole et une volonté d'évangélisation. Les découvertes de ces explorateurs (Amérique par Christophe Colomb, 1492 ; route maritime des Indes par Vasco de Gama, 1498) furent à l'origine de la colonisation moderne. Espagnols et Portugais se partagèrent les terres découvertes et à découvrir (traité de Tordesillas, 1494) et s'y implantèrent, les premiers aux Antilles et dans toute l'Amérique centrale et du Sud, les seconds au Brésil. Les Portugais s'assurèrent en outre la domination de la route maritime des Indes en la jalonnant de comptoirs. Ce partage fut contesté à partir du XVI e siècle par les Français et les Anglais, qui s'implantèrent en Amérique du Nord, en Afrique, aux Antilles et aux Indes ; au XVIIe siècle, les Hollandais s'installèrent au Surinam, aux Antilles et en Indonésie. Au début du XIXe siècle, la carte coloniale s'était profondément modifiée. L'indépendance des États latino-américains (1822-1824) enleva aux rapide va de pair avec le développement leurs colonies. La France, après la perte du Canada et de la plupart de ses possessions des Indes sous Louis XV (traité de Paris, 1763), ne conservait plus que la Guyane, quelques îles américaines et des comptoirs en Afrique et aux Indes. L'Angleterre, malgré la proclamation d'indépendance de ses colonies d'Amérique (1776-1783), s'affirmait comme la première puissance coloniale du monde. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Afrique - Histoire - Afrique noire - Les premiers contacts avec les Européens Amérique Amérique - Histoire Amérique du Nord - Histoire - La conquête européenne Amérique du Sud - Histoire - De la découverte à l'organisation des empires coloniaux compagnies de commerce et de navigation comptoir découverte du monde - L'âge des Grandes Découvertes Indes (Compagnie des) Indes (Compagnie française des) Indes occidentales Tordesillas Tordesillas - Le traité de Tordesillas L'administration des colonies. Sous les dominations espagnole et portugaise, elle fut assurée par la métropole. L'Estado da India (État des Indes) créé en 1505 et le Brésil portugais étaient gouvernés par des vice-rois (gouverneurs). Les colonies espagnoles dépendaient du Conseil des Indes créé à Séville en 1524. Celui-ci leur imposait une administration extrêmement centralisatrice, calquée sur celle de la métropole. À ce coûteux système, Anglais, Hollandais et Français préférèrent la formule des compagnies à charte. Obtenant de l'État privilèges et droit de souveraineté, celles-ci se chargeaient de mettre en valeur les terres occupées, de les peupler, de les évangéliser et d'organiser les liaisons avec la métropole. Les colonisateurs, du XVe au XVIII e siècle mirent en place un système économique de profit direct, le mercantilisme. Les colonies étaient exploitées pour pallier l'insuffisance des matières premières en métropole, sans souci de développement ni de cohérence internes. Ces défaillances stratégiques étaient aggravées par le régime de l'exclusif, dit aussi pacte colonial, qui entretenait le cloisonnement entre les différents États, jaloux de leurs monopoles. Ces pratiques accusèrent leurs limites à partir du XVIII e siècle et furent à l'origine du déclin du système colonial moderne. L'exclusif, qui encourageait contrebande et tractations entre colons, fut progressivement abandonné. En 1870, après une longue période de transition, le libéralisme économique prévalait. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Afrique - Histoire - Afrique noire - La « grande saignée « mercantilisme Des conséquences incalculables. Le colonialisme moderne, qui a provoqué un formidable brassage d'hommes, de denrées, de techniques et de cultures nouvelles, eut des conséquences très graves, telles que l'introduction de maladies inconnues outre-Atlantique et qui multiplièrent les victimes parmi la population locale (grippe et variole). Le vide laissé par la population indienne, anéantie lors de la conquête espagnole, fut comblé par l'arrivée des Noirs d'Afrique, déportés dès 1518 vers l'Amérique. Les ethnies se mêlèrent, les nouvelles populations étant cimentées par l'évangélisation systématique. Les moeurs des métropoles se modifièrent avec l'apparition de produits jusque-là inconnus ou rares comme le maïs, le thé, le café, le sucre. Pour les pays européens, l'installation outremer d'un grand nombre de leurs ressortissants, à l'origine souvent des malfaiteurs et des condamnés, permit de désamorcer certains conflits sociaux. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats esclavage esclavage - L'esclavage médiéval et moderne Complétez votre recherche en consultant : Les livres colonisation - La plus grande France , dépliant de l'Exposition coloniale de 1931, page 1182, volume 3 colonisation - exploration et colonisation de l'Amérique du Nord, page 1182, volume 3 colonisation française en Afrique (la), page 1183, volume 3 colonisation - Cortés, ses soldats, son serviteur noir et doña Marina, page 1183, volume 3 Le second système colonial : l'impérialisme Une seconde poussée colonialiste, à partir des années 1870, partagea la planète entre les puissances occidentales les plus industrialisées et le Japon (qui annexa Formose en 1895 et la Corée en 1905-1910). Espagnols et Portugais échouèrent dans leur tentative de se constituer un nouvel empire (à l'exception pour l'Espagne d'une portion du Maroc en 1912). Cette nouvelle expansion fut motivée par des facteurs d'ordre essentiellement économique. L'Europe puisait dans ses colonies des produits de base, y trouvant aussi des débouchés pour ses excédents industriels et de nouvelles possibilités de placement pour les capitaux. D'autres paramètres jouèrent différemment d'un pays à l'autre. Le peuplement des colonies représentait un exutoire pour la main-d'oeuvre surnuméraire de l'Europe. La mise en valeur de nouvelles terres exaltait la mission civilisatrice des pays colonisateurs, qui apportaient avec eux hygiène et instruction et accroissaient leur prestige. La colonisation avait également un intérêt stratégique ; les marines de guerre se développèrent, et des troupes indigènes vinrent grossir le contingent métropolitain. La France se constitua ainsi un « réservoir « qui contribua à son effort de guerre (7,8 % des troupes) pendant le premier conflit mondial. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats impérialisme La nouvelle distribution coloniale. Les Britanniques, bénéficiaires de la nouvelle donne, étendirent entre 1882 et 1902 leurs possessions africaines ; ils se trouvaient en 1914 à la tête d'un Empire de 30 millions de km 2 et 400 millions d'habitants. La France venait en deuxième position, avec un Empire de 10 millions de km2 et 48 millions d'habitants, en Afrique noire, en Afrique du Nord, en Indochine et dans l'océan Pacifique. L'impérialisme colonial fut aussi le fait de nouveaux venus : les Belges au Congo ; les Italiens, qui échouèrent en Éthiopie (1889-1896), mais qui fondèrent en Afrique orientale les colonies d'Érythrée et de Somalie italienne ; les Allemands (Afrique, îles du Pacifique et port chinois de Qingdao) ; les Russes (Extrême-Orient, Sibérie, Asie centrale). En plus de la mainmise directe sur des territoires, la colonisation impérialiste s'exerça sous le couvert de protectionnisme économique, comme celui de l'Allemagne en Turquie. Ce partage du monde suscita de multiples rivalités entre les États colonisateurs, malgré des tentatives de compromis (conférence de Berlin sur l'Afrique, 1884) : rivalités anglo-française (Entente cordiale de 1904) ; anglo-russe (accord de 1907) ; franco-italienne à propos de la Tunisie ; angloet franco-allemande sur la question du Maroc. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Afrique - Histoire - Afrique du Nord Afrique - Histoire - Afrique noire - Pénétration européenne et partage colonial France - Histoire - L'enracinement de la République - La République radicale (1899-1918) impérialisme Inde - Histoire - La domination britannique (1818-1947) Indochine française Royaume-Uni - Histoire - La suprématie britannique Les livres Afrique - des colonies aux États, page 72, volume 1 Diversité de l'administration. Dès 1867, l'Empire britannique introduisit un nouveau statut, le dominion. Celui-ci substituait à la structure coloniale une forme souple de domination consentie par la colonie, qui partageait avec sa métropole langue et civilisation (Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud). Les autres colonies britanniques étaient des protectorats ou des colonies de la Couronne. En France prévalaient deux statuts, le protectorat et les colonies d'administration directe. L'Algérie bénéficiait d'un statut particulier : considérée comme territoire français, elle dépendait du ministère de l'Intérieur et avait des représentants au Parlement, élus par les Européens et les juifs d'Algérie, les Arabes ne disposant pas du droit de vote. Les habitants des colonies plus anciennes (Antilles, Guyane, Réunion) étaient citoyens français. Les conséquences de l'impérialisme se mesurent encore aujourd'hui : si les colonies bénéficiaient de nombreux équipements et d'une oeuvre d'alphabétisation des autochtones, il leur fut souvent imposé un découpage territorial arbitraire et sans que fût prise en compte l'implantation initiale de leurs populations. Ces bouleversements expliquent certains conflits contemporains. Nombre de colonies ne sont pas encore parvenues à se dégager de l'emprise économique et de l'ingérence « néocolonialiste « de leurs anciennes métropoles. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Afrique - Histoire - Afrique noire - La colonisation : un difficile bilan Commonwealth coopération - 1.RELATIONS INTERNATIONALES décolonisation Nigeria - Histoire - Le Nigeria britannique outre-mer (départements et territoires d') protectorat tiers-monde - Tiers-monde et sous-développement Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Asie - Histoire - L'Asie au temps des impérialismes Océanie - Histoire - La colonisation massive Sahara - Histoire - Exploration, colonisation et décolonisation Les médias colonisation - les empires coloniaux en 1914 et possessions coloniales en 1939 Les livres colonisation - le Congo en 1898, page 1184, volume 3 colonisation - Le Gâteau chinois, page 1184, volume 3 colonisation - famine aux Indes, page 1184, volume 3 colonisation - une école professionnelle de menuiserie vers 1930 à Bamako, page 1185, volume 3 colonisation - Le Troc (1986), tableau du Sénégalais Alpha Wally Diallo, page 1185, volume 3 colonisation - transbordement de wagons sur la rivière de Fong Caï, au Laos, en 1929, page 1185, volume 3 Complétez votre recherche en consultant : Les indications bibliographiques H. Deschamps, les Européens hors d'Europe (1434-1815), PUF, Paris, 1972. J. Meyer, les Européens et les autres, de Cortès à Washington, Armand Colin, Paris, 1975. Cl. Mossé, la Colonisation dans l'Antiquité, Fernand Nathan, Paris, 1970. R. Sédillot, Histoire des colonisations, Arthème Fayard, Paris, 1958.

« de découvrir de nouvelles routes après la fermeture de la Méditerranée par les Turcs, hausse du prix des épices, pénurie de métaux pour le battage des monnaies).

À cela s'ajoutaient la curiosité pour des mondes inconnus, l'esprit d'aventure de nobles désargentés et oisifs après l'achèvement de la Reconquista espagnole et une volonté d'évangélisation.

Les découvertes de ces explorateurs (Amérique par Christophe Colomb, 1492 ; route maritime des Indes par Vasco de Gama, 1498) furent à l'origine de la colonisation moderne. Espagnols et Portugais se partagèrent les terres découvertes et à découvrir (traité de Tordesillas, 1494) et s'y implantèrent, les premiers aux Antilles et dans toute l'Amérique centrale et du Sud, les seconds au Brésil.

Les Portugais s'assurèrent en outre la domination de la route maritime des Indes en la jalonnant de comptoirs.

Ce partage fut contesté à partir du XVI e siècle par les Français et les Anglais, qui s'implantèrent en Amérique du Nord, en Afrique, aux Antilles et aux Indes ; au XVII e siècle, les Hollandais s'installèrent au Surinam, aux Antilles et en Indonésie.

Au début du XIX e siècle, la carte coloniale s'était profondément modifiée.

L'indépendance des États latino-américains (1822-1824) enleva aux rapide va de pair avec le développement leurs colonies.

La France, après la perte du Canada et de la plupart de ses possessions des Indes sous Louis XV (traité de Paris, 1763), ne conservait plus que la Guyane, quelques îles américaines et des comptoirs en Afrique et aux Indes.

L'Angleterre, malgré la proclamation d'indépendance de ses colonies d'Amérique (1776-1783), s'affirmait comme la première puissance coloniale du monde. Complétez votre recherche en consultant : Les corrélats Afrique - Histoire - Afrique noire - Les premiers contacts avec les Européens Amérique Amérique - Histoire Amérique du Nord - Histoire - La conquête européenne Amérique du Sud - Histoire - De la découverte à l'organisation des empires coloniaux compagnies de commerce et de navigation comptoir découverte du monde - L'âge des Grandes Découvertes Indes (Compagnie des) Indes (Compagnie française des) Indes occidentales Tordesillas Tordesillas - Le traité de Tordesillas L'administration des colonies. Sous les dominations espagnole et portugaise, elle fut assurée par la métropole. L'Estado da India (État des Indes) créé en 1505 et le Brésil portugais étaient gouvernés par des vice-rois (gouverneurs).

Les colonies espagnoles dépendaient du Conseil des Indes créé à Séville en 1524.

Celui-ci leur imposait une administration extrêmement centralisatrice, calquée sur celle de la métropole.

À ce coûteux système, Anglais, Hollandais et Français préférèrent la formule des compagnies à charte.

Obtenant de l'État privilèges et droit de souveraineté, celles-ci se chargeaient de mettre en valeur les terres occupées, de les peupler, de les évangéliser et d'organiser les liaisons avec la métropole. Les colonisateurs, du XV e au XVIII e siècle mirent en place un système économique de profit direct, le mercantilisme.

Les colonies étaient exploitées pour pallier l'insuffisance des matières premières en métropole, sans souci de développement ni de cohérence internes.

Ces défaillances stratégiques étaient aggravées par le régime de l'exclusif, dit aussi pacte colonial, qui entretenait le cloisonnement entre les différents États, jaloux de leurs monopoles.

Ces pratiques accusèrent leurs limites à partir du XVIII e siècle et furent à l'origine du déclin du système colonial moderne.

L'exclusif, qui encourageait contrebande et tractations entre colons, fut progressivement abandonné.

En 1870, après une longue période de transition, le libéralisme économique prévalait.. »

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